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nme.
Hert, si conen-
chose ne prenait pas, il a filé, et Dieu sait où il! est maintenant !
Ces raisons très plausibles produisirent une vive fer- Mentation dans l'assistance. Néanmoins Jean-Pierre ‘it avec une certaine vivacité :
—Allons, M. Hermann, ne faut Pas s’avancer comme cela sans savoir... En définitive, Lescot n’était pas le seul dans le Pays qui fût en bisbille avec Mar- Un... Vous-même, ainsi que vous en convenez, vous üYeZ assez malmené votre défunt beau-père, et si l’on voulait accuser à tort ot à travers...
—C’est vrai, répliqua Hermann: mon beau-père et moi nous étions assez mal ensemble, Nous nous somnes chamaillés ct même poussés un peu... Ca arrive -ouvent entre gendres ct beaux-pères. .. Quant à ceux, poursuivit-il avec fierté, qui pourraient me croire capa-
:6 de pareille chose, je leur rappellerai d’abord que
Martin a été tué avec un fusil à deux coups, et que,
e Ma vie, je n’ai eu de fusil de ce genre ou autrement, due je n’en ai jamais emprunté à personne, et que je ne saurais même pas m’en servir... Tout Rivecourt peut l'affirmer.
—Certainement, certainement! répliqua-t-on en choeur,
—De plus, écoutez ceci : n’avez-vous pas dit, Bridou, ‘ue l'événement, selon toute apparence, avait eu lieu hier au soir, à six heures ?
— Oui, oui, répliqua Bridou. Le médecin, après avoir saminé Je corps, a déclaré que la mort du pauvre Lomme remontait à vingt-quatre heures, et il est prou- ‘é que les deux Coups de fusil que nous avons entenlus hier, à Bois-Brûlé, sont ceux qui ont tué le garde.
—Eh bien, reprit Termann avec assurance, hier au soir, à six heures, je me trouvais précisément ici, chez là Hubert, comme elle peut se le rappeler.
—Cest juste, dit la mère Hubert, et Thérèse l’attestera ainsi que moi.
—Pour cela, oui, répliqua Thérèse à son tour; vous vous trouviez chez nous encore après six heures, même que je me souviens...
—A présent, interrompit Hermann en se redressant, qui osera soutenir que je suis pour quelque chose dans cette affaire ? :
On protesta chaleureusement, et beaucoup de mains vinrent serrer la sienne.
—A Ja bonne heure lreprit le tonnelier triomphant: mais puisque ce n’est pas moi qui ai fait le coup, qui est-ce donc? Les braconniers du pays étaient trop bien avec mon beau-père, braconnier lui-même, pour qu’i ait pu s’élever entre eux et lui une querelle... Lescot seul a pu commettre cette infamie; il a dû rencontrer Martin dans les fonds de Bois-Brûlé, où il s: promène souvent, et comme peut-être Martin était encore en faute, comme ils se haïssaient mortellement tou: les deux... un coup de fusil est si vite lâché!
—Qui! oui! dit le vieux Lerond, qui semblait êtr. une autorité dans l’assemblée; Lescot est le coupable... ça devient ciair comme le jour.
—C'est lui... il n’y a plus de doute! répétèrent plusieurs autres.
Au bout de quelques minutes, tous les assistants rcconnaissaient que le garde Lescot pouvait seu’ être le coupable.
—Le brigand ! le scélérat ! disait-on avec indignation : et puis fiez-vous aux airs honnêtes, aux paroles sacrée: ! Qui eût penser cela de lui?
Hermann semblait obser -r avec joie l’exaspération qui croissait de minute en minute:
—Ah çà, qu’allons-nous faire? reprit-il; ce guet est rentré chez lui, et il profitera probablement de la nuit pour se sauver bien loin. Il ne faut pas lui lai-
attes-
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ser le temps de nous narguer, de narguer la justice. Moi, d’abord, je veux venger mon beau-père; c’est mon devoir, et je n’y manquerai pas... Je vais me rendre chez Lescot avant qu’il ait pu décamper, et si je Je trouve, gare à luil... Qui de vous m’accompaynera ?
—Moi, j’en suis, Hermann.
—Et moi aussi! et moi aussi!
La plupart des hommes s'étaient levés.
—C’est cela! allons-y en masse! s’écria Hermann, encore plus exalté que les autres; comme ça, personne ne sera responsable... Que ceux qui ont des fusils courent les chercher, car ce vaurien se défendra peut-être lans sa maison et tirera sur nous... Moi, je n’ai pas le fusil, d’ailleurs je ne saurais m’en servir; mais si je me trouve face à face avec ce bandit, je lui dirai deux mots, je vous le promets! Allons! ne lanternons pas... qui m'aime ns suive!
Et il sortit en courant, suivi de presque toute l’as- “mblée. Des vieillards paisibles, quelques femmes, jarmi lesquelles étaient la mère et la fille Hubert et la veuve Laurent, Léon Girard lui-même voulurent les rrêter; of n’écouta pas, on se dirigea tumultueusement vers l'extrémité du village, où se trouvait la maison de Lescot.
Thérèse et la jolie veuve se désolaient, en songeant ux nouveaux malheurs qui pouvaient résulter de cet ‘vénement. Léon leur dit en bâillant:
—Bah! ces criards n’iront pas loin; vous allez les oir revenir tout à l’heure, pour achever le cidre et les
“mes de terre de la mère Hubert... Mais toutes vos
illées sont-elles aussi divertissantes que celle-ci?... ‘fin nous voilà débarrassés de ces nigauds... à pré-
rions un peu!
Et il commença une de ces histoires drôlatiques dont
possédait un répertoire inépuisable.
Mais on ne riait plus; on ne s’occupait que de se passait au dehors, on tressaillait au moindre
—Mon Dieu! disait Thérèse naïveme Joseph Lerond n'aille pas se fourrer dans la bagarre On ne trouve déjà pas tant d'épouseurs dans notre méchant pays, et si je perdais eclui-là.
—Et M. Hermann donc! dit la veuve à son tour: c’est un bel homme, et rich, ct qui sait se faire respec ter! 11 désire tant venger son ancien beau-père qu'il serait capable de s’exposer.. .
—N'ayez pas peur, mes poulettes, répliqua 1 en riant ; si l’on vous casse vos prétendus, je vous trouverai des amoureux... Mais, je vous Je répète, ils <: tiendront Prudemment hors de la portée des horion . et tout finira par des pots de cidre.
Comme il achevait ces mots, un bruit formidable s. leva dans Je lointain, au milieu du silence de C'étaient des clameurs, auxquelles se mêlèrent bient. de nombreux Coups de fusil, On crut d'abord que le à tarme ne serait que Passager; mais Ja fusillade se prolongea, on eût dit qu’une sanglante escarmouche avait lieu tout près du village.
Léon Girard quitta brusquement SON £lege.
—Tiens! tiens! cost done sérieux 2 s’écria-t-il sai toutefois j rdre son ton léger: au fait cet Tormann Paraît pas avoir froid aux yeux!... Morblen! je: aller voir de quoi il retourne. Parmi les distraction.
ce qu bruit, nt, pourvu qu
artist
la nui,,
que j’espérais trouver ce soir, je n'avais pas songé à '; chance d'attraper une balle. -. Cest un moyen com: un autre de se désennuyer, et cel, change un peu... Bonsoir.
T1 avait enfon® son Chapeau sur ses yeux ct se d'< posait À sortir; Thérèce Je retint par nn bras, tan que Ja veuve le retena: par lantre.
—Non non, M. Léon, dit Thérèse, ils vous frera! Joseph Lerond n’est Pas brave, au lieu que vous...
e de ce qui dre bruit, OUrVU que à bagarre ! notre mé-
son tour:
re respece qu’il çe-
à l'artis( ‘OUS troit0, ils «:
horion
lable s*la nui t bien ue Je x
se prohe avai:
ann je 1 ractions gé à Coin:
eu...
—lÎls vous tueraient ! répéta la jolie veuve, dont la robuste poitrine était palpitante, et Puis, tenez, M. Léon, j'ai peur et je veux rentrer chez moi; je vous brie de m'y conduire.
L'héroïque artiste ‘1eS,
—Si l’on me tue, reprit-i] mes chagrins seront finis.
loseph Leron@ Mme ]
! Vous conduire...
nieux !
se débattait entre ces deux fem-
d’un ton tragique, tous Thérèse, je vous r aAurent, c’est Je parie
amènerai Jean-Pierre qui qu'il ne demande pas
Jean-Pierre, qui Cune démonstr rrocha en je
tiste,
n'avait voulu prei
idre part à auation hostile contre
Son ami Lescot, s’aptant un rosard de reconnaissance à l’ar- Celui-ci, sans écouter les remerciements de l’ nentations des autres, se bâta de ‘ers l’endroit où les clameurs, Jes
fentaissaient avec une force nouvelle
un, les Jan sortir et courut Coups de fusil ro-
L'ATTAQUE Li
La maison de Lescot était située un peu à l’écart du village, sur la lisière d’un bois dont Lescot avait la surveillance. Cette maison, petite construction ronde, moitié tour, moitié pigeonnier, munie de fenêtres grillées, dépendait d’”-.n château qui s'élevait à une demilieue de là, et elle semblait destinée, depuis nn temps
immémorial, à être la demeure d’un garde. Aussi ne pouvait-on pénétrer dans cette espèce de forteresse que par surprise.
Hermann, qui conduisait la bande, avait donc recommandé à ses compagnons de ne faire aucun bruit en approchant. Une lumière brillait à la fenêtre du rez-dechaussée, et Lescot, au coin du feu, contait sans doute à sa femme le tragique événement. On se précipita vers la porte, qui d'habitude n’était fermée qu’au loquet; maïs cette fois, elle était barricadée à l’intérieur.
—Vous voyez, dit Herman bas à ses compagnons, le mauvais gars se défie... Il a sans doute des raisons pour cela!
Ils chuchotèrent un moment pour se consulter. En dépit de leurs précautions, Lescot avait déjà pris l’alarme. Il s’approcha de la fenêtre et demanda d‘un tun ferme, en cherchant à distinguer les assaillants au milieu des ténèbres de la nuit:
—Qui est à? Que me veut-on ?
Hermann allait répondre; l’exaspération de la troupe ne le lui permit pas.
—Brigand'! assassin! scélérat! s’écrièrent des gens invisibles et qui se tenaient à dicstance; c’est toi qui as massacré le pauvre père Martin!... Sors done un peu, que nous te voyions le blanc des yeux! Tu es trop lâche pour cela, méchant faiseur de procès-verbaux!
En même temps un coup de fusit à plomb, tiré on ne sait par qui, alla briser avec fracas les vitres de la fenètre. Lescot s’éloigna précipitamment, tandis que sa femme poussait des hurlements d’effroi. On éteignit la lumière, de peur qu'elle ne servît de point de mire, et le garde cria de son côté:
—Vous vous conduisez en vrais bandits— Je suis inssi innocent du meurtre de Martin que l'enfant qui vient de naître. Mais, si vous jouez du fusil, je vous préviens que j'en jouerai à mon tour; je tirerai sur vous comme sur des bêtes!
Et il fit craquer les batteries de son fusil à deux coups.
Cette menace causa un mouvement de reculement bien marqué dans la troupe de furieux. Cependant, “hacun était assuré d’un poste où il croyait n'avoir rien à craindre, de nouveaux coups de feu furent diri- “és contre la maison du garde.
—Tenez ferme, vous autres, dit Hermann; moi, je vais lui enfoncer la porte de sa bicoque, et ce ne sera as long.
T1 attaqua la porte avec une hache, qu’il s’était procurée en quittant la maison Hubert ; il maniait cet outil avec tant de dextérité et de vigueur que les planches le chêne, malgré leur solidité, ne semblaient pas, en et, pouvoir résister longtemps.
C’était alors que Lescot, ahuri par les lamentations de sa femme, par cette attaque sauvage, avait fait feu
lui-même de ses deux COUps, ce qui avait déterminé une recrudescence de cris et de détonations de la part des ussaillants,
Le combat se prolongeait dans une obscurité profonde, que sillonnaient par intervalles les éclairs des fusils. Au milieu de ce vacarme, Hermann continuait impassiblement sa besogne, et déjà une planche de Ja porte avait volé en éclats, out à Coup un homme, dont on ne pouvait voir Jes traits, se jeta avec intrépidité dans l’espace vide entre ln maison et les tirailleurs.
—Ah çà! êtes-vous fous braves gens? s'écria-t-il : Pourquoi cet acharnement contre une personne qui est innocente peut-être ?.,. À bas les fusils, done! Je permets les coups de poing, à la rigueur; mais les fusils...
11 ÿ eut un moment de surprise parmi les gens di village,
C'est le Parisien! dit enfin une voix.
—Oui, c'est le Parisien, dit Hermann à son tour. mais ne l'écoutez pas. Que nous veut cet olibrius 2? No: affaires ne le regardent pas... Qu'il retourne conte fleurette aux pécores qui trouvent plaisir à l'écouter,
Cependant la présence du “ Parisien * avait diminu l'ardeur des combattants, Léon Girard s'écria sans bou ger: Q
—Toi, tonnelier du diable! ne me fais pas mettre : tes trousses, car tu Commences à m'agacer singulière ment... Et vous autres, continua-t-il en élevant Ja voi: si vous ne cessez de brûler de Ja poudre...
—Ce n'est pas moi qui ai commencé, monsieur, dit le garde Lescot, de sa fenêtre: on vient m'attaquer dan ma maison, il faut bien que je me défende!
—Ÿ a:t-il des blessés? demanda Girard.
—Je crois bien, monsieur frépliqua un homme d: Rivecourt, avec une accent lamentable; ce pPauvr Joseph Lerond.…..
—ILa reçu une balle?
é une rt des
‘ofons funuait de Ja nine, répileurs.
t-il:
i Gst perle s di
—Non, mais il s'est heurté contre un arbre; il a, sauf votre respect, le nez gros comme cela!
Et l'interlocuteur montrait ses deux poigs fermés,
—. <t-ce tout?
—Oui, que je sache.
L'artiste partit d'un éclat de rire.
--Bon! je m'en dôutais! dit-ii; néanmoins it faut que ce vacarme cesse bien vite, Rentrez cl: vous et ullez vous coucher... c'est le plus sage,
On paraissait assez tenté de suivre ce conseil, quand Hermann, qui n'avait cessé de s'escrimer avec sa hache, s’écria avec colère:
—Ah çà! tonnerre! de quoi se mêle-t-il, celui-là ?11 n'a rien à voir ici.
— 11 est vrai qu'on y voit pas grand’chose; ct pourtant, Pami, j'y verrai assez pour vous administrer une correction, si vous ne jetez cette hache à l'instant 1nême.
Ouais! venez-y douc! dit le tonnelier, en se mettant en défense,
—J'y viens! répliqua l'artiste, qui marcha sur Hermann avec fermeté.
Nul ne peut dire comment cette querelle eût fini, mais une nouvelle troupe apparut brusquement sur le théâtre de la lutte.
—Au nom de la loi, commanda-t-on. qne tout le monde mette bas les armes!... Quiconque n'obéira pas sera irrêté sur-le-champ.
A la lueur d’une lanterne que portait un des survenants, on aperçut trois gendarmes d’une brigade voisine, quelques gardes forestiers et enfin le maire de Ri-
ccourt, avec le juge de paix du canton.
On s'explique sans peine leur présence. Je maire et
juge de paix. après les constatations d’usage, étaient restés À la mairie. pour ordonner les mesures à prendre dans un cas si grave, et avaient réuni autour d’eux
toute la force armée disponible, Pendant qu'ils s’in géniuient à deviner l’auteur inconnu du crime, le brui: de la bataille autour de la maison de Lescot avait attir leur attention, et ils accouraient afin de rétablir l'ordr
Du reste, le juge de paix, qui venait=ule fairo |. sommation, n'eut pas besoin de répéter. Hermann, | plus exalté parmi les agresseurs, s'était empressé de dis simuler sa hache derrière son dos, fandis que Léon Gi rard remottait tranquillement les mains dans ses po ches. Quant aux tirailleurs, nous ne pourrions dire où ils avaient caché leurs armes, mais on les vit s'appro che: les uns après les autres, d’un air innocent « Comme s'ils arrivaient à l'instant même, attirés par | ‘curiosité,
Cependant plusieurs d'entre eux, ©t Hermann étai du nombre, n’avaient rien perdu de leur exaspératior contre le garde,
—Monsieur le juge, dit Hermann avec chaleur, n’y à qu’une voix, dans tout le Pa) ;, pour accuser « gueux de Lescot, qui a tué mon malheureux beau père!... C’est lui; nous en sommes certains, ce n peut être que lui... Et puisque la justice veut faire go) devoir...
—Ulle le fera, messieurs. Si les charges s’élèven contre une personne, quelle qu’elle soit, cette person ne devra rendre compte immédiatement de ses actes.
—Pour moi, je ne demande pas mieux ,dit Lescot qui, ayant ouvert sa porte à demi brisée, s'avançs tôt nue et tout en nage; si je suis un scélérat, que l'or m’arrête; mais quand des vauriens, de mauvais sujet vienne ainsi la nuit m'attaquer cliez moi...
—Les auteurs de cette criminelle tentative seron poursuivis, répliqua le magi-trat avec süvérité.
—Ce n’est pas moi, monsieur Je juge, dit doucereu sement un de ceux qui se montraient tout à l'heure le
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Plus acharnés; moi, j'allais me mettre au lit lorsque jai entendu...
—Ce n'est pas moi non plus, dit un eutre.
—Ni moi! soupira le pauvre J seph Lerond, en cahant dans un mouchoir son nez devenu gros comme ine betterave,
—C'est bon; nous saurons retrouver les tapageurs.. Mais il y a quelque chose de Plus pressé. Lescot, la \oix publique vous accuse; il est indispensable que je vous fasse subir à l'instant muème un interrogatoire,
—AÀ vos ordres, monsieur le juge; entrez chez nous, ‘L je répondrai à tout ce qu'il vous pla:ra de me demander, car je ne crains rien.
—Nous verrons... Venez aussi, Hérmann, ajouta le Juge froidement; on aura peut-être quelques questions : vous adresser,
—Comme on voudra, répondit Hermann avec insouance, en remettant sa hache à un de ses voisins.
Le juge de paix et le maire entrèrent donc dans la Maison, suivis de Lescot, d'Hermann et même de Léon (irard, qui connaissait je maire ct qui tenait à voir “mment tout cela finirait. Plusieurs .atres habitants “ village eussent bien souhaité aussi d’assistez à l’enïête, mais on les repoussa. Un gendarme fut mis en iction à la porte, un autre devent la fenêtre, tandis le brigadier accompagnait les magistrats, afin d’apver leurs décisions par la force, en cas de besoin.
l’intérieur de la maison n'avait pas souffert de “nmages sérieux, les gens de Rivecourt, assez mala-
its, du reste, n'ayant tiré qu’à pétit plomb. La fem- “e du garde, tout en larmes et à peine rassurée par la ésonce des gendarmes, s’empressa d'allumer plusieurs andelles ct de jeter un fagot dans l’âtre. Le juge et maire s’installèrent devant une table pour rédiger le rocès-verbal ; puis l’interrogatoire de Lescot commen- Ca :
Le garde exposa de nouveau ses rapports avec feu Martin. Quoiqu'il s'exprimât avec une apparente sine cérité, Hermann l'interrompit violemment plusieurs lois et fut sur le point de se porter contre lui à des voies de fait. Le juge et le brigadier durent employer leur autorité pour obliger le fougueux tonnelier à se tain et à rester dans les bornes de Ja modération,
Lescot ayant satisfai® sur tous les autres points aux questions du juge, celui-ci demanda tout à coup:
Où étiez-vous hier au soir à gix heures ?
—Ma foi! je no sais trop, monsicur, répliqua Lescot distraitement,
Hermann connaissait l'importance de cette question et il dit avec une Joie méchante:
—Ah! ah! il ne peut expliquer où il se trouvait : lheure du crime!
—Et d'où savez-vous. Icrmann, reprit le juge, que ! crime à été commis hier à six heures du soir ?
—Mon Dieu! je l'ai entendu dire tout à l'heure ch la Hubert par le bücheron Bridou, comme Lescot a l l'entendre lui-même,
— Cest vrai, dit Lescot : Mais à présent la mémoir me revient, monsieur le juge... Et voilà, ajouta-t-il « se tournant vers le maire de Rivecourt, le bon M. St.phan, qui sait aussi bien que moi où j'étais hier au so à six heures.
—Ù à raison, répliqua le maire, Le garde Lescot s* présenté hier chez moi, vers cinq heures, pour me r.mettre un procès-verbal qu'il avait dressé contre à braconnier: et. comme J'étais absent, il n’a atten: très longtemps... Te puis affirmer qu'il était plus sept heures quand il n'a quitté.
Cet alibi, constaté par l'autorité municipale el! même, conpait à l’acensation portée contre Lescot : juge. après avoir causé bas avec M. Stéphan, décla qu'il n’y avait pas lien de poursuivre le garde,
Le tonnelier Hermann manifesta une vive irritation.
Fe feu —Défiez-vous des manigances, monsieur le juge! s’é6- FR cria-t-il; je ne comprends rien aux écrivasserics et aux SENS “llaires de chicane, moi... mais ce gredin ment... QE C'est lui qui a tué le pauvre père Martin, c’est lui... r leur ‘est lui!
LES —Ah çà! Hermann. pour être si affirmatif, vous avez donc vu ? VOS D EL —Moi, non, si je l'avais vu, aurais-je souffert. …. < Mais si ce n’est lui, qui serait-ce donc ?
| —Pourquoi pas vous, Hermann! reprit le juge; per- RSS sonne n'ignore que vous étiez en très Mauvais termes avec votre beau-père... A votre tour, répondez aux stuon
duestions que je vais vous adresser, : —Ah çà! je suis donc accusé ?
Le —Pas encore... Je cherche Ja vérité, et, vous allez “aider à la découvrir.
Hermann, malgré son humeur rebelle, sentit qu’il vait faire contre fortune bon Coeur, et prit une atcl tude respectueuse. 1] dut done reconnaître ses dis-
ue |
É ul ““htiments avee son beau-père; mais il protesta que ; Cétaient là des affaires “entre parents. ” I] rappela O1! . ,: a . A ,
se si qu'il ne posédait aucune arme à feu, et enfin,
il e
s “and on lui posa la question capitale: “Où À était la ti Q . A . ss 4 .
ou ile au soir, À six heures. ? il répondit avee assurance :
so —Chez la ITubert, comme elle et sa fille Thérèse l’ont : claré tout à l'heure en présence de plus de trente ; rsonnes, L L —Cela est-il bien vrai?
: —Encpre une fois. tous los gens de la veillée l'ont : ‘htendu... Et tenez, ce monsieur parisien pourra vous ; re si je mens, " Ainsi interpellé, Léon Girard. qui s'était assis au coin lan fon, écoutant avec dist raction cet interrogatoire, se j . lva et répondit:
—Ta mère Hubert ot sa fille ont en effet reconnu tout
‘à l’heure, en ma présence, qu’Hermann se trouvait chez elles à l'heure où le crime paraît avoir été commis.
—1] suffit, on interrogera les deux femmes Hubert, dit le juge.
Et il se mit encore à parler bas au maire avec ur visible désappointement.
Lalibi d’Hermann était aussi bien établi que celni de Lescot. Aussi Je juge, après avoir fait signer aux deux accusés le Procès-verbal, leur annonça-t-i] qu’il: étaient libres, à la condition qu’ils se présenteraient de vant la justice à la première réquisition. Hermann n: s’éloigna pourtant Pas sans avoir encore accablé d'in jures le pauvre Lescot, et on ent peine à lui imposer silence,
Léon Girard sortit quelques moments après, avec le juge de paix et le maire, qui, tout en congédiant le. agents de la force publique, paraissaient vivement contrariés.
—Le diable s’en mêle, disait le juge à son compa- #non; cette affaire s’embrouille de plus en plus. Ix: deux seuls individus sur lesquels pesaient des présom}:tions prouvent nettement leur innocence. Nous avon: fait fausse route, et il se trouvera que le crime e:! l'oeuvregde quelque braconnier inconnu. Enfin, je vai: saisir de l'affaire le parquet de***; peut-être ces mo. sieurs y verront-ils plus clair que nous,
L’artiste échangea une poignée de main avec les mgistrats, et se dirigea, de son côté, vers la maison H:. bert. Chemin faisant, il pensait : i
—Ces fonctionnaires CaMpagnards ne me ,semblert pas forts; si j’étais à leur place, je voudrais mordic: : mettre la main sur l'assassin du garde... Eh! morbleu! ajouta-t-i] aussitôt, pourquoi n’ouvrirais-je pis une petite enquête pour mon compte personnel? Voi!\ une distraction à laquelle je n’avais pas songé et qui
ait chez mmis, Hubert,
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erait assez piquante... J’ai déjà une idée sur quel- Qu'un... Il faudra voir cela.
Pendant qu’il se livrait à ses réflexions, il remontait ‘ rue unique de Rivecourt. Deux hommes qui venaent de directions différentes, et dont l’un chantait, tandis que lautre gémissait, s'étaient rencontrés au tiliea de la rue obseure et échangèrent quelques mots
ou passant.
-Ah! disait d’un ton lugubre Paffligé, qui n’était autre que Joseph Lerond, le fiancé de Thérèse, com- “ONE veux-tu Jean-Pierre, que je me marie avee un ne ainsi arrangé?
Et Jean-Pierre, Je Chanteur, disait de son côté, sans écouter Je malencontreux futur :
—Croirais-tu, mon petiot Lerond, que madame Laurent, qui avait peur, m’a permis de lPaccompagner jusqu'an seuil de sa porte? J’en mourrai de joie.
—En voilà toujours deux, murmura l'artiste en pour
Sant sa ronte, qui n’ont Pas assassiné Je garde Martin!