‹ La pacte de famine [microforme]Chapitre 24 sur 38 · UN THE · texte numérisé non relu

UN THE

Ainsi qu avait annoncé Ton, vingt-quatre hour plus tard, il était installé dans une chambre de la ma son d'Iermapn. Cette chambre, sans Ôtre beaucou plus luxneuse que celle dos Mubert, Püraissait plus va te, plus confortable: situta a premier étare, on Jjouissait d'un Vüe splendide sur Jos forêts onvironnar tes. Quant aux meubles, l'artiste no s’en occupait gu, re, car table, lit. sièges, tout disparaissait cons ur avalanche de Carltuns, de dessins et do toiles ‘ane

Hermann s'était employé avee une complaisance in püisahle à l'installation de son locataire, Apre au gai: comme tous les eamna nards, il avait imposé silence ses griofs contre étourdi Parisien. parce qu'il ava Pespoir de Pexploitor, Peut-être aussi comptait-il su veiller plus facilem N{ les démarches de Léon envers ! veuve Laurent. que ui Tormann pe sistait à voulo épouser, et À laquelle il faisait toujours une Cour à sidue,

Léon, de son cûté, avait accepté avec un merveille Sans oône los services de son nouvear Propriétaire, (°tait Tormann qui, d'après sos indications, avait di. posé tous les meubles: c'était encore Ii qui avait tran… Porté sur ses robnstos épaules les males. les paquets, l:: voluminouses Paperasses de lartiste, Le tonneli.-

heure la ma aucou

us va

on onna!

it gun

© ne prends du thé que Quand je suis malade : et puis...

ut été récompensé de go peines par le don de quel. “ pièces de cinq francs: ais il ne se doutait pas ‘lu moment où l'installation était terminée et où 6 rotirait tout Joveux, Léon avait murmuré d'un ruilleur:

A nous d x, Maintenant, mon gaillard! Nous mes comme deux rats enfi rés, sans nourriture, 1 la même boîtes il fa que lun mange l'autre ! \éanmoins, pendant deux ou trois jours encore, Téon usa, rien deviner de à projets. Aussitôt qu'il n'é. Pas retenu par son travail on château, il allait et ut, causant volontiers avec des personnes du vil. qu'il avait évitios Jusque. Puis il so mit À ércher dans la maison un objet de pra de valeur on même et qu'il savait devoir y trouver: il y réussit “ntant plus facilement, que chez Termann tout detrait ouvert d'habitude. portes ef armoires, et que

lon pouvait Parcourir Je logis ontier sans difficulté

sans contrôle. .

Enfin, la veille du jour fixé pour le mariage de Théot de Lerond, mariage auquel Léon et Tormann luine étaient convits, l'artiste, on rentrant chez Jui, hcontra sur Je seuil de Ja porte le tonnelier, qui pre- { Pair en fumant sn pipe. Hermann avant icté un tr oblique et toujours défiant sur son locataire, coici s’arrêta :

Maître Formann, dit-il un ton moitié fie et itié raisin, je Compte ee soir prendre du thé dans ma

mbre.,, ne voudrez-vons Pas en prendre une tasse * moi?

TTormann. quels que fussent sos sentiments secrets, it flatté de cette invitation d’un bouræeois. Tout de même. monsieur, répliqua-t-il : seulement

me pas beaucoup l’eau chaude.

— Innocent ! Croyez-vous done qu'à Paris

mons Peau chaude plus que vous?... Mais nous mtlons à cette eau un verre de vieux rhum ou vieux co- &nac, et je vous assure qu'alors elle n’a plus rien de répugnant.

—Ah! comme ça, oui! répliqua Hermann.

Malgré sa satisfaction apparente, il se demanda di: qu’il fut seul:

—Ù est bien cajoleur avec moi, le Parisien! Que m. veut-il donc!

L’artiste, de son côte, se Livrait dans ça chambre à d. préparatifs qui pouvaient paraître singulièrement my-térieux. Il arrangea les sièges d’une certaine façon : il s’assura que l'espagnolette de la fenêtre jouait fac lement. Puis il se revêtit d’une espèce de veston, ser:

à la taille et qui, dans une lutte, n’eût donné aucur: prise à la main de l'adversaire, Enfin, dans la pocl

de côté de ce veston, il glissa un revolver à six coup. après s'être assuré que les six coups étaient chargés 1: pouvaient partir sans peine. Ces dispositions achevée... i] aJluma un cigare, et il se mit à fredonner et à sifflr tour à tour, selon son habitude.

Hermann ne tarda Pas à monter; Léon confection: : un thé qui, par la variété des ingrédients, pouvait 1 valiser avec le fameux thé de la mère Gibou. Il pr: soin, toutefois, que la partie spiritueuse ne domin: pas trop, ce qui eût été très dangereux, dans les ci:constances actuelles, avee un géant tel que le tonneli Hermann.

Celui-là avala donc “l’eau chaude, ” sans trop de dégoût; et l'artiste assaisonna Je régal d’une de &: histoires bouffonnes. Sans doute elle était appropris à l'intelligence de son auditeur, car Hermann, malor la réserve dont il essayait de ne pas so départir, ria de tout son coeur.

Une partie de la soirée s’écoula ainsi, Peut-être Hi mann se demandait-il si c'était seulement pour à d-

ous mê-JD «ir que Léon Girard l'avait fait monter chez lui; eux co .:: la scène changea bientôt.

rien de En terminant son joyeux réc. Léon porta sa chaise autre côté de la cham! re, de mani r2 à mettre la “de table entre lui et Hem tn; puis 11 dit avec une

da dés arente tranquillité :

Parlons plus sérieusement... A-i-on enfin découjue nm ! l'assassin de votre beau-père ?

(elite question fut comme un seau d'eau glacée qu’on > à di. répandue brusquement sur la tête d'Icrmann. 1] t my -aillit, son visage devint sombre, et il répondit avec façon : se!

t fac. -Xon, ; ser: Comme Girard observait tous ses mouvements, le LUCur: tonnelier ajouta :

pocl Pourquoi me demandez-vous cela ?... Contez-moi cou. “os farces parisiennes, c'est bien plus drôle, gés 1: Vous trouvez? Cependant nous laisserons là les evée:, es pour le moment... Puisque la justice n'a pas

‘vert encore le meurtrier du garde Martin, vous, moins, le connaissez-vous ?

Comment le connaîtrais-je ?

l'artiste releva la tête: sa voix était claire, accenvibrante :

Regardez-moi, Hermann !... Regardez-moi bien ie... Le connaissez-vous ?

l'autre essaya de répondre au regard pénétrant que ï attachait sur lui par un regard ferme et mena- ‘ne put y parvenir et balbutia :

Non, je ne le connais pas.

Eh bien, moi, je le connais... Je le connais à ville... J'ai les preuves les plus nettes, les plus cs du crime... Quand je le voudrai, rien ne me plus facile que de faire tomber la tête du coupable.

Hermann pâlit visiblement, I] répliqua pourtant un ton assez ferme:

— Bon! c’est encore une de vos plaisanteries, . . Vo riez de tout et de tous.

—Vous croyez? Je vous assure pourtant que ma pr. vision de rire cst épuisée pour aujourd'hui... Et t nez, puisque vous doutez de ma parole, je vais vous co aincre en vous contant l’histoire de ce coquin; e est Curieuse et pourra vous amuser... Il s'agit d° personnage qui, dit-on, est fort comme un boeuf et ru comme un serpent. Mais sa matoiserie qui trompe : imbéciles de campagnards ne me trompe pas, moi; quant à ses solides poignets, on est tout prêt à leur pondre... Ecoutez-moi donc.

Hermann avait décidément repris contenance,

—Je disais bien... c’est quelque nouvelle “| gue”... Quoique le sujet ne me plaise guère, ne v. gênez pas!

—Eh! eh! très fort! murmura Léon en riant: mai ça ne prendra pas.

Il poursuivit après un silence:

—Imaginez, Hermann, que le coquin dont il suit n’en était pas à son coup d'essai quand il a assase nt le garde Martin. Il avait débuté par un crime encre plus horrible, en tuant lâchement, la nuit, sa pau re femme et l'enfant qu’elle portait dans son sein...

—Qui vous a dit cela ? interrompit Hermann in wtueusement.

—Tiens! tiens!... voilà done que mon histoire cnmence à vous “amuser ”!.,, On ne m'a rien dit, nus je sais, je suis sûr... supposez que j'aie vu!... Une nuit, mon gredin obligea la pauvre créature à se lever, pour remplir je ne sais quel devoir de ménage, et come me elle n’obéiseait pas assez vite, il la traîna par le cheveux, il la frappa avec fureur. La malheureuse ne cria pas, ne fit personne dans la confidence de cet

ourtant te abominable ; mais elle mourut quelques heures plus avec son enfant.

:s yeux d'Iermann avaient une expression de suret de terreur que rien ne saurait rendre, Vous... vous êtes le diable ! bégaya-t-i] ; comment l\eZ-VOuS savoir... ?

-Le diable ne sait-il Pas tout! Laissez-moi conti- ‘7... Demeuré veuf avee une ptite fille qui ne l’emse guère, car elle a été recueillie par une parente, on Vaurien, qui désirait se remarier ct courtisait une veuve Au voisinage, eût bien désiré aussi se déasser de son beau-père. La chose était d'autant ° urgente que Le susdit beau-père avait quelque fortue ct semblait devoir tout croquer dans un terme pro- | On, l'avait Sourmandé à diverses reprises, on ‘lait menacé et même un peu battu; rien n Y faisait, maudit beau-père continuait à manger, surtout à hoire son bien, et il importait d'y mettre ordre au plus Mon gucusard, contre l'habitude des hommes du Piss. m'avait pas de fusil, et il est prouvé qu'il n’en a inais emprunté. En revanche, il possédait un affeux pistolet à deux Coups et à pierre auquel manquit un chien, et que tous les gens du village se sou- Vennent d’avoir vu entre ses Mains, quand il le tirait, AIX noces et aux jours de fête. Le bon coup de cette abominable ratait fréquemment : quand au mau- MaiS Coup, celui qui n'avait pas de chien, il fallait \f Mettre le fou avec une allumette, ce qui n’eût pas été fûnmode pour tirer les perdrix au vol... Néanmoins te fn avec ce pistolot que le gendre, habitué à la maner, résolut de tuer son beau-père. 1] alla se mettre en embuscade dans tn bois où il savait que Martin devait Pssor à une certaine heure. Caché dans un buisson. il aftendit avec patience Aussitôt qu’il aperçut le gar- ‘'enflamma une allumétte et mit le fon à la poudre

du bassinet... Le coup porta, et il était mortel. Cpendant cela ne suffit pas à l'assassin; il sortit de « cachette, s'élança sur le malheureux renversé, et lu tira le second coup. Puis, dans un accès de rage fi

roce, il lui frappa la figure avec son pissolet déchars ct se sauva... Et qu'on ne dise pas, ajouta Léon G

ard, que ce sont là des suppositions! Les faits sont pri cis, authentiques, incontestables, Bridou et son camarade ont entendu les deux coups de feu, dont un, cel

qui est parti au moyen d'une allumette, à produit w

vive lumière. L'allumette brûlée a été trouvée pa: |

magistrats instructeurs, comme le constate le procc

verbal; enfin les deux lingots qui ont tué le garde so

exactement du calibre du pistolet...

Pendant qu'il écoutait ce récit, Hermann avait {raits décomposés, tous les muscles de son visage sac taient, ses cheveux étaient mouillés de sueur.

—Quoi que vous en disiez, monsieur, reprit-il, il suffit pas d'avancer de telles choses. il faut encore prouver.

—Eh! morbleu! ne sont-elles pas prouvées? On prisentera aux juges, s’il en est besoin, le pistolet rou que tout le monde à vu entre les mains du coupable, qui à été l'instrument du erime,.

Hermann regarda fixement l'artiste, et. <e levant d' bond, alla ouvrir le tiroir d’un vieux petit meuble se trouvait au bout de la chambre. Son inspection fut pas longue: if revint vers la cheminée, en dis it d’une voix menaçant :

—Le pistolet!... qu'avez-vous fait du pistolet ?

Léon Girard tournait autour de la table, de man à la placer toujours entre lui ct le terrible colosse.

—Ï se retrouvera, répliqua-t-il sans s’émouvoir. 1 moins en apparence; il est maintenant en lieu sûr C’était un objet de nulie valeur, et on n'avait à propos de le bion cacher; aussi Pai-je faciler

Ce “vert, et vous saurez bientôt ce que j'en ai fait,

de + Cette fois la rage avait remplacé la crainte chez le t lu irouche Hermann ; les yeux lui sortaient de la tête, re f —Mon pistolet! gronda-t-il; je le veux!

hare Je n'ai pas le vôtre, répliqua l'artiste froidement, n Gi. à dis j'ai le mien... et le mien ne rate jamais!

[pri En même temps, il exhiba son revolver, et Hermann AT: - \: Ja gueule de linstrument de mort dirigée contre sa

cel ïtrine, Il se calima aussitôt et resta immobile. Léon (orard, après l'avoir tenu en joue un moment, lui dit c bonhomie:

Allons! reprenez votre place, maître Hermann ;

5 ne Sagneriez rien à montrer un mouvais caractè-

Je pourrais vous tuer comme un chien, et, sa-

int ce que je sais, je n'aurais à craindre aucune pour-

ie. Quant à vous, si vous me faisiez le moindre

il. avant vingt-quatre heures vous seriez coffré: j'ai

° mes précautions, comme je vous l'expliquerai bien- Hermann hésita, mais :] finit par se jeter sur sa ise, au coin du feu. Alors Girard posa son revolver la table et se versa tranquillement une tasse de thé. —Comme ça, Hermann, reprit-il, mon histoire vous muse”? Ce qu'il me reste à vous raconter est le * gai de la chose. Vous allez voir de quell: manière On finaud sv est pris pour donner le change à la jus- ‘el pour trouver des complices dans de bonnes gens ne s’en doutent guère. En allant à Boiïs-Brûlé, son iolet dans la poche, il passa devant chez ‘es Hubert ntra. I] n’v avait personne dans Ja maison, la mère à fille s’étant rendues chez des voisins, L'idée d’une uso offrit à l'esprit du vaurien. qui résolut de proer de Poccasion ponr se Préparer ce que l’on appelle Un Alibi, Il arrôêta Ja pendule des Hubert et s’éloigna bin vite. Le crime a été commis sur les six heures:

à x heures ct demie environ. mon homme reparaît. La \

Hubert et Thérèse étaient rentrées chez elles. I] leur fait remarquer que leur pendule est arrêtée, et, tirant Sa Montre (qu’il avait retardée exprès), il leur prouve qu'il est à peine six heures, Voilà Comment les deux femmes jurent leurs grands dieux que ce jourheures précises, vous... le coupable était chez elles.

—L'ont-elles dit ? Est-ce que la Hubert et sa fill prétendent...

—Mon Dieu! elles ne prétendent rien du tout, le. Pauvres femmes! Elles disent simplement qu'on leur a donné l’heure, quand leur pendule ne marchait plus

là, à si4

ellec ne voient pas la portée du fait, non plus que le commères de leur entourage, et nul ne soupçonne...

Mais en fait de matoiseries, écoutez que plus fort.

Il ne suffirait Pas au meurtrier de Martin de s’êtr ainsi préparé des témoins à décharge: il lui importai encore de faire tomber les SOUPÇOnS sur un innocen!. qui présentait des apparences de culpabilité. Qu'imagina-t-il? Près de Rivecourt habitait un brave .homn. de garde qui s'était chamaillé, dans Je temps, avec le d:funt, pour un délit de braconnage, Mon chenapan s’;vise d’accuser Je garde du meurtre de Martin. Il mor te la tête aux gens du pays, il leur dit que la justice : fait pas son devoir, il les décide à lard et à se rendre chez le soi-disant coupable... Heir.! ; était-ce assez habile! -. De deux choses lune: ou

garde pouvait être tué dans la ba rait attribué le fait à le

à la légitime vengeance d’un vertueux gendre, et le mor n'aurait plus pu se

lque chose d

accusait.., Encore une fois, l’homme qui a machiné cela ét un malin!... Seulement il n’a pas réussi,

La force ar-

mée et les magistrats sont intervenus trop tôt: le garde

Il leur

, tirant tt parvenu à se disculper. ., Ce qui FroUre, Hermann, | prouve echeva lartiste d’un tou sentencieux, que l'habilité et

5 deux : finesse, comme Ja vertu, ne sont Pas toujours récom-

}, à six jvnsées sur la terre!

elles, Léon dégusta avec lenteur sa tasse de thé.

sa fill

Hermann demeurait anéanti. Affaissé sur lui-mé- » la tête dans ses Mains, il paraissait Croire qu’un

ut, Je. tire surnaturel avait Pu seul découvrir des secrets panulen ieils, et il mesurait avec épouvante la Profondeur de plus l'abîime où il tombait; il demanda d’une voix à peine que Je intelligible :

nee —Enfin que voulez-vous ? Quel parti allez-vous prense (| dre?

—Ma foi! je ne Sais pas trop, répliqua le peintre; à s’êtr \rai dire, il me répugnerait beaucoup de dénoncer un ortai hoinme et de faire tomber sa tête, fût-il aussi scélérat ocen!. qui celui dont nous parlons. D'autre part, je me reproima- cherais. ., de lui laisser la liberté de commettfe de nou- Sur Yéaux crimes... Enfin, je verrai, j’examinerai. En le di- attendant, comme l'individu en question est aussi vi- A s’1- “'Ureux que traître, apprenez de quelles précautions moi. de me suis avisé contre lui. Ce matin j'ai écrit, dans er le plus grand détail, toutes les jolies choses que je viens Su de vous conter là; je nomme Jes Personnes qui peuvent [ein ! Servir de témoins, je donne les indications les plus pré. ui “es pour que la vérité devienne éclatante comme 1a

5 lumière du jour. Après avoir signé cet écrit ot lavoir tion stellé de “mes armes”, je l’ai enfermé dans une boîte at avec Je fameux pistolet rouillé, que tout Je Pays à vu He tre les mains du coupable ; puis j'ai ficelé la boîte ct

J' l'ai portée chez Je notaire du pays, auquel j'ai donné

lastructions suivantes: “Si y ŒU'il est arrivé un accident à moi, Léon Girard, artiste Jontre, ou si

sans

prendrez la susdite boîte, vous la porterez au brigadi e la Bendarmerie, qui l’ouvrira en votre présence, « vous ferez alors... ce qu’il faudra faire.” Le notai m'a donné sa parole que mes instructions seraient su vies ponctuellement. Si donc mon vaurien avait l'idi de me porter un coup de traître, il n'en profitera guère, car, quelques heures plus tard, on lui deman«. rait compte de tous ses crimes, De plus, je suis disp. sé à me défendre, et on n'aurait pas bon marché de me.

—Encore une fois, qu'attendez-vous? Que vouk vous faire de ce malheureux que vous tenez à votre d crétion ?

—Je veux qu’il m'obéisse en toutes choses, de la m nière la plus absolue... J'entends qu’il n'ait plus mouvement, ni volonté sans mon ordre... Et pu nous verrons !

—11 obéira, monsieur, répliqua Hermann en laissa échapper quelques larmes; il devra obéir comme un clave, comme un chien... 1] faudra bien qui Vous avez la science et Je pouvoir de l'enfer,

Léon sourit; l’un et l’autre se turent de nouvi pendant plusieurs minutes.

—Voulez-vous encore du thé? demanda enfin l': tiste de son ton le plus paisible.

Hermann le regarda avec étonnement, comme n’eut pas compris ce qu’on lui disait,

—S$i vous ne voulez plus de thé, poursuivit Léon. ne vous retiendrai pas davantage. Je sais que vw avez l’habitude de vous coucher de bonne heure... bonsoir donc, Hermann, et dormez bien! Mon récit paraï: vous avoir beaucoup intéressé, et les histoires que je ràconte par-ci, par-là, ont rarement un suCCès aussi coplei... N'importe! tâchez de dormir, et surtout n°. sayez pas de nous relever la nuit; c’est malsain.

Hermann sembla croire d’abord que ce congé cachiit un piège. Néanmoins il se leva avec effort et s’acho. !-

Déis-

igadi( nce, « 10tui) nt su l'idi itera nant disp: e mi rouk re di-

a m:lus pu

: vers la porte d’un pas chancelant. Quand il fut sur “cuil, il se retourna et eut l'air d’hésiter. Léon, deut derrière la table, la main posée sur son revolver, “uivait des yeux.

—Bonsoir, monsieur, dit Hermann.

Bonsoir, répéta l'artiste, La porte se referma, st on ntendit un pas pesant “cendre l'escalier. ; Mais ce fut seulement quand Hermann fut rentré ns sa chambre que Léon quitta son attitude menaçan- Non premier mouvement fut de courir à la porte nt il tira le verrou. Cela fait, il revint s’asscoir dent le feu et se mit à fumer un cigare, —Hum pensait-il, ce sera dur!…. Ce misérable, mal-

cré ses larmes hypocrites, ques peut-être à une colère

uissante, semble tout prêt à la révolte... Le tigre

st pas dompté encore: il faut s'attendre à des atta-

‘ subites et sauvages, à des résistances désespérées.

1 bien! on le domptera au risque de subir le sort des

npteurs, qui sont parfois croqués par leurs élèves, ant d'avoir pu les asservir.

[laspira quelques bouffées de tabac.

—Réellement, poursuivit-:|. je vais avoir besoin d’uactive vigilance le jour et la nuit. A la moindre adresse, à la moindre négligence, on ne fera de moi ‘une bouchée... Bah! conelut-il en bâillant, voilà de ! m'occuper et me distraire jusqu’à la fin de mes

"vaux dans ce pays de loups... Pour le moment, dor-

ns

Et l'artiste fit ses dispositions pour se mettre au lit. Cependant, il ne négligea pas les précautions les plus nntieuses, afin de garantir sa sécurité, Quoique la te fut déjà verrouillée, il entassa les mêubles par ‘ivrrière, de façon à former un échafaudage qui devait ’üler avec fracas au simple contact. Ii s’assura en- ‘ie que les épais volets de la fenêtre ne pouvaient

être ouverts du dehors. Enfin, il glissa son revolve: sous son oreiller; et, ces mesures prises, il se coucha.

Quelques instants encore, il prêta l’oreille aux moin dres craquements qui se produisaient autour de lui mais tout demeurait calme dans la maison, et il s’en dormit jusqu’au lendemain.

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