‹ La pacification de MadagascarChapitre 30 sur 92 · AU CAPITAINE COMMANDANT LE SECTEUR DU VOROMAIIERY TSINJOARIVO · texte numérisé non relu

AU CAPITAINE COMMANDANT LE SECTEUR DU VOROMAIIERY TSINJOARIVO

J'ai lu avec intérêt le rapport que vous avez (Habli à la suite de vos opérations du 18 au 26 février dans le sud de votre secteur.

Je vous adresse mes félicitations pour l'activité et rintelliçence dont vous avez fait preuve pendant les mois de janvier et de février dans la poursuite des bandes rebelles de Rainibetsimisaraka et Ramampanjaka. R n'est pas douteux que vous n'ayez porté de graves atteintes à leur prestige et que vous n'ayez contribué ainsi, dans une large mesure, à affermir notre autoiité sur les populations de votre secteur.

Je crois toutefois devoir vous rappeler les observations qui terminaient ma lettre du 19 février.

1\ eût été sans doute avantageux, pour consacrer le succès obtenu, d'occuper effectivement le terrain conquis sur l'ennemi ; c'eût été le plus sûr moyen d'empèdier les chefs rebelles de s'y installer et d'y reconstituer leurs bandes, en recommençant à puiser des approvisionnements dans les régions qui ne sont pas sous la surveillance immédiate de vos chefs de poste.

En particulier, il semble que vous auriez dû procéder à la création d'un poste marquant l'extrême frontière de l'Emyrne, au sud et au sud-est de Bibisy, et surveillant tout le groupe des sentiers habituellement suivis par les chefs de bande pour passer de la vallée de la Sahatorendrika dans celle de la Mania ou de la rivière de Mananjary. Vous auriez peut-être réussi ainsi à interdiie définitivement l'accès de votre territoire aux bandes de Rainibetsimisaraka.

Vous recevrez des instructions de M. le connnandant du cercle d'Ambatomanga au sujet de l'organisation de toute cette partie de la ligne frontière de rEmyrnc et de la liaison à établir le plus tôt possible, de ce côté, avec les postes de milices que M. le Résident Besson doit créer dans la haute vallée de la Mania pour protéger les poi»ulations de cette contrée nouvellement placée sous son autorité. Mais j'ai tenu à vous faire connaître, \me fois de plus, ma manière de voir sur la consécration à donner, en principe, à loules les opéralions dirigées contre les bandes rebelles.

(iALLIKNI.

Installation de nouveaux postes dans le sud du secteur.

(loiifornKMiioiit aux ordres (jiii lui avainil rli' douiK's, 1( caj)itaine Delouzo étciidil r()ccii|)ati()ii vers lo sud, ou iustal-

l'JO PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE VII.

lant, du 12 au lo avril, trois nouveaux postes à Ifandra, Analaniva, Anibodifiakarana. Ce dernier poste surveillait le Fisahana (1); les deux autres étaient destinés à bloquer les rebelles dans la forêt.

Le lieutenant Comiot, commandant le poste d'Ambodifiakarana, apprit, le 16 avril, par un prisonnier, que Ramanipanjaka avait un camp à deux heures à l'est du poste.

11 se met en route pour l'attaquer, le 18 avril, à 2 h. 1/2 du matin, avec lo légionnaires et 5 tirailleurs. A l'aube, le petit détachement arrive sur le camp ennemi et l'enlève à la baïonnette sans tirer un coup de fusil. Les rebelles s'enfuient, laissant sur le terrain 4 cadavres et 15 fusils.

Le capitaine Deleuze se porte aussitôt avec une cinquantaine de fusils à Anibodifiakarana, afin de poursuivre le succès du lieutenant Comiot. Le 26, les rebelles sont de nouveau surpris; on fait 6 prisonniers; Rainibetsimisaraka, en personne, essuie, à 6 mètres, le feu de deux légionnaires et ne doit son salut qu'à une fuite rapide.

Le 27, Ramamj)anjaka, cerné, mourant de faim, se rend sans conditions, avec 8 hommes, 31 femmes et enfants.

Le 11 mai, Rainimanganoro se présente au poste d 'Anibodifiakarana avec 36 de ses partisans, et déclare <( qu'il vient ^ « lui et ses gens, se mettre au service du gouvernement, «( et qu'il désire faire effacer ses crimes comme la vague (( emporte l'eau de la mer ».

Ainsi, rinstallation des nouveaux postes avait, en moins d'un mois, amené la soumission de deux des principaux chefs rebelles de la région; bloqués dans la forêt, réduits à un état de misère extraordinaire, il ne leur restait plus d'autre ressource que de mourir de faim ou de se soumettre sans conditions. Seul, Rainibetsimisaraka tenait encore la canqiagiie avec un tout petit nombre de partisans; son pres-

(1) Hégioiiaii sud du Voromahcry,

PACIFICATION DU CERCLE d'aMBATOMANGA. 197

tige était trop affaibli par les échecs répétés qu'il avait subis pour qu'on put craindre encore de sa part des entreprises capables d'entraîner des conséquences graves pour la pacification du secteur. Néanmoins, son nom représentait un des derniers souvenirs de la réljellion ; il était indispensable de se saisir de lui ou daincner sa soumission par l'entremise des émissaires.

Afin d'assurer l'unité d'action dans la région servant de refuge au chef rebelle, le général donna momentanément, au capitaine Deleuze, autorité sur les troupes et milices stationnées dans les régions du Fisakana, d'Anibohimilanja et d'Ambohimanga. Le Résident de Fianarantsoa , le Résident de Mananjary, le commandant du cercle de Moramanga furent informés de cette disposition.

Mais l'attention du commandant du secteur du Voromahéry fut pendant quelque tenq)s détournée d'un autre coté, à la suite des nouvelles arrivées d'Ainbohimanga du Sud.

Révolte d'Ambohimanga du Sud.

Le iicutenant Grillo avait été installé comme chancelier à Ambohimanga du Sud au mois d'avril; il occupait le liova (1) avec un détachement de tirailleurs malgaches, commandé par le lieutenant Vaillant. La région d'Am])ohinianga, qui dépend, au point de vue administratif, de la j)roviiu'e de Mananjary, est hal)itée par des indigènes de race lanala. Les chefs du pays nous avaient vu nous installer chez eu.\ avec déplaisir, car ils pensaient bien (|ue nous exigerions d'eux des preuves de vassalité (|ue les llovas n'avaient j)as osé leur denuuuh'r; la libération des ('S( laves, (mi parfiiulier. leur portait \\\\ coup sensible.

(1) Rnlnil f.irtifi.'.

J08 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE Yll.

Ils n'eurent pas de mal à soulever contre nous les populations qui sont d'un naturel indépendant. Le 30 avril, Ramonja, frère du gouverneur Revanarivo, quittait Ambohimanga et s'enfuyait dans le nord pour préparer un mouvement insurrectionnel. Le lieutenant Grillo ne l'apprit que le 3 mai ; il envoya aussitôt des émissaires dans cette direction, et fut ainsi informé qu'une bande se disposait à venir attaquer le poste.

L'attaque se produisit le 10 mai, à 5 heures du matin; heureusement, la petite garnison était sur ses gardes dans le Rova : une partie se porte aux palanques et fusille les assaillants, pendant que le lieutenant Vaillant prononce, avec quelques hommes, une vigoureuse sortie qui disperse les rebelles ; cet officier fut légèrement blessé d'un coup de hache.

L'attaque des rebelles n'avait pas été, en somme, bien sérieuse, ils ne disposaient que d'un petit nombre d'armes à feu; mais il était à craindre que Ramonja et Revanarivo ne fussent de connivence avec Rainibetsimisaraka et Rainimanganoro, et que tout le pays d'Ambohimanga ne passât à la rébellion. Du coup, les transactions entre la côte et Ambositra (Ambohimanga est sur le chemin de Mananjary à. Ambositra) pouvaient être arrêtées net.

De fait, un colon, M. Paty, qui se rendait, sans méfiance, d'Ambositra à Mananjary, fut assassiné le 12 mai non loin d'Ambohimanga. Il était donc urgent d'agir vite.

Les Résidents ou commandants militaires des provinces voisines déployèrent dans cette circonstance la plus louable initiative, et, sans attendre d'ordres, poussèrent sur Ambohimanga tout ce qu'ils avaient sous la main de troupes disponibles.

M. Resson, résident du Betsiléo, requiert, le 16 mai, le capitaine Cléret, commandant d'armes à Fianarantsoa , d'envoyer à Ambohimanga un détachement d'infanterie de marine. Le 17 au matin, le capitaine Lefort se met en

\f s; A ^\ ^' î" f CERCL

su ' \ T ne

DE ^ORAMANGA

Vers Fiananantsoa

Page 1