DU COB. PS D'OCCUPATION
A. — Etat-Major du corps d'occupation.
Afin d'assurer ruuité de direction qui seule pouvait produire des résultats rapides et décisifs dans Tœuvre complexe de pacification et de réorganisation, en présence de laquelle nous nous trouvions à Madagascar au mois de septendjre 1896, on a vu (page 27) que le commandant Gérard, chef d'étatmajor du corps d'occupation, avait dans son service, aussi bien l'étude des affaires civiles que celle des afiaires militaires.
L'état-major comprenait à cette époque sept bureaux civils ou militaires.
Le progrès de la pacification et l'extension prise par les affaires civiles conduisirent à détacher de l'état-major, à la fin de 1897, les 3^ et 6" bureaux et à les placer sous la direction de M. le commissaire adjoint des colonies Lallier du Coudray.
Au mois de mars 1879, l'état-major ne comprenait i)lus que quatre bureaux et les archives.
l*''' Bureau : Personnel militaire. — Budget colonial. — Administration des corps et services militaires. — Itecrutement. — Mobilisation. — Réserve. — Justice militaire. — Télégraphie opti(|ue.
2'^ Bureau : Opérations militaires. — Transports. — Ravitaillement : niasse de ravitaillement. — Service des constructions militaires. — Routes. — Remonte.
W^ Bureau : Service topographique.
4^ Bureau : Presse. — Journal officiel. — Revue mensuelle.
Archives : Situations périodiques. — Contrôle. — Rengag-ements. — Pensions et secours. — Réformes. — Retraites. — Œuvre des tombes.
Le service des renseignements est dirigé par un lieutenant adjoint au chef d'état-major.
Tous les officiers de Pétat-major furent envoyés successivement sur les différents théâtres d'opérations, pour être mis à la disposition des commandants de territoire ou de cercle. Ils y restaient un certain temps, puis venaient reprendre leur service à Tananarive. Ils se mettaient ainsi au courant, sur place, de la situation militaire, se rendaient compte des difficultés du ravitaillement, et se trouvaient ensuite plus aptes à traiter, au point de vue pratique, les questions qui leur étaient soumises.
Un certain nombre d'entre eux, après avoir passé quelques mois à l'état-major, reçurent un commandement actif.
Travaux topographiques et géodésiques.
1° Géodésie. — Les premiers travaux géodésiques sont dus aux PP. Roblet et Colin. Au cours de la marche du corps expéditionnaire de 1893, les capitaines Bourgeois et Peyronel, du service géographique de l'armée, établirent une triangulation sommaire de l'itinéraire suivi. Puis, à partir de 1897,
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les travaux furent poursuivis par des officiers, mis chaque année par le service g-éog-raphique de rarniée à la disposition du Gouverneur général. Le programme d'ensemble qui fut adopté comportait le calcul : 1'^ d'un réseau de triangles ayant pour axe une ligne allant de Diégo-Suarez à Fort-Dauphin par Tananarive et Fianarantsoa ; 2° de plusieurs réseaux transversaux, tels que Fianarantsoa, liiosy, ïuléar.
La méthode appliquée fut proportionnée au Imt à atteindre, c'est dire qu'on n'a pas cherché à obtenir la précision de travaux définitifs : ce serait suj)erflu, étant donnés les ressources actuelles de l'ile et ses besoins. Néanmoins les résultats suffiront pendant de longues années encore.
D'ailleurs, la précision est encore satisfaisante : on en jugera par l'exemple suivant. La position de Fort-Dauphin a été déterminée par rapport à celle de Tananarive, par l'intermédiaire d'une chaîne de triangles de 900 kilomètres environ de développement. C'est donc un des points sur la position duquel l'accumulation des erreurs de la triangulation doit avoir eu le plus d'influence. Or, la comjîaraison des résultats de la triangulation et des observations directes de latitude et d'azimut faites à Fort-Dauphin en 1898 par le capitaine d'artillerie Dumézil, permet de fixer à 400 mètres environ l'incertitude subsistant sur la vraie position de ce point. Cette incertitude se traduit, à l'échelle de 1/500.000, adoptée pour la carte d'ensemble de l'île, par une erreur graphique de 0°"i',8.
Voici l'énumération succincte dos travauv cUcctués chaque année :
1897, — Etablissement d'un réseau géodésiqno le long de la côte est, entre Tamatave et Andevorante, et, i)erpendiculaircment à cette première direction, entre Tamatave et Ambatondrazaka ; levé au I/IOO.OOO de la surface couverte par cette Irianiiulalion.
1898. — Extension du réseau géodésique depuis Ambatondrazaka, au nord, par Tananarive et Fianarantsoa jusqu'à Ihosy ; puis, dliiosy, par deux chaînes allant : l'une jusqu'à Fort-Dauphin, l'autre jusqu'à 40 kilomètres environ de Tuléar ; en même temps, levé expédié au 1/500.000, de l'itinéraire parcouru entre Fort-Dauphin et Tuléar, par Ihosy, jusqu'à Fianarantsoa, par deux lieutenants de l'infanterie de marine, attachés aux brigades géodésiques.
Trois bases mesurées — près de Tamatave — sur le plateau d'Horombé, près d 'Ihosy — et près de Fort-Dauphin — ainsi que des observations astronomiques en des stations rationnellement espacées, garantissent l'exactitude de l'ensemble du réseau géodésique de ces deux années, sur lequel on peut avec sécurité asseoir tous les travaux à venir.
Au printemps 1899, une branche transversale de triangulation entre Tananarive et Andevorante, a fermé le quadrilatère Andevorante — Tamatave — Ambatondrazaka — Tananarive .
Enfin, le programme pour l'année 1899 comportait un prolongement de l'axe principal de triangulation depuis Ambatondrazaka jusqu'à Diégo-Suarez. L'épuisement des crédits n'a pas permis de pousser ce dernier projet plus loin que la reconnaissance. Et cependant les données fournies par cette dernière ont permis au capitaine Meunier et au lieutenant Vicq, de faire un calcul provisoire du réseau étudié c|ui constitue par lui-même, en attendant les observations définitives, un renseignement précieux et même suffisant pour l'établissement delà carte au 1/500.000.
Les réseaux géodésiques appellent un travail consécutif de triangulation graphique destiné à les étendre. Ce sera l'œuvre des années suivantes.
Ces travaux n'ont pas toujours été entrepris dans des régions entièrement pacifiées : les brigades eurent parfois à se défendre contre des rôdeurs, c'est ainsi que le capitaine d'ar-
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tillerie Lallemand fut blessé le 18 octolire 1898, au sud d'Ihosv.
2° Topographie. — Dans tous les cercles, les officiers dressèrent des cartes provisoires qui furent assemblées à Tanaiiarive sous la direction du capitaine Mérienne-Lucas. On put ainsi dresser une carte d'ensemble de File au l/oOO.OOO, et, pour certaines régions, des cartes à 1/100.000. Il serait injuste de ne pas mentionner les travaux reiuarqualjles des PP. Roblet et Colin, effectués antérieurement à notre installation à Madagascar, et ceux de plusieurs explorateurs au premier rang desquels se place M. Grandidier, de Flnstitut.
B. — Services administratifs.
Ces services, qui sont assurés à Madagascar par le corps du Commissariat des colonies, comprennent :
1'' Le ravitaillement des troupes ;
2" Le transport du personnel et du matériel ;
3° L'administration et l'entretien du personnel militaire ;
4" La liquidation et l'ordonnancement de toutes les dépenses du budget colonial.
La colonie est divisée, au j)oint de vue administratif, en quatre arrondissements : Tamatave, Diégo-Suarez, Majunga, Tananarive, à la tète de chacun desquels est placé un commissaire adjoint, chef du service administratif.
RavitaillemenI . — Ou a vu, dans la 1"' partie, <[ue la création d'une « masse de ravitaillement o, décidée en principe par le Général Gallieni, dès son arrivée dans la colonie, avait été ajournée jusqu'à l'époque oîi les ressources du conunerce local seraient sufiisantes pour satisfaire aux besoins des troupes dans les régions pacifiées.
Le Général jugea le moment venu au commeuionicnl d(^
1898 : l'arrêté du 12 mai et la décision du 13 mai furent pris pour instituer ladite masse dans les cercles de l'Emyrne.
Comme les fonds de la masse de baraquement, les fonds de la nouvelle masse furent gérés par les commandants d'unité administrative sous la surveillance directe des commandants de poste, de cercle ou de territoire. Ces commandants, étant responsables du bon entretien des troupes sous leurs ordres, devaient en effet avoir ure action directe sur leur alimentation. Les conseils d'administration des corps n'intervinrent que pour arrêter la liquidation en fin de trimestre.
Le rapport de M. Noguès, chef des services administratifs du corps d'occupation, sur le fonctionnement de la masse de ravitaillement pendant l'année 1898, reproduit ci-après, mentionne les avantages obtenus par l'application du nouveau régime.