‹ La pacification de MadagascarChapitre 19 sur 92 · POSTES OCCUPÉS · texte numérisé non relu

POSTES OCCUPÉS

Antsatrana i

Vombohitra (postt> optique) , 5 3" compagnie malgache.

Morafeno 1

Marotsipoy l'» compagnie sénégalaise.

•t34 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE A'.

A l'est, le secteur dWmbohimanJaka à créer aussitôt la reprise des opérations, encore occupé par les rebelles.

En môme temps, le chef-lieu du cercle était transféré de Babay à Ankazobé, qui devint la base de ravitaillement du cercle. La ligne télégraphique en construction, de Tananarive à Majunga, aboutissait à ce moment même à Ankazobé, et une ligne optique établie d'Ankazobé à Yohilena, se ramifiait de ce point sur Yombohitra et Marotsipoy.

En résumé, le cercle d'Ankazobé comprend, à la date du 7 mai, huit secteurs :

Manankasina \

Fihaonana / Sur la rive gauche

Ankazobé ( de la Betsiboka.

Kiangara )

Yohilena

Analaroa ,

, , . > Sur la rive droite.

Antsatrana

Ambohimanjaka (à créer).

Délimitation des frontières entre les cercles d'Ankazobé, Anjozorobé et Ambatondrazaka.

Le 8 mai, la lettre suivante était adressée au commandant du cercle par le g-énéral commandant le corps d'occupation, en vue de déterminer les limites entre les cercles d'Ambatondrazaka, Ankazobé, Anjozorobé.

Tananarive, le 8 mai 1897.

Kn ce qui concerne les limites entre les trois cercles du nord, j'ai décidé qu'elles seraient, d'une manière générale, tracées ainsi qu'il suit : Le cercle d'Anjozorobé, limité à l'est par la forêt qui borde l'Émyrne, s'étendra au

nord jusqu'au c1p1:i de la transversale Anjiro-Faralahitsidiso dont je crois nécessaire de lui laisser la surveillance, la sécurité de celte ligne de communication secondaire intéressant d'une manière directe celle de la traversée de la forêt, entre Mandanivatsy et Tanifotsy. A l'ouest, le cercle d'Anjozorobé sera séparé du cercle d'Ankazobé par une ligne à déterminer, qui, partant de laMahajamba au nord de Faralahitsidiso, viendra rejoindre la Sahasarotra au point oij s'arrêtait précédemment la ligne frontière tracée entre le sous-gouvernement d'Ambohimanga et le Mandiavato.

Une partie de cette ligne a déjà été tracée par le colonel Combes ; il vous appartiendra de vous entendre avec le commandant Pourrat pour la définir d'une manière précise entre la Manenta et la Maliajamba, de manière à laisser au cercle d'Anjorozobé les villages qui, d'une manière générale, jalonnent la route Anjozorobé — Faralahatsidiso. 11 me paraît logique que M. le commandant Pourrat ait la libre disposition de cette route pour la surveillance des débouchés ouest de la partie de la forêt qui s'étend au nord de Tanifotsy.

Vous voudrez bien désigner un officier qui procédera, avec un délégué du commandant Pourrat, à la délimitation précise de vos territoires respectifs, en prenant comme base le tracé général indiqué ci-dessus, et me faire parvenir le plus tôt possible, le résultat de ces études. Il est bien entendu que vous devrez donner toutes les instructions nécessaires à l'officier dont il s'agit, pour que les limites des anciens districts soient respectés autant que possible, et pour que tous les villages mundiavalos, sauf exception dûment motivée, soient laissés au cercle d'Anjozorobé.

A partir du point où cette frontière rejoindra la Maliajamba, votre cercle confinera au cercle d'Ambatondrazaka dont il sera séparé par le cours de cette rivière.

J'estime que cette délimitation est de nature à éviter désormais tout malentendu, et je vous prie de vouloir bien procéder d'urgence au relèvement par les forces mises à votre disposition, des postes situés à l'est de la frontière ainsi tracée et qui seraient occupés par des fractions des 8' compagnie d'infanterie de marine, 2* compagnie sénégalaise, 2'^ compagnie malgache.

Ces unités doivoi\t demeurer tout entières dans le cercle d'Anjozorobé.

Gallieni.

Occupation d'Ambohimanjaka.

Liaison en Ire /es trois cercles du nord. — Du 10 an l.'{ mai, arrivaient 120 recrues de renfort pour la 3" compagnie malgaclie, ainsi que toute la 4" compagnie mal,i;ache (capitaine I.auderoin) à rcHectif de 250 hommes.

Le commandant Lyantcy ayant on main les forces nécessaires , décida d'acliovcr la pénétration du pays encore livré à riiisnri'octioiK (|iii le sépai-ait du ((M'cIc d'Andiatoii-

drazaka, et d'occuper Anibohimanjaka qui en était la clef et où paraissaient être réunies les dernières ressources de Rabczavana.

En conséquence, il prescrivit au capitaine Le Moan, commandant la l""" compagnie sénégalaise, de se porter le 14 mai sur Anibohimanjaka avec :

40 tirailleurs de la 1'"'' com25agnie sénégalaise; 40 — de la 4" compagnie malgache ; 30 — de la 8" compagnie d'Algérie ; 1 pièce de 80.

En même temps le groupe mobile du lieutenant Matagne devait se porter de Marotsipoy sur Anibohimanjaka.

Le groupe Le Moan, après une marche très rapide, occuj^a Anibohimanjaka le 15, à midi. Les groupes rebelles l'évacuèrent précipitamment, aussitôt l'approche signalée, pour gagner le nord et l'est, mais tombèrent au nord sur le groupe Matagne, à l'est sur deux reconnaissances détachées du groupe principal et dirigées respectivement par le capitaine Mourin, de l'état-major, et par le lieutenant Colonna d'Istria, de la 4e compagnie malgache. Les groupes convergents ramenèrent 250 prisonniers, plus de 4,000 bœufs et quantité d'approvisionnements.

Ambohimanjaka devint immédiatement le chef-lieu d'un secteur comprenant le Tsimahafotsy du nord, sous le commandement du capitaine Landeroin.

Le commandant Lyautey, poursuivant la marche à l'est, où il avait prié les commandants des cercles d'Ambatondrazaka et d'Aiijozorobé de chercher à se relier avec lui, rencontra le 20 mai au poste de Faralahatsidiso le capitaine Dulin, délégué du cercle d'Anjozorobé et le capitaine Feldmann, commandant le secteur de Soalazaina du cercle d'Ambatondrazaka.

La liaison effective était ainsi établie entre les trois cercles du nord et il n'y avait plus qu'à déterminer exactement sur le

terrain le tracé de leurs frontières. Le 21 mai, après un léger eng-agement sur la lisière de la forêt, où se signale le lieutenant Maritz, l'intersection commune des trois cercles était déterminée sur un sommet rocheux, au nord de Faralahatsidiso.

Le 22, les postes dAnkazomena et d"Anil)ohimalaza étaient créés avec 30 fusils chacun pour compléter l'occupation du nouveau secteur d'Ambohimanjaka et assurer la protection de ces deux centres que les habitants ne demandaient qu'à réintég-rer.

Les trois commandants des secteurs limitrophes des trois cercles (capitaines Dulin, Landeroin, Feldmann) recevaient des instructions communes pour continuer l'action de leurs postes, organiser entre eux une liaison régulière, de sorte qu'il ne subsistât aucun angle mort échappant à la surveillance des postes. Cette surveillance était rendue plus particulièrement délicate par le voisinage de la forêt qui au nord d'Ambohimanjaka, s'avance dans la direction de l'ouest jusqu'à la Mahajaml)a.

Le commandant Lyautey rouvrit en outre les relations entre le lac Alaotra et la vallée de la Bctsiboka, en établissant une première transversale par Soalazaina, Ankazomena, Ambohimanjaka, Yohilena.

Enfin il donna comme objectif aux capitaines Landeroin et Feldmann une progression parallèle vers le nord sur les deux rives de la Maliajamba, jusqu'à liaison avec le secteur d'Antsatrana afin d'aboutir à l'établissement d'une seconde transversale est-ouest entre le lac Alaotra et la l{(>lsil)(»ka. par Antsatrana.

Progression au nord d' Antsatrana.

Soumission de Hahczavaim. — Tout en établissant ainsi la liaison avec les deux cercles du nord, le commandant Lyautey s'était rendu coni])t(\ |)ai' tous les reuseiguoments et iniliccs,

que renlèvcment de Marotsipoy et d'Ambohinianjaka et la perte de tous ses approvisionnements avaient réduit à la dernière extrémité Rabezavana, déjà aux abois depuis les dernières opérations du colonel Combes.

Il jugea donc que l'heure des négociations était venue. En conséquence, il envoya à la recherche de ce chef deux émissaires venus de Tananarive et prescrivit à tous ses postes de resserrer leur action, et au capitaine Rémoiid de prendre le contact avec les émissaires et la discussion des négociations.

Effectivement , Rabezavana, à bout de ressources , abandonné quotidiennement par des groupes nombreux, finit par céder devant la promesse de la vie sauve, et vint se rendre le 29 mai, aux avant-postes du capitaine Rémond.

Celui-ci l'amena le 31 mai à Moraféno, où le commandant Lyautey s'était rendu d'urgence pour recevoir publiquement sa soumission et celle des 416 hommes qui lui étaient restés fidèles et qu'il amenait avec lui.

Au nom du Résident général, le commandant lui garantit la vie sauve et lui promit qu'il ne serait pas emprisonné. En revanche, Rabezavana s'engageait à faire rentrer tous les insoumis sur lesquels il exerçait son influence. Le commandant Lyautey prit sous sa responsabilité de se servir de Rabezavana comme d'agent libre. Il le confia au capitaine Rémond pour qu'il l'emmenât jusqu'à Tsaratanana afin d'achever, pacifiquement cette fois, la pénétration du pays et tendre la main aux territoires civils côtiers.

Rabezavana, envoyé en avant d'Ambodiamontana avec le sergent indigène France, y fut rejoint le 6 juin par le capitaine Rémond.

Pour bien montrer à la population et à Rabezavana qu'il avait confiance en eux, cet officier n'emmena avec lui que trois tirailleurs. Il fut reçu à Ambodiamontana avec enthousiasme, et 300 habitants lui firent leur soumission.

Le 18 juin, il se mit en marche avec un peloton de sa com-

pagnie, occupa Betrandraka le 21, et le 23, il atteignait Tsaratanana qui avait été occupé le 26 avril par le capitaine de Bouvié, et où les miliciens de la province de Majunga tenaient garnison. La liaison de l'intérieur avec la côte, par la vallée de la Mahajamba, était donc un fait accompli.

Pour compléter l'occupation de la vallée de la Mahajam])a et la liaison avec le cercle d'Ambatondrazaka, It capitaine Rémond revenait le 29 juin créer un autre poste à Telemite (est d'Antsatrana).

La soumission de Rabczavana eut un énorme retentissement et une répercussion considérable. La population, obéissant au mot d'ordre donné par ce chef, fit partout acte de soumission à l'arrivée des chefs de détachement. Cependant un incident faillit tout compromettre. Une des conditions acceptées par le chef rebelle au moment de sa soumission était qu'il se rendrait à Tananarive pour renouveler publiquement, le 14 juillet, sa soumission au Résident général. Eut-il peur, au moment de tenir sa promesse, d'être attiré dans un piège et fusillé à Tananarive? Obéit-il à un autre mobile? Toujours est-il que le temps se passait, et que Rabczavana négligeait de rejoindre, comme il était convenu, le capitaine Rémond, chargé de le conduire à Tananarive.

Il fallut se résoudre à se saisir de lui le 19 juillet à Ainbodiamontana et remmener prisonnier à Tananarive, où sa soumission solennelle s'effectua le 20 juillet, eu même temps (|ue celle de Rainibetsimisaraka, le chef rol)ellc du sud.

Situation du cercle d'Ankazobé au 1er juillet.

Le cercle a atteiut ses liuùtos ualurcUes (>l a été augmeulé du secteur d'Andriba.

La route de Majunga juscjuà MevcMauaua se trouxc ainsi tout entière daus le ceirbv

L'orgauisaliou achniiiisli'alixc. exposée plus haut, a été

rcinaiiiéc, car les secteurs, tels qu'ils avaient été constitués au mois de mai, ne correspondaient que d'une façon insuffisante aux anciennes divisions administratives indigènes, et cet état de choses eût compliqué la tache des commandants de secteurs.

D'ailleurs, rorganisation adoptée précédemment était essentiellement transitoire ; elle représentait beaucoup plutôt une division simultanée et rapide du terrain en zones d'action, déterminant immédiatement les responsabilités, qu'une organisation définitive que pouvait seul baser la connaissance approfondie de la situation et du pays.

Mais, la situation s'étant éclaircie par la suite, les renseignements sur les coutumes administratives indigènes ayant été complétés, enfin Rabezavana ayant fait sa soumission, il devenait possible, au mois de juin, d'arrêter définitivement l'organisation du cercle.

Yoici quelles furent les subdivisions administratives :

1« A l'est de la Betsiboka :

Secteur de Vohilena (Comprenant les anciens secteurs de Vohilena et d'Analaroa).

!3^ compagnie du 13^ régiment d'infanterie de marine.

80 tirailleurs de la 14» compagnie malgache.

Secteur d'Ambohimanjaka.

(Comprenant le nord du Tsimahafotsy).

^ .. . , ,, (10 hommes de la i''^ compagnie sénégalaise.

Capitame Le Moan «av. j i wp • i i,

'■ ( 50 hommes de la 14^ compagnie malgache.

Secteur d'Antsatrana.

^ ., . r» , ( S'^ compagnie malgache.

Capitame Remond ,„ ^ " . , , , •

( V° compagnie sénégalaise.

2" Rive gauche de la Betsiboka :

Secteur de Manankasina.

Capitaine Freystatter. partie de la 1" compagnie du 13^

Secteur de Fihaonana.

Lieutenant Edighoffen. partie tie la 2'= compagnie du 13*.

Secteur du Vonizongo (Ankazobé).

f, „ ■ r. ( l"' compagnie du 13".

Capitame de Portzam- i „-> .• m i i r» i i

' s 40 tirailleurs du 14^ malgache.

PARC ) o^ . ,,.,,. °

' %" compagnie d Algorio.

Capitaine Mayeur

Secteur de Kiangara.

( partie de la 14'' compagnie malgache. ■ ■ î partie de la 8° compagnie d'Algérie.

Secteur d'Andriba.

Capitaine Jacquinot. ... 4« compagnie d'Algérie.

Des mouvements de troupes importants eurent lieu vers cette époque ; la 4® compagnie malgache fut remplacée par la 14^ compagnie.

La 5^ compagnie sénégalaise avait quitté le cercle le 30 juin.

Enfin la 8" compagnie d'Algérie fut rapatriée, elle s'em- ]j arqua à Majunga.

Il y a lieu de remarquer en passant que ces mouvements de troupes nécessités par l'extension de notre occupation dans les parties de l'île impénétrées ou pour des raisons d'économie (rapatriement de certaines unités), compliquent singulièrement la tâche des commandants de cercle ol)ligés de faire de fréquentes mutations parmi les commandants de secteurs ou de districts, de renouveler aux nouveaux titulaires de ces commandements les instructions politiques et administratives données antérieurement à leurs prédécesseurs, de les orienter sur la ttVche administrative inq)ortante qui leur incombe. D'autre part, les changements de personnel font toujours mauvais effet sur les indigènes qui, habitués à un certain chef, peuvent avoir une tendance naturelle à ne pas obéir aussi bien à son successeur dont la ligne de conduite est souvent différente, dont le doigté est quelquefois moins délicat.

Mais ces mutations étaient imposées au commandement par la faiblesse des effectifs du corps d'occupation, faiblesse qui obligeait, sitôt qu'une région était pacifiée, à la dégarnir de troupes pour les reporter ailleurs vers un nouveau théâtre d'opérations.

Si l'extrême mobilité du corps d'occupation avait des inconvénients au point de vue de l'administration des indigènes, il faut reconnaître que c'est cette mobilité C£ui a permis d'obtenir des résultats décisifs en un temps relativement court.

Les opérations militaires avaient à peu près cessé sur tous les points du cercle. Dans le secteur d'Amljohimanjaka, les postes eurent encore à faire de fréquentes reconnaissances, en liaison avec les secteurs voisins des cercles d'Anjozorobé et d' A mb atondraz aka .

C'est ainsi que le sergent Mattei (4*^ compagnie malgache), commandant le poste d'Ankazomena, partit le 21 juin avec 15 tirailleurs, à deux heures du matin, pour attaquer en forêt un campement de fahavalos. Un brouillard épais ayant favorisé sa marche, il tomba en plein camp ennemi sans que sa marche ait été éventée. Les tirailleurs chargèrent à la baïonnette et se rendirent maîtres du campement après une courte résistance.

Neuf fahavalos restèrent sur le terrain et le détachement fit 31 prisonniers.

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