septembre Sergent Nicolas, 50 fusils ; Bila
Ces diverses opérations nous ont coûté un tirailleur égaré pris et mangé par l'ennemi, 3 tirailleurs blessés. Les Guérésont perdu 34 fusils mais ils ne se sont pas soumis.
A Duékoué un essai de conquête par la persuasion n'adonné aucun résultat.
B) Pénétration du pays Ouobé. — La création du poste de Sémien, en juillet, amène la soumission des groupements voisins de la route Sémien-Man. Les autres se réunissent pour nous résister; ils viennent attaquer, le 31 août, un chantier de la route en construction. Le capitaine Malafosse, parti de Man
le Ier septembre, arrive à Séniien le 3, et, dès le o, s'empare des deux villages de Douagoui et Bouabli.
En octobre, prévenus du départ de nos troupes en Guinée, Les Ouobés reprennent l'offensive contre Nilou-Blo. Ils sont refoulés par une reconnaissance de 50 fusils venue de Man sous Les ordres du capitaine Santucci; les villages de Séblégembli el Bobli sonl enlevés, nous avons 3 tirailleurs blessés dont Le sergent Toumané Sidibé atteint de fi balles.
2° Opérations d'ensemble du $0 novembre 1911 au $5 mars 1912.
La colonne comprend :
Etat-Major :
Chef de bataillon Bordeaux.
Un sergent Secrétaire.
Médecin aide-major Gambier.
Troupes de marche (3r Sénégalais) :
l"' Compagnie (ancienne 3e du 4e' Sénégalais) :
Capitaine Chrétien.
Lieutenant Ferrand.
2" Compagnie (ancienne 5e du 4e Sénégalais) :
Capitaine Malafosse.
Lieutenant Salvagnac,
3e Compagnie (ancienne 8e du 4e Sénégalais) :
Capitaine I londalma.
Lieutenant Lacourrière.
Chaque compagnie comprend 2 sergents européens et KM) tirailleurs.
Section de réserve : l sous-officier puis un officier européen.
10 tirailleurs de la 2c: Compagnie.
Section mobile : lieutenant Delalbre.
ïo tirailleurs de la 3e Compagnie.
Section de marche provisoire : capitaine Santucci.
Lue pièce d'artillerie.
Au total : Il Officiers, 10 sous-officiers <>u canonniers européens.
PÉRIODE DE LACTION LENTE « LES TACHES d'hUILE » 369
438 Indigènes.
285 Porteurs.
L'objectif à atteindre est d'explorer et de soumettre la zone comprise entre la route Man-Sémien au nord, le Sassandra à l'est, le Zo à l'ouest et au sud. Cette zone est à peu près entièrement inconnue.
A) Opérations sur la rive gauche de la Chue et du Ko. — La compagnie Gondalma quitte Béoué le 21 novembre, avec mission de remonter la rive gauche du Ko pour venir opérer sa jonction avec les autres compagnies. Celles-ci, parties de Man (2) et Logoualé (1er) le 22, marchent sur Dounahiourou, signalé comme un repaire important. Dounahiourou est enlevé le 25, avec l'aide de l'artillerie qui canonne aussitôt après le repaire haut perché de Zouéha.
La poursuite commence dès le lendemain : 2° compagnie vers le sud-est, lre vers l'est. Le Kirrou est abandonné : la résistance redevient plus vive dans le Tiémélo et le Gbéa.
Pendant ce temps, la 3e compagnie a traversé le Bila et le Glao, elle a enlevé plusieurs villages bien défendus et retrouvé, sur un rebelle tué à Séon, l'équipement du tirailleur mangé en mai. Le 2 décembre, sappuyant sur la Chue, elle fait sa jonction avec l'Etat-Major à Dounahiourou.
Un nouveau bond est entrepris : lre compagnie vers l'est, 2e et 3e compagnies de Bakoubli et Douéhia vers le sud-est et le sud-sud-est, chaque unité ayant un front de 6 à 8 kilomètres. Le pays, relativement peuplé, a été abandonné ; seuls les guerriers gardent les sentiers et les villages, rendant nécessaire des combats plus ou moins violents, notamment à Gouéhia (Glao), Bodrou, Zoodrou (Tao) Le 13 décembre, la colonne occupe le front Gouéhia, rivière Nieyo. L'ennemi ne nous résiste plus, mais ne se soumet pas.
Le commandant de la colonne, ayant vu de loin un massif montagneux important vers le sud, décide de le tourner : lie compagnie par le nord-est, 3e par l'ouest ; la 2e doit fouiller la montagne, puis la franchir par l'ouest, en même temps la section mobile bat l'estrade entre Béoué et le Ko. Pendant la deuxième quinzaine de décembre, les reconnaissances sillon-
:iTO OPÉRATIONS MILITAIRES KT DE POLICE
lient te pays sans trouver de gros rassemblements ennemis. Plusieurs villages zaniés sont enlevés, dont Drouéhia, Pinhou énergiquement défendus.
Le 2 janvier, la colonne occupe la ligne Taobli (lre compagnie), Douniazon (2e), Savakoué(3e), Duékoué (Section mobile). L' Etat-Major et les services sont à Gritouzbn. Le Bila a rendu quelques armes, notamment le fusil du tirailleur égaré en mai ; le Zibia l'ait traîner les négociations.
L'envahissement du Zanié, réputé le plus fort de la région, est entrepris de l'ouest à Test par les trois compagnies de marche, la section mobile et la section de réserve. Précautions inutiles, les Zaniés îfoilVent de résistance sérieuse qu'à Glopon 7 janvier), faillissant ainsi à leur réputation de bravoure qui ne survivra pas à cet échec.
La tin de janvier 1913 est consacrée à herser la région entre Zon et Sassandra et à préparer la conquête du Gbessa-Tao et du pays du sud jusqu'au confluent du Zo. La colonne est fractionnée en (\v\\\ tronçons : pour le sud f 10 fusils, 3° compagnie et section mobile pour le nord, le reste des effectifs.
B Opérations en pays Ouohé. — La lr(> compagnie, retirée du Zanié dès la mi-janvier, se trouve le 25 à Kladouo ; la 2° est à La même date à Diébli : Elles sont rejointes par FEtat-Major le 2 février et se mettent de suite en route vers le nord. Le G, les emplacements sont les suivants :
Etat-major : services et réserve sur le Nieyé à hauteur de Taobli :
I"' compagnie a Mayana.
2' a Bayapoin.
La 2° compagnie formant la droite doit d'abord pousser jusqu'au Sassandra, puis remonter vers le nord en fouillant une montagne vue de Loin au nord-est de Kouibly, atteindre le Kouin, se relier à Sémien et revenir par Kouibly à la rencontre de la I" compagnie. Celle-ci a l'ordre de bousculer Le Kouihiao, puis de progresser vers Le nord-est pour se joindre à la compagnie Malafosse. La section provisoire, organisée à Man, a comme mission <\r battre l'estrade dans la haute vallée du
1 uio. et de se relier \ei'S la montagne de Se à la !*• compagnie.
PÉRIODE DE L'ACTION LENTE « LES TACHES d'hUILE » 371
L'Etat-major s'est transporté dès le 8 février à. Kouibly. Ce plan se poursuit sans incident notable. La résistance est faible, car les Ouobés, nous attendant par le nord, ont organisé leurs défenses face à cette direction et se trouvent ainsi dans l'impossibilité d'en tirer parti. La jonction du groupe Santucci avec la lre compagnie se fait à la montagne de Se le 19 février ; et ces deux unités rencontreront la compagnie Malafosse à Klouraïré le 23 février.
Nous sommes à cette date militairement maîtres du pays Ouobé. Le groupe Santucci est dissous et rentre à Mail ; la lr« compagnie revient vers le sud en suivant la Chue ; la 2e compagnie s'installe à Kouibly en attendant l'autorisation d'y créer un poste.
Les opérations d'ensemble n'ont plus de raison d'être continuées. La 2e compagnie va rayonner vers Kouibly ; la 2e rallie Logoualé à travers le Kirrou, le Tiémélo et le Kolé, appuyée à sa gauche par une forte reconnaissance détachée de Kouibly dans le Nilou sons les ordres du capitaine Bourcelot. Le 25 mars, toutes les troupes engagées en pays Ouobé ont rejoint leurs garnisons.
2° Opérations au sud et à f ouest du Zanié. — Dès le 15 janvier, le capitaine Gondalnia a tenté de s'enfoncer vers le sud. Faute de pistes, il a dû obliquer vers l'ouest et il est arrivé le 23 à Gutouzon. Il reçoit alors Tordre de s'adjoindre la section mobile, d'opérer dans la vallée du Guémon et dans le Breiho, et de ne s'arrêter, à moins de résistances imprévues, qu'au confluent du Zo et du Sassandra.
Les Braons et les Breîhos ont évacué leurs villages. Une forte reconnaissance, conduite par le lieutenant Lacourrière dans la vallée du Guémon, trouve dans le Kozoa, le 3 février, une vive résistance : les rebelles sont aidés par des Bétés de la rive gauche du Sassandra. Poursuivant sa marche vers le sud, la compagnie Gondalnia traverse des cantons de race bété qui ne manifestent aucune hostilité, et le Breiho, toujours douteux. Le 2ô février, il arrive à Ditroura où il trouve la section mobile.
Celle-ci, partie de Duékoué le 27 janvier, a traversé le Braon
M'2 OPÉRATIONS MILITAIRES ET Dî, POLICE
abandonné el esl arrive à Ditroura le 31. Les Breihos ne veulent ni se battre ni se soumettre. Continuant dans le Sané et le (il),,., le Lieutenant Delalbre obtient un nombre important de soumissions. Quand il est rejoint à Ditroura, le 26 février, par La compagnie Gondalma, on peut considérer comme soumise toute La régiou voisine du confluent.
Le capitaine Gondalma remonte alors vers le nord, déblaie le Tiana et le Kéméo, tandis que la section mobile parcourt le Blao et Le Xoliirao.
Le 25 mars les 2 détachements ont rallié leurs garnisons.
La colonne Ouobé-Guéré est ainsi dissoute à la date du 25 mars. Nous avons eu 6 tirailleurs tués, 32 blessés, 4 guides ou porteurs tués ou blessés; les rebelles ont perdu 224 fusils pris et 1.171 fusils rendus. Nous sommes militairement maîtres du pays : ce sera l'œuvre des postes de parachever la conquête et de commencer l'administration.
3° Opérations dans la région de Banane, — Dès le mois de juin 1911, le lieutenant Humbert, commandant le sous secteur du Oua et le poste de Danané, signale une certaine etferves< ence chez les populations insoumises du sous-secteur cjui, jusque là, s'étaient contentées d'agir comme si elles nous ignoraient. Des conciliabules étaient tenus par les principaux chefs dons pour arriver à une entente en vue d'enlever le poste de I la na né.
Dans la nuit du 2(> au 27 juillet, le village de Danané, à 1.500 mètres du poste, est attaqué et pillé. Lagarnison accourt, réussit à éteindre L'incendie et à mettre les agresseurs en fuite, non sans que ceux-ci aient eu le temps de tuer ou blesser plusieurs indigènes el d'enlever 27 femmes ou enfants.
Pendant ce temps, La rébellion gagne du terrain tout le Long de la frontière Libérienne, non seulement chez les Dans, mais encore chez les Guerzés, les Manous et autres peuplades de la Haute Guinée. Cette dernière colonie, dont les brigades sont débordées, demande (les secours à la ( lôte d'Ivoire. Quelques troupes, prélevées sur celles occupant le cercle du llaut- Cavally, son! envoyées en Guinée. La situation s'aggravant, le clief de bataillon Bordeaux reçoit Tordre de « rassembler
toutes les forces disponibles du cercle et de se porter d'extrême urgence sur Nzo et Lola pour débloquer ces postes assiégés ». Cette intervention se terminait en octobre.
Les opérations en Guinée sortant du cadre de cette/ étude, nous ne nous occuperons que de celles qui furent conduites durant cette période dans la région de Danané. Elles eurent lieu en septembre dans le Oua-sud et en octobre 1911 dans le Kalé.
Opérations dans le Oua-sud. — Le lieutenant Humbert, commandant le poste de Danané, reçoit l'ordre de porter un coup rapide contre le Oua-sud, particulièrement hostile et remuant, en vue seulement de châtier les auteurs de l'attaque du 27 juillet, de ruiner leur audace et leur prestige.
A la tête d'un détachement de 50 hommes, dont sept guides armés, le lieutenant Humbert passe le 5 septembre sur la rive gauche du Cavally pour se porter sur Dakouégouino, signalé comme autre rebelle important.
Le même jour, à vingt heures, lavant-garde ouvre le feu sur un petit poste ennemi. La marche continue toute la nuit ; à 3 heures, enlèvement du village de Trogleu bien défendu ; puis, le 6, prise de Dakouégouino malgré une vive résistance. Le 8 et le 9, retour à Danané par Zoneu et ïapleu pris de vive force. Six fusils sont enlevés.
A la suite de cette pointe vigoureusement menée, les prisonniers du 27 juillet sont rendus, 250 fusils sont livrés et le Oua-sud demande à faire sa soumission.
Opérations dans le Kalé. — Les habitants du Kalé, durant les troubles qui ont éclaté en Haute-Guinée, se montrent particulièrement hostiles et insolents. Le lieutenant Humbert reçoit l'ordre de les mettre à la raison.
Le 7 octobre, à la tête d'un détachement comprenant un sergent européen, 13 tirailleurs, 9 agents politiques ou guides armés, le chef de poste de Danané se porte sur Nata, centre du groupe le plus remuant. Sans donner à l'ennemi le temps de se reconnaître et de s'organiser, le lieutenant Humbert surprend le 8 au matin un campement d'observation (un fusil pris), gagne à toute allure Nata qu'il enlève malgré une vive
;J7 i OPÉRATIONS MUTAMES ET DK POLICE
résistance 2 fusils pris), bouscule le même soir le village de Segone solidement palanqué (un guide et un porteur blesses continue le 9 sur Glan, Hounien, Ganta (un fusil pris, de notre côté un porteur blessé), prend Je 10 au matin lopleu-Iogouapleu-Feapleu et Boutolo très fortement occupés et défendus 1 1 tirailleur tué, 1 porteur blessé), puis par Bampleu et Bejileu gagne, le 10 au soir, Bian lionne qu'il trouve inoccupé et où il bivouaque, ayant été tout le long de la route pressé et attaqué tant en tête qu'en arrière ou sur les flancs.
Après avoir évacué ses blessés sur Danané, le lieutenant Humbert reprend sa route le 13 par Bampleu, Zialé, (ioueflé, infligeant encore à l'ennemi, du 13 au 10, des pertes sensibles 3 fusils pris). La résistance se montre moins énergique, mais aucune offre de soumission ne se produit. Enfin, du 17 au 23, opérant contre Bondo-Houne, Bou-Hounieu et Goueta et poussant ses reconnaissances jusqu'à la Nuon, il peut constater que l'ennemi tient toujours ; les guerriers les plus décidés défendent les villages avec énergie, les autres avec les femmes et les entants se retirent devant nos troupes jusqu'au Libéria 2 tirailleurs blessés, 1 porteur tué, 1 agent politique, 1 guide, 1 porteur blessés .
Le lieutenant Humbert rentre le 23 à Danané en passant par Bian-Houne. Le Kalé envoie des parlementaires à Danané noiii' traiter de sa soumission.
La période qui s'étend d'avril 1912 à tin décembre 1913 comprend deux phases :
1° d'avril 1012 à juillet 1913, les opérations ont pour but de
parachever l'œuvre entamée par les colonnes du Uyé, Yati,
Xo/é et Ouobé-Guéré, conduite par le commandant Bordeaux,
dans l'angle formé par le Z<> et le Sassandra, c'est-à-dire de soumettre et pacifier la région Man-Sémien, la région de
Logoualé (,i l< ,v> p;|>* ouobés doul Kouibly est le centre ainsi que !<• pays guère ( Duékoué),
Les régions Limitrophes du Libéria sont laissées de côté.
PÉRIODE DE L'ACTION1 LENTE « LICS TACHES d'hUILE » 375
2° de juillet à décembre 1913, la remise à l' Administration civile du pays gouro permet de place*une quatrième compagnie clans le Cercle du Hant-Cavally, la pénétration vers l'ouest jusqu'aux frontières libériennes est décidée, de même que la jonction vers le sud avec le Cercle du Bas-Cavally.
Première phase Opérations partielles cF avril 191 2 à juillet 191 S
Os opérations sont entrer^rises, dans chaque secteur, par la compagnie qui l'occupe ; par leur nature même, elles ne comportent pas d'action d'ensemble. Tout au plus, à de certaines époques, fait-on agir simultanément les forces de deux secteurs voisins pour empêcher que les rebelles ne puissent échapper à l'action de l'un en se réfugiant dans l'autre. Nous étudierons donc l'action militaire successivement dans chaque secteur.
Secteur Dan Ouobé. — La colonne Ouobé-Guéré avait brisé les résistances et fait connaître notre force ; il fallait profiter de cette impression pour achever la soumission des Ouobés, obtenir la mise en main définitive et le désarmement des Dans et des Touras. Ce résultat fut obtenu par une activité incessante se manifestant par des reconnaissances offensives (pays Ouobé, mai à octobre 1912, Kirrou mars à mai 1913) et par des opérations de désarmement.
Du mois de mai au mois d'octobre 19 12, le lieutenant Delalbre dirige huit reconnaissances, composées chacune de 40 tirailleurs du détachement de Kouibly, contre les cantons qui refusent d'obéir ou de rendre leurs armes, particulièrement le Kirrou et le Kémés. Les rebelles, auxquels 18 fusils sont pris et qui en rendent, cessent toute résistance, mais se soustraient par la fuite à toute obligation, il faut les forcer à abandonner la forêt et à reconstruire leurs villages. Ces résultats manquent d'être compromis par le mauvais exemple montré par le Kirrou, qui refuse de rendre les fusils et d'obéir. 11 est mis à la raison par des détachements de Man, de Kouibly et de Sémien. En mai 1913, cette tentative d'insoumission est étouffée.
Le désarmement des tribus Dans et Touras s'effectue progrès-
sivement et sans difficultés; commencé par le capitaine Laurent 1908-1910 . il avait été continué par le commandant Bordeaux (mai-septembre 1911) : 3.824 fusils avaient été rendus. En août 1912, le capitaine Burgeat reprend le désarmement : des reconnaissances parcourent la région et se font livrer de nombreuses armes. De petits détachements sont envoyés dans toutes les directions pour hâter le désarmement, recenser les habitants et faire descendre dans la plaine les villages encore installés dans la montagne, en vue de la remise de cette région à l'Administration civile. Aucun incident d'ordre militaire ne se produit au cours de ces tournées de police. Au 31 octobre 1913 le chiffre total des armes prises ou rendues s'élève à 10.121.
La région dépendant des postes de Man et Séniien est suffisamment assouplie pour pouvoir passer sans inconvénient ;i l'Administration civile; par contre la plupart des cantons ( luobés, du sous-secteur de Kouibly,ont besoin de sentir encore l.i présence sinon l'action des tirailleurs.
Sn leur Dan Guère. — Une partie seulement du secteur avait ele pénétrée et, dans cette partie, plusieurs cantons étaient encore insoumis. Le Commandant de secteur a pour mission d'étendre son action dans la direction du sud-ouest, mais seulement dans la limite des forces dont il dispose.
Les opérations militaires, entreprises dans cette région, comprennent des reconnaissances ayant pour but d'obtenir la soumission des cantons rebelles, et des reconnaissances exécutées dans les cantons de pénétration récente toujours enclins à fuir les obligations qui leur sont imposées. Les principales opérations entreprises, en vue d'étendre l'action du poste de Logoualé dans la direction du sud-ouest, sont les suivantes : dn 30 juin au 3 juillet, le capitaine Chrétien s'attaque au Glao et ;iu Niao et obtient la soumission du Glao ; du 6 au 12 juillet, le sergent Léoni actionne le Niao et le Séou, mais sans résultats appréciables. Il en est de même des deux reconnaissances exécutées I une par le sergent indigène Tiécoura Becte (25 tirailleurs du 12 au 24 juillet, dans le Niao, l'autre par le capitaine
L' i ns le même canton, du 28 juillet au
A août. Devant ces insuccès, le capitaine Chrétien demande la coopération des détachements de Béoué et de Kouibly et, par une action d'ensemble, obtient la soumission du Niao et du Séou. Le Kolé fait des offres de soumission d'ailleurs non suivies d'effet.
En septembre 1912, le capitaine Chrétien s'attaque au Béou et au Gao, mais ne peut arriver à prendre le contact des Guérés de la rive droite du Zô.
En octobre, l'adjudant Raineval opère dans le Séou qui cherche à se dérober aux conditions qui lui ont été imposées deux mois auparavant. En janvier, ce sous-offîcier réussit à prendre le contact avec le Gao qui, le mois précédent, a fait des offres de soumission au lieutenant Delalbre descendu jusqu'à Pona, en pays Zagué, pour prendre part à une opération d'ensemble contre le Taouaké. Jl réussit à recenser ce canton et à se faire remettre 98 fusils.
Le commandant du secteur décide alors l'attaque du Béou. Le sergent indigène Bokare Koné, en mars, puis l'adjudant Santenac, en avril, parcourent ce canton. Le second, après quelques petits combats, obtient des offres de soumission et ramène à Logoualé les chefs de groupe pour en discuter les conditions. En juin, le lieutenant Benoit parcourt de nouveau le canton pour le désarmer et s'attaque au Béou.
Jusque-là, l'action militaire s'est fait sentir de l'est à l'ouest ou du nord au sud, en prenant comme base Logoualé et en faisant la tache d'huile. A partir de juillet, la tactique employée sera complètement différente : les forces destinées à agir contre les cantons insoumis seront portées par une marche rapide dans le voisinage de la frontière, où elles s'installeront en poste provisoire pour prendre à revers les rebelles et leur couper les relations avec le Libéria, toujours disposé à les ravitailler en armes. Nous étudierons cette action dans la deuxième partie de ce compte rendu.
Les cantons soumis, mais où l'obéissance laissait à désirer et chez lesquels se rjroduisaient de fréquents. actes de rébellion, étaient parcourus par de nombreuses reconnaissances et
patrouilles dont les plus importantes méritent seules d'être cédés
Fn juin 1912, des patrouilles opèrent entre Ko et Xzo ; en juillet, l'action des patrouilles se porte sur la rive gauche du K<> : en octobre, le sergent Chouzenoux, avec 10 fusils, opère dans le sud-ouest du Séou et dans le Géou ; le lieutenant Ferrand, chef de poste de Danané, avec 20 fusils, parcourt le lorolé. En novembre, le sergent Susini patrouille dans le Kolé avec 25 tirailleurs ; il y restera plus d'un an en reconnaissance permanente avant de réussir à mettre en main la population très sauvage de ce canton. D'autres patrouilles parcourenl le Séou, le Blouno et le Gheimanlé. En décembre, les patrouilles contribuent à la rentrée de l'impôt dans la plupari des cantons Dans et Guérés, pendant que l'adjudant lndigène achève le désarmement du Zosé (108 fusils rendus).
Le lieutenant Ferrand se rend à la fin de décembre dans le Oua sud. où une certaine effervescence s'est produite par suite du retour d'un ancien chef qui tentait de soulever le pays. Il rentre le (> janvier sans avoir pu capturer le chef rebelle, Bô, mais après avoir obtenu par contre la soumission du chef du Oua central, fl rapporte 100 fusils rendus par le Diao et 70 reçus du Yorolé et du Oua sud.
Du 22 au 25 février 1913, le capitaine Burgeat dirige la reconnaissance permanente du Kolé, prend 2 fusils et fait progresser la soumission du Kolé et du Bila.
Le chef rebelle Bo ayant fait assassiner le chef de canton du Oua sud, le lieutenant Aymé parcourt ce canton du 20 au 2\ février. Le trouvant inhabité, il pousse jusqu'au Diao et au Gao et rentre à Danané avec 70 fusils dont 1 pris à un guerrier tué. En avril une patrouille est envoyée dans le Oua sud. Les habitants sont l'entrés, le pays est calme et un nouveau chef est nommé. En mai. le lieutenant Liorzou parcourt le Blossé, le Yorolé et le Oua sud, il rapporte 18 fusils.
En résumé, dans celte période comprise entre mai 1912 et juillet 1913, les rencontres avec L'ennemi se sont bornées, dans La plupart des cas, à de petites escarmouches où l'ennemi lâchait pied après avoir tiré quelques coups de fusils.
Secteur du Zô. — La 3n compagnie, stationnée dans le secteur du Zô, occupe les postes de Béoué et de Ouékoué. Sa mission, jusqu'en juillet 1913, consistera à mettre en main les groupes du nord-ouest : Ouerou, Buouo, Vaou Guemou; elle cherchera en outre à faire la tache d'huile sur les deux rives du Zô, vers le sud dans la direction de Buyo, et un peu vers l'ouest à la suite d'un incident.
Les opérations entreprises pour obtenir chacun de ces trois objectifs sont les suivantes :
A) Mise en main des groupes du nord ouest. — De mai à juillet, des reconnaissances opèrent contre le Sron Faon (quelques guerriers tués, nombreux fusils pris). Ces détachements actionnent également les cantons du Glao et du Gueou bien qu'ils soient dans la zone d'influence du secteur Dan- Guéré.
Les opérations de pénétration sur la rive droite du Zô ayant occupé, pendant les mois suivants, toutes les forces disponibles de la 3e compagnie, les cantons du nord limitrophes du Kolé ont recommencé à faire acte d'insoumission et même de rébellion. En septembre, le lieutenant Lacourière, qui commande le secteur, doit suspendre son action de pénétration progressive pour les faire rentrer dans l'obéissance. Il envoie deux reconnaissances, commandées respectivement par les sergents Léoni et Démange, qui parcourent la région habitée par les Boovos, les Vaon Guémons et les Ouérous ou Zaniés. Le sergent Léoni, qui dispose de 40 fusils, a plusieurs engagements avec les Boovos. Après avoir traversé le canton, il descend le Zon jusqu'à son confluent avec le Sassandra à travers un pays inhabité, et rentre le 22 à Duékoué. Le sergent Démange, avec 30 tirailleurs, séjourne surtout en pays Zanié où les habitants ont fui dans la forêt. Au cours d'une tentative de pénétration dans le Boouo, le détachement a été reçu à coups de fusils et de flèche. Bien que 3 fusils aient été pris, les résultats ont été nuls au point de vue de la soumission. Le commandant de cercle donne l'ordre de faire circuler sans interruption une reconnaissance dans le pays jusqu'à soumission complète. Le lieutenant Lacourière installe, le 16 octobre, un poste provisoire de
10 tirailleurs à Ybubai. Le sergent Démange qui le commande a pour instruction de battre le pays en tons sens. Du 2 au
1 1 novembre, le Lieutenant Lacourière, le sergent Démange et iO tirailleurs participent à une opération d'ensemble contre le Taouaké. dette opération donne quelques résultats. Les indigènes viennenl rendre des fusils à Betia et à Duékoué. Mais il faudra maintenir encore pendant longtemps des troupes dans la région et ce n'est qu'en faisant agir les patrouilles qu'on obtiendra «les travailleurs pour les routes.
Pendant les mois suivants, les reconnaissances et les patrouilles continuent dans le nord du secteur, mais les habitants, dont beaucoup ont fui dans la forêt ou dans les cantons voisins, n'opposent plus de résistance. Traqués par les tirailleurs, ils sont forcés de rentrer peu ta peu dans les villages qu'on leur l'ait construire. En juin, des patrouilles opèrent dans le Zagué, puis dans le Boouo, ou trois achantis ont été tués et mangés par Les indigènes.
B) Pénétration vers le su<l dans la direction de Buyo. — La première reconnaissance,. forte de 62 fusils, dirigée vers le sud, quitte Duékoué le 22 juin sous le commandement du Lieutenant Lacourière. Llle fouille le Ouayayou, le Bleilio et le Doo sur la rive droite du Zô. Elle livre de nombreux combats d'embuscade et s'empare de plusieurs villages fortifiés. Un mouvemenl de soumission se dessine alors, et les indigènes fournissent des guides pour poursuivre les Braons et les Bleihos rebelles de la rive gauche du Zô qui se sont réfugiés sur la rive droite.
Le Ier octobre, après le retour des troupes concentrées pour opérer contre les cantons du nord, la marche vers le sud esl reprise. Le sergent Léoni,avec 10 tirailleurs, quitte Duékoué et se rend au poste de Buyo (Cercle du Bas-Sassandra), par la rive droite du Zô qu'il franchit à Ditrouba. Arrivé le 11 à Buyo, il repart en siii\anl la rive gauche du fleuve ei atteint Duékoué le l!>. Du 8 au 2.J janvier, une nouvelle liaison est faite avec Buyo par le sergenl Démange. In tracé de route entre les deux secteurs est déterminé sur place.
Le sergenl Le Blay (mai-juin) reconnaît toute la région au
PÉRIODE DE L'ACTION LEiNTE « LES TACHES D'HUILE » 381
sud du Niao et du Doo jusque dans le voisinage de Pagouehi. Il a rencontré des fugitifs du Niao, a pris 15 fusils et s'en est fait rendre 3. Parmi les rebelles tués, quelques-uns sont des gens du chef Kao, qui pour se venger fera assassiner un mois plus tard un commerçant européen de la région. Le sergent Le Blay repart le 10 juin dans la direction de Pagouehi qu'il atteint le 15. Il regagne Guiglo sans avoir fait la liaison avec Taï.
Ces diverses opérations avaient amené la soumission des cantons du sud, mis en liaison effective le cercle du Haut Cavally avec celui du Bas-Sassanclra et permis de constater que les difficultés de la liaison avec Taï provenaient plutôt de la nature du pays que des habitants.
Le 28 juillet un commerçant européen, M. Huberson qui, malgré que la région fut fermée au commerce par un arrêté local, se rendait en pirogue de Buyo à Guiglo, est assassiné au campement d'Ouroubo, sur le Zô, par une vingtaine d'indigènes. Ceux-ci faisaient partie de petits groupements dissidents qui, après avoir fui au Libéria pour ne pas se soumettre, avaient réussi à rentrera notre insu et à s'établir dans des campements de forêt au sud du Doo. Le capitaine Lacourière, avisé par le chef de poste de Buyo, se rend sur place ; une patrouille est laissée dans la région, détruit les campements des rebelles, en arrêts 3 et en tue 5. Un des prisonniers est tué au moment où il cherche à fuir ; les 2 autres sont traduits devant les tribunaux. Cet assassinat eût la plus fâcheuse répercussion dans la région. Malgré les précautions prises dès le début par le capitaine Lacourière pour rassurer la population qui n'avait pris aucune pari au crime, les indigènes, craignant des représailles, émigrèrent au Libéria.
C) Pénétration vers l'ouest dans le secteur du Zô. — Au cours d'une reconnaissance effectuée en juin 191*2 dans le Ouyayaou, le chef du Zagué ïarehy avait bien reçu le détachement du lieutenant Lacourière. Ce chef entretenait de bonnes relations avec nous lorsquen décembre, à la suite d'une discussion relative au commerce du caoutchouc, il fit massacrer plusieurs Neyaux. Apprenant l'arrivée du commandant de secteur, il
s'enfuil vers 1»' Gavally ; le lieutenant Lacourière le poursuit à travers les cantons du Glokouion et du Fiée où il 11e rencontre qu'une faible résistance. Le Commandant de cercle, prévenu de ces événements, quitte Man le 10 et le 13, à Pona, il apprend le passage au Libéria des gens de Taréhy; il regagne Logoualé avec la section Sutra renforcée en cours de route de la section Delalbre.
Le 17. il traverse le canton armé et hostile du Zérabaon qui se prétend invincible. Le 18, la reconnaissance entre en pays Béou, le 19 en pays Gao, le 20 en pays Chemanle puis Blouono 15 fusils pris .
Le 22 décembre, le lieutenant Lacourière rentre à Zénaon et laisse à Guiglole sergent LéoniavecSO tirailleurs. Le 24, il est de retour à Duékoué.
I e sergent Démange reconnaît à cette époque le cours du Zo qui cesse d'être navigable à trente kilomètres en amont de Zénaon.
Le sergent Léoni, en poursuivant les Zagués rebelles qui ont lui vers l'ouest, atteint le Kié et, le 30 décembre, arrive sur les bords du Gavally où il a une rencontre heureuse avec les Zagués le frère et le griot de Taréhy sont tués).
De mars à juin, plusieurs reconnaissances parcourent encore cette région, soit pour pénétrer les cantons insoumis, soit pour donner la chasse aux dissidents du Béou et du Béo, qui ont traversé le Sio pour se soustraire à l'action d^s troupes de Logoualé.
La possibilité de poursuivre la conquête de la région jusqu'à la frontière libérienne va permettre de donner une grande extension aux opérations entreprises dans cette direction et faciliter en même temps la tâche des troupes en gênant les apports d'armes et de munitions.
Deuxième phase
( )pérat ions militaires entreprises du mois de juillet
an mois de décembre 1111,7
Le I" juin le Lieutenant Gouverneur fixe les résultats à obtenir dans le Cercle du Haùt-Cavallv : la mise en main définitive
de la région Man-Sémien, l'extension de notre occupation jusqu'au secteur de Patokla Taï et enfin l'occupation intégrale jusqu'à l'extrême frontière guinéenne et libérienne.
Le Commandant Militaire fixait la méthode à employer : elle consiste à faire de la pénétration, de l'occupation proprement dite, non au moyen de colonnes, mais par la création de nouveaux secteurs et de postes provisoires qui multiplieront les reconnaissances et les patrouilles dans les régions encore impénétrées ou insoumises.
La tâche incombant à chaque secteur est la suivante :
Le secteur Dan Ouobé, chargé de préparer le passage à l'autorité civile des régions Man Sémien et de resserrer la liaison avec le cercle du Haut-Sassandra, n'aura aucun rôle militaire à remplir. Toutefois le détachement de Man pourra contribuer à la conquête du Kalé ou de toute autre région.
Le secteur du Cavally comprend l'ancien sous-secteur Oua, avec chef-lieu à Danané. La mission de la 4° compagnie qui l'occupe est de créer un sous-secteur dans le sud de Danané. entre Nuon et Cavally, de façon à bien marquer notre prise de possession de cette région. Cette troupe devra également occuper toute la région du nord de Danané jusqu'à la frontière de Guinée.
Dans le secteur Dan-Guéré, un sous-secteur et un poste devront être créés dans la haute vallée du Sio.
Le secteur du Zo devra faire la jonction avec le poste de Taï et conquérir toute la région entre Zô et Cavally encore impénétrée.
Les opérations entreprises jusqu'en juin ont permis de conclure que les rebelles ont perdu tout espoir de nous repousser par une action d'ensemble, et qu'ils ne cherchent qu'à nous décourager en nous infligeant des pertes sérieuses par une guerre d'embuscades. Aussi la tactique employée va-t-elle consister à courir rapidement aux principaux centres et, ces points une fois en notre pouvoir, à sillonner la région de petites reconnaissances, menées vite, ayant par conséquent de grandes chances de surprendre les campements et d'éviter les embus-
;{Si OPÉRATIONS MILITAIRES ET DE POLICE
cades que les rebelles ne peuvent occuper de façon permanente.
Nous allons exposer successivement la marche de la pénétration dans charnue des régions du Haut-Cavally.
1. Conquête des cantons entre Nuon et Cavally au sud de Danané. — Le 9 juillet, le capitaine Coville quitte Danané, à la tête d'un détachement formé de 3 sections de la 4e compagnie et se porte sur Zouan Hounien, qui est enlevé le 12 au matin par le lieutenant Liorzou, sans grands efforts. Le Lieutenant Liorzou, qui remplace le capitaine Coville malade, pousse, du 22 au 26, des pointes vers la Nuon dont plusieurs passages gardés sont enlevés après de petits engagements. Les gens du Lolé, traqués par le lieutenant Liorzou et le sous-lieutenant Turquin, se décident à se soumettre au début du mois d'août. Murant le mois de septembre, le sous-lieutenant Turquin parcourt le pays pour rendre effective cette soumission. On n'a pas attendu que ce résultat fut atteint pour pousser la pénétration plus au sud : Le 9 août, le lieutenant Liorzou, avec le 1er peloton de la 4(' compagnie, quitte Zouan Hounien et se porte sur Touléplou en suivant la route qui longe la Nuon. 11 atteint ce point le 15 août. 11 a trouvé les villages évacués parles habitants, mais les troupeaux sont restés et les chefs ont rendu 337 fusils. Dans le voisinage même de Toulépleu les indigènes sont demeurés dans leurs villages. Le lieutenant Liorzou repart le 20, après avoir choisi remplacement d'un poste et t'ait commencer les travaux, il pousse une pointe dans le Kôulinlé où il enlève le village de Seipleu. Le chef du groupe hostile de Mahapleu, Basse, est tué au cours de rengagement. Lc2ï, il bouscule un groupe de Guérés qui ont traversé le Cavally pour é\ iler la reconnaissance Eury (tre compagnie) qui, partie de Logoualé, a descendu la rive gauche du Cavally, tandis qu'une autre reconnaissance de la 3e compagnie est venue s'installer à Diboke, dans le Boo, à quelques kilomètres au sud du parallèle de Touléplou. Pendant les mois suivants, le lieutenant Liorzou continue a parcourir le pays en tous sens pour activer la reddition des armes et la soumission complète. Le 20 octobre est organisé un service de renseignements pour les secteurs qui
PÉRIODE DE L'ACTION LENTE « LES TACHES D'flUILE » 385
touchent le Libéria. 11 permet de s'assurer que., du mont Nimba à Toulépleu, les indigènes de la rive libérienne ignorent jusqu'à l'existence même du gouvernement de Monrovia. A la fin de décembre cette région peut être considérée comme pacifiée.
Tout à fait au sud du secteur se trouvent quelques petits groupements à cheval sur la frontière entre Nuon et Gavally ; ils sont parcourus par4 deux reconnaissances fortes de 50 fusils : le Nidrou et le Ouiloré du 2 au 8 décembre, le Doué et le Mézonné du 14 au 21. Partout nos détachements ont été reçus à coups de fusil ; plusieurs villages sont enlevés (1 tirailleur blessé grièvement). Ces rebelles sont isolés et l'emploi de patrouilles parcourant dans tous les sens cette région peu étendue aura vite fait de les mettre à la raison.
II. Conquête du Kalé. — Le 20 octobre, le capitaine Co ville quitte Danané à la tête de 2 sections (l'une de la 2*' compagnie, lieutenant Aymé; l'autre de la i(', sous-lieutenant ïurquin). Le soir la colonne est à Zéalé, le 21, elle traverse à 10 heures Lampleu, dernier village soumis. Le 22, deux fortes reconnaissances commandées par les lieutenants Turquin et Aymé, fouillent le pays de l'est à l'ouest. Toutes les deux prennent contact avec les rebelles. Ces reconnaissances montrent que les habitants de la région se sont portés vers l'ouest; la colonne marche alors vers Boun-Neba. Les reconnaissances envoyées de ne point rendent compte que la plupart des indigènes ont fui vers Danipleu. Le 24, la route est reprise vers le nord. Près de Danneu, un tirailleur est blessé mortellement ; la région est fouillée par de nombreuses patrouilles. Le 29, la route est reprise sur Danipleu. De Téapleu, des reconnaissances sont lancées vers ce village. L'une d'elles est attaquée. Les rebelles viennent jusque sur la ligne des sentinelles tirer sur le bivouac (2 tirailleurs, 1 porteur blessés). Le 30, la colonne arrive à Danipleu après avoir été attaquée trois fois en route et avoir éventé plusieurs embuscades. Le village est enlevé au pas de course par la section Aymé, les défenseurs prennent la fuite (1 tirailleur tué). Le détachement arrive le 1er novembre à Bon- Hounien abandonné. Il a essuyé en route le feu de plusieurs embuscades (1 tirailleur blessé). Pendant les premiers jours,
malgré les nombreuses patrouilles qui parcourent la région, le camp de Bou-Hounien est fréquemment attaqué par quelques guerriers isolés qui tirent chacun un coup de feu et se sauvent I porteur tué, I blessé). Du 9 au I i, le lieutenant Aymé parcourt la région de Genta el les bords de la Nuon jusqu'à proximité de Zoualé. Il a plusieurs escarmouches heureuses avec les rebelles. Le Zoualé, effrayé, se soumet et vient rendre 150 fusils à Danané. Le 15 novembre, Bou-Hounien est encore attaqué I tirailleur blessé). Du 17 au 26, le lieutenant Turquin remonte La Nuon vers le nord et détruit de nombreux campements de forêt dans cette région (3 fusils pris, 7 prisonniers . A partir du 27 novembre, cet officier, à la tête d'un détachemenl de 60 hommes, s'installe successivement à Daniplcu, à Sampleu el à Popleu et fait parcourir le Kalé nord dans Ions les s»'iis par ses patrouilles (1 tirailleur tué, 2 blessés). Les pertes des rebelles sont sensibles et le 7 décembre nos troupes ne trouvent plus que le vide devant elles. Le lieutenant Turquin, installé à Popleu, n'en continue pas moins à faire parcourir le Kalé nord par de nombreuses patrouilles. A la fin «le décembre, le chef de ce canton fait des offres de soumission el rend trois fusils. Malheureusement il n'arrive pas à rassembler ses hommes émigrés en Guinée et au Libéria.
Dans le Kalé sud. 29 1 fusils sont rendus dans le courant de décembre, et de nombreux villages sont réoccupés par leurs
lia lui ;i n ls.
III. Pénétration de /a région occidentale du secteur Dan- Guéré. — Dans le but de reconnaître la haute vallée du Sio et remplac( menl d'un futur poste, le lieutenant Benoit quitte Logoualé, le 30 juin, avec 34 fusils, et se dirige à travers le b- "ii el le Ih-o vers le Sio qu'il atteint, le 3 juillet, à Doobli où il est rejoint le lendemain par le détachemenl Raineval envoyé par h' < oiiiinaiidaiil du secteur du Zô. Les deux reconnaissances rcnioiitcnl ensemble le cours du Sio à travers le Zaon. Dans ce canton comme dans le 11,-,,, les villages sont déserts : puis elles enl dans le Niao Blao, el les indigènes font le vide. Bientôt elles son! contraintes de s'arrêter à cause des inonda-
lions, et le lieutenant Benoit rentre à Logoualé le 15 juillet sans avoir pu remplir complètement sa mission.
Il est nécessaire d'envoyer une nouvelle reconnaissance. Le capitaine Eury en est chargé à la tète d'un détachement de 2 gradés européens et de 49 indigènes. Il quitte Logoualé le 8 août et, marchant vers l'ouest, pénètre deux jours plus tard dans le Gouan Blao. Cette contrée a toujours servi de refuge aux dissidents des cantons voisins soumis et particulièrement à ceux du Oua sud. Le détachement traverse ce canton du 10 au 13 août, les hahitants ont évacué les villages. Le 13, la reconnaissance entre dans le Niao Blao et arrive aux bords du Cavally, près de son confluent avec le Nilé ; puis elle descend vers le sud en touchant plusieurs fois le Cavally ; les indigènes tirent quelques coups de fusil sur le détachement ; le vieux chef de canton ayant été pris, des offres de soumission sont faites et 27 fusils rendus. Après avoir reconnu, à Gueznobli, remplacement d'un poste, le capitaine Eury se porte vers le sud pour essayer vainement de se relier au détachement de la 3e compagnie qui opère dans le Boo. Il reprend ensuite sa marche vers le nord-est, enlève de vive force un village fortement retranché et arrive le 30 au Sio complètement débordé. Le 4 septembre, il est de retour à Logoualé (15 fusils pris, 27 rendus, I tirailleur légèrement blessé).
Le 11) octobre, le lieutenant Benoit quitte Logoualé à la tète d'un détachement de 2 sous-officiers européens et de 58 tirailleurs. Il arrive le 29 à Gueznobli où il choisit remplacement du poste. Au cours de sa marche à travers le Gouon Blao, il reçoit 20 fusils, le Niao nord lui en remet 19 autres. Les patrouilles envoyées dans le Niao sud sont reçues à coups de fusil. Le 4 novembre, le chef le plus influent est fait prisonnier; dès le lendemain plusieurs chefs de village viennent se soumettre.
Le 31 octobre, le sergent Berti, avec 19 tirailleurs, est envoyé à Doké sur le Sio. Il assure de ce point la liaison entre Logoualé et Gueznobli.
Les réfractaires du Niao trouvant asile dans le Nidrou, le 20 novembre, le lieutenant Benoit prend le contact avec ces indigènes et enlève le village de Kaobli. La faiblesse de son
|gg OPÉRATIONS MILITAIRES ET DE POLICE
effectif 16 tirailleurs ne lui permet pas <le pousser plus avant. Mais le capitaine Eury, qui a quitté Logoualé le 18 novembre dans le luit de reconnaître la rive gauche du Cavally entré le confluent du Nilé et le parallèle de Diboké el de l'aire la liaison entre CrueznobL* et Toulépleu, arrive au poste le 25 novembre : il se porte aussitôt contre le Nidrou. L<1 27 novembre, il se met en route I sergenl européen, ï7 tirailleurs), trouve les premiers villages incendiés par leurs habitants. En arrivant à Pié, vers l<> heures, il reçoit les premiers coups de fusil des rebelles, lieux -ci, au nombre de 100 ou 500, tous armés de fusils, résistent d'une façon acharnée dans le village fortifié de Yoya
I sergenl européen Pozzi), X tirailleurs, 1 interprète et 1 porteur blessé). Le 28, le détachement poursuit l'ennemi dans le sud cl passe le Cavally derrière lui. Dans l'après-midi, après plusieurs rencontres, la reconnaissance arrive à Toulépleu puis regagne Logoualé.
IV). Occupation de la boucle du Cavally (partie ouest du secteur du 16). — La région <jui s'étend entre le Cavally, le Sio et le Zô avait été traversée deux t'ois au cours des opérations contre les Zagués de Taréhy ; puis par le sergent indigène Indji Diarra, qui, envoyé pour patrouiller dans le Glokouion, avait poursuivi les rebelles jusque dans le Boo (20 fusils pris). En juillet, le sous-lieutenant Raineval, après avoir quitté le détachement de Logoualé avec lequel il a pris part à l'exploration de la vallée duSio, gagne le Bain Boo évacué parses habitants. Le \\ juillet, il pénètre dans le Boo Zié dont il trouve les villages fortifiés. Il enlève Douarebly et Dikoké. Il rentre à Quiglo le 27 après avoir traversé leGlokouïon. Le Boo ne faisant aucune offre de soumission, le sergent Moussa Sidibé (faute décadrés européens est envoyé le LOaoût dansée canton. Il trouve le vil-
- de Diboké réoccupé et fortifié, et l'enlève après une lutte très vive. Il s'installe en poste provisoire à Goya et envoie des patrouilles dans toutes les directions. L'ennemi, dont la résistance est dirigée par Taréhy . revenu du Libéria, tend des embuscades que les tirailleurs éventent. Le 24 août, le sergent Le Blay prend le commandement de la reconnaissance permanente et » installe .i Diboké: des patrouilles sonl envoyées journelle-
ment ; elles ont de fréquents engagements avec les rebelles auxquels elles causent des pertes sensibles. Le 5 septembre, les premières oiïres de soumission sont faites. A la fin d'octobre, le sous-lieutenant Raineval, à son retour de Taï où il était allé accompagner le lieutenant-colonel Valton regagnant la côte par Guiglo, Taï, Patokla, prend le commandement delà reconnaissance. Le 1er novembre, il opère la liaison avec le lieutenant Benoit à Gueznobji ; ce dernier officier va continuer la pacification du Boo. Le lieutenant Raineval évacue Diboké le 4, descend le Cavally et se rabat ensuite sur le Fléo pour soumettre ce canton.
Des opérations avaient déjà eu lieu, dans le bas de la boucle du Cavally, vers Pagouébi et Taï : en juin, le sergent Le Blay atteint Pagouéhi, sans pousser jusque Taï, sans même atteindre le Cavally. En août, le sous-lieutenant Mulot (28 fusils arrive à Pagquéhi, essaie de gagner Taï en longeant le Cavally (quelques coups de feu sontécbangés avec les indigènes de la rive libérienne), puis par l'ancien sentier dont les traces ne peuvent être retrouvées. 11 rentre à Guiglo sans avoir réussi dans sa mission, lue troisième reconnaissance est envoyée de Duékoué en septembre (Lieutenant Aymé, 2o tirailleurs). Arrivé à Pagouéhi le 13, le détachement parvient le 16 à Taï et pousse jusqu'à Patokla puis regagne Duékoué le lor octobre. Les patrouilles lancées de Pagouéhi, vers le Cavally n'ont rien trouvé. Le Lieutenant Raineval, qui commande l'escorte du Commandant Militaire, patrouille également sans résultat dans cette région.
Comme nous l'avons vu plus haut, cet officier quitte Diboké le \ novembre ; les Libériens tirent de l'autre rive du fleuve sur le détachement. Le II, la reconnaissance arrive dans le Kié désert et abandonné, des patrouilles sont envoyées dans le Fléo 1 (du 2 au 17, 28 fusils pris). Le 19, le sous-lieutenant Raineval reprend sa marche vers le sud-est en longeant le fleuve. Les indigènes du canton libérien du Kouina ho tirent sur le détachement. Guiglo est atteint le 3 décembre. Une reconnaissance permanente est laissée dans le Flého, elle doit obtenir la soumission des indigènes et mettre fin aux incursions des Libériens sur la rive gauche du Cavally.
L'ensemble des opérations dans le Haut-Cavally du mois d'avril 1912 an mois de janvier 1914 nous coûtaienl 6 tués et 36 bless
Durant l,i période qui s'étend du Ier janvier au 1er août 1914, date «le la mobilisation générale, la marche de la pacification, dans chacun des secteurs du cercle du Haut-Cavally, peut être résumée comme suit :
turDan Ouobé. — Aucuneopération militaire n'est effectuée dans ce secteur. Au Ier mars 1914, la région Man-Sémien passe ,1 l'autorité civile et le sous-secteur Ouobé, resté à l'autorité militaire, forme avec le sous-secteur de Duékoué le nouveau secteur Ouobé-Guéré occupé par la 2e compagnie.
vv leur Dan Guère. — Le capitaine Benoit, à la suite del'enga- rinrnt d'une patrouille (1 tirailleur tué), exécute en janvier une reconnaissance vers L'est, de façon à lier son action avec celle d'une reconnaissance venue de Guiglo dans la région <lu Flého vers Blohalé (47 fusils rendus).
Du 16 février au \ mars, le capitaine Eury lève le cours du Sin cl parcourt le Béo désert. Des patrouilles sillonnent le Xidi'ou, qui se repeuple lentement, et poursuivent en mars les rebelles dans le Boo ; une patrouille reçoit des coups de fusil deux guides tués). Une reconnaissance partie de Logoualé le 27 mars sergent Susini, 21 tirailleurs) opère dans les cantons [Sia-Blao et Goùon Blao ; elle a le 17 avril, un petit engagement i Behekouade et actionne le groupe Siou rebelle à l'autorité du chef de canton.
Au début d'avril, le lieutenant Uichaud opère contre les dissidents du \i;io Blao entre Dieya et Blanduzon. Le 2r<, cet officier rejoinl le lieutenant Liorzou dans le Boo et opère avec lui jusqu'au 2 mai.
En mai. la reconnaissance permanente du Nilé (sergent Sussini) poursuit la mise en main <\w Niaorloa et du Gouon Blao. I ne reconnaissance permanente est détachée dans le Boo (30 fusils rendus .
I'" 10 ni 17 juin, le capitaine Eury parcourt le Boo sans
PÉRIODE DE L ACTION LENTE « LES TACHES d'hUILE » 391
incident. Toute cette région du bord du Gavally est constamment actionnée par des patrouilles parties de Dieya.
En juillet de nombreuses patrouilles parcourent la partie occidentale du secteur. Des progrès réels dans l'œuvre de pacification sont accomplis, lorsque la mobilisation amène l'évacuation des postes de Dieya et de Doké et arrête net ces progrès.
Secteur du Zô. — De nombreuses patrouilles surveillent la rive gauche du Cavally et sont, en janvier, constamment harcelés par les Libériens. Des reconnaissances opèrent dans le Fléo et le Ouérou.
Ce secteur disparait lors de la réorganisation du cercle déterminée parla remise de la région Man-Sérnien à l'Administration civile.
Secteur du Cuva//,//. — Au sud de Danané, le lieutenant Liorzou opère, en janvier, dans le Lolé, le Koulinlé et le Toulepleu ; au nord de ce poste le lieutenant Turquin poursuit le chef rebelle Tro qui se réfugie au Libéria ; son retour à Danipleu ramène le calme dans le Lauboye (Kalé nord). Le Blosé rend ses armes, en février, tandis qu'au sud de Toulepleu jusqu'à la frontière, c'est l'anarchie par suite de la situation des cantons de cette région, moitié en Côte d'Ivoire, moitié au Libéria. Ce secteur de vient en mars/e secteur du Haut-Cavalli/. Des patrouilles et des reconnaissances actionnent le Koulinlé, le Nidrou et les cantons du sud de Toulepleu. Le Lauhoye et le Blossé rendent 105 fusils. Le lieutenant Liorzou (30 tirailleurs) poursuit les dissidents du Nidrou à travers le Boo (19 au 30 avril). Le 10 mai, cet officier qui a remonté la Nuon pour préparer le passage de la mission d'abornement de la frontière franco-libérienne fait sa liaison à Banneu avec le lieutenant Turquin parti le G inaide Danipleu (22 tirailleurs) dans le même but (126 fusils rendus en mai). Du 25 au 31 mai, le lieutenant Liorzou opère dans les cantons du sud de Toulepleu. Des dissidents armés étant signalés dans le village de Kéatoute (Koulinlé central), deux patrouilles sont envoyées le 14 juin contre ceux-ci, qui, surpris, s'enfuient. Le chef des dissidents vient faire sa soumission à Toulepleu.
Le 2 juillet, les rebelles du Nézomé qui avaient émigré au
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Libéria, attaquent le village de Saïgopleu (N.-O. deToulepleu), une patrouille les repousse el Les poursuit.
I Ijudanl Barke Diailo est envoyé en reconnaissance perente dans ce canton. La mobilisation interrompt cette démonstration.
eur Ouobé-Guéré. — En mars et avril, de nombreuses tournées sont effectuées pour remettre en confiance les Guérés du sous-secteur de Duékoué; <les patrouilles parcourent le Braonen mai. La région paraîl désarmée : les indigènes cherchent à éluder leurs obligations, mais n'essaient plus de résister par les armes (août 191 I).
Secteur du moyen Cavally. — Ce secteur comprend l'ancien secteur Zagué Guiglo) et l'ancien secteur <le Patokla (Taï-Sakré- Patokla . En avril, de petites patrouilles circulent sans incident le long du Cavally : à Test du secteur, le sergent Lemoine poursuit, du *2\ au 27, des indigènes du Braon qui, après avoir pillé plusieurs villages du Blao se son! installés dans des campements de forêt. En mai, les Niabos rebelles sont pourchassés dans la forêt, tandis qu'une patrouille opère le long du Cavally pour les empêcher de gagner le Libéria. En juin le Kié et le Kacna sont fouillés : ces cantons sont déserts. En juillet, une patrouille qui opère chez les Niahos est sur le point d'obtenir leur soumission quand la mobilisation vient interrompre sa mission.
La mobilisation des troupes enlève a la dote d'Ivoire le I'*' bataillon du 3e régiment de tirailleurs sénégalais, qui occupe l<- cercle du Haut-Cavally. Le deuxième bataillon, qui tenait !<• cercle du Haut-Sassandra, est réparti dans toute la région militaire : deux compagnies dans le Haut-Cavally et deux compagnies dans le Haut-Sassandra.
En dehors des chefs-lieux de secteur : Dana né, Logoualé, Duékoué et Guiglo, des détachements sont maintenus à Danipb-ii. ,i Toulépleu et a Taï pour assurer la garde de la frontière. En outre, 30 gardes de cercle, avec un commis des \ll.iiies indigènes, détachés du cercle de Man, tiennent Kouibly pour assurer la liaison entre les deux ce.rcles,
PÉRIODE DE l'àCTION LENTE « LES TACHES D'HUILE » 393
Dans le secteur du Haut-Cava/ly, du 21 au 21 août 1914, une forte patrouille parcourt la région sud de Toulepleu. Le 27 août les indigènes du Niao Blao attaquent un village du Kouli nié, tuent plusieurs hommes et enlèvent quelques femmes . Un détachement de 20 tirailleurs est envoyé à leur poursuite ; il est reçu à coups de fusil dans le village de Zouhou, le village est enlevé (6 fusils pris), mais les rebelles réussissent à s'enfuir. Du 15 au 19 septembre, une reconnaissance (25 fusils) parcourt Les cantons du sud de Toulepleu ; les villages sont presque tous abandonnés (9 fusils rendus). Pendant Le même mois (7 au 12), le sergent Daubin (25 tirailleurs) parcourt la frontière du Bôan à Danipleu et brûle quelques campements où sont réfugiés les réfractai res du Zoualé. En octobre, trois reconnaissances ont lieu sans incident : la région est calme.
Du 20 au 24 novembre, une reconnaissance (25 tirailleurs) parcourt le Ouirolé.Les Libériens opérant de l'autre cùté delà frontière, le chef de poste de Toulepleu (sergent Bonmarchant), en vue de rassurer les habitants de la zone frontière, effectue une série de reconnaissances (28 octobre au 4 novembre, 13 au 19 novembre : où il se relie avec une reconnaissance venue de Danipleu, 28 novembre au 3 décembre, 15 au 19 décembre). Aucun acte d'hostilité ne se produit. Des patrouilles et reconnaissances sont envoyées de Danipleu dans le même but ; elles détruisent les campements des dissidents installés sur les bords de la Nuon.
Du 26 décembre au 4 janvier, des embuscades sont tendues la nuit aux points de passage de la Nuon fréquentés par les dissidents (8 prisonniers). Du 8 au 15 janvier une reconnaissance parcourt sans incident le Koulinlé. Dans la nuit du 3 au 4 février, le village de Binhiloulou (canton du Lolé) est attaqué par une bande de 100 à 150 rebelles du Lolé réfugiés au Libéria. Un indigène est blessé et un troupeau de bœufs enlevé. Le 1er février, un interprète libérien, accompagné de 200 hommes armés, vient inciter les indigènes de notre rive à se rendre chez eux. Surpris parle sergent indigène Daoura Diakité, qui, prévenu de cette démonstration, avait tendu une embuscade sur la rive française de la Nuon pour en interdire le passage, l'interprète
... retire - gens après avoir mis en joue le sergent.
I e - -nt Bonmarchand, appelé à Dananépourle service. rentre à Toulepleu Lc8 février en longeant la Nuon; la majeure partie des villages sont abandonnés.
Une reconnaissance I caporal, 10 tirailleurs) parcourt le Koulinlé centre et le Lolé : ce détachement, prévenu le IX février que les villages de Trogleu et Matoulo seront attaqués Le Lendemain, se dirige sur le passage de la Nuon voisin de rrogleu; à 1.100 mètres du fleuve, une embuscade tire sur Les tirailleurs, sans résultat et s'enfuit. Une reconnaissance, permanente (adjudant Barké Diallo, 20 tirailleurs) est établie dans Le Lolé, avec attache à Zouaii Hounion, pour protéger les populations de la frontière contre les incursions des rebelles \ ciins «In Libéria.
Le 9 mars. l'adjudant Barké Diallo est avisé que les réfrac taires émigrés du Lolé vont venir attaquer Zougopleu ; il tend une embuscade à L'entrée du village : quatre ennemis sont tués, Leurs fusils sont pris. Du 10 au 14 mars, le sergent Bonmarehand Longe la Nuon. Du 7 au 12 mars, le sergent Daubin quitte Le poste de Danipleu pour se rendre dans le Zoualé rassurer Les indigènes <pii craignent une incursion des Libériens. En avril, L'adjudant Barké Diallo part le 11 pour le Niao Blao donl les habitants sont venus piller les villages du lorolé. Il rentre Le 20 à Danané après avoir détruit quelques campements de foret .
Secteur du mot/en Cavally. — Des patrouilles parcourent la région durant les mois d'août, septembre et octobre sans incident. En novembre, Le sergent Aubépin se rend dans la région de Patokla pour rassurer les indigènes qui craignent une attaque des Graouros du Libéria. Le D> février, une patrouille I caporal, Il tirailleurs) pari de Guiglo pour rechercher les uns d un porteur de courrier du poste de Taï. La patrouille trouve Les villages du Niaho abandonnés; les coupables ont gagné le Libéria. Sur La plainte d'Achantis récolteurs de caoutchouc qui auraient été molestés par les Guérés, le capitaine envoie Le L> avril une patrouille de tirailleurs, puis L'adjudant Gouteret enfin se mei en conte Lui-même. Les assaillants, qui
appartenaient à un gros village libérien situé à peu de distance du fleuve, avaient pris la fuite. Le 23, le capitaine rentrait à Guiglo avec les trois détachements.
Secteur Dan Guère. — Du 11 au 16 septembre, le sergent Bakary Koné (10 tirailleurs) parcourt le Gao dont les habitants ont repris la brousse pour échappera notre autorité : 28 campements de forêt sont détruits. Du 18 au 30, le sergent Le Maufl (35 fusils) opère dans le Niao Blao. Le 25, il y a un engagement avec un groupe de rebelles de Dieya et Zouhou (9 fusils pris). Du 6 au 23 octobre, l'adjudant Barké Diallo parcourt la partie occidentale du secteur : les villages ont été abandonnés (7 fusils pris). Le 5 janvier, le sergent Susini, avec 25 tirailleurs, se rend dans le Boo et le Nidrou. Il constate l'abandon du Niao Blao sud, et de presque tous les villages du Nidrou.
Les cantons Ouobés du secteur de Kouibly étant complètement soumis sont, au commencement de Tannée 1915, rattachés avec le poste de Kouibly au cercle de Touba (chef-lieu Man), tandis que les cantons guérés, encore insuffisamment en mains, continuent à relever de Logoualé.
Secteur Ouobé-Guéré. — Aucune opération militaire dans cette région. Durant cette période les indigènes rendent leurs fusils.
Depuis le 1er mai 1915, aucun tait militaire ne mérite d'être relaté et le pays peut être considéré comme pacifié.
Le cercle du Haut-Cavally n'en a pas moins besoin d'être encore occupé militairement jusqu'à ce que le gouvernement libérien ait réussi à établir, sur la partie de son territoire voisin de notre frontière, une administration normale et la sécurité.
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