CHAPITRE VI
Le cercle d'Arivoiiiniaïuo, créé par arrêté du 27 septembre 1896, comprit d'abord tout le pays de la rive gauche de rikopa, jusqu'à la limite du pays sakalave ; il était limité à l'est et au sud par les provinces du Sisaony, du Yakinaiikaratra et du Voromahéry.
Nous englobons dans ces limites le territoire du cercle annexe de Soavinandriana (créé par arrêté du 9 octobre), qui relevait du commandant du cercle d'Arivonimanio, et qui, au point de vue spécial de la pacification, ne doit pas en être distrait.
Le cercle d'Arivonimanio proprement dit, comprenait donc les anciens sous-gouvernements liovas de l'Amljodirano, du Mamolakazo et du Valalafotsy.
Le cercle de Soavinandriana comprenait le Mandridrano.
Dans l'Ambodirano est situé le massif montagneux de l'Ankaratra, dont le point culminant est le Tsiafajavona (2,G80 mètres), duquel descendent un grand noml)re de cours d'eau qui coulent ensuite dans toutes les directions. Les principaux de ces cours d'eau sont : les affluents de llkopa : Andromba, Ombifotsy, Kalariana ; — les tributaires du Mahajilo et de la Mania: Varamy, Kitsamby; — les affluents de rOnive (bassin du Mangoro).
Le massif de F Ankara tra renferme une longue crête orientée nord-sud ; le versant à l'ouest de cette crête est beaucoup moins boisé que le versant est, son climat est aussi moins humide.
Le premier de ces deux versants constitue la région du Manalalondo, dont Ramainandro est le centre le plus important. Ambatolampy, Antanifotsy sont les villages les plus populeux du second.
Signalons, pour terminer cette courte description géographique, la région volcanique du lac Itasy, au nord de Soavinandriana. Le déversoir du lac Itasy est la Lily, affluent du Sakay. Le Sakay, qui coule du nord au sud, est lui-même un tributaire du Mahajilo.
Amboanana, au sud d'Arivonimamo, dans la région de TAnkaratra, avait été le théâtre d'un mouvement de rébellion, qui se dessina moins de deux mois après notre entrée à Tananarive, en novembre 1895. Il fut marqué par l'assassinat, à Arivonimamo, du pasteur anglais Johnston, de sa femme et de sa fille. Puis la tranquillité était revenue dans le pays après la répression du commandant Ganeval.
Ce n'est qu'au mois de juillet 1896 que des indices de rébellion furent signalés dans le Mamolakazo.
A la fin de ce mois, le chef de bataillon Reynes (du régiment d'Algérie) fut nommé commandant du secteur de l'ouest.
Il disposait des troupes suivantes : S'' et S^ compagnies du régiment d'Algérie; 7^ compagnie sénég-alaise.
L'Ambodirano fut couvert par une ligne de quatre postes : Ambohimasina, Ambohibeloma, Amboasary, Amboniriano.
Arivonimamo, au centre et en arrière de cette ligne, était le chef -lieu du secteur.
Si l'Ambodirano, considéré dans son ensemble, nous restait fidèle, malgré les excitations venues de Tananarive, la région de l'Ankaratra qui avait de tout temps donné
PACIFICATION DU CERCLE d'aRIVONLMAMO. 1 4o
refuge à de petites bandes de pillards, nous causait quelques soucis. Le village d'Ambohimandry, à 2i kilomètres au sud-est d'Arivonimamo, et à 23 kilomètres au sud-ouest de Tananarive, fut attaqué dans la nuit du 13 au 14 septembre par une bande de FAnkaratra, qui revint le brûler le 27 septembre.
Telle était la situation au moment de l'organisation de rEinyrne en cercles militaires.
Diverses décisions, prises dans le courant d'octobre, donnèrent au cercle d'Arivonimamo sa constitution territoriale telle que nous l'avons envisagée plus baut, c'est-à-dire lui rattacbèrent :
1** Le poste d'Ambatolampy, sur la route de Fianarautsoa, occupé par la 5** compagnie de tirailleurs algériens (capitaine Lamy) ; ce poste était précédemment rattacbé au Vakiiiankaratra.
2° La région du Manalalondo avec Ramainandro : en somme, les deux versants de l'Aiikaratra, qui, sous l'administration bova, avaient toujours fait partie de l'Ambodirano.
Pacification du Mamolakazo et du "Valalafotsy.
Une série de petits engagements eut lieu eu septendjre et en octobre sur la ligne des postes : Ambobimasina, Andjobileloma, Amboasary. Reconnaissances faites par les garnisons autour des postes; l)andes se retirant à notre approcbe, après quelques coups de fusil, puis menaçant les postes et même les attaquant dès que les détachements y rentraient : tel est, au résumé, l'historique de cette période.
Le fait le plus saillant à noter, c'est que les Sakalaves s'étaient alliés aux llovas insurgés. Habitués de longue date à venir chacpie année razzier les villages de FLuiyme, l'in-
suiTectioli était pour eux une bonne aubaine qui leur permettait de pêcher en eau trouble, et de piller les villages restés fidèles comme ceux abandonnés par leurs habitants, ce qui ne les empêchait pas, d'ailleurs, quand ils ne jugeaient pas les opérations assez fructueuses, de s'attaquer à leurs amis de la veille, et d'enlever aux insurgés hovas, leurs alliés du moment, leurs femmes, leurs fdles et leurs troupeaux, qu'ils allaient mettre en lieu sûr, au delà du Sakay.
Le plus réputé des chefs sakalaves opérant dans le Mamolakazo était Zamaria (altération du nom Jean-Marie); il commandait une bande bien armée et bien organisée et avait son repaire à cinq jours de marche à l'ouest d'Ambohibeloina.
Il serait peu intéressant de raconter par le détail toutes les petites opérations qui eurent lieu en septembre et en octobre.
Elles n'eurent, d'ailleurs, et ne pouvaient avoir grand résultat pratique parce que les postes étaient trop éloignés les uns des autres, et que, d'autre part, ils n'étaient pas suffisamment loin dans l'ouest.
La tactique qu'il fallait suivre pour arriver à des résultats rapides était la progression continue vers l'ouest, par bonds aussi rapprochés que le permettaient les circonstances, de manière à refouler peu à peu les rebelles dans la région déserte à l'ouest du Sakay, pour les amener à composition en les réduisant à la famine.
Par lettre du 28 octobre, dont des extraits sont donnés cidessous, le général invita donc le commandant du cercle d'Arivonimamo à pousser en avant, le plus tôt possible, ses postes de première ligne.
Cette lettre rappelait aussi à l'exécution des « Instructions )' du 1®"" octobre, en ce qui concernait la nécessité de décentraliser le commandement militaire et l'administration par la création des secteurs.
STAT-MAJOR. Tananarivc, le 28 octobre 1896.