‹ La pacification de MadagascarChapitre 17 sur 92 · LIAISON AVEC LE CERCLE D ARIVONIMAMO · texte numérisé non relu

LIAISON AVEC LE CERCLE D ARIVONIMAMO

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une ligne s'ccartant un peu de l'Ikopa et bordant les plateaux montagneux du Tompoketsa ; c'était, en somme, la limite entre les provinces hovas du Vonizongo et du Yalalafotsy.

Ces propositions furent acceptées. Le lieutenant Lacoste évacua donc Miarinarivo, qui passait au cercle d'Arivonimamo, et alla installer son peloton au nord, à Ambohitrinimanga, Ambohibolo et Soavimanjaka. Cet officier reçut pour instruction de se relier avec les troupes du cercle d'Arivonimamo, auxquelles était réservée Toccupation de Fenoorivo, chef-lieu du Yalalafotsy.

Dans une reconnaissance faite à l'ouest de Soavimanjaka, le 4 mars, une patrouille enleva une sentinelle ennemie armée d'un fusil Snider.

Cet individu raconta qu'un groupe très important de Malgaches était retenu de force par une centaine de rol)clles armés, à oOO mètres du point où il avait été pris.

Le lieutenant Lacoste résolut de les délivrer le lendemain au point du jour.

Le o mars, il met son détachement (2 caporaux européens et 35 tirailleurs sénégalais) en route, à 4 heures du matin, vers le point indi([ué par le Fahavalo. Celui-ci marchait en tête servant de guide.

A 2 ou 300 mètres du bivouac, la pointe reçoit un coup de fusil qui tue le guide. Le détachement prend alors le pas de course et tombe sur le groupe de Fahavalos, qui ripostent par une violente fusillade : un seul bourjane est atteint. Les rebelles s'enfuirent en laissant trois cadavres sur le terrain.

Leurs prisonniers s'élancent alors vers le détachement en poussant des cris de joie et faisant force démonstrations pour manifester le plaisir qu'ils éprouvaient (rètre délivrés. Il y avait là près de 3,000 personnes et i)lus de 0,000 bœufs.

Dans l'après-midi, le lieutenant a[)[)rit (juiin autre groupe était retenu non loin de là par les rclicilcs. 11 se [)orta avec

25 hommes sur le lieu indiqué et dispersa une trentaine de rebelles qui gardaient les femmes et 600 bœufs.

Cette journée, pendant laquelle le lieutenant Lacoste et son détachement avaient fait preuve d'intrépidité et d'activité gagnait d'un seul coup à notre cause plus de 3,400 Malgaches et enlevait aux rebelles plus de 6,000 bœufs.

Progression vers la Bets'iboka. — En même temps cjue le lieutenant-colonel Gonard prenait pied sur la rive gauche de rikopa, il continuait son mouvement de progression vers la Betsiboka : le capitaine Laborie, commandant le secteur du haut Yonizongo, était chargé de l'exécution du mouvement.

Après avoir dispersé, le 4 janvier, un groupe rebelle occupant un massif montagneux à l'est du poste de Manazary, cet officier prescrivit au capitaine Robard de s'installer avec sa compagnie (compagnie d'infanterie de marine) à Tiakoderaina, au confluent du Jabo et de l'Amparibé.

Les jours suivants, jusqu'au H janvier, le capitaine Laborie fit, avec un détachement mixte (1 sergent et 35 hommes d'infanterie de marine; 1 lieutenant, 4 sous-officiers, 67 tirailleurs sénégalais ; 1 pièce de 80 ; 37 cadets hovas, commandés par Paul Ratsimihaba), de nombreuses battues dans les vallées de l'Amparibé et de ses affluents, à la suite desquelles plus de 4,000 indigènes se présentèrent aux postes d'Andrambontany, de Manankasina et de Mahavelona.

Le terrain conquis était tenu par le poste laissé à Tiakoderaina. Malheureusement, le détachement d'infanterie de marine occupant ce village eut, dès les premiers jours de son installation, à souffrir de l'insalubrité du climat.

Aussi, ce peloton fut-il relevé par un peloton de Sénégalais.

La forêt d'Ambohitantely, au nord-est d'Ankazobé, sur le

haut plateau séparant le bassin de Flkopa de celui de la Betsiboka, restait le refuge des bandes rebelles.

A la fin de février, le capitaine Laborie entreprit, avec 150 fusils et une pièce de 80, une petite opération qui eut pour sanction l'installation de postes à Ankerana, Mérinkifeno et Ambohitsiroaray.

Participation du cercle de Babay aux opérations entreprises par le colonel Combes contre Rabezavana.

On se souvient qu'après l'enlèvement du camp de Rabozaka, à Mampidongy (9 mars), le colonel Combes s'était propose de se retourner contre Raljezavana, signalé à ce moment sur l'Analamanatsiva.

Il avait demandé des renforts : les progrès réalisés dans la pacification du cercle de Babay permirent de mettre à sa disposition une compagnie sénégalaise de ce cercle et une pièce.

En conséquence, l'ordre suivant fut envoyé par l'optique au cercle de Babay, le 15 mars :

Prenez d'urgence toutes mesures nécessaires pour que la l'" compagnie sénégalaise soit disponible tout entière à Tiakoderaina le 20 mars au plus tard, avec une pièce d'artillerie mobile que vous ai précédemment autorisé à prélever sur section Amboliimanga. Capitaine Le Moan sera, à dater 20 mars, à disposition entière colonel Combes pour opérations contre bandes de Rabezavana sur rive droite Belsiboka ; il devra prendre toutes dispositions pour passer Betsiboka au premier signal.

Capitaine Laborie (commandant secteur haut Vonizongo) prendra précautions nécessaires pour q\ie rebelles poursuivis par colonel Combes dans la région Vohilena ne se rejettent pas sur rive gauche Helsiboka, vers forêt Ambohitanteiy.

Capitaine Le Moan, devant pouvoir disposer d'au moins 100 fusils mobiles, une garnison suffisante formée par détachement d'une autre conipagnie, devra occuper Tiakoderaina pour lui laisser liberté absolue de passer Betsiboka avec son effectif complet.

Poussez sur Tiakoderaina et postes voisins de Betsiboka approvisionnemontâ vivres suffisants.

Renforcez au besoin postes du Tsinialiafotsy avec troupes rendues disponibles dans la vallée Ikopa du fait occupation Fenoarivo par commandant Reynes (1).

J'invite colonel Combes à adresser instructions à capitaine Le Moan par intermédiaire chefs postes Ambatofisoarana, Ambohibao, Ambato.

Donnez ordres pour que cette correspondance soit transmise d'extrême lu'gence.

Rendez compte toutes mesures prises pour assurer exécution des dispositions qui précèdent.

Gallieni.

Le colonel Combes recevait en même temps copie de ce télégramme.

Les mesures suivantes furent prises par le commandant du cercle de Babay, en exécution des prescriptions du télégramme ci-dessus : les détacbements de la 1'''' compagnie sénégalaise qui occupaient les postes d'Ambobibao, Ambato, Antanantsara, furent relevés par des détachements des l""® et 2^ compagnies de tirailleurs malgaches et des miliciens.

En outre, 30 Sénégalais de la rive gauche de Flkopa (4^ compagnie) renforcèrent le poste d'Ambato.

Une garnison spéciale (10 Européens de la l""" compagnie d'infanterie de marine, 30 Sénégalais de la 4" compagnie de rikopa) fut constituée à Tiakoderaina.

Un dépôt de 6,000 rations pour Sénégalais et 1300 rations pour Européens fut créé dans ce poste.

On a vu plus haut que le capitaine Staup vint prendre, le 21 mars, le commandement du groupe mobile Le Moan, et qu'il occupa Vohilena le 12 avril.

Le commandant Lijauleij prend le commandement du cercle de Babay. — Dans les premiers jours de mars, le lieutenantcolonel Gonard avait dii venir se reposer à Tananarive des fatigues causées par une campagne de cinq mois, dirigée avec une activité des plus remarquables.

(Ij Commandant le cercle d'Aiivonimanio.

Il se vit forcé d'entrer à l'hôpital, et, bientôt après, de se faire rapatrier. Le chef d'escadrons Lyautey le remplaça dans son commandement à la date du 2o mars.

La situation du pays entre la Betsi])oka et l'Ikopa était à ce moment la suivante :

Le Marovatana et le Tsimahafotsy du sud étaient entièrement pacifiés.

Le Vonizongo était en ])onne voie de pacification et de réorganisation. Seule, la forêt d'Ambohitantely était encore occupée par la bande de Ravalisoa, en liaison avec les bandes de Rabezavana.

Celui-ci occupait lui-même une partie du Tsimahafotsy, à cheval sur la Sahasarotra, dont la rive gauche appartenait au cercle de Babay, et où Tun de ses groupes tenait le massif de l'Angavo.

Arrivé dans son commandement le 2o mars, le commandant Lyautey se proposa d'al)ord de poursuivre l'œuvre de réorganisation par « tache d'huile », selon la méthode qui avait amené, sous le commandement du lieutenant-colonel Gonard, des résultats si rapides. ^lais, dès le 4 avril, il recevait, comme on l'a vu, l'ordre d'aller prench-e la suite des opérations principales dirigées contre l{a])ezavana par le colonel Combes ; toute la rive droite de la Betsiboka jusqu'à la Mahajamba était ajoutée à son cercle.

Avant d'entrer en campagne, il réunil , le 11 avril, à Ankazobé, les commandants de secteurs et les gouverneurs indigèn(>s pour leur ex[)oser la situation, la ligne à suivre et le l>ut à atteindre dans l'ancien cercle de Babay, tandis qu'il serait à la tête des opérations actives.

En premier lieu , achever le nettoyage de la forêt d'Ambohilantely et protéger avec la vigilance la plus active les abords de la route de Majunga et de la ligne lélégraphi([ue, alors en construction, et qui étaient l'objet de meuaces incessa ni es.

Reprendre définitivement en main le Vonizongo, dont la région sud-ouest limitrophe de l'Ikopa et la région centrale étaient encore douteuses. Cette dernière avait été le lieu d'origine de l'insurrection et le théâtre des assassinats d'Européens, qui en avaient marqué le début, et dont les auteurs étaient encore impunis. Elle était encore pleine d'éléments suspects, d'armes cachées, et un grand nombre de ses habitants se trouvaient encore chez les rebelles. A cet effet, et pour y assurer l'unité d'action, son ancien centre politique, actuellement détruit et abandonné, Ankazobé, fut constitué en chef-lieu d'un nouveau secteur correspondant à toute la partie du Yonizongo matériellement pacifiée et susceptible de recevoir immédiatement une organisation administrative.

En arrière, le haut Vonizongo (Fihaonana), complètement repeuplé et pacifié, était constitué en secteur indépendant, sous le commandement du lieutenant Edighoflen.

Le bas Vonizongo était constitué en secteur provisoire (secteur de la Betsiboka) , secteur d'action , comprenant la forêt d'Ambohitantely et la zone riveraine de la Betsiboka ; il était divisé en trois districts : Kiangara, Mérinkifeno, Tiakoderaina , destinés à lier immédiatement leur action aux opérations en cours sur la rive droite de la Betsiboka.

En résumé, deux zones : l'une administrative, se reconstituant à l'abri de l'autre, militaire, au contact des rebelles.

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