‹ La pacification de MadagascarChapitre 4 sur 92 · EXPOSÉ DE LA SITUATION EX ÉMYRNE · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DE LA SITUATION EX ÉMYRNE

depuis le commencement de juillet, de nombreuses attaques, notamment les 11, 27 et 29 juillet. Le lieutenant-colonel Gonard, parti d'Andriba avec une compagnie haoussa et un peloton sénégalais, pour rouvrir les communications avec Ankazobé et Tananarive, fut constamment harcelé par les tirailleurs ennemis, qui le suivirent jusqu'aux faubourgs de Tananarive.

Dans l'ouest, le poste d'Amboliibelona avait été attaqué le 22 août. De ce côté, les Sakalavcs du chef Zamaria s'étaient joints aux Ilovas,

Enfin, sur la route de Tamatave, il fallait escorter les convois entre Maharidaza et Analamazaotra.

Les rebelles, qui se tenaient au nord de la route, avaient leur repaire dans un massif montagneux ; le centre des rebelles du sud se trouvait au village d'Imerinarivo.

Les deux groupes communiquaient, la nuit, en traversant la route entre Soavina et Manjakandriana.

En résumé, la situation, au mois de septembre 1896, peut se définir comme il suit :

Tout le massif central de l'île était en pleine insurrection, à rexception :

1" Des environs immédiats de Tananarive, dans un rayon de 15 à 20 kilomètres ;

2° De la province de l'Andjodirano, allant (h^ Tananarive au lac Itasy ;

3" De la partie ouest de la province (Ui VakinanUai-atra, dont le chef-lieu est Betafo ;

4" Du pays Betsileo, dont la capitale est Fianarantsoa.

La côte orientale était relativenionl trancpiiUe, à l'exception :

1° De la région entre Ambatondrazaka et la mer ; 2° De la haute vallée du Mananjary.

Les environs de ïananarive n'étaient tranquilles que grâce ;\ de nombreux postes fortement défendus.

L'Ambodirano ne bouge pas, parce que cette province conserve le souvenir de la dure répression qui a suivi l'insurrection de novembre 1895.

Si le Yakinankaratra nous est resté fidèle, c'est que son gouverneur Rainijoanary est dévoué à la France, et apporte à nous servir une réelle intelligence et une vigueur remarquable.

Enfin, si le Betsiléo et la zone côtière ne prennent pas part au mouvement, c'est que les Hovas y sont détestés et que les populations refusent de s'associer à eux contre les Français.

Tout concordait donc bien à prouver que nous étions en présence d'une insurrection hova.

Difficultés du ravitaillement de rEmyrne. Co?nmunication précaire de Tananarive avec la côte; état de la route et des communications postales et télégraphiques. ■ — Les insurgés cherchaient à nous affamer en Emyrne ; ils avaient pour mot d'ordre d'entraver le travail des rizières, qui commence normalement vers le mois de juillet; or, en septembre, la moitié des rizières était en friche. En outre, en dirigeant des attaques incessantes contre la partie de la route de Tamatave située entre Tananarive et la grande forêt, ils espéraient couper nos communications avec la mer, ou tout au moins nous empêcher de recruter les porteurs, qui devenaient de plus en plus craintifs et refusaient de descendre à la côte, même avec une escorte.

Dès les premiers mois de 1896, le service de l'intendance avait rencontré de grandes difficultés à les recruter ; une partie de ceux que l'on arrivait péniblement à enrôler s'évadaient dès la sortie de Tananarive. L'autorité militaire n'avait pas tardé à se rendre compte qu'il fallait rechercher

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