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Aussitôt que cette organisation eut été bien comprise des commandants de secteur et des officiers sous leurs ordres, le commandant du cercle ordonna d'entamer le mouvement de progression.
La première c[uinzaine de novembre fut caractérisée par un bond en avant des postes de la l''Migne, d'une amplitude moyenne de 25 kilomètres, et par l'extension du front de 40 à 80 kilomètres.
La !'■*' ligne de postes fut jalonnée par Ambohimenatsimo — Ankazobé, qui, dès cette époque, put être considéré comme rattaché à la l""^ ligne (80 tirailleurs : compagnie Nicard) ; Ambohitromby (40 tirailleurs : compagnie Nicard) ; Mahavelona (80 tirailleurs : compagnie Blanc); Andrambontany (50 hommes : compagnie Robard) ; Ambato (40 hommes : compagnie Le Moan) ; Ambohibao (40 hommes : compagnie Le Moan).
La 2^ ligne fut jalonnée par Fihaonana (1 peloton de tirailleurs algériens) ; Manankasina (40 hommes : compagnie Robard) ; Mangabé (40 hommes : compagnie Le Moan) ; Maliaridaza (40 hommes).
La 3^ ligne, Miantso (30 hommes : compagnie Freystatter) ; Babay (40 hommes : compagnie Freystatter) ; Miakotso.
Comme conséquence de ce bond en avant, le chef-lieu du cercle fut transféré à Babay le 15 novembre.
L'occupation des nouveaux postes se fit sans grande résistance : nous n'eûmes que trois hommes blessés.
Les effectifs nécessaires à cette occupation furent trouvés en dégarnissant les postes de l'arrière de troupes régulières, que l'on remplaça par des miliciens appuyés de quelcpes hommes d infanterie de marine.
Occupation de Kiangara. — Progression vers la Betsiboka. — Dans le secteur du Vonizongo, le capitaine Laborie occupa Manazary le l*"" décembre, à l'est d'Ambohitromby, afin de
protéger la route d'Aiikazobé et de préparer la progression vers la Betsiboka.
La foret d'Ainbohitantely, au nord-est d'Aiikazobé, située sur le plateau qui sépare le bassin de la Betsiboka de celui de rikopa, servant de refuge à quelques bandes, il était nécessaire d'exercer de ce côté une surveillance rapprocbée.
Après une marche de nuit, un poste fut installé à Ambohimangakely, le 11 décembre, sur la lisière occidentale; les patrouilles envoyées dans la forêt pour la fouiller n'y rencontrèrent que des bandes sans consistance.
En même temps, la progression sur la route d'Andriba se poursuivait méthodiquement :
Maharidaza, Kinadzy sont occupés ; Kiangara est atteint le 12 décembre; la reprise des communications avec Andriba fut marquée par l'envoi d'un premier courrier le 13 décembre, et, à partir de cette date, les communications s'établirent régulièrement entre Andriba et Ankazobé. En même temps, des études étaient entreprises pour prolonger la ligne optique de Babay jus({u'à Ankazobé ; la construction du poste optique étant commencée sur l'Ankarara, la communication fut établie le 28 décembre.
En arrière de la ligne des postes avancés, les villages se repeuplaient : loOO habitants rentraient dans le ^Marovatana pendant la première quinzaine de décend)re, et les hal)itants s'elï'oi\'aient de regagner le temps perdu pour les cultures pendant ([u'ils tenaient la brousse; ils se mettaient activement à réparer les dégAts causés pendant linsurrection.
Situation à la fin de décembre.
Des progrès considérables avaient été réalisés eu trois mois : sur la route de Majunga, les communications, très précaires, il est vrai, étaient rouvertes avec Andriba, et, [)ar
suite, avec Mcvatanana ; au nord-est, nous tenions les hautes vallées de l'Amparibé et de la Sahasarotra ; le lieutenantcolonel Gonard s'était concerté à Amboliidrabiby avec le commandant Mougeot, au sujet des opérations à entreprendre par la suite sur la Betsiboka et de la limite d'influence entre les deux cercles.
Les garnisons des postes faisaient des reconnaissances incessantes^ qui décourageaient les petites bandes essayant de s'infiltrer entre les postes et qui rassuraient les populations soumises. Les cultures reprenaient et la menace de la famine était conjurée, bien qu'il fallût s'attendre, à cause du retard irréparable apporté à la culture des rizières, à une diminution considérable de la récolte normale.
La pénétration vers la Betsiboka était préparée.
Du côté de l'Ikopa, les rebelles s'étaient retirés sur la rive gauche ; une opération était projetée contre eux pour le mois de janvier.
Opérations sur la rive gauche de tlkopa (16-27 janvier). — Les renseignements parvenus au commandant du cercle faisaient connaître que les rebelles occupaient en force la rive gauche de l'Ikopa et qu'ils y retenaient un grand nombre d'habitants du Marovatana et du "Vonizongo, c[ui n'auraient pas demandé mieux que de rentrer dans leurs villages pour mettre un terme aux privations c[u'ils enduraient.
Le lieutenant-colonel Gonard chargea le lieutenant Gassouin, officier de renseignements du cercle, de prendre pied sur la rive gauche de l'Ikopa.
Cet officier, après avoir fait, au préalable, la reconnaissance de l'Ikopa, et choisi son point de passage en amont du confluent de l'Anjomoka, prit, le 15 janvier, à Babay, le commandement d'une petite colonne composée de :
20 hommes de la 2® compagnie d'infanterie de ma-
PACIFICATION DU CERCLE DE BABAY. lâl
3« section de la 1^ compagnie sénégalaise (devenue
la 4^ compagnie) ; 1 pièce de 80 ; 25 cadets hovas, sous le commandement de Paul Rat-
simihaba.
Le 18, à la jîointe du jour, la pièce est mise en batterie à petite distance du point de passage et canonne les tranchées construites par les rebelles sur la rive gauche.
Terrorisé par les effets du tir, l'ennemi s'enfuit ; trois pirogues, transportées à la suite de la colonne, sont mises à l'eau, et le passage commence aussitôt.
Les rebelles s'enfuient devant notre infanterie, et plus de 800 individus qu'ils retenaient de force font leur soumission.
Un poste est installé à Tafaina, sur la rive droite, près d'un gué praticable seulement aux basses eaux ; un autre à Miarinarivo, sur la rive gauche.
Le sous-lieutenant Lacoste est laissé à Tafaina pour surveiller le passage des soumissionnaires sur la rive droite, puis le lieutenant Gassouin essaye de faire sa jonction avec le commandant du poste d'Ambatoniandriana (lieutenant Sabaton), du cercle d'Arivonimamo ; mais cet officier, en reconnaissance dans une autre région, ne peut se rendre au rendez-vous.
Le 22, le détachement reconnait la région au nord du Manandriana ; 3 à 400 personnes font leur soumission ; les re])elles se sont enfuis vers le nord.
Le 23, le lieutenant Gassouin revient sur ses pas, passe rikopa à Tafaina, descend le ilcuve et installe un poste de 30 Sénégalais i\ Ambohidronono, en face de Soavimanjaka. Il existait là un passage fré([uenté par les rebelles, qui venaient de temps à autre se ravitailler sur la rive droite; il importait de le leur interdire. Puis, le lit'ulenant Gassouin rentra à Habav.
En résumé, à la suite de cette opération, nous tenions deux passages de l'Ikopa : Tafaina et Soavimanjaka, et nous avions un point d'appui sur la rive gauche, à Miarinarivo.
Les résultats de notre extension de ce côté s'accrurent bien vite, grâce à l'activité du sous-lieutenant Lacoste, commandant du district de l'Ikopa, qui surprit, dans la nuit du 2 au 3 février, à Ambohijanamasoandro, la bande du chef Rainiziraka, et la dispersa, après lui avoir infligé des pertes sensibles.
Les échecs successifs subis par les insurgés déterminèrent un grand nombre de soumissions (1).
Liaison avec le cercle crArivonimamo. — Pour compléter la progression du cercle de Babay sur la rive gauche de rikopa, il importait d'assurer la liaison étroite des deux cercles de Babay et d'Arivonimamo, et de délimiter exactement leurs zones d'influence.
Des ordres dans ce sens furent envoyés, le 31 janvier, par le général aux commandants du 2^ territoire (2) et du cercle de Babay ; le second « devait compléter le réseau des fron- (( tières ouest de l'Emyrue, en portant en avant le poste de « Miarinarivo, en même temps que le cercle d'Arivonimamo « gagnerait du terrain au delà du poste d'Ambatonan- « driana ». (Télégramme du 31 janvier du général commandant le corps d'occupation au commandant du cercle de Babay.)
Le lieutenant-colonel Gonard, au reçu de ce télégramme, fit une tournée sur la rive gauche de l'Ikopa, reconnut le pays, de concert avec le lieutenant Sabaton, et proposa au général de laisser le Valalafotsy au cercle d'Arivonimamo, en adoptant pour frontière l'Ikopa jusqu'à l'Imanga, puis
ii) Du It"- au 20 janvier, 17,000 personnes réintégrèrent leurs villages dans le Marovatanu.
(2) Duquel relevait à cette époque le cercle d'Arivonimamo.
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