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q'elle lui fit oublier la nécessité de Manger, Aussi, dès juil aperçut la pourvoyeuse, interrompit-il son sifileout et, laissant palette et pinceaux, il descendit lé. lle avec une rapidité qui témoignait de son robuste ictit, Come il ay avait pas encore de meubles dans la ‘tueuse demeure du banquier, la bonne femme dreslestement le COUvert sur deux planches raboteuses, “elle enjoliva d’une serviette rousse, Bientôt Léon, sis sur un escabeau boiteux, qu'on avait apporté d’une iumière voisine, fit honneur à son déjeuner, comsé dune fasse de chocolat, d'un morccau de viande “le et de quelques fruits, Pendant qu'il se livrait à cette agréable occupation, mère Hubert Promenait autour d'elle des regards { ires, -Bon Dieu! que c'est beau ici, disait-elle avec ad- Hiration; on se Croireit dans une église !
Cest le contraire dune église, répliqua Léon, la che pleine, Et ces belles femmes Qui ne sont pas hbailléos ‘ne ce sont des saints ?
Cest le contraire des saintes, Mais ces beaux petiots, qui voltigent dans Jos ISCS avec des ailes roses, sont certainement des an-
, Cst-
— Vous n'avez pas de chance, ma chère: ces € boaux ots” sont Je contraire des anxes... Mais partons ütre chose... Von: Save?, mère Fubert. que je cher-
IN nouveau logement ans le village ?
Oui, monsieur: nous en sommes bien fâchées, car * Vous aimions bien tous. et la Thérèse en à pleuré. is voilà, le ficux Lerond, dont le nez of guéri, et le Mariage ne pont plus se retarder.
Pai pris ane part bien vive aux infortunes du nez de Lerond.….. Quant à moi, J'ai découvert une chambre
tout à fait à mon gré, et j'espère m’y installer prochii. nement.
—Et chez qui, M. Léon, s’il vous plaît ?
—Chez le tonnelier Hermann
Un étonnement, mêlé d’une véritable terreur, se pi. gnit sur le visage de la mère Hub rt.
—Cher Hermann! répéta-t-elle.
—Pourquoi pas? reprit Léon, qui, ayant expédié son déjeuner, allumait tranquillement un cigare. Voyons, qu’avez-vous à me regarder? Est-ce que cet Hermann \ serait pas votre ami, par hasard?
—Je ne dis pas cela, monsieur; quoique l’on ji sur son compte, je ne voudrais pas faire “ des propo ” et causer du tort à un voisin. +. Mais j’aimerais mice vous voir loger ailleurs que chez lui.
—Et si l’on ne peut se loger ailleurs ?... Vous pa raissez avoir quelque chose sur le coeur au sujet d’'H rmann, et ce n’est pas avec moi, qui suis seulement le passage à Rivecourt, qu’il convient de faire des m:+. tères.
—Cest vrai, reprit la mère Hubert; on peut vous avouer à vous ce qu’on m’avouerait pas à d’autres. Alors, tenez, n'allez pas demeurer chez Hermann.
—Pourquoi cela ?
—Parce que... (elle regarda autour d’elie et bai: sa la voix), parce que c’est un mauvais homme.
—Un mauvais homme, cela veut-il dire qu’il est à : re, débauché, querelleur ?
—Ï1 y a de cela, mais il y a autre chose encore.
—Vraiment ! expliquez-vous done. Est-ce que niitre Hermann ne serait pas blanc comme neige au st et du meurtre de son beau-père, le garde Martin ?
—Je n’oserais le dire, mon bon monsieur, quoiq il y ait eu peut-être du louche dans sa conduite ce jourl!... Mais on ne æ soucie pas de l'avoir Pour en:e-
Mi... Et puis je sais autre chose.
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diié Son Voyor, Ann n»
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ropo mieux
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y VOUS es.
—-Voyons, v. ons! ne lambinez pas et dites ce que vous savez,
—Eh bien, monsieur, Hermann a tr ça femme encinte, la fille à feu Martin.
L'artiste n’exprima pas l'horreur que la mère Hulert attendait peut-être, et il répliqua tranquillement :
Bah! quelque querelle de ménage sans doute!
--Non, non, monsieur, ce n’était pas une querelle de ménage, mais un vilain calcul de la part d’Her- “ann, comme vous allez en juger. Hermann a déjà une fille, Ja petiote Madelon, qui est chez sa tante à Saint- Valéry, et il n’était Pas content que sa femme le rendit Pie encore une fois, car il passe pour aimer l'argent. Donc une nuit, la mère Gatineau, dont la cour est contue à celle d’Hermann.…. ; Vous connaissez la mère liatineau, M. Léon ?
Oui, une vieille commère toujours prête à four- !' son nez crochu et ses doigts sales dans les affaires des autres.
-Cest vrai, mais cette fois-là ce n’était pas volon-
Atarement, La Gatineau, qui ne pouvait dormir à cau-
s d’une’ rage de dents, s’était mise à sa fenêtre; et quoiqu'il fût plus de minuit, elle aperçut de la’ lumière chez les Hermenn, de l’autre côté de la cour, Toute Surprise, elle regarda bonnement; et comme la fenêtre n'avait pas de rideaux, elle vit Hermann qui avait tiré sa femme du lit et la traînait par les cheveux, la Strouant et la battant avec une rage inconcevable. La livre créature ne poussait pas un cri, pas une plainie. de peur sans doute d'attirer l'attention des voisins. Du reste, Ja lumière s’éteignit bientôt, et il n’y eut pli: moyen de voir. Mais, le lendemain, la malheureu- $t femme accoucha avant terme d’un enfant mort ; elleméme mourut trois jours après, et Hermann demeura veuf.
là mère Hubert s’arrêta un moment.
—Et maintenant, reprit-elle, voulez-vous encore là ger chez le tonnelier ?
Mais Léon semblait décidé à ne s'étonner, à ne s{l frayer de rien.
— Pourquoi pas? reprit-il; je disais bien, il s'asit d’une querelle de ménage dont les suite ont été cheuses... S'il en était autrement, pourquoi cette vi le fée de Catineau n'aurait-elle pas prévenu Ja justil
—Elle sen est bien gardée, monsieur; [erma Peût écrasée comme une mouche... Elle n'a jam conté l'affaire qu'à moi, dont la discrétion est cogn Dieu micrei!
— Bali! ce sont là de ridicules commérages. | par exemple, s’il était prouvé qu'Ilcrmann a tren dans l'assassinat du garde Martin. cela changorait thèse: mais quel intérêt aurait-il où à Ja mort dé beau-père !
—Quoi! monsieur, vous ne Savez pas?.., Je:
est Phéritier de Martin. à cause de sa pee, et on vi de “l'envoyer en possession, ” comme ils disent. Phéritage du garde.
—Enfin la justice a reconnu qu'il n'y avait pas de poursuivre, ct la justice ne se trompe pas... Pi On accuser un homme d’en avoir tué un autre à co de fusil, quand il est prouvé qu'il n'a jamais pose de fusil ?
—Ca. cest vrai, M. Léon, Hermann n'a Jamais de fusil, comme les autres hommes de Rivecourt. sont tous un peu braconniers. -. La soule arme qu ait vue parfois entre ses maine est un mauvais pis à deux coups, dont il se sert pour tirer des salves mariages, quand les mariés sortent de l'église,
—Un pistolet à deux Coups! s'écria Léon avac de chaleur qu’il n’eût vouln en montrer.
—Oh! une horreur de pistolet À picrre, couvert 1 rouille, et auquel il Manque un chien... Aussi un citt
ncore |
, ne sf.
été tte vis justic [erma jun
cogn
eut-il partir que quand on y mel le feu avec une nette.
Une allumette! répéta l'artiste en tressaillunt. se tut quelques secondes ct forma les Jeux, come our faciliter le travail de sa pensée, fout le monde est d'accord. poursuivit-il enfin, Hermann n'a pas de fusil... D'ailleurs, mère lue n'avez-vous pas déclaré, vous ct Thérèse, que le ier se trouvait chez vous dans la soirée du meur-
C'est encore vrai, M. Léon: mais, ma fille et moi, ° AVons causé de cela plusieurs fois depuis l'affai- {il nous à semblé... Ce jour-là, nous (tions allées ser des pommes chez Chevillot, et la maison était
“e vide une partie de l'après-mid. Comme nous VO«
S de rentrer, à la chute du jour, Hermann arriva: its dit qu'il avait travaillé rudement toute la jouron parla de choses et d'autres. Tout à coup, il “Tiens, la Hubert, votre pendule s'est arré- Île marque cinq heures et demie, ot :]l en est six... ” Il tira sa grosse montre d'argent, qui marten effet six heures, Puis il se piit à régler la pen- Cependant elle ne marcha pas: il fallut la monla régler de nouveau le lendemain... Comme ça, Thérèse et moi nous avons dit qu'il était six heu- “tait Hermann qui nous l'avait affirmé Ini-même. ‘on Girard resta encore silencieux. absorbé par des \ions secrètes. Riontôt il se leva, Mère Hubert, dit-il avoe sa gaieté habituelle, vous une bavarde. ct je perds mon temps... T1 faut que “rinpe bien vite à mon échelle, pour brosser le dos les polissons que vons appelez € des anges. ” bonne femme se mit à entascer Ja vaisselle dans nanier. Cependant elle demanda avec timidité: \insi, M. Léon. vons êtes toujours décidé à loger Hermann ?
—Pourquoi pas, Puisque sa chambre me plaît?
—Peut-être ne Voudra-t-il pas vous louer, à vw car il ne vous voit pas de bon oeil, rapport à*la ver Laurent...
—Comme vous l'avez dit vous-même, Hermann largent; dans l'espoir de gagner gros avec moi, | Oublié sans doute mes taquineries, et nous sommes (4 à tombés d'accord sur tous les points.
Plus l'artiste montrait d’assurance, plus la mère |{ bert montrait de malaise et d’effroi.
—M. Léon, M. Léon, reprit-lle, presque les arr aux yeux, n'allez pas chez Hermann, je vous en f plie, ou il vous arrivera malheur.
—Quel malheur voulez-vous qu’il m'arrive ?
—Vous plaisantez toujours, et il est si violent. ; brutal...
—Je l’enverrai au diable,
—1l est si robuste! c’est un vrai colosse.
J’en ai battu de plus forts que lui.
—1l est sournois.
—Nous jouerons au plus fin.
—Monsieur, Puisque vous vous opiniâtrez, écoute: d que je vous dis: Si vous demeurez chez Hermann, i vous tuera !
L'artiste partit d’un éclat de rire,
—Bah! j'ai la vie dure.
Et il ajouta aussitôt :
—Pour vous prouver combien votre Hermann mn:
pire peu de crainte, j'irai mentendre avec lui dé. « soir, au lieu d'aller Je trouver demain seulement, com. me j’en avais l'intention.
—Alors que la bonne Vierge et tous les saints vou: protègent! dit la mère Hubert en levant les yeux ar ciel.
Et elle partit, désespérée, avec son panier où clique.
plaît? tiit la vaisselle, tandis que l'artiste remontait à son 7, À vor ‘“hafaudage en sifflant une fanfare. à’la veu Toutefois, il y avait dans cette gaieté plus d’ostention que de sincérité, car le sifflement cessa aussitôt nann a! e ln mère Hubert ne fut plus à la portée de l’entenmoi, | re. On aurait même pu remarquer que, pendant le )mmes ( rte de la journée, Léon Girard travaillait gravement sans se livrer À aucune de ses excentricités habimère |[ ‘uelles,
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oute: (8 nann, |)