SUR LA PÉNÉTRATION DU MÉNABÉ EN
Les opérations effectuées dans le 2^ territoire militaire, en 1898, comprennent trois périodes principales :
l""* période. — Du \" janvier au i" mai, les troupes marchent jusqu'au Bcmaraha, qui marque la limite ouest du territoire.
2" période. — Du 1" mai au 25 août, la limite ouest du 2" territoire ayant été portée jusqu'à la côte du canal de Mozambique, les troupes occupent le cours de la Tsiribihina et la partie sud du Menabé.
3'^ période. — Du 25 août au 31 décembre, on prend pied solidement sur la rive droite de la Tsiribihina; consolidation des résultats obtenus.
!■•« période (du 1" janvier au 1" mai) : Marche en avant jusqu'au Bemaraha.
L'arrêté du 19 décombn! 1897, portant réorganisation des territoires militaires, constitua le 2"^ territoire de manière à lui permettre de satisfaire à ses nouvelles obligations ; il lui enleva le cercle de Tsiafahy et le cercle annexe d'Arivonimamo (moins le secteur de l'Ankaratra) et, par contre, lui attribua la région d'Ankav;indra jusqu'au Bemaraha ; le 2« territoire fut alors organisé comme il suit :
Cercle de Miarinarivo (commandant Cussar), dont releva le cercle annexe d'Ankavandra (capitaine Gallois);
Cercle de Bclafo, formé de Tancicn cerch' annexe et du secteur de l'Ankaratra (capitaine Durand), dont releva le cerch' annexe du i{etsii-iry (capitaine Lucciardi).
Le chef-lieu du 2"= teri-itoire fut transféré de Tsiafahy à Soavinandriana, se déplaçant vers l'ouest de plus de 100 kilomètres; il se trouvait ainsi à l'extrême limite de la région habitée, à j)ortée des deux directions d'Anka-
(1) Nous reproduisons ici les rapports envoyés à la lin de la campagne de 1898; nous avons dû, à cause du manque de place, y faire quelques coupiues.
vandra et du Bctsiriry, et ce déplacement caractérisait en quelque sorte le nouveau rôle qui incombait au territoire.
But des premières opérations. — Les cercles de Miarinarivo et de Betafo allaient donc servir de point d'appui à nos troupes en leur fournissant les moyens d'action nécessaires ; il fallait dès le début :
Jo Entrer en relations directes avec le territoire sakalave.
On ne communiquait avec Morondava que par Majunga et la voie de mer; il était indispensable de rétablir une communication terrestre avec le chef-lieu du territoire sakalave, afin de connaître aussi rapidement que possible ce qui s'y passait et d'être renseigné sur le concours qu'on en pouvait attendre pour le ravitaillement du Betsiriry ; ce soin incomba au cercle annexe de Betafo ;
2° Assurer la sécurité complète dans le Betsiriry et ses abords.
Il était urgent d'obtenir ce résultat, car l'audace des Sakalaves, enhardis par 1 inaction à peu près forcée de nos postes, croissait de jour en jour.
Indépendamment de leurs pointes dans le Betsiriry, ils avaient tenté aussi quelques agressions contre le village ho va de Manandazza, qui les avait repoussées; mais sa situation pouvait devenir critique, et il importait d'occuper cette localité intéressante, débouché d'une route fréquentée, venant du Mandridrano, d'où l'on pouvait agir efficacement sur la vallée du Mahajilo et qui donnait la communication entre le Betsiriry et Ankavandra.
Les troupes du Betsiriry furent chargées de cette double tâche ;
3° Organisation de la région d'Ankavandra.
Les populations sakalaves de cette circonscription n'étaient pas aussi hostiles que les autres ; au contact des Européens, déjà familiarisées avec les Ho vas, elles avaient été visitées, au mois de juin 1897, par le commandant du 2° territoire; le pays avait toujours été relativement calme, et, sauf dans le Fonjia, il ne semblait pas qu'il dût y avoir de ce côté des difficultés sérieuses;
4° Effectuer la liaison de la partie nord du 2^ territoire avec les circonscriptions voisines : cercle annexe d'Ankavandra, province de Majunga et cercle de Mevatanana.
Communications de l'intérieur avec la côte. — Il avait été reconnu iin])ossible de prolonger directement sur Mahabo la ligne optique, qui avait son point terminus à Miandrivazo, sans être obligé d'entamer la lutte avec les Sakalaves du Ménabé dans des conditions insuffisantes de préparation.
Le capitaine commandant le cercle de Betafo songea à utiliser l'ancienne route de pénétration des Hovas par Midongy, Janjina, Malaimbandy et Mahabo, tant pour le tracé de la ligne optique que pour la faire j)arcourir par un service régulier de courriers à destination de Morondava ; mais, pour que ce projet fût susceptible d'une exécution satisfaisante, il était indispensable d'attribuer au cercle de Betafo le district de Midongy, qui relevait de la province betsiléo et confinait au territoire sakalave, presque depuis la limite sud du Betsiriry.
L'atti'ibution du district de Midongy au cercle de Betafo avait encore l'avantage de lui permettre d'agir dans la vallée de la basse Sakeny, où, vers Ankazoambo, se trouvaient des rôdeurs très audacieux qui étaient venus piller
Icielle 1; 750 000
jusquà l'est de Midongy ; la réocciipation d'Ankazoanibo, qu'il avait fallu évacuer lors des événements du Ménabé, obligeait ces rôdeurs à se retirer dans l'ouest et couvrait du côté du sud les mouvements des troupes du Betsiriry, tout en leur assurant le libre passage do la Sakcny ; pour ces divers motifs, l'arrêté du 19 janvier détacha le district de Midongy de la province bctsiléo et le réunit au cercle de Betafo.
Le résultat ne se fit pas attendre : la route, jalonnée par les anciens postes hovas réoccupés, fut ouverte à la circulation presque aussitôt et parcourue depuis cette époque sans incident notable par les courriers; enfin, le 14 mars, la ligne optique atteignait Mahabo (1), après un long détour sans doute, mais donnant une communication assurée entre Tananarive et Morondava.
Le capitaine Durand procéda presque aussitôt à la réoccupation d'Ankazoambo ; un poste y fut installé le 4 mars.
Opérations dans le Betsiriry. — Ces opérations étaient de beaucoup les plus importantes; exécutées sous la direction immédiate du capitaine Lucciardi, elles font grand honneur à cet officier; l'extrait suivant de son rapport indique la succession des événements jusqu'à l'éjjoque où les Sakalaves ont été repoussés au delà du Bemaraha.
Situation militaire au l"^ janvier 1898. — Le Betsiriry était un secteur du cercle de Betafo ; il était tenu par quatre postes militaires : 1° Analaidirano, à mi-chemin d'Inanatonana <à Miandrivazo, sur la ligne de communication rattachant le Betsiriry à l'Imerina ; 2° Miandrivazo, qui av.iit constitué la première étape de notre pénétration en pays sakalave et la base d'opérations de la colonne de l'ouest (juillet à septembre 1897) ; 3° Anosymena, près du confluent de la Mania et du Mahajilo ; 4° Marotongono, sur la rive droite de la Mania. En outre, le poste de Bemena, quoique situé à l'ouest du Bemaraha, avait été provisoirement rattaché au secteur du Betsiriry.
Le capitaine Giudicelli , conuuandant le secteur, avait à sa disposition 140 hommes de sa compagnie (la fi« du 2^ régiment de tirailleurs malgaches), qui furent renforcés, dès le milieu de janvier, par le peloton du lieutenant de Bordes (même compagnie).
La situation de ces troupes était matériellement, et surtout moralement, très fâcheuse ; les difficultés de transport avaient arrêté l'envoi des effets les plus indispensables. Les postes de Marotongono et de Bemena, hâtivement installés sur les bords de la Mania et de la Tsiribihina, et menacés d'être envahis par les eaux, avaient dû être déplacés; la main-d'œuvre locale faisant défaut, les troupes avaient elles-mêmes fait les nouvelles constructions ainsi que le déménagement du matériel. La fièvre et les ulcères aux jambes rendaient indisponible le tiers de l'efiectif. Au point de vue moral, la li» compagnie, composée de jeunes soldats betsiléos, avait été impressionnée d'une façon défavorable par les événements qui venaient d'avoir lieu au Ménabé ; le dixième de l'effectif avait déserté, pour échapjter aux dangers d'une nouvelle campagne.
Orfjunisation militaire du Detsirinj. — l'ai- ai rèlé du 20 décembre 1897. le
(1) Le tracé en avait été arrêté sur le terrain, parle capitaine du yonie G. Lév\ .
Betsiriry fut constitué en cercle annexe rattaché au cercle de Betafo ; le capitaine Lucciardi en prit le commandement et arriva àMiandrivazo le 21 janvier; deux sections de la !'■<= compagnie sénégalaise (2 officiers, 80 fusils) furent mises à sa disposition et l'arrivée dans le Betsiriry de cettre troupe ne devait pas tarder à changer la face des choses.
En outre, le commandant du cercle de Betafo envoyait de Miandrivazo, par la rive droite du Mahajilo, un détachement de 70 fusils (40 Malgaches de la -4« compagnie et 30 Sénégalais de la l™ compagnie), sous les ordres du lieutenant Jacob, pour occuper Manandazza; cette occupation fut effectuée sans incident le 2 février; toutefois, la marche de ce détachement, forcé de traverser deux rivières en pirogues, fut très pénible, eu égard à la saison.
Première phase : Occupation de la rive droite du Mahajilo. — Un premier défaut de l'organisation militaire du Betsiriry était la situation des trois postes de Miandrivazo, Marotongono, Anosymena, placés à l'intérieur de la boucle Mania-Mahajilo et séparés du reste du pays par ces deux rivières qui sont des obstacles très sérieux en hivernage (courant violent, 500 à 600 mètres de large, pas de gués). Il était indispensable d'avoir des débouchés assurés sur les rives extérieui'es de ces cours d'eau, afin de permettre à nos troupes d'avoir une action sur la rive droite du Mahajilo et sur la rive gauche de la Mania; le poste de Miandrivazo pouvait être conservé à l'intérieur de la boucle pour exercer une surveillance efficace sur les populations qui s'y étaient maintenues.
En second lieu, l'isolement dans lequel était le poste de Bemena, à l'ouest du Bemaraha, n'était pas sans danger ; il était urgent d'assurer la liberté des communications de ce poste avec l'arrière, afin de pouvoir le ravitailler, et, en cas de besoin, le secourir.
La suppression du poste d'Anosymena, la création des postes de Beria et du Bemaraha répondaient au but exposé ci-dessus. Ces opérations ne furent pas troublées par les Sakalaves ; elles s'effectuèrent du 26 janvier au 10 février, au plus fort de la saison des pluies, au milieu de difficultés considérables, car on ne disposait que de trois mauvaises pirogues pour franchir le Mahajilo et les deux marigots profonds et larges qui coupent le chemin de Miandrivazo à Anosymena.
Ces premières dispositions, qui indiquaient notre volonté de rester maîtres du pays, inspirèrent confiance aux populations de la rive droite du Mahajilo. Quelques chefs de villages se montrèrent disposés à nous aider, à condition d'être efficacement protégés contre les incursions de leurs turbulents voisins. Ces incursions provenaient : 1° du Menabé, par les nombreux sentiers qui traversent le Bemaraha ; 2° de la rive gauche de la Mania et de la Tsiribihina et particulièrement d'Ankatrevo, où s'était formé un gros rassemblement sous l'autorité de Mahatanty, l'ancien chef d'Anosymena.
Pour parer au premier danger, le lieutenant Jacob fut chargé de créer le poste de Tsianerena, sur la route et à mi-chemin de Manandazza à Beria.
Deuxième phase : Occupation de la rive gauche de la Mania. — Pour mettre fin aux incursions des rebelles de la rive gauche de la Mania et d'Ankatrevo, il était évident que l'occupation de leurs repaires était le seul remède
efficace. Le commandant du cercle annexe disposait à cet effet d'une section sénégalaise et d'une section malgache (40 hommes de la 9* compagnie en voie de formation) ; il quitta MiandriTazo le 11 février avec ce détachement. 11 se proposait : 1° de prendre pied sur la rive gauche de la Mania, aux environs de Marotongono et d'y construire un poste tenant lieu de point de passage et assurant le débouché ; on aurait alors rendu disponible la garnison du poste de Marotongono, qui pouvait être supprimé ; 2° de reconnaître le terrain sur la rive gauche de la Mania, de se renseigner sur les points où étaient établies les bandes rebelles, afin de pouvoir marcher oH'ensivement contre elles et de les refouler dans le Menabé ; 3° de créer un poste sur un point à choisir sur la rive gauche de la Tsiribihina, de manière à maîtriser le pays et à maintenir les résultats qu'aurait produits notre offensive.
Il était urgent d"agir avec rapidité : la situation matérielle et morale de la garnison de Marotongono (86 hommes sous les ordres du lieutenant de Bordes) était fâcheuse ; deux courriers avaient été assassinés sur la route de Miandrivazo à Marotongono ; une section envoyée sur cette même route pour se mettre en liaison avec le lieutenant de Bordes avait eu ] tirailleur blessé et sa marche avait été épiée par de nombreux rôdeurs. A l'intérieur même des abatis du poste de Marotongono, 2 tirailleurs avaient été blessés par des coups de feu de Sakalaves embusqués dans les crevasses et ravines situées aux abords du poste. Sur les 86 hommes de la garnison, 11 seulement étaient valides, tous les autres atteints d'ulcères aux jambes et incapables de marcher.
Occupation cCAnkatrofotsy. — Le franchissement de la Mania, alors large de 700 mètres, en face d'un ennemi qui occupait la rive opposée, était une opération délicate : il fut effectué dans la nuit du 12 au 13 février par la section sénégalaise du lieutenant Vincent, qui s'établit à Ankatrofotsy et v commença immédiatement la construction d'un poste solide ; le reste des troupes, les vivres et le matériel franchirent la rivière les 13, 14 et 15 février. Les Sakalaves essayèrent de contrarier ces opérations; nous eûmes 3 tirailleurs noyés (2 pirogues accouplées avaient chaviré).
Pendant que le capitaine Lucciardi s'installait solidement sur la rive gauche de la Mania, les renseignements sur les emplacements occupés par les bandes rebelles se précisaient. Celles-ci formaient deux groupes principaux : 1° à Belo et dans la zone marécageuse située au confluent de la Mania et de la Sakeny ; 2° autour d'Ankatrevo, sur la rive gauche de la Tsiribihina, au pied est du Bcmaraha.
Pour atteindre le premier groupe, il aurait fallu s'engager dans un pays marécageux, coupé de marigots non guéables en cette saison ; il semblait préférable d'attendre la baisse des eaux pour opérer dans cette région.
Occupation d'Ankatrevo. — Pour atteindre le second groupe, le seul obstacle sérieux était le passage de la Sakeny ; la rive gauche de cette rivière est un pays difficile, semé de lacs, coupé de ruisseaux descendant du Bemaraha ; mais en serpentant autour de ces lacs, il était possible d'éviter l'emploi si dangereux de la navigation en pirogues et d'atteindre les bords de la Tsiribihina, où étaient signalés les campements sakalaves.
Les troupes chargées de cette opération (80 Sénégalais de la 1" compagnie
et 23 Malgai'lies) furent réunies à Ankatrofotsy le 16 mars, franchirent la Sakeny à gué le J8 aux environs d'Ankazoambo, qui venait d'être occupé par les troupes du cercle de Betafo, et atteignirent les environs d'Ankatrevo le 19 au soir. Le lendemain, le convoi étant laissé à la garde de 20 fusils, le capitaine Lucciardi marcha sur les villages ennemis, surprit et détruisit le premier, rejetant les Sakalaves dans les mares environnantes. Les jours suivants, du 20 au 27 mars, pendant qu'une partie de la colonne procédait à l'installation d'un poste sur les bords de la Tsiribihina, l'autre partie faisait des battues dans la région difficile d'Ankatrevo, détruisait tous les villages rebelles (au nombre de 12) et refoulait définitivement les Sakalaves à l'ouest du Bemaraha.
Le premier résultat fut d'assurer la sécurité des communications fluviales sur le Mahajilo ; les postes de Deria et d'Ankatrevo purent ainsi être ravitaillés par convois de pirogues partant de Miandrivazo.
Opérations autour de Belo. — Les bandes de Belo se trouvaient désormais resserrées entre les deux postes d' Ankatrofotsy et d'Ankatrevo ; ces bandes étaient très audacieuses; le 16 mars, elles avaient franchi la Mania et attaqué les 8 tirailleurs malgaches qui gardaient le troupeau du poste de Marotongono. Dans cette circonstance, comme dans beaucoup d'autres d'ailleurs, les tirailleurs malgaches, agissant sans gradés européens, firent preuve d'ime faiblesse déplorable.
Au commencement d'avril, la baisse des eaux ayant notablement diminué les difficultés du terrain dans la région de Belo, une offensive vigoureuse fut ordonnée dans cette direction. Les forces mobiles des garnisons de Miandrivazo, Ankatrevo, Ankatrofotsy, Ankazoambo y prirent part; le groupe d'attaque était placé sous les ordres du lieutenant Porcher, qui agissait par la rive droite de la Sakeny. Une série d'heureux coups de main, des marches de nuit très pénibles, des embuscades heureuses, forcèrent bientôt les Sakalaves à nous abandonner le terrain, après une résistance opiniâtre. Au 13 avril, la situation était donc très nette sur la rive gauche de la Mania : nous n'avions obtenu aucune soumission, mais nous avions rejeté l'ennemi dans le Menabé, après lui avoir enlevé 200 bœufs et avoir récolté aux environs de Belo et d'Ankatrevo environ 13 tonnes de riz.
L'organisation définitive ainsi donnée au Betsiriry assurait une protection efficace aux populations soumises, mais dans une certaine mesure seulement ; elle ne pouvait pas empêcher les bandes sakalaves du Menabé de faire des incursions à l'est du Bemaraha ; l'intervention des troupes se produisait souvent trop tard pour faire lâcher prise aux pillards. Le 12 avril, les 13 et 24 mai, des bandes du Menabé, venant de Bebozaka et d'Ankalalobé, tentèrent des coups de main sur Manandazza. Nos troupes leur donnèrent la chasse et reprirent une partie du butin volé.
Pour mettre fin à cette situation, il était indispensable de pénétrer au cœur môme du Menabé, afin de faire reculer plus à l'ouest la zone occupée par les rebelles.
OPÉRATIONS DANS LE MÉNABÉ EN 1898. 3ol
2« période (du 1" mai au 25 août) : Opérations dans le Ménabé.
Situation au 1'=' mai (I). — C'est évideinment dans le cercle de Morondava iivie la situation laissait le plus à désirer, car elle s'était fort éclaircie à Test du Bemaïaha.
Le chef d'escadron Putz, commandant le cercle, parvenait à Morondava le 23 avril sans incident, par Fitinéraire Betafo, Midontry, Malaimbandy, Mahabo.
A ce moment, la région nord du cercle de Morondava, notamment les vallées de la Tsiribihina et du Manambolo, ainsi que leurs abords immédiats, étaient des plus troublés ; nos garnisons se trouvaient siutout réparties le long de la côte : Ambohibé, Belo, Morondava, Bosy, Tsimanandrafozana, Benjavilo, Soahanina; dans l'intérieur nous occupions Amborovoky sur le Mangoka; Mahabo, sur la route de Malaimbandy, Ambiky dans la vallée de la Tsiribihina; Bekopaka, sur le Manambolo ; mais nos postes n'avaient guère d'influence en dehors de la portée de leurs fusils ; aussi bien sur la Tsiribihina que sur le Manambolo, on ne pouvait voyager de jour, et pour se rendre d(! Tsimanandrafozana à Ambiky, comme de Benjavilo à Bekopaka, il fallait marcher la nuit en se cachant dans les herbes pendant la journée.
Dans la région sud la situation était meilleure, et si le calme n'y était pas complet, les populations haras et tanalas auxquelles nous avions affaire n'étaient pas aussi belliqueuses que celles, du Ménabé ; après être venus à bout de ces dernières, la soumission des gens du Volambita serait aisée à obtenir et n'exigerait pas l'emploi de troupes d'élite comme celles qui étaient indispensables sur la Tsiribihina et le Manambolo.
En somme, on pouvait regarder comme assez tranquille le pays au sud de la ligne Malaimbandy, Mahabo, Morondava, et comme troublé celui qui était au nord.
Répartition des troupes. — A la suite de la suppression du territoire sakalavc, la répartition des troupes existant dans l'ancien 2« territoire et le cercle de Morondava fut modifiée : les compagnies de légion des cercles de Miarinarivo et de Betafo quittèrent l'Emyrne pour la côte ouest ; on mit à la disposition du 2^ territoire deux compagnies du 1<"" malgache et, pour le cercle de Betafo plus spécialement, un ilétachcment de GO conducteurs sénégalais, à défaut de tirailleurs en nombre suffisant ; ces troupes furent ainsi réparties, en jirincipe :
[° Cercle de Miarinarivo :
5'' compagnie du 2" nialiiache, capitaine Piciiox.
(1) L'arrêté supprimant le lerritoiri' sakalave avait, coninie l'on ^ait, rattaclié au 2« territoire le cercle de Morondava : le chef d" escadron (rarlillerie Pnlz, sous-chef d'état-major du corps d'occniiation, avait été mis à la ItHc de ce cercle.
2» Cercle-annexe cV Ankavandra :
2« compagnie du â'^ malgache, capitaine Gallois. dO" compagnie du 2° malgache, en formation à Miarinarivo, capitauu-
Grezel.
3° Cercle de Belafo
10* compagnie du 13" régiment d'infanterie de marine, capitaine SOGNY.
1 détachement de 60 conducteurs sénégalais, lieutenant Charlier. 1 section de la 1'° compagnie sénégalaise.
1 peloton de la ¥ compagnie du 1'^'" malgache, capitaine GuBlAN. 1 peloton de la 1" compagnie du 2« malgache, lieutenant Banal. 6° compagnie du 2" malgache, capitaine DE Boissy-Dubois.
4° Cercle-annexe du Betsiriry :
3 sections de la l^s compagnie sénégalaise, capitaine MoRiZE. i peloton de la 4" compagnie du 1^'" malgache, lieutenant Perthuis. 4" compagnie du 2* malgache, capitaine Gœhring. 9^ compagnie du 2» malgache, en formation (1) à Miandrivazo, caj)!taine LuGClARDi.
5° Cercle de Morondava :
2* compagnie de légion, capitaine Deleuze.
2® compagnie sénégalaise, capitaine Naegel.
3** compagnie sénégalaise, capitaine Benoit- Duport ail.
4"= compagnie sénégalaise, capitaine Mazillier.
5* compagnie sénégalaise, capitaine Peltier.
8* compagnie du l*'" malgache, capitaine Delort. 11^ compagnie du 2» malgache, en formation à Benjavilo, capitaine
Clément.
12' compagnie du 2' malgache, en formation à Morondava, capitaine