‹ La Pacification de La Cote d'Ivoire 1908-1915; méthodes et résultatsChapitre 31 sur 33 · Indigènes, 700 Porteurs · texte numérisé non relu

Indigènes, 700 Porteurs

Le mois de décembre 1910 est consacré à. laisser reposer les troupes qui rentrent de colonne et à reconstituer les unités. La concentration est faite à Dimbokro, où se trouve l'Artillerie, et où arrivent successivement : les 9P et 10° compagnies rentrant du pays agba, la 7e qui a opéré contre les Agbas et les Ouellés, le détachement de protection du chemin de fer, enfin la ^Compagnie qui vient d'achever la soumission des Abbeys.

La lre Brigade est employée à reconnaître les confins des Xanafoués et des Yaourés. Le Commandant Militaire se rend à Toumodi et Kodiokoti pour se .renseigner. Des magasins sont construits à Kodiokofi et Tiéhissou ; une ambulance est aménagée à Kodiokoli. Enfin, pour maintenir les tribus gouros, voi-

sines au nord et à l'ouesl <l<v La région attaquée, la 8e Compagnie • lu I" Sénégalais occupe les postes de Zuénoula et Bouaflé, avec mission d'exécuter des reconnaissances et de fournir des renseignements.

Le Lieutenant-Colonel Levasseur, ayant décidé de commencer L'action par L'est, adopte le programme suivant, qui divise Les opérations en trois phases: envahir simultanément les pays nanafoué et yaouré : continuel' ensuite contre les Ayaous et terminer par les Kodés.

Première phase.

Les troupes sont ainsi (('parties : contre lesNanafoués 3 compagnies et une pièce sous les ordres du Chef de Bataillon Bourgeron; contre les Yaourés deux compagnies moins une section sous les ordres du Capitaine Reymond. Une section en réserve à I limbokro.

\ i îroupe Bourgeron :

Chef de Bataillon Bourgeron, commandant, Lieutenant Bénezet,

Médecin Aide-Major de lre classe Gambier. |re Brigade, Capitaine Jigaudon, \' Compagnie, Capitaine Jacobi, 7e Compagnie, Lieutenant Javouhey.

Pièce <lc 80 de montagne, Capitaine Bonnahel remplacé Le 10 mars par le Lieutenant Doucet.

Au total : Infanterie S Officiers,

I \ Sous-Officiers européens.

12 » indigènes,

ï.">7 tirailleurs, Artillerie t Officier,

I Sous ( Ifficier européen, *\ Canonniers européens,

II » indigènes, 390 Porteurs.

I> i îroupe Reymond :

I Sapitaine Reymond, Commandant, Lieutenanl Rouet, Adjoint,

9e Compagnie, Lieutenant Àulner, 10e Compagnie, Capitaine Postli.

Au total : t> Officiers,

10 Sous -Officiers européens, l Caporal européen, 8 Sous-Officiers indigènes, 318 tirailleurs, 200 porteurs.

Les renseignements reçus en dernier lieu sur l'attitude douteuse des Nanafoués du sud et des Akoués ne permettent pas d'établir un synchronisme rigoureux entre les deux attaques contre les Yaourés d'une part et les Nanafoués d'autre part. iVussi tandis que le détachement Bourgeron, partant de Tiébissou, attaque dès le 17 janvier les Nanafoués-Kpris, le Capitaine Reymond se porte chez les Nanafoués du sud et les Akoués pour contenir ces populations, surveiller les Diilas et Attréoufoués qui vont être attaqués par les troupes du Commandant Bourgeron et appuyer l'action de celles-ci. La résistance des soustribus Nanafoués de l'est est assez faible et, dès le 1er février, le Groupe Reymond peut entamer l'action contre les Yaourés.

A) Opérations du détachement Bourgeron. — Dans la nuit du 14 au 15 janvier, les Nanafoués attaquent le village indigène de Tiébissou, sans inquiéter notre bivouac, tuent 2 habitants, en blessent 15 autres. Dès le 17 les opérations commencent, chaque compagnie ayant reçu mission de soumettre une ou, deux des sous -tribus situées sur la rive droite du Kan. Cette première partie du programme est réalisée du 17 au 30 janvier ; les villages qui ont opposé la plus grande résistance sont ceux de Dibikro, enlevé le 19 janvier parla lre brigade, et de Do-Sakassou, pris le 26 janvier par la Compagnie Javouhey. Le 30 janvier tout le détachement est rassemblé à Saleboukro sur la rive droite du Kam et le 1er février Salékro tombe entre nos mains. Un poste est immédiatement commencé sur remplacement où nous étions établis en 1900 et le pavillon national flotte de nouveau à l'endroit même où nous avions été obligés de l'abaisser 9 nus auparavant,

Pendant Les jours suivants. Les troupes opèrent tout autour de Salékro, entre Le Kan e1 Le Bandama : les i el 5 mars la compagnie Jacobi, envoyée en liaison avec Le détachement Reymond, enlève les sillages yaourés de Bénou et Tanou, ce dernier très fortement défendu. L'action, menée méthodiquement et vigoureusement, détermine le L5 mars la soumission complète des Xanafoués. La brigade Jigaudon est maintenue au poste de Salékro pour compléter Le désarmement.

B) Opérations du détachement Heymond. — Du 21 au :{| janvier Le détachement surveille les Nanafoués du sud et les Akoués. Il installe une compagnie à Satiahiry, une autre à Suibonou, l'ait sa liaison avec la brigade Jigaudon opérant chez les Dillas. Le peloton de Bazelaire, envoyé au gué de Gouàbo, surprend un parti rebelle et lui fait subir des pertes sérieuses. Le Ier février le détachement quitte Bocabo où a été créé un dépôt de vivres. Il se porte, par Aley, sur Koronou, Koikoumianou qu'il détruit. La 10e Compagnie se relie à Bocabo, nettoie la partie est des Atoumbréfoués. Le 7 lévrier tout le détachement marche sur les Bessérénous dont les villages sont brûlés dès le 9 ; il se porte ensuite en deux groupes sur lesNianous (!()'' Compagnie), les Bos et Vos (9e Compagnie). Seul le village de Cracofiero oppose une vigoureuse résistance. Le 20, le détachement est rassemblé près de Caviessou ; il actionne les Krans, les Tans, ravitaille Le postede Bouallé et marche contre les Atombréfoués que le Capitaine Jacobi a déjà attaqués par le nord les i et 5 mars. Le 8. le chef de la tribu se soumet. Un poste provisoire est Immédiatement crée «à Tikékro ; il sera occupé par un détachement de la. I"' Brigade.

Deuxième phase

Les renseignements recueillis sur les Ayaous l'ont prévoir iinr résistance énergique et nécessitent une nouvelle répartition des troupes : Les détachements précédemment formés sont dissous; \ Compagnies el une pièce sont affectés, contre les Vyaous, au Commandant Bourgeron ; la t" brigade, installée à Salékro et Tikékro, devant assurer l'achèvement de La soumission des Sanafoués et ^ aourés.

Le détachement Bourgeron comprend :

Chef de Bataillon Bourgeron Commandant.

Lieutenant Bénézet, Adjoint.

Médecin Aide-Major de lre classe Gambier. i(> Compagnie Capitaine Jacobi (puis Capitaine Javouhey). 7° Compagnie Capitaine Larroque.

9° Compagnie Capitaine Reymond.

10e Compagnie Capitaine Posth.

Pièce d'artillerie Lieutenant Doucet.

Au total 13 officiers.

30 hommes de troupe européens.

671 hommes de troupe indigènes.

478 porteurs.

L'action se produira du sud au nord.

Le 15 mars les compagnies Reymond et Posth quittent la frontière yaouré et se dirigent, en battant le pays ayaou du sud, vers le gué d'Amanzi oîi a été concentré le reste du détachement. Elles arrivent à Ainanzi le 20, n'ayant rencontré aucune résistance sur leur route ; en même temps la compagnie Jacobi, chargée de reconnaître la rive droite du Banda ma jusqu'au Kau, a pu atteindre Tokronou sans trouverde rebelles; elle a, ensuite, aidée de la, compagnie Larroque, parcouru les sous-tribus Ahali, Tokronou, Pacpouabo et N'Dénou ; partout le pays est à peu près désert. Quelques villages gouros qui ont donné asile aux Ayaous, sont détruits. Le 22 mars, tout le détachement est rassemblé à N'Dénou ; le lendemain, tandis que la compagnie Posth enlève le village gouro de Mamnigui, les 3 autres compagnies et l'artillerie se portent à l'attaque de Diacohou, signalé comme fortement occupé. L'ennemi, impressionné par l'artillerie, résiste peu. Une fois terminée la fouille de la région boisée qui s'étend de Diacohou à Ahali, les compagnies vont occuper chacune un secteur qui leur est attribué ; compagnie Posth : sous-tribu Ahali — compagnie Jacobi région avoisinant N'Dénou ; — compagnie Larroque forêt Diacohou — Atosé et villages gouros compromis ; — compagnie Reymond en réserve sur la rive droite du Bandama. Les Ayaous se défendent énergiquement, mais ne peuvent arrêter nos progrès ;

tous Les secteurs dos compagnies sont fouillés méthodiquement, et la liaison établie avec Zuénoula par le Capitaine Reymond. A La lin d'avril la résistanee des rebelles commence à faiblir : le Commandant militaire peut ainsi distraire du détachement la compagnie Larroque et la porter contre les Kodés du nord chez lesquels il est urgent d'intervenir. Dès les premiers jours de mai les soumissions commencent, mais elles v«.nl tellement lentes qu'il nousfaut encore continuer à opérer avec la compagnie Posth et une section de la lFe brigade) jusqu'au 17 juin, date à laquelle le dernier village se présente. Les compagnies Reymond et Javouhey ont été depuis le 3 mai envoyées contre les Kodés du sud. Les Ayaousont eu 611 guerriers tués.

Troisième phase

Les troupes chargées de réduire les lvodés sont ainsi réparlies en deux groupes : au nord la compagnie Larroque. 2 Officiers,

2 Sous-Officiers européens, 139 Indigènes, 102 Porteurs; ,in sud le détachement du Commandant Bourgeron comprenant les Ie cl 9e compagnies (Capitaines Javouhey et Reymond) : an lofai :

\ Officiers,

7 Sons-Officiers européens, 6 Sous-Officiers Indigènes, 2<>;'> Tirailleurs, 170 Porteurs.

a) La compagnie Larroque quitte Sopa le 22 avril, détruit Les 23. 24 e1 25 les villages Grobonou, Néaoulo, ce dernier eu pays gouro; traverse le Bandama an confluent du Kan, enlève Niambrun cl arrive à Béoumi Le 27 chercher des guides. Dès le 29 elle se remet en marche, attaque les Diabanas, Les poursuit sur la rive droite du Bandama ; châtie Les Ouans, les villages d'Ourougé et \kendé, franchit Le Bandama, détruit Fitabourou

période de l'action vive : LES COLONNES 31Ô

(10 mai). Les Kodés du nord commencent à faiblir et offrent leur soumission ; des reconnaissances continuent à circuler vers Akendé et entre les rivières Kan et Bandama. Le 2o mai, un peloton de la compagnie quitte le pays Kodé pour aller s'installer à Zuénoula. En somme les Kodés du nord ont peu résisté, sauf aux passages du Bandama et dans les villages de Gbo et Niambrnn.

b) Les 2 compagnies du détachement Bourgeron doivent opérer du sud au nord, parallèlement l'une à l'autre, la compagnie Javouhey à l'est, la compagnie Reymon dà l'ouest. Elles ont comme objectifs respectivement, la compagnie Javouhey : Ando, Abouakro ; la compagnie Reymond : Lenguébo, les Guenfiensous ; elles doivent se réunir dans la région d' Abouakro, pour châtier Zodécan et Konsou et descendre ensuite chez les Zodéprifoués et les Farifoués. Ce plan est s,uivi rigoureusement, malgré une résistance énergique des Kodés en plusieurs endroits notamment à Ando. Kékrénon-Zodékan- Abouakro ; tous les villages ont été châtiés le 25 niai ; et dès cette date les rebelles offrent leur soumission et commencent à rendre leurs fusils. Depuis le 20 mai, la compagnie Reymond a quitté le pays et s'est installée à Sinfra ; le 1er juin la compagnie Javouhey renvoie un peloton chez les Ayaous, ne laissant en pays kodé que le peloton Aulner.

Opérations en pays gouro

Les Ayaous et les Yaourés sont limitrophes des tribus gouros, pour la plupart insoumises ; ils ont avec elles des relations de parenté et d'intérêts ; il est donc naturel que les opérations entreprises contre eux aient leur répercussion en pays gouro.

Dès la fin janvier, en effet, une certaine effervescence est signalée à Bouaflé et Zuénoula ; au début de février, nos reconnaissances et escortes sont attaquées sur les routes de Bouafié à Sinfra et Zuénoula. Les 7 et 8 les Gouros attaquent le poste de Sinfra ; mais le poste, bien défendu par sa garnison, secouru par la section restée en réserve à Dimbokro et par un détachement venu de Bouaflé sous les ordres du Lieutenant Deslau-

rens, repousse toutes les tentatives des rebelles. Le 21 les communications sont rétablies.

Il ne peut être question de soumettre sur-le-champ ces tribus audacieuses; Le Commandant Militaire veut simplement les contenir et les empêcher de se joindre aux rebelles du Bandama, c'est à cela que vont s'employer les Commandants des postes de Sinfra, Bouaflé et Zuénoula.

Pendant les mois de février-mars et avril, une série de petites opérations sont dirigées contre les Gouros; la plupart d'entre elles sonl heureuses, particulièrement les reconnaissances conduites par le Lieutenant Bénard, contre les Sinfras (25- 20 février, 7-11 mars) : par contre un convoi se dirigeant de Zuénoula sur Vavoua et une reconnaissance revenant au premier de ces postes (Capitaine Sermage) sont très violemment attaquées et perdent o Inès, 7 blessés.

Dès avril, les détachements opérant en pays ayaou peuvent pénétrer chez les Gouros et châtier les villages frontières ; cette action ramène les tribus à la défense de leur propre territoire, et elles peuvent aisément être contenues jusqu'au milieu de juin, époque à. laquelle les premières troupes disponibles de la colonne du Bandama viennent occuper les secteurs gouros.

An 15 juin 191 L, la situation sur le Bandama est suffisamment bonne pour permettre de fixer au Ier juillet la date de la. fin des opérations.

■• Les tribus des deux rives dn Bandama sont définitivement « soumises, et de Longtemps on. entendra plus parler d'elles.

« Elles n'ont plus ni fusils ni poudre ; elles ont payé l'im-

• l»ôt arriéré et payent celui de l'année en attendant de s'acquitter de l'amende de guerre lorsque celle-ci aura été fixée.

• Les fauteurs de la révolte, qui n'ont pas trouvé la mort en " nous combattant, attendent en prison la peine qui Leur sera > justement Infligée; Les corvées de porjage, la construction

■ des postes, le débrotiss.iilleinent des pistes et des routes sont

exécutés sans difficultés, à la première injonction de l'autorité administrative.

<< L impression produite par le succès de nos armes a été •■ profonde chez ces populations qui ne demandent pins qu!à

PERIODE l)K L ACTION VIVE I LKS COLONNES

« vivre, en paix. Déjà est repris le chemin de nos postes et de « nos factoreries, oublié depuis si longtemps ; les villages sont « réoceupés suivant un plan donne par l'autorité civile ; les « routes se construisent; Les cultures reprennent, l'exploitation

Fig. ri.

Région du Bandama.

« des mines renaît dans la région aurifère ; de nombreux col- « porteurs noirs venus à la suite de nos troupes revivifient le « courant commercial qui existait jadis dans le pays.

;US OPÉRA I IONS MILITAIRES Kl DE 1*0X11 ï

• Kntin nous avons, dans les régions soumises, une base solide ei sûre qui va nous permettre de continuer vers l'ouest dans • les meilleures conditions, l'œuvre de pacification de la Côte « d'Ivoire.

Ce n'aura pas été acheter trop cher de tels résultats que u d'avoir consacre à les obtenir six mois d'efforts incessants, et « d'avoir perdu 33 tués et 107 blessés parmi ces admirables « tirailleurs et canonniers Sénégalais qui, sous la conduite de « Leurs cadres d'élite, ont donné une fois de plus, dans cette .. dure et Longue campagne, la mesure de leur vaillance » Rapport du Lieutenant-Colonel Levasseur en date du 10 août

Tournée de police chez les Memlés (6 décembre 191 0 au 7 janvier 1911)

La Ie brigade de garde indigène Capitaine Gagnepain) reçoil L'ordre de visiter les villages de la tribu Memlé, dans le bu1 de détruire les campements, de faire centrer l'arriéré de L'impôt, d'obtenir la reddition des fusils et d'arrêter Le chef Akpoko très hostile.

L'opération, qui dure du (> décembre 1910 au 7 janvier 1911, réussit parfaitement, sans qu'il soit tiré un seul coup de fusil. Le chef Akpoko et quelques autres notables sont arrêtés et les villages rendent L90 fusils (fig. 1$, p. 321).

Opération'. <l<tns le Bm Cavally. — Secteur de Taï-Patokla (Octobre 1909-février 1913]

A l.i suite des événements survenus à Pagouéhi en juillet lî>0(.>. un officier, M. le Lieutenant Hugot, esl placé à la tête de ce poste avec un détachement de gardes de police (Il octobre L909 II reçoit les instructions les plus formelles de n'adopter sous aucun prétexte une politique active afin d'éviter tout fait <\r nature i\ provoquer des incidents Immédiats ou susceptibles

l'KlilODK J)E L ACTION VIVE '. LES COLONNES

de suites diplomatiques, li lui est en outre prescrit de ne s'avancer ni vers le nord, ni vers lest.

Fig. 28. — Pays memlé.

Dans le courant de janvier 1910, le lieutenant Hugot, apprenant qu'une certaine agitation règne chez les tribus libériennes

des Grès et des Kroubés, se rend en tournée dans son secteur pour s'assurer de L'étal d'esprit de nos ressortissants et recueillir des renseignements sur la situation. Sans aucune provocation, il es1 attaqué de nuit, chez nous, par des Kroubés qui ont traversé Le lieux e frontière.

Il est alors ordonné au chef de poste de rester sur La défensive et de ueplus faire de sortie vers la frontière.

En septembre 1910, nouvel incident. Le chef Sakré quitte s,,n village et s'installe dans une île du Gavally. Apprenant que des gardes sont installes dans l'un de ses anciens villages pour assurer Le service des courriers et clés convois entre Pagouéhi et Patokla, il se rend près deux avec vingt hommes en armes et les somme de quitter la localité. Les gardes s'y refusant. Sakré envoie des émissaires dans toute sa tribu, les Yabas, et chez ses voisins, les Oubis. IJ réunit ainsi une quarantaine de guerriers.

I /Administrateur intérimaire M. Grudelli et le Chef de poste de Patokla essaient vainement de parlementer avec Sakré. Pendant ces tentatives de pourparlers un garde est assassiné par les Yabas à proximité du camp. Le village est détruit. In courrier escorté par six gardes est alors envoyé pour prévenir le Lieutenant lingot, les gardes sont attaqués dès leur sortie du camp (J blessé;. M. Grudelli décide le retour à Patokla. deux gardes sont encore blessés en route.

Pendant ces événements, un commerçant installé dans la région, M. Auzemberger. est attaqué (un domestique tué, un blessé). Sa boutique est pillée. Un courrier, envoyé de Pagouéhi et escorté par cinq gardes, est attaqué (4 blessés). Le poste de Pagouéhi est isolé et coupé de toutes communications avec Patokla et Tabou.

Surs de L'impunité que Leur assure La présence d'une barrière idéale, que mais sommes seuls à ne pas franchir par respect des conventions avec le gouvernement sans autorité de Monrovia, Les pseudo-sujets Libériens s'enhardissent de jour eu jour et entraînent à la révolte les populations de notre territoire.

Le II octobre un convoi escorte par 27 gardes de police,

PÉRIODE DE L'ACTION VIVE l LES COLONNES 321

parti de Patokla pour ravitailler à Pagouéhi, M. le lieutenant Hugot, sans vivres depuis le commencement du mois, est attaqué pendant deux jours par les indigènes de Sakré (3 gardes blessés, dont 2 grièvement). Le 22 octobre, lendemain du retour du convoi à Patokla, des coups de fusil sont tirés sur ce poste par les gens de la même tribu.

Le lieutenant Hugot ne pouvant demeurer sans vivres, un convoi est dirigé sur Pagouéhi le 27 octobre, sous le commandement du lieutenant Gauvain à la tète de 22 gardes. Il arrive sans incident.

Les lieutenants Gauvain et Hugot redescendent sur Patokla avec un détachement de 30 gardes, dans le but de rassurer les villages Oubis restés fidèles et qui réclament notre protection, d'essayer de surprendre les rebelles dans leurs campements, de constituer enfin un nouveau convoi de ravitaillement et de remonter ce convoi à Pagouéhi.

Le 2 novembre, ils sont attaqués à deux reprises différentes avant de parvenir à l'ancien campement du village de Sakré (8 gardes blessés;. Ils arrivent à Patokla le i novembre.

M. Gauvain, à la tète de 55 hommes, s'installe à Sakré pour fouiller la région et permettre ainsi le passage du convoi que le lieutenant Hugot doit remonter sur Pagouéhi avec le reste des gardes disponibles. Patokla conserve une garnison de 10 miliciens.

Le convoi, mis en route le 2i novembre, gagne Pagouéhi sans incident; mais, le 27, un garde est tué à 100 mètres du camp établi au village rebelle.

Il faut mettre un ternie à cette situation. Nos moyens sont notoirement insuffisants et nous ne pouvons compter sur un renfort de tirailleurs. Dans ces conditions, il est constitué un détachement mobile de cent gardes qui, sous les ordres du lieutenant Gauvain, opérera entre Patokla et la région insurgée et assurera la protection de notre frontière jusqu'à la rivière Gé.

Le poste de Pagouéhi, dont le ravitaillement imposait de lourdes charges à la population très clairsemée de cette région,

est supprimé, et le lieutenant Hugot est envoyé dans le San Pedro.

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Kig. 29.

Scieur «le Taï Patokla.

!.<■ Lieutenani Gauvain accomplil sa lâche avec une inlassable ténacité. Gependanl au début <le 1912, une nouvelle effervescence se manifeste. Les gens <le Bereto, véritable repaire <le tous les bandits de l;i région, attaquent Le 1(> février le lieutenani Gauvain, en reconnaissance. Le 19 mars ces gens tuent un • le n<»s sujets a Daoudi (un kilomètre de Patokla), enlèvent une !'• m 1 1 1 1 1 « • <•! un enfant. Le L'avril un courrier postal est attaqué

sur la route Grabo Patokla. Notre patience est à bout. Le 9 avril le lieutenant Gauvain détruit le village de Bereto.

Le détachement mobile du secteur de Taï-Pâtokla est supprimé à la fin de l'année 1912 et remplacé par un peloton (80 fusils) de Ja 3L brigade de garde indigène (Lieutenant Pravaz). Ce détachement arrivait à Patokla le 7 février 1913.

La région de Taï-Patokla était alors constituée en secteur autonome et rattaché à la région militaire de l'ouest (arrêté du 25 novembre 1U1£V

Ai Occupation du pays dida (janvier 1911-avril 1913). ]\) Occupation du pays gouro (juin 1911-avril 1913).

C) Occupation du Haut-Sas sandra (avril 1913-mai 1915).

D) Occupation du Haut-Cavally (décembre 1910-mai 1915)

Occupation du pays Dida (Janvier 1911-avril 1915)

Eujanvier 1911, la 5° (Compagnie (devenue 2° Brigade), étant de nouveau disponible, reprend chez les Didas l'œuvre qu'elle avait à peine ébauchée. Un secteur militaire est créé dont le capitaine Richard , commandant la brigade, est nommé Administrateur. Les Instructions que reçoit cet officier peuvent se résumer en quelques mots : pénétrer le pays et le conquérir en employant la méthode de la « tache d'huile ».

Le capitaine Richard dispose de :

*2 Lieutenants : Guinot, Bonne (celui-ci à partir de février 1911).

7 Sous-offôçiers : Canetto, Mura, Fournel, Leroux, Uhéroutre, Candès et Filloux (ces deux derniers à partir de mars et avril).

160 Tirailleurs et 10 Gardes de Cercles.

Parti «If Dimbokro Le 13 janvier 1911, il se dirige par Agboville, Tiassalé, Boudougou, sur Yobéri où il arrive le 28. Dès l«' lendemain, il détermine l'emplacement d'un poste près de La rivière l>nk<>. Les indigènes se sont éparpillés dans la forêt : des reconnaissances Les recherchent, détruisent leurs campe-

PÉRIODE DE L 'ACTION LENTE « LES TACHES d'bUILE » 325

ments et les poursuivent dans le Gbabam et le Broudoukou. Aucune résistance sérieuse ne nous étant opposée, le capitaine Richard forme deux détachements qui vont opérer simultanément dans des régions différentes. Le lieutenant Guinot, avec 2 sergents et 60 fusils, soumet, du 11 mars au 13 mai, les Lobogrous, Niaèbézarias, Gobéris, Adébems et Kagbéris ; le lieutenant Bonne (2 sergents, 55 fusils) réduit le Kazerbéri, le Goudoukou et le Guino. En mai, le capitaine opère dans le district de Fresco avec une section, tandis que le lieutenant Guinot soumet le Nougbom et que le lieutenant Bonne surveille le Néou signalé comme hostile.

Les Néous, en effet, menacent de mort les émissaires qui leur sont envoyés, font des démonstrations hostiles contre Dagolilié (campement du lieutenant Bonne) et blessent 3 colporteurs. Le 17 juin, la Brigade est rassemblée à Dagolilié , elle se met en route, le 19 au matin, sur Zogolilié. L'avant-garde, bien conduite par le lieutenant Guinot, s'empare du village ; les Néous ont fait le vide. La colonne arrive sans trouver aucune résistance à Obligoboua, et à Guigué, qui est enlevé le 25 juin. Le 26, elle atteint Lakota et y crée un poste. Les tribus du voisinage se soumettent ; le Diéko cède devant une reconnaissance du lieutenant Bonne.

Fin octobre, le capitaine Richard reprend la pénétration vers le nord. Le Déboua, qui a fait acte d'hostilité en attaquant Gazolilié, est actionné par un détachement de 65 Tirailleurs. Le village d'Orégadougou est enlevé, le 21 octobre, et occupé ; le pays est sillonné de reconnaissance mais il est désert. L'Oparéko et le Néko se laissent désarmer.

Le 30 novembre, les Débouas rentrent dans leur canton et construisent un campement près de Bélié. Ils y sont surpris le 2 décembre par le lieutenant Bonne qui les attaque vigoureusement. Le 15 ils se soumettent. En même temps le Lieutenant Guinot désarme les Didas de l'Est entre Do et Boubo.

Le 21 décembre, le capitaine Richard prend le commandement d'un détachement de 70 fusils (lieutenant Bonne, 2 sergents) et se dirige vers le Zikisso. Il atteint Mahiparéhouin. Les Didas ont fait le vide ; mais, les 24 et 25, ils viennent attaquer

par L'ouest et par L'esl le campement de Bodou. Nos reconnaissances les poursuivent sans les atteindre. En présence de cette situation, le capitaine Richard décide d'installer un poste dans le Zikisso Lieutenant lionne, 70 fusils .

Le '1\ janvier MM 2 le lieutenant Bonne se met en route vers le nord pour se relier au secteur d'Oumé ; il atteint les villages gouros de Badiéda, Pissopa, et revient vers le sud. A Gabroliiié il est attaqué à coup de matchette ; il repousse l'ennemi, mais doil rentrer à Zikisso sans avoir obtenu le résultat qu'il se proposait.

A son retour à Zikisso, il reçoit l'ordre de se porter au devant du capitaine Posth à Luogbo. Le (> février, il quitte son poste avec .'Jo tirailleurs, traverse le Guigué, arrive au Dagobré qui a préparé la résistance. Il enlève Logodié, Kokobré et arrive à Luogbo le 15; L'ennemi se soumet.

Nous n'avons en jusqu'ici, en 13 mois, que 2 blessés. Les Didas ont rendu .'L028 fusils et payé 60.000 francs d'impôt. Tonte La région parcourue est soumise ou en bonne voie de soumission.

Pendant le mois de mars, le lieutenant Guinot achève Le désarmement du Yobéri et cherche à entrer en relations avec \r Tigrou qui semble mal disposé. De son côté le lieutenant Bonne met a la raisonle Néou et le Bahiri.

En avril, le capitaine Richard désarme le village Néko de Sokouribéréparéhouin et pénètre dans le Tigrou, qui commence à payer l'impôt : le lieutenant lionne achève la soumission du Bahiri, pénètre dans le Tétiédou et le Zikibrion. Il envoie un détachement an Bagobré pour se rendre compte de l'état d'esprit de cette tribu qui n'a pins donné signe de vie depuis 2 mois ; <•<■ détachement est attaqué le 2ri.

Le 7 mai le lieutenant lionne, ayant reçu L'ordre de commencer La pénétration à L'ouest du Do, se rend chez les Gérébouas. Ceux-ci ont pris la brousse; le détachement les pourchasse H fait de nombreux prisonniers. Ils disent vouloir se soumettre, mais, le 13, ils niellent le feu à. leurs villages en même temps «pie les prisonniers cherchent à s'enfuir Le Lieutenant Bonne doit, pour les retenir, former autour d'eux les

tirailleurs en cercle, baïonnette au canon ; une trentaine de Géribouas s'embrochent eux-mêmes. Le vide est complet par-

0u.ni

Adeloc

Kaqbe. il.

Fie. 30. - Pays dida.

tout ; le Drorbdougou, le Biiiagoué et le Dagobé sont également évacués, Les Goûgokos rendent quelques fusils.

Au Tigpou, Le désarmement est commencé. Il se continue Qormalemenl en juin et est terminé en juillet.

Dans Le nord, en fin juillet, toute la région comprise entre Zikisso et le Do esl soumise ; les Gorébouas et Uougokos sont toujours dissidents; la Bobré hostile. Le Déboua montre delà mauvaise volonté à pendre ses armes.

Le mois d'août est consacré à parfaire les résultats acquis et .1 opérer la liaison avec Le Bas-Sassandra. Le Ligrohouin, le Kobabroko, le Bétrouhin, le Godéboué et le Bobouo se soumettenl ainsi <[ii<' le aord de L'Oparéko ; le sud se montrant récalcitrant, un détachement y est installé sous les ordres du sererent Paviot.

En septembre, un colporteur et deux tirailleurs sont assassines dans le district de Lakota. Une répression énergique est exercée contre les Débouas, responsables de ce meurtre et les groupes de l'ouest qui leur donnent asile. Le lieutenant Bonne, avec un détachement de 65 fusils, entre dans le Déboua le 27 septembre, le trouve évacué, le fouille. Il découvre à Dahililié Les cadavres mutilés des tirailleurs et, ayant relevé des traces de fuite vers l'ouest, se dirige de ce côté. Il surprend des campements, les bouscule, infligeant aux Débouas des perler sérieuses. Le 15 octobre, les Débouas se soumettent et viennent se réinstaller dans leur pays. Le Diéko est également réoccupé.

Du 19 au 26 octobre, le lieutenant Bonne (60 Tirailleurs) opère dans le Gragbo, qui rend ses armes. Jusqu'à la fin de l'année, les détachements de Lakota, Yobéri, Zikisso circulent dans le pays ei secouent la torpeur des indigènes. La situation est suffisamment bonne, au .'il décembre 1912, pour permettre, dès le débul de L913, la remise de tout le secteur à l'autorité civile. Le désarmement est terminé : les Didas ont rendu en tout 0.007 fusils. Tout L'impôt de 1912 a été payé.

Occupation du pays gouro (juin 1911-avril L913).

Suivant Le plan général de la pacification de la Côte d'Ivoire, le» troupes qui opèrenl sur La rive gauche du Bandama doivent,

une fois terminées ces opérations, venir occuper le cercle du Haut-Sassandra dont fait partie le pays gouro. Dès le 21 avril, par décision n° 9, le colonel Levasseur a ainsi prévu l'organisation du nouveau cercle :

Chef -lieu Daloa.

5 secteurs occupés chacun par une compagnie de 200 fusils :

1° Secteur de la Lobo. . 8e Compagnie du 1er Sénégalais.

2° — de Zuénoula .7° — —

3° — de Bouaflé . . 4e — —

4° — de Sinfra . . 9°

50 __ d'Oumé. . . 10e — —

Artillerie à Bouaflé.

L'état dans lequel se trouve le cercle est caractérisé par ce fait que, pour aller de Dimbokro à Daloa, il faut une escorte à partir du Bandama et, qu'entre Sinfra et Daloa, il est impossible de circuler sans recevoir des coups de fusil des indigènes. C'est donc une véritable conquête du territoire qu'il s'agit d'entreprendre. Pour ouvrir rapidement au commerce la région de l'est, pour obéir aussi au principe d'aller immédiatement et progressivement du pays conquis au pays à conquérir, pour utiliser les importantes ressources du Baoulé, enfin pour mettre un terme aux agressions répétées des Gouros contre nos postes et nos détachements, le colonel décide d'entamer la pénétration par la tranche orientale ; c'est pour cela que A compagnies ont été placées en pays gouro, et une seule à l'ouest. L'action sera simultanée sur tout le territoire gouro : « du « Cercle de Mankono au Cercle de Lahou le feu d'artifice s'allu- « niera en même temps ». Chacune des 4 compagnies de l'est agira dans son socteur à la manière d'une avant-garde qui donnera sur le pays ainsi que sur les rebelles les renseignements qu'il est impossible d'avoir autrement ; au cas où l'une d'elles serait insuffisante, elle ferait appel aux troupes des secteurs voisins.

Nous allons passer en revue, secteur par secteur, les événements <|iii se sont déroulés de juin à décembre 1911.

Secteur d'Oumè.

Au I" juin, la plus grande partie du secteur est explorée. Mrs Mois groupements connus, l'un est relativement soumis Oumés, Ouanfoués, Zanguiés, Doubafras, Gabias), le second est hésitanl Gokoas) ; le 3e, nettement hostile, refuse catégoriquement tout contact avec nous (Gogous, N'Das, Bokabos, Goutis, Niangoutis .

Les N'Das, signalés connue particulièrement acharnés, exercent sur les autres une grande influence. C'est contre eux que se portent nos premiers efforts.

La 10e compagnie est rassemblée à Oumé le 7 juillet. Elle comprend :

Capitaine Posth commandant la compagnie.

Lieutenant Girard jusqu'au 12 novembre.

Lieutenant Person à partir du 1er décembre. 7 Sous-officiers européens.

.") Sous-officiers indigènes.

165 Caporaux et tirailleurs.

Opérations (nuire les N'Das. — Le pays est complètement inconnu. Le 29 juillet, un détachement comprenant le capitaine Posth, le lieutenant Girard, I sergent européen et 118 indigènes se met en route sur le village de Cuissaouo de la sous- Irilni Touba. Celle-ci demande la paix. Les Bos et les Blékouas se soumettent également très vite. La prise de Boouomo (27 juillet) suffit à décider les Zaddis et les Toukas à déposer les armes.

Pendant tout le mois d'août, des reconnaissances journalières sillonnent la région et obligent tontes les sous-tribus N'Das à se présenter à Boouomo. Le 26 août, 1. 129 fusils sont rendus.

Cependant les Zaddis et les Bodiés, refusant de souscrire à tontes nos conditions, reprennent la brousse. De nombreuses

PÉRIODE DE L'ACTION LElNTE « LKS TACHES D'HUILE »> 331

opérations sont dirigées contre eux; la prise de Gouenda, le 2 octobre, semble avoir brisé leur résistance ; mais la mort du lieutenant Girard, le 12 novembre, provoque une nouvelle effervescence ; et il nous faut encore tout le mois de décembre pour les amener à composition.

Opérations contre les Ton/cas on Gagons. — Au commencement de novembre les Gagous ont rendu 119 fusils; mais ils refusent d'en donner davantage, de payer leur impôt, et se dispersent dans la forêt.

Le lieutenant Girard est chargé, avec 45 tirailleurs, de s'installer au milieu de la tribu. Parti le 9 novembre de Boouomo. il séjourne le 10 à Dokouya (Gokra) et arrive le 11 dans le Gagon qu'il trouve désert. Le 12 dans la matinée, il est à Goulikao d'où il lance ses reconnaissances dans la forêt. A peine les détachements sont-ils éloignés (pic des guerriers Cachés aux environs s'approeftent sans être vus ; l'un cl eux décharge son arme sur le groupe formé par le Lieutenant et l'interprète, qui sont tous deux mortellement blessés. Cette nouvelle, qui se répand rapidement, entraine tous les villages Gagous dans la révolte.

Dès le 13, le capitaine Posth commence les opérations contre eux; en même temps, le capitaine Plomion actionne les Sinfras, les Faramatâs et les Mokas qui gardent les troupeaux, les femmes et les enfants des Gagous. Les deux Commandants de secteur, agissant de concert, soumettent les Gokras, puis poursuivent sans répit les Gagous. Ceux-ci résistent avec acharnement et ne se rendent que le 15 décembre. Leur soumission entraîne celle des Bocabos et des Niangoutis.

Au 31 décembre, le total des fusils pris ou rendus est de 2.227.

Secteur de Sinfra.

Le secteur est occupé par la 9° Compagnie du 1" Sénégalais. Capitaine Reymond du 10 juin au 9 octobre.

— Plomion à partir du 10 octobre. Lieutenant Bénard jusqu'au 26 juin.

— Deslaurehs à partir du 10 juin.

6 Sous-officiers européens, i Sous-officiers Indigènes.

190 Caporaux et tirailleurs.

La compagnie arrive à Sinfra le 9 juin : le lieutenant Des- Laurens venant de Bouaflé a été attaqué par les Gouros. Le 10, Le capitaine Reymond prend le commandement du secteur. Il dispose, eu plus de sa compagnie, d'un peloton de la 8e (lieutenant Bénard) séjournant à Sinfra depuis l'attaque du poste en février, et devant rejoindre ïssia.

A pari les Ngoïs, les Faramatas et les Finas qui envoient dire de suite qu'ils ne veulent pas la guerre, toutes les autres tribus du secteur sont en état d'hostilité. Le 23 juin le lieutenant Bénard, chargé de reconnaître la navigabilité du fleuve Sassandra, rejoint Issia ; il est assailli par les Prorigouris et les Gounanfras.

Dès fin juillet, une fois le poste installé et le ravitaillement assuré, les opérations commencent. Dirigées par le chef de bataillon Brousse du 20 au 28, elles amènent à composition les Sinfras du -Nord et détruisent les villages Bénéfras et Nagaduas. Elles sont continuées ensuite par le capitaine Reymond : Le 10 août les Bénéfras offrent leur soumission. Le 15, une reconnaissance, conduite par le lieutenant Deslaurens, surprend à \ heures du matin le village de Ziprita où se sont cachés les chefs Guissa (des Bénéfras) et Yanambou (des Sinfras). Guissa s'enfuit; Yanambou refuse de sortir de sa case et s'y suicide après avoir tué tous ses gens enfermés avec lui.

Le 18 aoiït commencent les opérations contre les Prorigouris capitaine Reymond, lieutenant Deslaurens, 2 sergents européens, 127 indigènes). Bien conduit par un chef Sinfra récemment soumis, le détachement surprend, vers Manoufra, de gros campements qu'il détruit ; le pays est sillonné en tous sens ; \\ \ illages se soumettent.

Le 6 septembre, Le lieutenant Deslaurens opère, de concert avec la compagnie de Bouaflé, contre les Gouuanfras puis, jusqu'au 26, au nord de la route Sinfra-Daloa. Les Prorigouris se sonl enfuis dans le secteur de Bouaflé.

Le 10 octobre, le capitaine Plomiou (<pii a pris le commande-

PÉRIODE DE L'ACTION LEiNTE « LES TACHES d'hUILE » 333

ment du secteur), dirige ses troupes contre les Gonfras qui se soumettent rapidement. Il revient ensuite chez les Prorigouris qui ont réoccupé leurs villages et les met de nouveau en fuite sans les soumettre.

Le 16, le lieutenant Person reçoit mission de désarmer les Ngoïs et les Faramatas, tandis que le lieutenant Deslaurens va réquisitionner des porteurs chez les Bokas.

Le 13 novembre, apprenant les événements de Goulikao (lieutenant Girard), le capitaine Plomion marche contre les Faramatas qui abritent les Gagous, puis contre les Bokas ; et les harcèle jusqu'à complète soumission (26 décembre). De là il se rend chez les Goulenaguadas et les Zériflas ou Shiens.

L'ennemi a perdu ou rendu, au 31 décemhrc 1911, 2.500 fusils. Trois tribus sont complètement désarmées, les autres hors d'état de nuire ; la pénétration de la tribu Shien est en bonne voie.

Secteur de Bon a fié.

La situation politique au 1er juillet est nette : tout le secteur est en état de révolte depuis 5 mois ; la route de Toumodi à Bouaflé est coupée. Les tribus les plus importantes et les plus hostiles sont les Gouras, les Gounanfras et les Bronfras.

De sérieuses opérations sont nécessaires. Commencées sous la direction du chef de bataillon Brousse avec des troupes des secteurs voisins, elles sont terminées par la 4e compagnie.

Le détachement aux ordres du commandant Brousse comprend :

Chef de bataillon Brousse.

Artillerie : une pièce (lieutenant Doucet), 12 Canonniers.

Infanterie, 4e compagnie, capitaine Javouhey, lient. Aulner. 150 tirailleurs.

7° Compagnie, un peloton, lieutenant Beaufrère, 100 tirailleurs.

Il se porte de suite contre les Gouras, qu'il attaque par le nord, tandis que la 11C brigade garde la Marahoué pour recueillir les fuyards Gouras, ou Yaourés réfractaires.

Suéfla et Sinfla, canonnés par l'artillerie, sont enlevés sans

;{;{ i di-i.i; ETIONS MILITAIRES ET DE POLII I

grande difficulté, ainsi que Batounénoufla et lxaïtla. Siétinfla e1 Tédoufla se défendent mieux. Le capitaine Reymond devait coopérera L'attaque en venant fie Sinfra; mais, touché trop tard par L'ordre, il ne parait pas. Le détachement Brousse s'empare de tous les villages Gouras (23 juillet). 11 est ensuite disloquée! La 1e compagnie reste seule.

Le capitaine Javouhey a l'ordre d'opérer de l'est à l'ouest. Il commence par sillonner le pays goura ; le (> août les Yaôurés rentrent dans Leur canton et, le M. les Gouras demandent à se soumettre : un peloton y est laisse'' pour opérer Le désarmement. Les Yansuas de L'est, actionnés en même temps par la l1'1' Brigade, se rendent au capitaine Demoulin.

Le capitaine Javouhey apprend alors que de nombreux Gouras réfractaires se sont réfugiés chez les Gounanfras, Ceuxci donnent également asile aux Prorigouris.

Ce soid eux qui ont attaqué, de concert avec les Prorigouris, le lieutenant Bénard se rendant de Sinfra à Issia. Ils se vantent de nous avoir chassés de Leur pays en 1909. Une action énergique contre eux est alors décidée par la Ie compagnie, opérant de concert avec la garnison de Sinfra <pii occupe le I» i\s Prorigouri.

La compagnie enlève successivement Gonoufla, Zauoutla, Biégou, Gonfla, ces deux derniers solidement détendus. Les rebelles s'enfuient vers l'ouest en brûlant eux-mêmes leurs villages, Ils n'offrent plus grande résistance. Le 15, un seul peloton de la compagnie est laissé dans le pays pour continuel' à Le sillonner. Grâce à L'activité du lieutenant Esminger, 13 villages offrent leur soumission. Ils commencent à rendre quelques fusils, mais se refusent bientôt à accepter nos exigences et il faut nue nouvelle intervention du capitaine Javouhey, et I arrestation de 2i) notables pour les réduire.

Sauf les Brônfras et les ( îonatés, tout le secteur est en voie de soumission. Les diverses tribus ont perdu ou rendu \ .'\H*2 fusils. La sécurité des routes Bouaflé-Toumodi, Bouaflé-Daloa et Bouaflé-Sinfra est assurée.

Secteur de Zuenoula.

L'état politique du secteur est le suivant : 5 tribus sont nettement et entièrement hostiles : les Mas, les Ouans, les Ouacliés, les Kouans et les Mangourous. Elles n'ont pas acquitté les amendes infligées par la colonne Metz et ont commis depuis d'innombrables actes de brigandage. Les .Mas sont l'âme de la révolte : ce sont eux les plus Compromis et les plus forts.

Les Nyas n'ont jamais fait acte d'hostilité ; longtemps ils ont refusé de payer l'impôt, mais ils s'y sont décidés depuis quelque temps.

Chez les Manflas, Yansuas, Niangoros, certains villages sont soumis, d'autres hostiles.

La garnison du secteur comprend la 7e Compagnie,

Capitaine Larroque,

Lieutenants Beaufrère jusqu'au 10 septembre.

de Montrigaud à partir du 26 septembre, (iranier, 6 Sous-Officiers européens, o Sous-Officiers Indigènes,

174 Tirailleurs.

Laissant à Zuéooula l'effectif nécessaire a la garde du poste, le capitaine Larroque se porte contre les Mas, le 20 août. Pendant 10 jours il opère sans trêve, enlève les villages vaillamment défendus. Le 30 août, le chef de guerre l'ait sa soumission. Le pays est sillonné en tous sens pour hâter la reddition désarmes, de nombreux chefs sont arrêtés, et un campement installé à Manininigui. Quelques fusils sont rendus par toutes les tribus sauf les Koanset les Mangourous ; mais, le 14 septembre, apprenant que nous voulons le désarmement complet et le paiement de l'impôt arriéré, les Nyas(sauf W villages), une partie des Mas, les Xionos, les Menflas, les Diamadians, les Dionous et 2 villages Yansuas se réunissent pour délibérer, à Panoufta et, après plusieurs jours de discussion, décident la guerre à outrance. Cette nouvelle importante ne nous est pas communiquée : nous ne la connaîtrons qu'en novembre.

Le mois d'octobre est occupé à poursuivre les Mas chez les Nyas el Les < )iiadi»;s. Dès le début de novembre, les Gouros reprennent L'offensive; les Nyas attaquent notre bivouac à Gonoufla, et coupent la route de Maminigui; les Zons brûlent Le village du chef Nya soumis (Zanvo), et tuent son fils; les Meuflas assaillent un convoi de colporteurs sur la route de Mankono. Nos reconnaissances fouillent les pays Ma et Zon, niais Les rebelles ont l'ait le vide et ne se soumettent pas; ils continuent à couper les routes et à attaquer les convois. Le capitaine Larroque demande un peloton de renfort.

Il se porte alors contre les Nyas; détruit Bamboufla, Bléfla, Zon fia, Sérifla inoccupés ; enlève Coréitafla, Mnanfla, Ouréitafla, Gohitafla. Aucun résultat ; les Gouros brûlent notre campement de Maminigui et attaquent notre bivouac, le 29, vers 2 heures du matin.

Le Commandant militaire renforce alors la compagnie Larroque par 10 hommes de la lre brigade et 75 hommes (lieutenant Beaufrère) de la 8(> compagnie.

Le détachement de la brigade arrive le o décembre. Le 6 à 2 heures matin, les Menflas et Nionos attaquent le village de Zuénoula. Le capitaine Larroque va cliàtierles Yansuas qui ont répondu insolemment à une demande de porteurs et delà se rend «liez les Menflas. Il enlève, le 12 décembre, Biéfla, le 13, Séirael Gohénafla. Renforcé Le 16 par le peloton Beaufrère, et disposant aussi de 235 fusils, il rase Diébourafla, Gazla, poursuit les rebelles qui cherchent à passer la Marahoué, culbute ."> campements et occupe Tiéfla. Du 20 au 25, il brûle tous' les villages Nionos, revient du 24 au 20 chez les Ouhinés, leur enlevé \ villages dont L'un, Tiéfla, fortement défendu, nous coûte un sergent européen blessé ; du 2!) au \\\ il rase encore 5 gros villages, rétablit L'ancien campement de Maminigui pour ache- \ er La soumission des Mas.

Au 31 décembre, malgré nos efforts, aucun progrès n'est encore réalise en dehors de la soumission des Mas, dont les principaux chefs reviennent complètement à notre cause.

Les opérations de ces (> mois, dans les î secleurs d'Oumé- Sinlïa, Bouaflé, Zuénoula nous coûtent lo morts, dont Le lieu-

PÉRIODE DE L'ACTION LENTE « LES TACHES d'hUILE » 337

tenant Girard, et 34 blessés, dont le sergent Bénard. L'ennemi a subi des pertes considérables, perdu ou rendu 7. 261 fusils.

Les opérations de 1912 continuent, sans arrêt, celle de 2e semestre 191t. Nous les exposons, pour plus de clarté, dans le même ordre.

Secteur d'Oumé.

LesOuanfoués, Zanguiés, Doubafras, Oumés, Gabias, Gokras, Gagous sont en bonne voie de soumission. La tribu N'Da est occupée par un détachement temporaire à Boouomo. Il reste à soumettre les Bokabos, voisins du Secteur Dida, et- à effectuer la liaison avec ce secteur.

La 10e compagnie du 4e Sénégalais, devenue 8e du 3° Sénégalais, opère seule ; d'abord entièrement affectée au secteur, elle fournit, le 4 février au nord du cercle, un détachement de 50 hommes, porté, en mai, à 75.

A partir du 10 janvier, le lieutenant Person actionne les Bokabos; il installe un camp à Luogbo où il est rejoint, le 15, par le lieutenant Bonne venant du Secteur Dida.

A ce moment, un mouvement d'hostilité se produit vers l'est à l'instigation du nommé Kouazouzoua, meurtrier du lieutenant Girard, que son coup de fusil heureux a rendu célèbre. Le lieutenant Person marche contre les Gokras, Gabias, Doubafras, arrête leurs chefs, pénètre chez les Toukas et les pousse jusque chez les Faramatas. Tous rentrent dans le devoir.

Les N'Das nécessitent encore notre intervention pour activer la reddition des armes. Une reconnaissance bien conduite du 13 au 19 avril, les amène enfin à composition.

Tout en désarmant les Bokabos, le capitaine Posth progresse vers l'ouest, et installe un camp provisoire à Laouda. Une série d'opérations couronnées de succès contre les Gbéhins, les Doudos, les Goutis et les Niangoutis décident les derniers dissidents à se soumettre. Il ne reste plus qu'à secouer l'inertie des Gouros pour parfaire le désarmement.

Secteur de Sinfra.

Le 1 "' janvier 19 J 2, la compagnie Plomion devenue 7(' du 3' Sénégalais, est chez les Shiens ; Le pays est sillonné par nos

reconnaissances el la tribu l'ait sa soumission fin février.

Les Finas, qui se sont refusés à travaille'' aux routes, sont attaqués simultané menl par le capitaine Plomion et le capitaine Javouhey du secteur de Bouaflé. Ils se rendent à merci. En même temps une section opère, sous les ordres du sergentmajor Ornano, chez les Sinfras.

Dans les premiers jours de février, une nouvelle action, combinée par les Commandants des secteurs de Sinfra et Bouaflé, in| dirigée contre les Bronfras <[ui donnent asile aux Sinfras et Finas réfràctaires.

Le 20 février, La compagnie envoie un peloton de 80 hommes capitaine Plomion. lieutenant Saunier) dans le nord du cercle. Le lieutenant Deslaurens, commandant le secteur, donne nu coup décisif contre les Bariflas et Bonflas dont il rase les villages; celle affaire heureuse décide les Gonfras, Bouflas, Bariflas, Bokos à présenter leur soumission définitive.

Jusqu'en avril, notre action cesse dans le sud pour se localiser chez les Sinfras Prorigoris et surtout chez les Finas qui reçoivent encore une leçon sévère. A partir de cette époque toutes les tribus sont en voie de soumission et il n'y a qu'à châtier des dissidents isolés.

Sec le nr de Bouaflé

Il ne reste à conquérir que les cantons Bronfra et Gonaté.

La compagnie Javmihey, devenue Ie du 3e Sénégalais, opère seule, sauf chez les Bromfras qui sont actionnées par une colonne spéciale.

Du I" au lo janvier le lieutenant Vilbesseix achève le désarmement des Gouras. En même temps, le détachemenl de Bié- oii lieutenant Esminger), agit contre les Gounanfras qui se sont éparpillés dans la brousse ou réfugiés chez les Bronfras. IU réintègrent leurs villages après l'opération dirigée contre

PÉRIODE DE L'ACTION LENTE « LES TACHES d'iJUILE » 339

les Bonfras du 2 février au 4 mars (relatée aux opérations d'ensemble).

Le 15 mars le capitaine Javouhey opère la liaison avec Daloa à travers les Gonatés Ceux-ci attaquent notre bivouac, le 18 mars, près de Diella, et nous opposent une vive résistance qui nécessite toute une série de reconnaissances jusqu'en septembre. Entre temps, en juillet, le lieutenant Yilbesscix et l'adjudant Gassian ont poussé une pointe vers le nord et contribué à la soumission des Luonous.

Secteur de Zuénotda

C'est ici qu'il reste, au 1er janvier 1912, la plus grosse résistance à vaincre.

Le capitaine Larroque disposant, outre sa compagnie devenue 5e du 3e Sénégalais, d'un peloton de la bv compagnie (lieutenant Beaufrère) et d'une section de la lrQ brigade, soit au total 212 fusils, continue à opérer contre les Xyas, puis successivement contre lesOuhinés, les Nionos, Bos, Biens, Béis, lirons. Malgré d'incessants efforts il n'obtient que des résultats insignifiants. Ainsi se confirme la nécessité d'une action plus importante.

Une colonne est décidée, sous les ordres directs du chef de bataillon Noire, pour en finir avec les rebelles du secteur de Zuénoula. Mais il importe auparavant de réduire les Bronfras du secteur de Bouatlé, qui ferment la route Bouaflé-Daloa et, servant de refuge aux réfractaires des tribus voisines, empêchent la soumission complète des Gouros relevant de Bouatlé et Sinfra.

La mission de réduire les Bronfras est confiée à deux détachements partant de Bouaffé :

Capitaine Javouhey : 110 tirailleurs de la i° Compagnie.

Capitaine Plomion : 130 tirailleurs des 7e et 8e Compagnie.

Le Capitaine Ja\ ouhey doit attaquer par le nord et le capitaine Plomion par l'est. L'action débute le 21 février : Séizra, Vigrifou, Vigridéné, Zaguié, Gaouzéra, tÇabiéta sont enlevés ; les Bronfras, qui cherchent à se réfugier chez les Luonous, y

son» poursuivis e1 attaques à Botidiéfla par un détachement de La \ compagnie. Le *2cS février, les capitaines Javouhey et Plomion se rejoignent à Fréfrédou. Après quelques jours de fouille, le pays est évacué par les réfugiés des tribus voisines et les Bronfras offrent leur soumission. Le 1 mars Faction militaire est terminée : un détachement d'une section de la 4e compagnie lieutenant Esminger) est installé à Fréfrédou pour exiger l'exécution des conditions imposées.

L'opération d'ensemble contre les rebelles de Zuénoula va pouvoir être entreprise.

Opérations d'ensemble. — La colonne comprenant :

Le chef de bataillon Noire ; 3 capitaines : Larroque, Plomion, Demoulin; 3 lieutenants : Beaufrère, Saunier, Vilbesseix; (> sous-officiers européens;

360 tirailleurs.

est divisée en trois groupes.

Ceux-ci bivouaquent le o mars à Dianfla-Tiafla (1er), Zoola- Danangoro (2e) et à la source du mont Singo (3e). Le 1er objectif a atteindre est le village de Bogropinfra (Ouadié).

Bogropinfra, attaqué de trois cotés à la fois, est enlevé Le t> à (.) heures; les troupes bivouaquent sur place et sont assaillies pendant La nuit. Le 7 Le chef des Ouadiés demande à se soumettre. Des reconnaissances sont envoyées dans toutes les directions pour visiter les villages, détruire Les campements et hâter la venue des notables. Les Ouans offrent également leur soumission. Un détachement d'une section (adjudant ChUmpion) esl laissé cbez les Ouadiés pour achever le désarmement. Le reste de la colonne se dirige sur Zuénoula et Sopa.

La colonne ainsi repartie :

1"' Groupe : capitaine Larroque, lieutenant Vilbesseix, 124 fusils,

ï Groupe : capitaine Plomion, lieutenant de Montrigaud, L26 fusils.

3e Groupe : capitaine Demoulin, lieutenants Souffletet Beau-

lïeiv. |30 Fusils.

se porte COlltre les \ \,|s.

PÉRIODE DE L'ACTION LENTE « LES TACHES d' HUILE » 311

Elle bivouaque le H mars à Séifla (lor groupe), Lologui (2e groupe), 5 kilomètres au nord de Maminigui (Peloton Beaufrère) et Vuiépré (reste du groupe Demonlin).

Le 15, dès le point du jour, les 3 groupes sont dirigés respectivement sur Tianfla- Yapéfla, Tiéfla- Yapéfla Ouréitafla-Brodoufla. Au prix d'efforts considérables, Goïta fia -Gourera et Tiévla sont enlevés dans la matinée ; dans la soirée Yapéfla, Krousoufla, Brodoufla, Gourouofla tombent entre nos mains. Des reconnaissances, poussées dans tous les sens, détruisent les campements, brûlent des villages : Zraluho, Goafla, Kaloufla, Kohifla. Les Ouhinés et les Bos s'enfuient vers le nord; la colonne les poursuit chez les Biens, objectif Zralubo ; puis chez les Dionous ; plusieurs villages sont enlevés et le pays fouillé de fond en comble. Les populations affolées s'éparpillent dans la forêt. Pour leur laisser le temps de se reprendre, le chef de bataillon part avec le 2e groupe vers le nord en vue de se rencontrer avec le Commandant militaire et de chercher les émissaires nécessaires aux pourparlers de soumission. Les lnr et 3e groupes actionnent les Béis qui demandent à se soumettre.

Le 2i, les trois groupes se dirigent vers l'ouest, contre la tribu des Menflas, objectif Blaouléfla. Ce village est enlevé à 10 heures après une vive résistance. Le lendemain les 1er et 3e groupes s'emparent de Botifla, Bouafla, Broufla, Brézéra tandis que le 2e groupe, avec le chef de bataillon, se rend chez les Billés-Sandos qui ont demandé à se soumettre. Grâce à une reconnaissance beureuse, qui surprend des campements vers Zérifla, tous les chefs Sandos se soumettent.

Le pays dionou étant évacué, le 2e groupe revient chez les Menflas et la colonne entière bat la foret de la Marahoué jusqu'au Bèré. Doniano est détruit, de nombreux campements culbutés; le pays niéno fouillé à fond.

A partir du 31 mars, tous les villages étant détruits, nos reconnaissances (6 à 8 par jour) pourchassent les rebelles dans la brousse. Elles se heurtent à une résistance acharnée, notamment vers Yapéfla où deux campements de 600 et ioO cases ont été reconstruits. Les rebelles nous causent des pertes sérieuses, mais eu subissent de considérables. Les Gouros, tra-

qués sans merci, ne fuient devant un de nos détachements que pour tomber sur un autre

Le 7 avril, les Duonous demandent à se soumettre 'l'exemple est suivi, Le S. par les Biens et les Brous, le 9 parles Bos, les Ngas VnéSj Ouhinés-Zons, Menflas, Ouans, Nionos. Tous les Gouros de la i-i\e gauche de la Marahoué sont réduits. Nos troupes continuent à circuler pour hâter la reddition désarmes. arrêter quelques réfractaires et réprimer énergiquement de nouvelles tentatives de révolte4 (Ouhinés). Le 24, les opérations prennent lin. Il ne reste plus à soumettre et désarmer, dans tout le secteur de Zuénoula, qiie les Niangoros, les Kouans, les Bons, les Mangourous, les Drannous et les Niabéloas.

Un détachement comprenant :

Le commandant Noire ;

Le médecin aide-major Leroy;

3 groupes d'Infanterie : 1" lieutenant Vilbesseix, 111 fusils; 2° capitaine Plomion, 112 fusils; 3° capitaine Ghambert, 105 fusils ;

el une pièce d'artillerie (renvoyée le 15 mai, ne pouvant être utilisée traverse la Marahoué le 27 avril et pénètre dans la tribu Niangoro qui a demandé à se soumettre. Tous les villages sont visités : aucune action militaire n'est nécessaire. Malgré le retentissement de nos succès, les Kouans Drannous et Mangourous persistent à nous résister. Mais, avant de les réduire, la colonne entreprend la soumission des Gottoros et des Natis, du sous-secteur de La Lobo, pour assurer la liaison avec Seguéla et le cercle du Haut-Cavally. Un détachement de gardes de cercle, commandés par le lieutenant Ripert, Administrateur du ÛUorodougou, circule au sud de Seguéla pour surveiller les contins de son cercle. La garnison de Sémieu a été portée à 60 fusils pour coopérer au besoin à l'opération.

Les Gottoros se soumettent dès notre arrivée chez eux et rendent leurs armes. Les Natis refusent tout contact.

La colonne passe par le nord, pour interdire aux Natis l'entrée du cercle du Ouorodougou. Les Boronos et Mignanés, non encore visités et eu guerre avec les Natis. se soumettent.

! <• 12 mai la colonne tout entière est à Yotifla-Kovasso. Llle

enlève Trafla, puis le 13 ïrohera et Bazéra. Les Natis fuient vers le sud. Tous les villages du nord tombent entre nos mains et le pays est fouillé. Le 31 mai tous les Natis ont présenté leur soumission. Les Karaguians et les Séménaguis, vivement impressionnés, abandonnent toute idée de résistance. Il ne reste qu'à circuler dans le pays pour activer le désarmement.

Le Sassandra est atteint, la liaison avec le cercle du llant- Cavally assurée. Une action énergique contre les Nandés et les ïonous nous ouvre la route Vavoua-Sémien. Le capitaine Plomion entreprend ensuite les Dons et arrive jusque cbez les Sliiens, tribu de race Bété réservée pour plus tard.

En même temps, vers le sud-est, le 3e groupe a réduit les Kouyas de Dénia, Bohoufla, Yaouroufla.

Jusqu'au 10 juillet, les 3 groupes circulent dans toute la région de Zuénoula au Sassandra. A cette date, les 2° et 3e groupes rentrent à Vavoua, le 1er vient à Tranoufla pour prendre part aux opérations contre les derniers rebelles de Zuénoula : Mangourous, Kouans Luonous, Tons, Dranous.

Un détachement de 3 groupes d'Infanterie (capitaines Larroque, Plomion, Gontet) sous les ordres du commandant Noire, marche contre les Mangourous. Il bivouaque le 15 juillet à Tianoulla (1er groupe) et à l'est du Bé (2e et 3e groupes).

Les 16 et 17, le groupe Larroque enlève Koenzra Nénéfla, Nénézra et Goureregoï; les 2e et 3e groupes occupent Blitanouafla, Zangouroutla, Saazra, Gœzra, ïiariho et se relient au 1" groupe. Le pays est complètement abandonné. Les tribus voisines sont immédiatement occupées : Niangoros 1" groupe, Kouans 2e groupe, Tons 3e groupe; les Mangourous sont traqués, livrés. Les Dranous, voyant que leur tour approche, demandent à se soumettre. Les Kouans prennent la brousse plutôt que de rendre leurs armes. Des reconnaissances fouillent tout le pays, actionnent les Luonous, les Xiabeloas, les Tons et les Dranous. Les résultats acquis à la date du 29 juillet permettent la dislocation de la colonne. Les détachements de Sinfra et Oumé centrent dans leurs secteurs sauf 40 hommes de chacune des Compagnies.

A cette date, toutes les tribus Gouros ont demandé à se sou-

:\\ ï OPÉRATIONS MILITAIRES ET DE POLICE

mettre, mais elles mettent beaucoup de mauvaise volonté à

pendre leurs fusils. Neuf détachements les sillonnent et les obligent à activer la reddition des armes; les garnisons des postes déploient eu même temps une grande activité. Les reconnaissances, devant atteindre un à an les détenteurs de fusils, les poursuivent à la trace : de nombreux réfractaires sont tués notamment chez les Mangourous et les Rouans. Les derniers villages rebelles sont détruits. Grâce à l'aide fournie par les Cercles voisins qui expulsent les Gouros, ceux-ci réintègrent leurs villages. Au 15 septembre, la situation est suffisamment bonne pour permettre le renvoi dans les secteurs de Sinfra et Oumé des détachements des 7f> et 8° Compagnies.

Lue garnison est laissée en chacun des villages d'Ouréitafla, Zraluho, Blaouléfla ; trois détachements de 50 hommes chacun achèvent Le désarmement : lieutenant de Montrigaud chez les Mangourous, Drannous, Niangoros; lieutenant Liorzou chez les Kouans et Luonous ; sergent Ghiâroni chez les Tons et Niabéloas.

Au cours de ces oeuf mois et demi nous avons eu dans tout le pays Gouro 10 tirailleurs tués, 44 blessés, 7 porteurs tués ou blessés. Les rebelles ont subi de grosses pertes et rendu 9.448 fusils.

Le but des opérations militaires, d'octobre 1912 à mars 1913, est «le continuer La complète des tribus Shien des secteurs d'Oumé et de Sinfra, encore impénétrées, en progressant de L'est à L'ouest. Les troupes disponibles des T et 8° compagnies sont employées à eette pénétration, pendant que les 4e, 5'' et ce qui i-este des 7' et S' vont achever L'œuvre de désarmement et d organisation du pays Gouro.

Cette pénétration vers L'ouest doit être poussée jusqu'aux tribus Hélé, au nord, et jusqu'aux confins du cercle du Bas- Sassandra, où un détachement venant de Soubré, sous le commandement du capitaine Thomas, lente la pacification des tribus nord est de <•<> cercle encore insoumises, avec mission de

PÉRIODE DE L'ACTION LENTE « LES TACHES d'hUILE » .'îl>

se relier à Test avec le capitaine commandant le secteur d'Oumé.

Des reconnaissances préparatoires sont exécutées par les lieutenants Deslaurens et Person (juillet à octobre). Les indigènes, impressionnés par ces démonstrations, se sont portés vers l'ouest-nord-ouest.

Le chef de bataillon se rend le 17 octobre d'Oumé à Laouda pour diriger le commencement des opérations. Les troupes qui en sont chargées sont composées de la façon suivante :

1° Capitaine Bourcelot commandant la 8e compagnie.

Lieutenant Person.

Sergent Vagner.

1 peloton de 100 fusils indigènes.

2° Lieutenant Saunier de la 7e compagnie.

Sergent Ovelacq.

1 peloton de 100 tirailleurs, moins la garde de campement.

Le 19 octobre, le détachement Bourcelot quitte Laouda, atteint Dayeda à 18 heures; des patrouilles fouillent les environs sans rien découvrir. Le 20, le détachement, trompé par ses guides, se porte vers le sud sur Gagadoumié ; des patrouilles, envoyées aux abords des villages Rayés, constatent que toute la tribu s'est enfuie. Le détachement, remontant vers le nordouest, arrive à 17 heures en face de Ouraigayou (tribu Gourousso), occupé par un groupe de rebelles qui gardent la partie opposée à celle où se trouve le détachement. Surpris, ils s'enfuient, laissant 2 fusils. Le lieutenant Saunier, qui a reçu des olïres de soumission des villages nord des Brougas, rejoint alors le détachement Bourcelot. Cette liaison produit une grande impression : les tribus Seigouias, Brougas et Gouroussos présentent leur soumission. Tandis que, du 20 au 2b', le lieutenant Saunier reconnaît les Bourougas, les Gouroussos, les Broudouas, et actionne les Bouflas, Zériflas, Goule-Nagaduas et Bokos (1 tirailleur blessé), le capitaine Bourcelot se porte vers le sud où il éprouve une plus vive résistance; quittant Ouraigayou le 22 il se dirige vers Bakaipa (Doudoukou), signalé comme centre de la résistance et fortement occupé. Surpris par l'attaque, les guerriers s'enfuient (7 fusils pris), poursuivis par

l'adjudant Makan Diakité, ils se réfugient en tribu Kouapekou, au village de Niaourepa. Le 23. ce village est enlevé (2 fusils pris), Les autres villages de la tribu sont reconnus. Laissant le lieutenant Person chez Les Kouapekous, le capitaine Bourcelot regagne Bakaipa. Du 23 au 20 les deux détachements fouillent méthodiquement les deux tribus. Les rebelles se rassemblent à Zokouignan, le village est enlevé le 27 (1 tirailleur blessé, 2 fusils pris). Les cinq villages Kouak ouzos sont fouillés ; la résistance est brisée, les rebelles par petits groupes se dispersent dans La forêt.

A celte date, un mouvement d'hésitation se produit vers L'est eu tribus Xda et Daydi qui, voyant les détachements éloignés, refusent tout contact. Le lieutenant Person continue L'action contre les tribus déjà entreprises, obtient quelques soumissions et reconnaît les tribus Zo et Zabia qu'il trouve abandonnées. Le capitaine Bourcelot actionne les Daydis et Bokabos, qu'il amène à soumission définitive | l(J novembre). Le 22 novembre, cet officier, constatant des Kayés en tribu Gbassi, se porte vers Bayekou, signalé comme point de rassemblement des rebelles. Le village est enlevé après une résistance désespérée (3 tirailleurs blessés, 19 fusils pris). Suivant les rebelles vers Le nord-est. Le Lieutenant Person les rejoint aux villages de Zabrepa, Doubrepa qu'il enlève puis, continuant sur leurs traces, il arrive devant le gros village de Kousopa où L'ennemi se rassemble ; Le village est pris à 17 heures i fusils pris). Du 21 au 26, la tribu est entièrement fouillée (4 fusils pris). Le 27, quittant la tribu Gbassi, le capitaine Bourcelot se dirige vers l'ouest (Niabré), s'empare du village de Babredoukou (7 fusils pris). Trois reconnaissances envoyées a la poursuite des rebelles tombent sur des groupes nombreux qui se rassemblent (3 fusils pris). Le Lieutenant Person, les 27 et 28, reconnaît dans Le sud-ouest 14 villages et n'éprouve aucune résistance. De A.tonouhio, il rejointe Sérihio une partie du détacliement Thomas (Sergent Molieris), Le reste de cette troupe s'étanl dirigée vers Le nord pour reconnaître les Ndris et Lossomons, Pendant ce temps Le détachement de la 7" compa-

PÉRIODE DE LACTION LENTE « LES TACHES d'hUILE » 347

unie obtient la soumission dos Broudouas et Mazabalis (1 tirailleur blessé, 4 fusils pris).

Du 29 novembre au 10 décembre, des opérations d'ensemble sont menées par les détachements des 7e et 8e compagnies, eu liaison avec le capitaine Thomas et les détachements des 6e, 7e et 8e compagnies des secteurs de Daloa, Oumé et Sinfra. Le capitaine Bourcelot, dont le détachement a été renforcé de 60 tirailleurs (lieutenant Darroux), reconnaît la partie sud-est de la tribu Niabré (80 villages). Dès le 3 décembre, les détachements Bourcelot, Person et Darroux parcourent la partie encore inconnue des Niabrés et des Grias sans grande résistance (9 fusils pris). Le capitaine Thomas actionnant de son côté les tribus Lossomon et Ladacuia, les rebelles sont démoralisés et envoient des émissaires. Les détachements Person et Sergent Vagner achèvent en décembre la reconnaissance de la tribu Zabia et de la partie nord des Pakolos. Toute la rive droite du Gobero est ainsi reconnue. Le détachement Darroux rentre à Teiré pour achever la pacification des tribus du nord après avoir reconnu la tribu Gribou.

Le capitaine Thomas, installé depuis juillet à Sérihio avec un détachement de 100 gardes pour achever la pacification des Gottibouos, Ladacuias, Zoukouboués et Balebouos, a reconnu et actionné les tribus Pacolos, Grias, la partie ouest des Niabrés, la partie sud des Ndris et Lossomons (1.081 fusils rendus). D'accord avec le capitaine Bourcelot, il détermine en décembre la limite des cercles du Haut et du Bas-Sassandra. Ce dernier officier, après avoir fait reconnaître la partie sud-est des Zabias et étudié la limite avec le pays dida, choisit l'emplacement du futur poste de Gagnoa et complète la reconnaissance des Niabrés, Pacolos et Grias : ces groupes affirment leur soumission. Des camps temporaires sont alors installés (*23 décembre) par la 8e compagnie à Gagnoa (Niabré), à Gagadoumié (Kayé) par la 7e à Layo Gouopa (Gourousso).

Laliaison entre les6c compagnie (Daloa), 7e (Sinfra), 8e (Oumé) est ensuite décidée : Le 23 décembre, le détachement Belon (6e compagnie), qui a pour mission de se porter en tribu Gottinouo où une répression sévère doit être exercée à la suite du

massacre de 3 chefs du secteur d'Issia, puis en tribus Lossomon, Ndri pour les reconnaître, et enfin de se relier avec les autres détachements, surprend I»1 village deGazaio, enlève Koudéo le *2ï après une assez vive résistance, rejoint le même soir à Digbani Le Lieutenant Saunier qui a reçu l'ordre de se porter en tribu Ndri puis en tribu Lossomon, et le 25, à Balayo le lieutenant Person venu de Gagnoa après avoir traversé les tribus Grias et Krihoas. dette liaison de troupes, venant de trois points différents, détermine plusieurs villages Lossomon cl Ndri à présenter leur soumission. Pendant une reconnaissance un caporal est blessé à la face d'un coup de sagaie. Le 23, Le chef de bataillon est à Gagnoa. le 30 à Gouopa où il est rejoint par le capitaine Bourcelot, qui venant d'Oumé a traversé la partie est des Niabrés (groupes Kouakouzo, Kouapekou, Doudoukou) sans éprouver de résistance (3 fusils pris). Le détachement Bellon rentre à Daloa par la tribu Vokolo, qu'il traverse dans sa partie sud où les villages sont abandonnés.

Durant le mois de janvier, le lieutenant Saunier, secondé par Le sergent Royer, fouille les tribus Shiens du nord (l(.)7 fusils pris ou rendus). En février, 8 reconnaissances poursuivent les réfractaires, les tribus Gourousso et Brourouga qui refusent à nouveau tout contact et se sont réfugiées en tribus Ndri et Doudoukou sont vivement actionnées (sergent Mouret) I. "m fusils pris ou rendus. En mars, les tribus Gourousso et Brourouga, qui se montrent encore franchement hostiles, sont poursuivies jusque chez les Gribous et les Ndris (59 fusils pris ou rendus .

Du 1" janvier au 20 mars, les tribus Shiens du secteur d'Oumé son! actionnées par la, 8e compagnie: Le 2 janvier les rebelles Kayés el Gbassis incendient Le village où bivouaque Le détachement Darroux ; ils son! poursuivis jusqu'au cinq <S fusils pris, de notre côté I tirailleur blessé). Jusqu'en tin Février, les deux détachements de Gagadoumié et de Gagnoa hattenl La brousse sans répit (fusils pris 13, I tirailleur blessé). Les rebelles commencent à désespérer et, poussés par les féticheurs, tentent d'enlever Le poste de Gagnoa. Lue reconnaissance, conduite !<• I ï mars par le sergenl Samba Coulibaly, est

attaquée à 2 kilomètres nord-est du poste (le sergent et 1 tirailleur tués, 1 blessé, 2 fusils pris et rendus par les indigènes en juin seulement). A Gagnoa, des groupes nombreux se présentent par tous les sentiers soi-disant pour travailler ; invités à

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Fig. 31. — Pays gouro.

déposer leurs sagaies et leurs matchettes, ils hésitent, le capitaine Bourcelot fait alors ouvrir le feu par les tirailleurs rassemblés enhâtt. Le mouvement de rébellion générale, organisé du nord au sud des tribus shiens, est enrayé ; une répression sévère commence contre toutes les tribus qui ont participé à ce coup de main décidé dans deux palabres tenues en tribus Boko et Doudoukou. Le 15, le lieutenant Person commence la pour-

suite, atteint Goupa (Boudoukou), disperse les rebelles. Du 16 au 18, Le feu est mis au poste de Gagnoa.

Entre temps, Le 12 février, le lieutenant Person se rend à Serihio pour recevoir du capitaine Thomas tous les renseignements concernanl les tribus Gottibouo, Laducuia et Zoukoboué î."> villages qui sont rattachées au cercle du Haut -Sassandra.

Les opérations dans le pays gouro sont terminées et la région considérée comme pacifiée est détachée du cercle du Haut-Sassandra ; elle est constituée en circonscription administrative autonome, sous le nom du cercle des (iouros ; elle est passée à L'autorité civile en avril 1913.

Occupation du Haut-Sassandra (avril 1913, mai 1915)

Le pays gourou rattaché à L'Administration civile, est évacué par le 2e bataillon qui est groupé de la façon suivante : 5e compagnie à Vavoua, 6e à Daloa, 7e à Issia, 8° à Gagnoa ; la 1'' compagnie est rattachée au 1er bataillon opérant dans le llaut- Gavally. Le but des opérations qui vont s'ouvrir le 30 avril est de procéder à la conquête de tout Le pays compris entre les (îouros à l'est el Le Sassandra à l'ouest en progressant de l'est a L'ouest : ces opérations seront menées dans chaque secteur par Les seuls moyens des compagnies qui les occupent, saut pour la conquête du pays Yokolo à Test de la conte Daloa-Issia (|ui doit être effectuée par les 6e et 7° compagnies. Nous examinerons donc successivement la marche des opérations dans chaque secteur :

Sec l car de Vavoua

Pendant Le mois d'avril, Le capitaine Bergeron s'assure de la soumission des indigènes de race gouro relevant du district de Vavoua, par trois reconnaissances qui visitent toutes les tribus. LesZeinamous présentenl leur soumission. Le 30 avril, le capitaine Bergeron (I section, Lieutenant de Montrigaud, sergent Bonnafous, I section, Lieutenant Granier, sergent Orsoni, I sec-

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0/?7"f Z?^Z>1 REGION MILITAIRE

ftei/w s /3 tf3?e (/i/ /i décembre 1913 d'après les documents les plus récemment reçus pai le Lieutenant ADAM. Officier adjoint au L * fi?/»/ Va It o n Commandant la Bégion Militaire

ÉCHELU I 800 000»

1 ',° '.» 3,1) WKll

MtM frontière de la Colonie

+ + - / //7)//p de la Région militaire.

limite de Cercle militaire.

r Chef lieu de Cercle militaire F T Postes militaires^ Sénégalais)

T id. (Brigades)

™ Postes Administratifs.

= Routes

Sentiers bien frayés

DANS Nom de race KALÉ Nom de sous tribu.

-<Paoulo ' tliégi

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tion, sergent Danard) prescrit L'occupation de Pelezi par trois détachements. Le 11, à Pelezi, lés Bonans viennent présenter leur soumission. En se rendant à Borabo, le capitaine traverse les Yaouroutlas sans incident ; la tribu Bonan est reconnue du 15 au 20 et un camp temporaire est installé à Borabo. Au sud des Bonans, les Niedebouas et les Dioussos restent hostiles, le capitaine Bergeron décide de briser cette résistance puis d'attaquer les Potihés.

Le 20, le lieutenant de Montrigaud (sergent Danard 1 section 1/2) se porte vers les Dioussos ; des abattis et des petits piquets parsèment la piste ; Setoma Ininou (Niahoua) est enlevé (1 fusil pris). Le 21, le détachement marche vers le sud-ouest, les villages sont évacués mais gardés ; il bivouaque à Bonemabo. Le 22, les traces des rebelles sont suivies et de nombreux campements détruits; le 23 le détachement atteint Tapégué, centre de la résistance, le village est enlevé (1 fusil pris) ; le 24, le lieutenant de Montrigaud traverse le Sassandra et reconnaît Desoudlitablé, Faléblé, Guéguéblé, Tapéblé. Le 27, des émissaires présentent la soumission de la plupart des villages.

Le 31, le lieutenant Granier (sergent Bonnafous 1 section), après avoir poursuivi les Niédébouas pour les obliger à rallier leurs villages, est dirigé sur les tribus Mêmes et Potihés. Le 1er juin, Zaibo est enlevé (2 fusils pris), des reconnaissances sont poussées jusqu'au 4 juin pour relever la position des villages inconnus et de la Lobo (1 fusil pris). Le sergent Bonnafous reste à Zokogué. Les villages Pothiés sont abandonnés depuis plus de 6 mois. Du 4 au 7, le lieutenant Granier poursuit les Némés, Il campements sont détruits (1 fusil pris). Pendant ce temps les Dioussos, qui avaient fait des offres de soumission, ont repris la brousse, le lieutenant de Montrigaud les actionne (2 fusils pris).

Du 17 au 24 juin, les reconnaissances du sergent Bonnafous déterminent la réoccupation définitive de la tribu Niedéboua. En tribu Diousso, le sergent Danard stimule la soumission des Niabouas (2 fusils pris, 14 rendus). Du 15 au 19 juin, le capitaine Bergeron reprend les Némés qui présentent leur soumis-

sion, [mis les Potihiés où il fait sa jonction, suc la Lobo, avec un détachement de la 6' compagnie opérant en tribu Bozebouo. Le 8 juillet, le sous-lieutenant Voizard, qui a pris le commandement des détachements d'opération occupant les Potihés. reconnaît le village de Fresule : certains chefs se présentent. Le sergent Danard surprend dans le sud les réfractaires et détruit 6 campements 1 tirailleur blessé, 2 fusils pris). Le 15 juillet, 1rs '2 sections étant renforcées, les Yaouroullas qui restent hosti- Les sont occupés, ils présentent leur soumission.

La liaison est faite entre Kouibly et Pelezi, et un chef Niable, du sud. apporte sa soumission. Du 27 juillet au 5 août, le sous- Lieutenant Voizard s'assure des intentions des Potihés avant de se diriger sur les Monosos. llatteint les villages deZoukoubeu et Nasibeu qui se soumettent aussitôt, reconnaît dans le nord-ouest Les groupes Badekon, Bodibo et Yalo. A partir de Dedebli, vers Vaziabo, où les dissidents du nord se sont réfugiés, les habitants offrent une certaine résistance (10 fusils pris). La6ecompa- nic occupe alors la région ouest de la Lobo. Jusqu'à tin octobre le sous-lieutenant Voizard et le sergent Danard s'occupent .i faire réintégrer les villages des Dioussos et Potihés. Ln novembre et décembre aucune opération militaire.

Secteur de Daloa

Les opérations menées dans ce secteur comprennent trois périodes : du 26 avril au lo mai en pays bété, guipri et sablé ; du lo mai an 5 juin, opérations d'ensemble des G° et 7e compagnies contre les Yokolos, Guipris et Zourougués, duo juin au 31 décembre chaque compagnie opère dans son secteur.

/" période. - Du 20 avril au 14 mai, la compagnie Maury reconnaît les tribus l>étés du secteur d'Issia en bonne voie de soumission. Dans le secteur de Daloa, le capitaine Bellon fait occuper La tribu Guipri (sous-lieutenant Jouannen, sergent Julien 71 tirailleurs). Les réfractaires s'étant réfugiés à Glébitapla et Doudoua (Sablé), où se trouvent deux féticheurs dangereux restes impunis de L'assassinat du commis Lecœur et du lieutenanl Mutin (1906 et 1907), sont attaqués de nuit par deux

PÉRIODE DE L'ACTION LENTE « LES TACHES d'hUILE » 353

reconnaissances ; les féticheurs sont tués dans la poursuite. Cette action subite produit un effet considérable : plus de 80 chefs des villages des environs de Daloa présentent leur soumission définitive.

2e période. — Opération contre les Yokolos. Le 12 mai le capitaine Bellon quitte Daloa pour se rendre au Guipri, une section du détachement Jouannen passe par le Zigroin qui se soumet. Le 15 mai, le chef de bataillon se dirige avec le groupe Bellon pour attaquer les Yokolos par le nord, tandis que le capitaine Maury, venu d'Issiapar le Goré, les entreprend par l'ouest. Le 16 mai les premiers villages sont atteints, la population s'enfuit. Le 17 le groupe Bellon occupe Niakia (route Issia Goug). Le 18, les deux groupes sont réunis et atteignent Ouandam signalé comme très hostile. En outre, le lieutenant Person de la 8(' Compagnie, qui venait d'occuper la tribu Ndri (sud des Yokolos), rejoint le> deux autres détachements le 18 au soir. Devant le peu de résistance, le chef de bataillon fait explorer toute la région : du 19 au 24, 35 villages sont reconnus et les villages de Ouandam, Balam et Loukiayo présentent leur soumission. De nombreuses reconnaissances sont alors lancées dans la région. Avant de renvoyer les deux groupes dans leurs sections, le chef de bataillon décide de briser la résistance des tribus du nord-ouest des Yokolos, sur les confins d'Issia et de Daloa : Babogue, Gbrague, Yarra, puis vers l'ouest les grandes tribus des lialos et Guettégués.

Dès le 31 mai, le lieutenant Saunier occupe tout le pays Yokolo. Les groupes Bellon et Maury traversent difficilement le Goré et les tribus insoumises Yiakuia, Grésibouo, Gbobaguié, Babogue, Gbrague qu'ils amènent à composition. Le 2 juin, le groupe Bellon est à Bla et le groupe Maury à Leba. Le chef de bataillon décide de briser la résistance du groupe Balo, qui coupe encore la route d'issia et celui du Guettégué. Le 3 juin, ce dernier canton est occupé. Les chefs Bahuin et Balo se soumettent. Le 4, Gouessa est occupé, un campement y est installé pour achever la pacification de cette tribu. Le groupe Maury reconnaît les villages du Balo.

3e période. — Dès le 5 juin, le lieutenant Marty, installé à

;{.*)i OPÉRATIONS MILITAIRES ET DE POLICE

Gouessa I section 1 2), entreprend de désarmer les Guéttégués^ Du 9 juin au 8 août, il actionne les fractions encore insoumises, le village de Doboiré, très hostile, est enlevé de nuit (18 fusils pris) : la tribu Niakazeboua est mise en main; la tribu Dépiéest soumise par Le sergent Roussel (483 fusils pris ou rendus). Vers L'est, Le sergent Julien, puis le sous-lieutenant Jouannem, mettent à la raison les Guipris et Zourogués (1 fusil pris). Vers Daloa. du 15 au 20 juin, la tribu Bozebouo, qui reste rebelle, es! actionnée par l'adjudant Samba; du 9 au 13 juillet l'adjudant Larminat opère en paysbalogué. Du 23 juillet au 5 août, Le lieutenant Marty et le sous-lieutenant Jouannem reconnaissent les tribus Dépié, Likaboua, Bogrêboin, avec mission de préparer la traversée de la Lobo en vue du passage des détachements qui vont opérer la conquête de cette région inconnue. Opérations en pays Niaboua entre Lobo et Sassandra. Le 10 août un détachement composé de :

Capitaine Bellon commandant la 6e Compagnie,

Lieutenant Marty,

Sous-lieutenant Jouannem,

Sergent Russac,

1 Adjudant indigène,

3 Sections (90 fusils indigènes) traverse la Lobo, occupe sans résistance les tribus Matérégué et Monoso et arrive le li au camp de ïapégué occupé par la .">' compagnie (sergent Danard). Le 16, le détachement atteint Le Sassandra où le lieutenant Marty est laissé avec 1 section pour reconnaître les tribus de cette région, effectuer la liaison avec la 7r compagnie, et ouvrir une piste vers Daloa.

Le 17. revenant vers Test, le capitaine Bellon atteint la Lobo Le 20, H Gouessa Le 21 sans incident : les tribus se sont enfuies dans la lorèt. Le 18, la liaison est faite sur Je Sassandra à Guésabo, avec un détachement de Duékoué (Cercle Baut-Cavally). Le 23, le soiis-lieutenanl Jouannem traverse à nouveau la Lobo ei organise un campement à Gregbeu ; jusqu'au 31. cel officier cherche à se mettre en liaison avec le lieutenant Marty; la liilm Dépié est fouillée. Pendant le mois d'octobre, les Martérégués, Niakiaguiés, Lekavouas sont actionnés (l(î fusils

pris). Eu novembre et décembre, aucune opération de guerre n'est eit'ectuée.

Secteur d'Issia

Dès la fin des opérations d'ensemble, le 4 juin, la 7e compagnie, devant avec ses propres moyens achever la conquête du secteur, est répartie comme suit :

1 section 1/2 à Issia capitaine Maury,

1 peloton lieutenant Saunier, sergent Ovelacq, 90 fusils indigènes, en secteur Yokolo,

1 section mobile.

Dès le 1er juillet, le lieutenant Saunier actionne les Vokolos et se relie avec le lieutenant Person opérant chez les Nclris. Les habitants ont fui et il faut des détachements stationnant et faisant des prisonniers en grand nombre pour les obliger à se soumettre (1 tirailleur et 2 porteurs blessés, 185 fusils pris ou rendus). Le lieutenant Saunier effectue la liaison avec le détachement du Gong, ce qui fait rentrer les derniers réfractaires des villages nord des Yokolos et les réfractaires Zourogués ; la tribu Bouadré est châtiée. Le 25 juillet, à l'attaque d'un campement un tirailleur est blessé grièvement. Des campements sont construits à Seïboua et Broma (157 fusils pris ou rendus). Durant le mois d'août, le lieutenant Saunier continue son action chez les Yokolos, reconnaît les tribus Gotlibouo et Bittié, puis reprend les Bouadrés, Zouroubouos et Nibaïos, tandis que le sergent Ovelacq actionne les sous-trihus du nord qui s'étaient réfugiées chez les Zourogués. Ces rebelles sont chassés par l'adjudant Larminat qui occupe cette tribu et lui prend 76 fusils. Pendant le mois de septembre, le village de Sobraïo, où se sont concentrés les réfractaires Tésié et Naokolo, est enlevé par le sergent Ovelacq (1 tirailleur blessé). Les groupes encore hésitants, actionnés par ce sous -officier dans le sud, par le sergent Beauclair dans le nord, par le lieutenant Saunier dans l'est, présentent leur soumission. Le 5 septembre, le lieutenant Darroux de la 8° compagnie, venant de ïéiri, effectue la liaison par l'est. Le 28, le lieutenant Saunier est blessé mortellement, d'un coup de feu, par un tirailleur pris d'un accès de

folie. Au 1" octobre, tous les villages Yokolos (90) sont réoccupés

Opérations vers C ouest entre fa Lobo et le Sassandra. — Le 22 juillet, le capitaine Maury ({uitte Issia, traverse la Lobo et occupe les tribus Loboué et Librégué : des reconnaissances obligent les habitants à rallier leurs villages (23 et 24). Le 24, le chef de bataillon rejoint le détachement à Sablégué et se porte avec une demi section sur Buyo où il arrive le 27, en repart le 28 et rejoint le 30 le capitaine Maury sur le Sassandra ; ce dernier a traversé les Kipregués et atteint la tribu Kouzié. Les trois chefs Kouzié et Niable se présentent le jour même.Lechefde bataillon regagne Daloa en passant par les Kipregués, les Néritahouas. les Kusrcgués. Le capitaine Maury occupe les Niable qui se soumettent ; un campement est installé à Irobogué. Il opère ensuite dans la tribu Britaboua. Le 26, tous les villages sont réoccupés ; les Inagbei, Guégué, Tretaboua, et Kouzié restent seuls douteux. Le 12 octobre, ces tribus, actionnées par L'adjudant Pech-Lapastraque, se soumettent. En novembre, les Bahouins sont actionnés ; en décembre, les Kouziés refusant tout contact sont poursuivis par l'adjudant Pech-Lapastraque.

Secteur skie /t.

Du Ier mai au 31 août, les deux détachements de Gagnoa et <le Gouopa actionnent sans répit les insoumis et les obligent à réoccuper Leurs villages : les groupes Tablé, Zabia et Pacoro viennent a composition (1 tirailleur blessé, 1 fusil pris).

Le 3 mai, Le Lieutenant Person quitte Gagnoa, fouille du 5 au 13 la région Dobia. Mlékré (7 fusils pris) ; le 14, il traverse le Gobero, occupe Le groupe Biram, puis traverse les Ndris et Yokolos pour se relier aux détachements en opération dans cette dernière tribu. Le 20, il fouille le nord de la tribu Ndri, enlève Takohoa où se sont concentrés les réfractaires (l tirailleur blessé), puis Boguehoa nouveau centre de résistance 8 juin (1 tirailleur mortellement atteint); les Ndrisoffrent Leur soumission. Le I" .juin. Le détachement entreprend la tribu Lossomon <jui ne tente aucune résistance et se soumet; installé

à Boudoukou, il continue la pacification des tribus Ndri, Lossomon, Gottibouo et Krihoa.

Le 15 mai, les tribus Guébié et Bamo, du secteur Dida remis à l'Administration civile, sont rattachées au cercle du Haut- Sassandra et, le 15 juillet, le capitaine Bourcelot (1 section, Sergent Vagner) quitte Bognoa (tribu Zabia) pour pénétrer les Guébiés. Le capitaine, rappelé pour le service, est remplacé par le lieutenant Person, avec mission d'amener les Guébiés et les Bamos à composition. Jusqu'au 30, il reconnaît toute la partie nord de ces tribus (4 fusils pris) ; la liaison avec le poste de Lakota est faite le 26 juillet. Le 2 août, à l'attaque de Babreville, 1 tirailleur est blessé, 5 fusils sont pris; le 5 août, à l'attaque d'un campement, 1 autre tirailleur est blessé, 2 fusils pris. Le 13 août, le capitaine Bourcelot reprend le commandement ; dès le 20, les Guébiés et les Bamos viennent se soumettre.

Les tribus Balebouo, Bobouo, Gribi-Dobouo et Yobiha du Bas-Sassandra ayant été rattachées au cercle du Haut-Sassandra, le capitaine Bourcelot (sergent Mondescourt) reconnaît ces tribus après avoir traversé les Zoukoboués (octobre). Les indigènes envoient immédiatement des émissaires pour déclarer qu'ils ne sont point hostiles.

En novembre, le lieutenant Darroux continue à actionner les tribus Gribous et détruit leurs campements de forêt; le lieutenant Person mène les mêmes opérations chez les Ndris. En décembre, de nombreuses reconnaissances parcourent les Guépié (1 caporal et 1 tirailleur blessés); les résultats se font rapidement sentir et les villages sont réoccupés.

Au cours de cette période nous avons eu 3 tirailleurs tués et 22 blessés, 7.062 fusils ont été pris ou rendus.

De janvier à août 1914, les opérations de pacification se poursuivent dans chaque secteur :

;j,")S OPÉRATIONS MILITAIRES ET DE POLICE

Secteur de Vavoua.

Aucune opération militaire n'est effectuée dans ce secteur qui peul être considéré comme pacifié.

Sa- leur de Daloa.

En janvier, un tirailleur, s'étant éloigné d'une patrouille, est assassiné par les habitants du village de Basragué, qui sont châtiés par le sous-lieutenant Jouannem. En février, des reconnaissances parcourent la tribu Bozenouro, dont les chefs cxercenl nue influence pernicieuse dans la région; ils sont vite mis à la raison. Les garnisons de Gregbeu et de Guésabo coopèrent avec le détachement d'Ibogué à la répression du Niaboua. En avril les Scrobouos, qui donnaient asile au chef réfractaire Zaiblé des Bozabouos (tué par les tirailleurs du sergent Julien), les Balogués, les Zokaïnous, les Zebrianous et le village de Lekogué (Bozebouos), qui avaient repris la foret, sont remis en main. En mai, des patrouilles fouillent le sous-secteur de Guésabo et Le lieutenant Bureau fait réoccuper les villages Dépiés par leurs habitants; ceux-ci avaient pris la fuite après s'être emparés d'un représentant et d'un porteur qui furent de suite délivrés par une patrouille. En juin, les Gueainous, les Dioussos, les Briabos, les Monosos, les Bahouins, les Betibouos ri les Zoukourougués sont parcourus par des reconnaissances. Des tournées de police, interrompues par In mobilisation, ont lien en juillet et août.

Sec leur (Clssia.

En janvier, le détachement de l'adjudant Pech-Lapastraque parcourl le pays Niaboua, il se relie à un détachement de gardes de cercles opérant sur la rive droite du Sassandra. Les Nia bouas, sous La pression de ces 2 troupes, rentrent dans leurs \ illages. L'adjudanl actionne ensuite les Britibouas, qui axaient formé h' projet d'attaquer le poste d'Ibogué, et continue ses opérations en février et mais. En avril, Les divers cantons du secteur sont parcourus par des reconnaissances qui s assurent

PÉRIODE DE L'ACTION LENTE « LES TACHES D'flUILE » 359

que les villages sont réoccupés par leurs habitants. La tribu Nogoga, qui refuse l'obéissance, est parcourue du 12 au 16 mai. En juillet, les pays Balo et Irobogué sont reconnus par des patrouilles, les indigènes ayant refusé d'obéir et quitté leurs habitations.

Secteur des Sh

tens.

L'adjudant Argier, opérant de concert avec le poste de Lakota, oblige les Guébiés à réintégrer leurs villages en janvier. Du 1er au 13 avril, le lieutenant Person secoue l'inertie des Bains et Pakolos. En mai, quelques sous-tribus de Boudouha et de Gouopa, et les Ndris, se dérobant complètement à notre autorité, sont actionnés. Les mois de juin et juillet ne donnent lieu à aucune opération militaire.

Au moment de la mobilisation (août 1914), les compagnies du 2e bataillon ont évacué le cercle du Haut-Sassandra entre le 10 et le 20 août. Elles ont d'abord été remplacées par les détachements fournis par chacune des compagnies du Ie1' bataillon ; puis, pour assurer d'une façon plus effective l'action du commandement, les lrc et 3e compagnies occupent le cercle, les 2 autres restent dans le Haut-Cavally. Seuls les postes de Vavoua, Daloa, Issia et Gagnoa reçoivent des garnisons, les autres sont provisoirement évacués.

Secteur de Vavoua.

En novembre et décembre, le secteur est parcouru sans incident par le sergent Bouin et l'adjudant Léoni.

Secteur de Daloa.

Les indigènes de la région Gregbeu, Grésabo, ayant montré quelqu'eilervescence après l'évacuation de ces postes, sont actionnés en septembre et octobre. Le village de Nékaï, entouré de petits piquets empoisonnés, est enlevé le 2 octobre, le chef

est tué avec un de ses partisans le 23 ; 94 campements de forêl -"lit brûlés et la plupart des villages réintégrés. Des patrouilles opèrent en région Dépié et Guétogué (1 tirailleur el 1 représentant blessés à coups de matchettes) et détruisent 13 campements de brousse. En novembre et décembre, la reconnaissance permanente installée dans la région Gregbeu. Guésabo se transporte de village en village et fouille le pays avec ses patrouilles : les indigènes réoccupent leurs villages. D'autres patrouilles actionnent les Depiés et les Zourogués. Aucune opération militaire n'est effectuée dans les mois suivants.

Secteur (Thsia.

l)n 27 au 2!) août, l'adjudant Léoni parcourt le pays Naboua dont les habitants refusent l'obéissance. En novembre et décembre, de nombreuses patrouilles sillonnent le secteur, où existent encore quelques réfractaires qui cherchent à échapper à notre autorité sans essayer d'ailleurs de résister par les armes. Aucune opération militaire dans les mois qui suivent.

Secteur des Shiens.

Le dépari subit de la 8e compagnie amène une certaine effervescence dans La région de Guopa où une patrouille de 10 fusils es1 envoyée du 16 au 22 août ; en septembre et octobre, des patrouilles parcourent à nouveau cette contrée. L'unes d'elles, forte de 2."> tirailleurs, sous les ordres du caporal Makan Taraoré, envoyée pour arrêter les habitants de Désayo qui ont attaqué à main année, pour un motif l'utile, le village de Nazia el tué 15 personnes, tire sur les indigènes qui s'enfuyent : le chef qui avail dirigé l'attaque est parmi les morts. En novembre, trois reconnaissances opèrenl chez les Ndris el les Lossomons qui onl montré quelque velléité d'indépendance. En décembre, le Berge ni Lemoine, à la tête de 30 tirailleurs, se rend dans la région d'inagbea don! les habitants redisent d'obéir: le 18 décembre L'adjudanl Sadio Kéita parcourt la même région. Pendant ce temps une patrouille parcourt le Guébié sans inci-

PÉRIODE DE L'ACTION LENTE « LES TACHES d'hUILE » 361

dent. En janvier et février la région de Guopa et celle d'Iguabeio sont visitées sans la moindre résistance. En mars et avril aucune opération n'est menée dans ce secteur.

La pacification du cercle du Haut-Sassandra peut être considérée comme terminée. Le cercle passe en 1916 à l'administration civile.

Occupation du Haut-Cavally (décembre 1910-mai 1915)

Dès la fin des opérations qu'il a dirigées en novembre J908 contre les rebelles de Man, le capitaine Laurent, Commandant le cercle du Haut-Cavally, a demandé des renforts pour en finir avec le groupement rebelle du Iaro, dont il n'a pu venir à bout avec ses seuls effectifs disponibles. Une action militaire immédiate a été décidée; malheureusement est survenue, au début de 1909, la mission Libérienne qui a occupé pendant plusieurs mois le capitaine Laurent et une partie de la 2° Brigade de garde indigène ; puis les événements du Baoulé et du pays abbey nous ont interdit tout mouvement de troupes dans le Haut-Cavally, où Tordre a été donné de conserver le statu quo.

1909 se passe assez bien : les indigènes ont encore le souvenir frais des opérations de 1908 et espèrent nous voir bientôt agir. Mais, dès 1910, la situation se complique et il nous faut faire des prodiges d'équilibre pour nous maintenir.

De temps en temps se produit un incident plus ou moins violent, dans lequel on retrouve toujours la main du Iaro. Les cantons voisins de Man, qui se sont autrefois soumis, prenant notre inaction pour de la faiblesse, nous abandonnent successivement pour se tourner contre nous, les uns tacitement (Ninéné, une partie du Souin),les autres ouvertement (Blouno, Hyié-, Oua-Sud, Doualé-, Zo-Sè, Touras).

Le capitaine Laurent a couru au plus pressé et fait châtier, par le lieutenant Boureelot, quelques villages particulièrement agressifs : Guablasso Gouléni, Iriguélé, Goulané, Zouata ; mais, toujours limité par les ordres stricts qu'il a reçus de ne pas s'engager trop loin et par l'insuffisance de ses effectifs, il n'a pas pu agir où et comme il aurait fallu.

3o'2 OPÉRATIONS MILITAIRES ET DE POLICE

Tout le pays a les yeux sur Iaro qui, n'ayant pas été puni, continue ses bravades, suscite la révolte, morigène ses voisins du Blême restes soumis et vient même au début de novembre faire un simulacre d'attaque du poste.

Le capitaine Laurent insiste encore pour demander des renforts, qui sont enfin promis et, en attendant, décide une reconnaissance de nuit contre le village de Blo. Celui-ci, surpris au point <Iu jour, est vigoureusement attaqué et détruit : les rebelles, qui ont subi de grosses pertes, s'éloignent de Man : tout danger immédiat est écarté ; encore une fois l'équilibre instable est rétabli : il va durer jusqu'à l'arrivée des forces d'occupation définitive qui, sous les ordres du commandant Bordeaux, se mettent, dès la mi-décembre, en route sur Man.

Composition de la colonne

Etat-Major :

Chef de Bataillon Bordeaux.

Lieutenant de Cernon, affecté peu après à la 5e Compagnie.

Médecin Aide-Major Leroy.

5e Compagnie du 4e Sénégalais (ancienne 2e Brigade) :

Capitaine Laurent.

Lieutenant Bourcelot.

3e Compagnie du 4e Sénégalais :

Capitaine Tissot, remplacé par le Lieutenant Santucci.

Lieutenant llumbert.

8e Compagnie dû 4e Sénégalais :

Capitaine Gondalma.

Lieutenant Audy.

Cbaque Compagnie comprend 3 sous-oflîciers européens et 100 tirailleurs.

Echelon de ravitaillement: Lieutenant F errand, 50 tirailleurs.

I pièce d'Artillerie : Maréchal des Logis Carlotti.

Le lieutenant H us son, qui commandait le poste de Danané, ;i été appelé à Man el remplacé à Danané par l'adjudant Kervern. Celui-ci, n'ayant qu'un faible détachement, a L'ordre de ne pas sortir de son poste.

PÉRIODE DE L'ACTION LEME « LES TACHES d'hUILE » 363

Le docteur Villeroux reste à M an pour y soigner les malades et blessés évacués de la colonne.

Les 3° et 8e Compagnies, qui viennent du Baoulé, arrivent à Man du 15 au 27 décembre 1910.

La première quinzaine de janvier 1911 est employée à organiser les troupes d'opérations, et à reconnaître le pays Guère qui limite à l'est la région insoumise. Une Compagnie la 8e y est employée. Partie de Man le 5 janvier, elle rentre le 9; elle a été accueillie à coups de fusil : les Guèrés sont donc franchement hostiles.

La colonne, constituée le 15 janvier, est mise en route le 17.

Le plan du commandement consiste à réduire d'abord le canton de llyié ; à entrer ensuite dans le Iaro en plusieurs colonnes parallèles marchant sensiblement du nord-ouest du sud-est ; enfin à opérer dans les cantons limitrophes du Iaro et en pays guère. L'opération est ainsi divisée en 4 phases :

A) Opération contre Hyiè

Au départ de Man, la colonne est formée en 2 groupes : à gauche le 3e compagnie, objectif Dianlé-Mlongoui ; à droite les 5e et 8e, objectif Boulita et la partie ouest du canton de Hyié.

Dès le 17, la 3P Compagnie se heurte au Kagoué à un fort rassemblement de rebelles, qui défendent avec acharnement le passage de la rivière. Elle la franchit le 18, rayonne aux environs, enlève le 22 Mlongoui, et entre sans difficulté à Koimpleu le 23. Pendant l'après-midi, le capitaine Tissot est blessé d'une balle au ventre. Le 24, elle avance sur Zagoualé dont elle s'empare après un rude combat — et le 26, elle s'installe à Gouangouioù elle ne trouve aucune résistance.

Pendant ce temps, les 3e et 8e ont progressé par l'ouest. La 8e a enlevé Kouitongoué le 18 et est arrivée le 24, en même temps que la 5e, à Gouékangoui dont le chef a offert sa soumission. De son côté la 5e a enlevé le 18 Dantougoui, le 19, avec le concours de l'Artillerie, Bangouégoui énergiquement défendu, et elle a détruit de nombreux campements où plusieurs indigènes ont été arrêtés.

36 i OPÉRATIONS MILITAIRES ET DE POLICE

Le 28, nous sommes maîtres du canton de Hyié : il nous a coûté 10 jours d'efforts, la mort d'un officier (capitaine Tissot) el de 2 tirailleurs, 1(5 blessés (11 tirailleurs, 5 guides et porteurs).

B) Opérations contre Iaro

La op compagnie, restée à Gouékangoui, commence dès le 27 à pousser des pointes vers Iaro; d'abord au sud de Gangoui, puis le 28 à Ziogoui, dont elle s'empare après un combat acharné (6 tirailleurs et i porteurs blessés). Le capitaine Laurent, tombé gravement malade, est évacué sur Man ; le lieutenant Bourcelot prend le commandement de la compagnie à Laquelle est affecté le lieutenant de Cernon.

Le 30 commence l'envahissement méthodique du Iaro qui a été à cet effet partagé en trois secteurs : op Compagnie à droite, 3e au centre, 8° à gauche.

Le !er lévrier, les compagnies occupent le front Ziogoui- Trêné-Doualé ; elles progressent sans grandes difficultés et atteignent le 8 la ligne Podégui-Tontigloin-Koulopleu. La résistance, assez molle au centre, se précise vers Gouélé et Bané-Souapleu.

La 8e s'empare, du 8 au 11, de Moinlé, Bané, Souapleu. La 3e est adjointe à la 5e pour enlever Gouélé, village haut perché, fiés diflicile ; l'attaque a lieu le 10 par les 2 compagnies, soutenues par la réserve et l'artillerie. Celle-ci a réussi, par 2 obus heureux, à désorganiser la défense et les 3'' et 56 compagnies, Lancées à L'assaut, ont pu entrer dans le village sans coup férir. Les laros intimidés demandent à se soumettre. La fouille continue par Diouleu-Logoualé (5e compagnie) Tontigloin-Dinogloin (3e). Souapleu-KLinlé et boucle du lvo (8(>).

Le 18, tout le pays a été parcouru et trouvé désert. La région est trop troublée pour qu'on puisse y faire œuvre utile : il lui l'aui le temps de se ressaisir. Une nouvelle série de mouvements esl alors décidée, dont les objectifs sont les suivants : battre la forêt entre Ko ci /o. reconnaître Le confluent des deux rivières, rechercher L'emplacemenl d'un poste, prendre contact avec les Guérés. L'emplacement choisi pour l'installation du poste est

PÉRIODE DE l'aCTIOiN LENTE « LES TACHES d'hUILE » 3()5

Logoualé, et la construction est immédiatement commencée par la 3- compagnie. Des reconnaissances parcourent le pays pour hâter la reddition des fusils.

C) Opérations dans les cantons limitrophes du laro

La 5e, chargé d'opérer vers l'ouest, traverse le Zo le 18 février, à hauteur de Gouélé, et arrive dans le Ghémanlé. Elle pousse de là une pointe en pays Guère et revient le 2 mars dans le Blouno sud. La population est invisible : seuls quelques notables discutent avec nous et rendent des fusils. Le 8, le Lieutenant de Gernon est mal re<;u à Ourégapleu. Des petits détachements nombreux sillonnent le pays et, dès le 10, tout le canton demande à se soumettre.

D) Opérations en pays Guère

Bien que, au début, chronologiquement mêlées à d'autres, ces opérations font l'objet d'un chapitre spécial.

Des fortes reconnaissances des 3 Compagnies explorent d'abord la région du confluent Ko-Zo et atteignent en fin février Doua-Pin et Touélé. Les Guérés, épars dans la forêt, crient qu'ils ne veulent pas faire la guerre et en même temps déchargent sur nous leurs fusils Après ces coups de sonde, le commandant Bordeaux décide de porter tout son effort sur la rive gauche du Ko, face à Logoualé.

Les 5° et 8e compagnies, ramenées dans le laro à Dinogloin et Brigoin, en partent le 15, direction sud-sud-est. La 8e arrive sans incident, le 15, à Pin, où elle est rejointe le 20 par la 3e qui a eu des résistances à vaincre vers Doumangouné. Les Guérés parlent de se soumettre, mais ne rendent aucun fusil. Le 21, sous prétexte de venir parlementer, ils s'approchent de nos bivouacs et veulent les attaquer. Ils sont repoussés et subissent de nombreuses pertes

L'Etat-Major, l'artillerie et la réserve arrivent le 23 à Pin ; les compagnies d'avant-garde sont aussitôt poussées en avant, la 5e vers Tourougoué, la 8e vers Zobo. Le 31 mars, la colonne est tout entière à Péon. L'ennemi est invisible. Le seul procédé à lui appliquer est l'occupation du pays. Le commandant

décide alors de rechercher un emplacement favorable à la construction d'un poste.

En conséquence, le 2 avril est entamée uue nouvelle progression qui, par bonds successifs, nous amène le i sur le front i lahébli-Dézéri, le 9 à Koudo.

Ici, les Guérés sont moins sauvages : ils n'ont pas évacué Leurs villages et nous accueillent en amis. Dès le 10 les Braons viennent à nous sans armes; ils sont suivis peu après par les Bléhios, porteurs d'un drapeau tricolore que leur a remis le lieutenant Perrin, de Soubré. Une occasion se présente ainsi de faire la liaison avec la cote. Le commandant se charge de cette mission avec le peloton llumbert ; il arrive sans encombre le 12 à Dougrou où est installée une factorerie française. Pendant ce temps, la 8e compagnie, chargée de reconnaître remplacement d'un poste, a arrêté son choix sur Duékoué ; elle y est rejointe le l(> par l'Etat-Major.

La 8*' Compagnie s'installe à Duékoué et Béoué avec mission immédiate de soumettre les Bilas et les Zaniés, l'Etat-Major et la réserve reprennent la route du laro ; ils arrivent le j20 à Logoualé. Enfin, la 5e, qui a opéré chez les Bilas, repasse le Ko le 23 el rentre à Man le G mai, après avoir obtenu la soumission des groupements Blo et Nilou-Blo. Elle occupe ensuite le secteur de Man et fonde un nouveau poste à Séniien sur la route Man-Seguéla.

dette colonne a été particulièrement pénible. Elle nous coûte :

10 tués dont le capitaine Tissot mort de ses blessures, 7 capo raux ou tirailleurs et 2 porteurs.

33 blessés dont I lieutenant légèrement effleuré, 23 tirailleurs el 9 porteurs ou guides.

L'ennemi a subi des pertes sérieuses et perdu ou rendu à la date du I"' mai 1 .072 fusils.

Des la lin de la colonne du laro, les nouveaux postes établis à Béoué, Duékoué, Sémicn, Logoualé entreprennent La pénétration des Guérés el des Ouobés.

Mais L'excessive sauvagerie des habitants et L'obligation, en

septembre, d'envoyer des troupes en (minée contrarient nos efforts et nous empêchent, malgré l'activité déployée de mai à octobre, d'obtenir des résultats décisifs : il devient indipensable de recourir, en novembre, à une nouvelle action d'ensemble.

1° Opérations de détail de mai à novembre 1911.

A) Pénétration du pays guère. — De nombreuses reconnaissances d'escouades et de sections rayonnent autour de Béoué, dans un rayon de 4 à 5 kilomètres, d'abord, puis progressivement jusqu'à 25 kilomètres.

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