‹ La pacification de MadagascarChapitre 44 sur 92 · Tsia2onomby \^^^.szonomày · texte numérisé non relu

Tsia2onomby \^^^.szonomày

uJamboneky ^^s^-~-^rf<^ ^nbohipeno

b.Mahamavo 6 Andrafo

Jjientùt Andrainarivo, où le kabary continue, La discussion était sur le point de prendre fin lorsque le lieutenant Gaubert, qui, à tout événement, avait reçu l'ordre de suivre l'administrateur sur le plateau, arrive à son tour au village et s'y installe avec 80 hommes, dont 50 tirailleurs et 30 miliciens. Les rebelles, persistant dans leur attitude de conciliation apparente, lui offrent un quartier de bœuf et du riz.

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Puis, les chefs et les guerriers regagnent agilement le sommet par un sentier abrupt.

Il était évident qu'ils étaient décidés à ne pas tenir leurs promesses, mais cette journée avait amené du moins ce résultat de nous faire occux^er sans coup férir le village d'Andrainarivo.

Attaque et enlèvement d^Ikongo. — Le massif dlkongo affecte la forme d'un gigantes([ue fer à cheval dont la concavité est tournée vers Test.

Sa configuration topographique le divise naturellement eu trois secteurs : le secteur nord, qui porte spécialement le nom d'Ikongo, le secteur central, dit d'Anjamanga, et le secteur sud appelé Tsiazopapango.

La distance de l'extrémité nord à la pointe sud est d'environ 6 kilomètres ; la largeur moyenne du plateau est de 1 kilomètre.

L'altitude absolue est de 1250 mètres, le commandement sur la région qui l'entoure, d'environ 700 mètres.

Le plateau supérieur, très mamelonné, est arrosé par trois ruisseaux et on y rencontre de nond^reuscs sources ; sa superficie comprend de 600 à 800 hectares de terres très fertiles, pouvant se prêter à divers genres de culture.

Cette circonstance enlève à l'assaillant la possibilité de réduire la position par la famine.

Plusieurs contreforts auxquels on n'accède que par des ranq)es de 45 à 50 degrés servent de base à cet imposant massif dont l'accès est défendu de tous côtés })ar des rochers abrupts, à l'exception toutefois de la partie ouest, où se trouve une sorte de soudure qui rattache l'Ikongo à un autre massif montagneux.

Parlont ailleurs le plateau est à peu près inahordahhv

Toutefois, au nord, une sorte d'échancrure d'où s'échappe en cascade le ruisseau dlhivaohina, constitue un second point faible de la position.

Il convient d'ajoutei' que ces deux points faibles sont euxmêmes d'un accès très difficile.

Par l'écliancrure d'Ilavaohina on n'atteint le sommet qu'en s'engageant dans nn sentier sous bois défendu par deux retranchements en pierres sèches, qui couronnent les rochers, hauts de 3 à 4 mètres et inclinés de 50° à 60° ; au delà une rampe dénudée à la pente de 45° conduit au village d'Ikongo.

Du côté de Tamboneky, à l'ouest d'Anjamanga, la montée du plateau est défendue par une forêt vierge presque impénétrable, où les rampes sont de 40° à 50° et que les rebelles ont renforcée par deux grands retranchements.

L'accès par le sud est extrêmement pénible ; le sentier bordé de précipices et encombré de rochers, qui conduit au sommet, est désigné sous le nom de Tsiazonomby (inaccessible aux bœufs).

Vers le milieu du fer à cheval et dans sa concavité, des abrupts inaccessibles se succèdent jusqu'au village d'Ambatoharana, construit sur un large palier au bas d'Anjamanga.

Au nord-est, au-dessus du village d'Andrainarivo, un sentier à pic, appelé Ambatorangatina, conduit au village de Tombrody ; enfin au nord-ouest une autre voie d'accès encore plus périlleuse, aboutit sur le plateau au village d'Ambodiharana.

Cet aperçu topographique montre suffisamment que le massif d'Ikongo, qui a mérité à juste titre d'être appelé « l'acropole des ïanalas », est réellement une position formidable, telle qu'on en rencontre peu dans la nature.

En outre, vainement assiégé par les Ho vas pendant de longues années, il avait acquis un renom d'inviolabilité bien fait pour augmenter la foi et le courage de ses défenseurs. 4 à 5,000 Tanalas y étaient réfugiés.

D'après ce qui précède, il parut logique au commandant

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Cléret de concentrer ses efforts sur les deux points, relativement faibles, d'Uavaohina et de Tamboneky.

Il importait toutefois de faire des démonstrations sur les contreforts auxquels aboutissaient les autres voies d'accès

pour empêcher l'ennemi de se ravitailler et le forcer à faire face de tous côtés à la fois.

Pour obtenir ce résultat, des renforts étaient indispensables ; le commandant (Uérct lit appel aux troupes que dirigeait en ce moment de Kianarantsoa sur Ihosy le ca[)itaiiie

ïahoii et ([iii comprenaient 60 tirailleurs algériens et 153 tirailleurs malg-aclies.

Avant l'arrivée de ces détachements, le village d'Andrainarivo, occupé par surprise le 2 octobre, fut protégé par une forte palissade que construisirent les bûcherons betsiléos venus de Fianarantsoa au nombre de 260.

4 octobre. — En même temps, le 4 octobre, le lieutenant Gaubert et le sous-lieutenant Lestel allèrent s'établir à l'est et au sud du massif, au village d'Ivohibatrotroka et sur le mamelon de Tsiazonomby.

Le môme jour, le lieutenant Banal, à la tête d'un détachement comprenant 15 Européens, 20 tirailleurs malgaches et 50 miliciens, enlève dans l'après-midi le village de Maromaniry, situé au nord du massif et à 450 mètres environ en contre-bas de la brèche d'Ilavaohina.

Le commandant Cléret, établi à Ilefondoha, à 1500 mètres environ du contrefort de Maromaniry, soutient l'attaque par des feux de salve et par le tir de deux canons Hotchkiss.

De Maromariny, un sentier courant sous bois au milieu de mille obstacles et coupé par les deux retranchements dont il est question plus haut, conduit au ruisseau d'Ilavaohina et ensuite, par des pentes moyennes de 45° à 50°, aboutit au plateau que couronne un troisième retranchement de 100 mètres de développement.

Derrière ce retranchement se trouvent le village d'Ilavaohina, qui donne son nom au ruisseau, et un groupe de hameaux dont l'ensendde porte le nom d'Ikongo.

5 octobre. — Dans la journée du 5, le lieutenant Banal fait déboiser par les forestiers betsiléos le sentier qui conduit aux retranchements.

Les bûcherons, stimulés par M. Besson et protégés par nos tirailleurs, travaillent sous le feu de l'ennemi; l'un d'eux est tué, deux autres sont blessés.

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6 octobre. — Le lendemain, le lieutenant Banal avait Tordre de se porter sur les retranchements. Son mouvement devait être soutenu par des démonstrations simultanées faites à Andrainarivo par le sergent Pinel, et à Tsiazonomby par le lieutenant Gaubert. Enfin le tir des deux canons Hotchkiss dont disposait le commandant Cléret devait soutenir l'assaut.

L'attaque disposait de 90 fusils dont 10 Européens, 20 tirailleurs Letsiléos et GO miliciens commandés par l'inspecteur Iluet.

Vers 6 heures du matin, une reconnaissance dirigée du coté des retranchements engage avec l'ennemi un feu très vif, et le premier retranchement est enlevé en moins de 30 minutes. Les soldats européens entraînent irrésistiblement à leur suite les Betsiléos, tirailleurs et miliciens, et bientôt le deuxième retranchement, puis une autre défense, la ligne de la cascade de rilavaohina, tombent en notre pouvoir.

Dans l'après-midi, une nouvelle lutte s'engage avec les défenseurs du plateau qui tentent une série de retours offensifs. Nos troupes réussissent heureusement à rester maîtresses des positions conquises le matin, mais non sans grandes difficultés, car le feu de l'ennemi est très meurtrier ; sur treize Européens que comprend le détachement, un est tué, le soldat Genevois, et six sont blessés, dont deux assez grièvement.

L'inspecteur de la milice Iluet, qui s'est multiplié pendant toute cette journée, est atteint d'une balle ([ui lui traverse le poumon droit.

Le soir, vers 7 heures, un renfort de 153 tirailleurs malgaches (l), commandés par le sous-lieutenant Périn, arrive au campement tlllefondoha.

7 octobre. — Le lendemain, dès o li. \/'l du matin, le lieutenant Banal fait couvrir par des palissades puissantes hi

(1) Froveuaiil du groupe Taho».

ligne dllavaohiiia (cascade) ; elle est occupée par nos tirailleurs, dont les feux protègent toute la journée et le lendemain le travail des bûcherons occupés au déboisement.

En même temps, le commandant Gléret renforce Maromaniry de 75 tirailleurs.

8 octobre. — Le 8, vers midi, le capitaine Talion arrive avec ses tirailleurs algériens au campement d'Ilefondoha, ayant exécuté, en cinquante-quatre heures, une marche forcée de près de 100 kilomètres.

9 octobre. — Le 9, dès le matin, tous les bûcherons disponibles (200 environ), protégés par 50 tirailleurs algériens et 40 tirailleurs malgaches, sont conduits vers Tamboneky pour y frayer un large sentier d'accès destiné à faciliter l'attaque dans cette direction; M. Besson accompagne le détachement. Malgré une pluie battante, le travail est poussé avec la plus grande activité, et le soir, vers 5 heures, le sentier n'était plus qu'à 2 kilomètres environ du premier retranchement ennemi.

10 octobre. — Le commandant Gléret avait décidé de profiter de la démoralisation produite chez les rebelles par leurs pertes antérieures et par l'arrivée successive de nos renforts pour donner l'assaut, le 10 octobre, à la première heure, en opérant de deux côtés à la fois, vers la brèche de Maromaniry, au nord, et par les croupes de Tamboneky, à l'ouest du massif.

Pendant toute la nuit du 9 au 10, les trompes des Tanalas résonnent dans la direction de Tamboneky, indiquant que l'ennemi se rassemble pour s'opposer à l'attaque qu'il croit devoir venir de cette direction.

C'est, en effet, par l'ouest que les Ilovas avaient toujours tenté d'enlever Ikongo et failli quelquefois y réussir.

Le 10, à 5 h. 1/2 du matin, par un temps très froid et un

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épais brouillard, le capitaine Talion et l'administrateur IJesson quittaient simultanément leurs campements pour se porter à l'assaut, le premier par Tandjoneky, le second par Maromaniry. \ défaut de tout gradé européen, 31. Besson avait pris le commandement des 50 miliciens qui restaient disponibles, et précédait, avec ce détachement, les 90 hommes (tirailleurs malgaches et soldats d'infanterie de marine) du lieutenant Banal.

Du côté de Tamboneky, après une marche difficile dans la forêt, les troupes du capitaine Talion, dont l'avant-garde est commandée par le lieutenant Goubéau, arrivent vers G h. 20, devant un retranchement solidement défendu par les rel)elles, et réussissent à l'enlever, après un engagement qui nous coûta 1 tirailleur algérien tué et un autre blessé à coups de sagaie. La marche se poursuit dans la foret impénétrable, et les tirailleurs sont sur le point d'atteindre le sommet, lorscpie, vers 8 h. 1/i, un émissaire apprend au capitaine Tahon que l'ikongo vient d'être enlevé par le nord.

De ce côté, un brouillard épais permit aux miliciens darriver, sans être vus, jusqu'au dernier retranchement. Soutenus par l'infanterie de marine cjui devait former la troupe de choc, ils gravirent dans le plus grand silence, et baïonnette au canon, la rude pente qui mène à ce retranchement, sur lequel ils s'élancèrent au commandement de leur chef : ils ne trouvèrent dans le fossé qu'une vingtaine de défenseurs, dont 0 se firent tuer sur phice, tandis que les autres s'enfuyaient on répandant la paiii([ue sur le plateau. La lutte ne dura que quelques minutes, pendant lesquelles 1 de nos miliciens fut tué et 10 autres blessés légèrement. Presque aussitôt, le sergent Bouvié avec 10 tirailleurs, le sous-lieutenant Périn, avec 30 hommes, et le lieutenant Banal, avec ÎÎO fusils, arrivaient sur la position et balayaient tous les villages, chassant devant eux les rebelles alfolés et faisant un grand nombre de ])risonniers ; il était environ G h. 30.

Maîtres de la partie nord du i)lateau (secteur dTkoiigo),

radiniiiistrateur Besson et le lieutenant Banal s'avancèrent vers le Lord de la falaise, qui domine Andrainarivo , pour appeler à eux le sergent Piiiel et ses 70 hommes. De là, ils se rendirent, par Anjamanga, vers le col de Tamboneky pour y retrouver le capitaine Talion, qu'ils rejoignirent à 11 h. 15. En regagnant ensuite le plateau, le détachement mit en fuite un dernier groupe de rebelles qui avaient cherché à lui tendre une embuscade dans la traversée de la forêt.

Ce fut le dernier acte de résistance des Tanalas.

Dans la nuit du 10 au 11, toutes les précautions furent prises pour parer à l'éventualité d'un retour offensif.

Le commandant Gléret choisit, à proximité de l'Ilavaohina, un village où s'établit provisoirement le détachement chargé de créer un poste sur le plateau d'Ikongo. Puis, les jours suivants, M. le résident Besson réunit à Maromiandra les chefs et toute la population soumise, et fit connaître aux Tanalas les charges qui leur incombaient désormais : obéissance aux ordres des chefs nommés par la France ; payement de l'impôt de capitation ; établissement de la prestation ; remise de toutes les armes à feu.

M. le résident Besson et le commandant Cléret rentrèrent à Fianarantsoa, laissant le district d'Ikongo sous le commandement du lieutenant Clavier.

Dès le mois de novembre, la situation du district était assez bonne ; quelques groupes irréductibles s'étaient pourtant réfugiés dans le massif montagneux et boisé, de parcours extrêmement difficile, qui sépare le district d'Ikongo du district divohibé.

Création du cercle militaire des Baras et Tanalas. — Au fur et à mesure des progrès de notre pénétration dans le sud, il devenait de plus en plus difficile à M. Besson de faire sentir utilement son action dans toutes les parties du vaste territoire nouvellement occupé. Il était donc nécessaire

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(le grouper, sous un commandement spécial, les districts d'Ikongo, d'Ivohibé, dlhosy et de Tamo-Tamo.

Aussi, par arrêté du 2 novembre, le Gouverneur général créa le cercle militaire des Baras et Tanalas, comprenant les districts ci-dessus. Le chef-lieu du nouveau cercle fut placé à Ivohibé, et le commandement donné au commandant Cléret.

Cet officier supérieur disposait des lo" et IC compagnies du l*"" régiment malgache et de la 11*^ compagnie d'infanterie de marine.

C'était peu, étant donné le vaste territoire qu'il avait à administrer ; aussi lui fut-il recommandé d'occuper solidement et avant tout, les lignes de communication de l'intérieur vers les principaux ports de la côte (Tuléar, Fort-Dauphin, Farafangana).

Il fut invité également à procéder avec circonspection au désarmement des indigènes, qui, lorsqu'il est prématuré, risque d'exposer les peuplades soumises aux pillages de leurs voisins, tant que notre réseau de postes n'est pas suffisant pour faire la police des pays occupés.

Dans le secteur d'Ivohibé, la situation s'améliora notablement à la fin de 1897, par suite de la soumission d'Isand)o. La population avait rendu 1900 fusils à la date du 31 décendjre.

Quelques tribus cependant se refusaient encore à rendre leurs armes, notamment les Tand)avalas du chef Tsivoa qui s'étaient enfuis dans la foret. La tribu des Zatimarasoas ne fut pas non plus désarmée, parce que son éloigncmeut ne permettait pas de la protéger efficacement contre ses voisins les Antaivondros dont le pays ne pouvait pas encore être occupé.

Dans le secteur d'Ikongo la plupart des \ illages étaient réoccupés.

Dans celui d'Ihosy, une bande de réfractaires Avait ([uitté le pays, et, sous le commandement d'Inapaka, s'était réfugiée

dans le massif du Yoliiiighczo, à l'ouest du confluent du Malio et du ]Mangoko.

Enfin dans le district de Tamo-Tamo, le désarmement marchait assez lentement, et les populations se montraient réfractaires au paiement de Fimpôt et aux prestations.

!I. — Cercle de Fort-Dauphin.

Quand le général Gallieni passa à Fort-Dauphin (1) le 23 juin 1897, la situation de la province était des plus critiques : les transactions commerciales (2) avaient à peu près entièrement cessé, il était imprudent de se risquer sans une forte escorte en dehors de la banlieue de Fort-Dauphin, le garde Philippini venait d'être tué en revenant de Tsivory.

Nous n'occupions, en dehors de Fort-Dauphin, que Manam- Laro, à un jour de marche sur la route de Tamo-Tamo, et Manantenina, à quatre jours de marche sur la côte est. Les tribus étaient en rébellion ouverte; la plupart des chefs, convoqués par M. le résident Lemaire, à Toccasion de la visite du Résident général, refusèrent de se présenter.

Les colons de Fort-Dauphin demandèrent spontanément au général Gallieni de placer la province sous l'autorité d'un officier disposant de troupes régulières. Il fut fait droit à leui demande. Le 26 août, le capitaine Brulard, commandant la 4« compagnie du bataillon de légion (3), débarquait à Fort- Dauphin et prenait aussitôt en mains le commandement et

(1) Notre premier établissement à Fort-Dauphin remonte à l'année 1644. Pronis en fnt le premier gouverneur. 11 fut remplacé en 1648 par M. de Flacourt qui a laissé sur l'île de Madagascar un ouvrage très intéressant que l'on consulte encore aujourd'hui avec fruit.

(2) Fort-Dauphin avait, au cours des années précédentes, et nolainmeul en 1892 et 1893, exporté des quantités considérables de caoutchouc ; un notable commerçant, M. Marchai, en exporta à lui seul, en 1892, 400 tonnes.

(3) Statioimée jusque-là sur le haut Mangoro (secteur de Merimitatra).

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