‹ La pacification de MadagascarChapitre 43 sur 92 · I.a route de Fianarantsoa à Tuléar, par Ihosy et Ranohira · texte numérisé non relu

I.a route de Fianarantsoa à Tuléar, par Ihosy et Ranohira

La route d'Ihosy à Farafangana, par Ivohil)é.

M. le docteur Besson, résident de Fianarantsoa, était charge de diriger le mouvement du Bctsiléo vers la côte. Deux lieutenants furent mis à sa disposition pour être placés à la tête des districts d'Ihosy et d'Ivohil)é; ils prirent le titre de lieulenan ts-ch an criifrs .

Dlsti'icl crihosij. — Ramieba, chef des Baras-Bé, résidait à Ranohira, village situé à 90 kilomètres à l'ouest d'Ihosy, sur le chemin de Tuléar. Il vint se présenter à la fin de février au lieutenant Nouveaux et lui promit obéissance et fidélité; mais, peu après, étant de retour à Ranohira, il envoya des émissaires aux chefs des autres tri])us pour les e.xciter à la révolte.

Le lieutenant Nouveaux se rendit à Ranohira et le destitua en présence de la population. Cette mesure énergique produisit le meilleur ell'et ; les Baras-Bé ()l)éirent de ])onne grâce au nouveau chef qui fut désigné par le commandant du district; ils acceptèrent le principe de l'impôt, ([u'ils payèrent en nature, en raison de la rareté du numéraire ; et , malgré leur extraordinaire paresse, consentirent même à (Mitre[)rench'e des travaux sommaires pour aniéli()r(M' h's sentiers (h' Tuléar, Fianarantsoa, Ivohibé et Betroky.

Rienlôt, la garnison il'Ihosy ayant étt' renl'orci'e. h' lieuteuaiil MouNcauv [)iit iiislalh'r iiii poste à Hanohira.

:2i)G DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE III.

Occupation de Tamo-Tamo. — Le résident de Fort-Dauphin, à la suite d'une tournée dans sa province, avait installé un poste de milice, commandé par le garde Philippini, à Tsivory, sur la route de Betroky. Ce poste, situé à 6 journées de marche de Fort-Dauphin, était très en Tair, au milieu de populations hostiles, qui empêchèrent bientôt son ravitaillement. Le chef de poste se vit obligé de l'évacuer et de se replier sur Fort-Dauphin.

Il fut tué, au mois de juin, dans une end^uscade.

Il y avait urgence à venger la mort du garde Philippini et à réoccuper Tsivory. La mission d'aller rétablir l'ordre dans cette région fut confiée au capitaine Lacarrière, commandant la 15" compagnie du 1*^'' régiment malgache (1).

Cet officier quitta Fianarantsoa le 4 juillet, avec 150 tirailleurs ; le 15 juillet, il arrivait à proximité de Betroky. Les gens du village voulurent s'opposer à sa marche ; il les dispersa et entra à Betroky le 16.

Le 22, il arrivait à Tamo-Tamo, et, le 23, à Tsivory. Ayant constaté que l'emplacement de l'ancien poste était défectueux, il ramena sa compagnie à Tamo-Tamo, et y commença la construction d'un poste.

Attaque de Ranohira. — Dans la nuit du 15 au IG août, une bande de 300 indigènes attaqua Ranohira ; une partie de la garnison était absente, le poste fut défendu par quelques miliciens, commandés par le soldat de !'« classe Fauquembergues, de l'infanterie de marine. Celui-ci se tint sur la défensive pendant la nuit, et fit, à la pointe du jour, une vigoureuse sortie, qui dispersa les assaillants.

La nouvelle de l'attaque de Banohira parvint à Ihosy pendant l'absence du lieutenant Mou veaux, alors en tournée dans

(4) Le 4'= bataillon du l*-'' njgiiiiciit malgache {i'i'^, li", io'^ et 16' compagnies) fut recruté à partir du mois de mai.

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le district. Le soldat Aimé n'hésita pas à se mettre en route avec 30 miliciens, et à se porter sur Ranohira au secours de la garnison, qu'il pensait en danger.

Dès son retour à Iliosy, le lieutenant Mouveaux compléta l'œuvre si bien commencée par ses deux subordonnés, en se mettant à la poursuite des assaillants, quil atteignit et dispersa.

Puis, afin de se relier avec Tamo-Tamo, il alla installer, au mois de septembre, une garnison de 2 soldats d'infanterie de marine et oO miliciens à Betroky.

La route de Fort-Dauphin se trouvait ainsi jalonnée par les postes d'Ihosy, de Betroky et de Tamo-Tamo ; mais les communications entre ce dernier point et Fort-Dauphin étaient des plus précaires; le chemin était barré par les Antandroy de la rive droite du Mandraré, qui pillaient les convois et assassinaient les courriers.

Le capitaine Lacarrière entreprit contre eux une petite opération, au cours de laquelle il enleva, le 30 septembre, le village de Betay, tout proche de la frontière du cercle de Fort-Daupliin (1).

En arrivant à Tamo-Tamo, le capitaine Lacarrière fît réoccuper le poste de Tsivory et établit des relations régulières avec Fort-Dauphin. La jonction des troupes du secteur de Tamo-Tamo avec celles du cercle de Fort-Dauphin avait d'ailleurs été réalisée au moment de l'enlèvement de Betay, au(|uel avait participé un détachement de la l'"'' compagnie de légion.

nis/rir/ (/Irohibr. — Le lieutenant l>au<liiiii(l l'ul inslaUé })ar M. IJessou, comme licutenant-ciiancelier. à l\(>hibé à la lui <h' juin, il avait sous ses. ordres 10 soldats d'iid'anterio

(1) La inoviiui; de Fort-Dauphin vcii.iil dôlre transformée en cercle inilitaiiv pt occupée |)ar la l'" compagnie du !)ataillon do légion (capitaine Brùlard).

de marine, 100 tirailleurs de la 16« compagnie du 1^'" régiment malgache (lieutenant Tilho) et 50 miliciens.

L'accueil fait à cette petite troupe par les gens d'ivohibé fut assez réservé. Isambo, roi des Baras lantsantsas, vint bien se présenter avec 1000 guerriers au résident de Fianarantsoa et l'assurer de sa soumission, mais il n'accepta pas, sans protestation, l'obligation de libérer les esclaves et de participer à l'amélioration des chemins. Leurs armes furent laissées à ses guerriers.

Bientôt, une partie des habitants refusait d'obéir aux ordres du commandant du district, et Isam])o s'enfuyait d'ivohibé, se mettant ainsi en état de rébellion ouverte.

Le lieutenant Baudrand, puis le lieutenant Boin, qui lui succéda dans le commandement du district, poursuivirent énergiquement les rebelles.

Le lieutenant Boin créa un poste à Analavoka, sur le haut Menarahaka, puis désarma tous les villages iantsantsas et tambavalas qui avaient participé au mouvement. Isambo , qui avait été abandonné de la plupart de ses partisans, se réfugia dans le massif rocheux d'ivohibé, d'où il fut chassé par le lieutenant Boin au commencement de novembre.

District d'Ikongo. — M. le chancelier de résidence Bertrand fut mis à la tète du district d'Ikongo dans les premiers jours d'août.

Le lieutenant Gaubert installa une garnison mixte d'infanterie de marine et de tirailleurs malgaches dans un poste construit à proximité du village de Maromiandra, résidence du gouverneur indigène du district.

M. le résident Bessoii n'avait pas cru devoir faire occuper de suite le plateau d'Ikongo, position célèbre dans la région par la lutte que les Tanalas y avaient soutenue victorieusement contre les Ilovas ; le plateau était dénué de ressources et éloigné de tout centre habité.

Un poste do milice fut seulement installé à SmincÛM^ sur

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le Faraoïiy, au point où cette rivière cesse d'être navigal)le.

Cependant, de nombreux indices vinrent bientôt montrer l'hostilité des Tanalas contre le nouvel ordre de choses. Les plus déterminés d'entre eux se réfugièrent sur le rocher d'Ikongo, y convoquèrent les populations d'alentour et commencèrent à y réunir de gros approvisionnements.

En même temps, les travailleurs à la solde de la Société qui entreprenait à cette époque les études sur le terrain d'une route à péage dans la vallée du Faraony, étaient inquiétés et menacés de mort s'ils continuaient à travailler.

M. Besson fit encore un effort, au commencement de septemljre, pour ramener dans le devoir les insurgés. A son appel, de nombreux Tanalas vinrent, à ^laromiandra, jurer fidélité à la France.

Mais les groupes hostiles du rocher d'Ikongo refusèrent de se dissoudre, et leurs chefs déclarèrent qu'ils faisaient la guerre aux Français comme ils l'avaient faite aux llovas, et qu'ils se refusaient à permettre la construction d'une route traversant leur territoire.

Le moment d'agir était venu ; un premier engagement très vif eut lieu le 28 septembre aux environs du village de Maromaniry, situé au pied du rocher.

Le général Gallieni avait chargé le commandant Cléret, alors à Fianarantsoa, de prendre la direction des opérations ; il arriva le 1" octobre, avec 20 soldats d'infanterie de marine et 50 miliciens; ravant-veilh\ AL l'inspecteur de milice Huet était arrivé avec 00 miliciens.

M. Jiesson voulut, le 2 octobre, essayer une dernière tentative de conciliation; il donna rendez-vous aux insui'gés dans une gorge au pied de la montagne.

Les Tanalas ne s'y trouvant pas, M. lîesson continue sa route et franchit deux retranclicnients ; deux chefs se i)résentent à lui, accompagnes de 250 guerriers. Ils se montrent très respectueux et promettent d'évacuer le plateau, après avoir rassemblé leurs hommes. Mais, en même temps, vi

tout en prodiguant les bonnes paroles, ils s'efforcent, sous divers prétextes, d'arrêter la marche, sur Andrainarivo, de l'administrateur et des 20 miliciens qui le suivent à environ oO mètres de distance.

Tout en parlementant, et sans paraître s'apercevoir des protestations des Tanalas, M. Besson avance toujours et atteint

\ ^ers llefondoha 'jaromaniry

V Androranggvols

AmbodihVrana ^Y^ndrainarivo Tândroby

LroquiS hguratlt ; Yi^Àmbato^fhrana

ni ^ i.ii \ /^ÏÏvohibatratroka

rlateau d Ikongo

JVoms des voles d'accès

T$IAZOPAPA>JGO

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