ROUTES ET CHEMIN DE FER
a) Routes en Émyrne.
Avant notre installation à Madagascar, il n'y avait en fait de routes, que des sentiers frayés par les indigènes. Leur tracé n'a rien de commun avec ce que nous sommes habitués à voir en Europe. Il s'écarte, en général, très peu de la ligne
traversant Sabotsy.
droite joignant les deux localités à réunir. Il escalade tous les mamelons par leurs lignes de plus grande pente, au lieu de les contourner par une horizontale du terrain ; parce que les pentes transversales de ces mamelons étant fort raides,
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il est plus commode, surtout pour un homme lourdement charg-é comme le sont les porteurs du pays, de les gravir ou de les descendre normalement : si c'est plus fatigant pour les poumons, on risque moins de se donner une entorse. Mais, dans un pays accidenté, on conçoit facilement qu'à suivre de pareils sentiers, l'Européen qui marche à pied est vite à bout de forces ; il gravit des côtes, il les redescend, pour se trouver finalement au même niveau qu'au départ.
Pont en roiistruction sur l;i Malicl;i
11 était donc de lapins haule importance, sans parl(M' pour le moment des routes réunissant la cote ù l'intérieur, de constituer le plus tôt possil)le un réseau de routes en Kmyrne : pour relier les postes entre eux, pour faciliter leur ravitaillement, pour activer la marche des patrouilh^s, des couri'iers.
Il est bien évident (|n'il ne s'agissait tout dahord (jne de routes aménagées rapi(kMnent, non enii)ierréos, faites sans la préoccu[)ation de chercher un tracé parfaitement ratioiniel. Le l)ut immédiat à atteindre consistait ù substituer aux sentiers [)i'es(pie impi'atical)les, des chemins (h)nt la |M>nt»'
devait rarement dépasser 10 p. 100, d'une largeur de 3 à 5 mètres, et franchissant les rivières sur des ponts provisoires. C'est dans cet ordre d'idées que, dès le commencement de 1897, le général envoyait des instructions aux commandants de cercle.
Des progrès considérables furent réalisés pendant l'année 1897. Les indigènes fournirent la main-d'œuvre ; ils étaient surveillés par des officiers que secondaient des hommes de troupe. A la fin de 1897, un réseau de chemins sillonnait l'Emyrne et certaines provinces ; il n'était pas parfait sans doute, mais il épargna à nos soldats des fatigues excessives et facilita grandement les communications. Il fallut ensuite Faméliorer, rechercher quels chemins devaient être rendus carrossables, renforcer les ponts, remplacer ceux qui avaient été enlevés par les crues de l'hivernage.
Le programme des travaux de 1898 fut fixé par la circulaire du IC mai, adressée aux commandants de cercle et administrateurs des provinces, reproduite ci-après (1) :
ÉTAT-MAJOR. Tananarive, le 16 mai 1898.
Le général commandant en chef du corps d'occupation a
MM. les administrateurs COMMANDANTS DE TERRITOIRE ET DE CERCLE.
Los indications que vous m'avez fournies, en exécution de la circulaire n°37, me permettent de vous donner des ordres fermes pour les travaux de route à entreprendre au cours de la présente année.
.k' tiens, tout d'abord, à insister sur ce point que les travaux exécutés en 1898 devront être des travaux définitifs. Les efforts considérables qui ont été déployés en 1897, dans les territoires et cercles militaires, ont eu pour résultat de remplacer presque partout les mauvaises pistes malgaches par de larges routes qui, grâce à leur tracé judicieux, ont épargné les fatigues de no.s
(1) En outre, le général Gallieni fit rédiger par le capitaine du génie de Mondésir une « Instructi(jn sur la construction des routes », qui fut envoyée à tous les administrateurs et commandants de cercle.
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soldats et ont grandement facilité le raTitaillement des différents postes. Mais, en général, le temps a manqué, d'une part, pour faire les études qui auraient été nécessaires pour terminer des tracés de routes praticables aux voitures, sans fatigues excessives pour les imimaux de trait ; d'autre part, pour entre- 1 rendre sur les routes construites certains travaux sans lesquels la chaussée ne résiste pas à des pluies prolongées et à un roulage important ; enfin, il a fallu se contenter de ponts provisoires qui, comme on devait s'y attendre, ont, en grand nombre, été emportés par les crues de l'hivernage.
Le moment est venu maintenant de parfaire le travail de l'an passé, en rectifiant les parties de route dont l'expérience a fait reconnaître le tracé défectueux, en entreprenant les travaux de protection de la chaussée, enQn, en apportant tous vos soins à l'exécution de ponts aussi solides que possible.
Le tableau ci-anne\é donne, en premier lieu, l'énumérafion des routes qui devront être complètement terminées à la lin de la présente campagne. Les crédits mis à ma diposition par le Ministre pour la construction des routes en territoires militaires ont été répartis entre ces différentes routes : ils devront y être appliqués en entier et n'en seront distraits sous aucun prétexte pour être reportés sur d'autres travaux. Au moyen de ces crédits et avec les prestataires dont vous disposez, vous amènerez à l'état définitif les routes dont il s'agit, c'est-à-dire que les ponts provisoires seront remplacés par des ponts solides, que les caniveaux seront empierrés, que l'écoulement des eaux sera parfaitement assuré, enfin, (|ue rempierrement de la chaussée sera effectué, partout où la nature du sol et l'importance du roulage le rendront indispensable.
Les routes classées en première urgence, catégorie b, ne peuvent être dotées, cette année, d'aucun crédit ; néanmoins, sur quelques-unes d'entre elles, vous pourrez, si les ressources en prestataires vous le permettent, employer, sans rétribution, à certains travaux urgents les travailleurs dans le voisinage des localités qu'ils habitent.
Enfin, les routes classées en deuxième vugence seront ajournées ; elles ne figurent sur le tableau ci-annexé qu'à titic d'indication et pour arrêter dès maintenant, dans ses grandes lignes, le progiamme d'ensemble des travaux de routes dont l'exécution sera réalisée par la suite au fur et à mesure que le> ressources du budget et de la main-d'œuvre indigène le permettront.
.le vous serai reconnaissant de m'adresser, à partir du l"' juillet, un rappoil établi le \" de chaque mois et relatif aux travaux de route exécutés dans vos territoires ou cercles pendant le mois précédent. Ce rapport fera ressortir, pour chacune des routes dont la construction vous est confiée, l'état d'avancement des travaux, les sommes dépensées et le nombie de journées de prestataires employés.
(Iai.meni.