XXIV PRÉFACE
s'est-il laissé prendre à l'appât des dénigrements qui l'auraient fait renoncer aux nobles conquêtes du jour pour des leurres de phraséologie. Les élections furent clairement significatives. Le peuple français avait jugé.
Les Allemands de même, d'un autre point de vue.
S'ils n'ont pu mesurer encore la profondeur d'une chute irrémédiable, s'ils n'ont pu démêler l'éventuelle valeur de l'acte culminant de l'immense tragédie, ils sentent encore très fortement bouillonner en eux-mêmes toutes les sources profondes d'une vie de labeur et de volonté. Leur faute est de ne voir l'avenir qu'au travers des brumes sanglantes d'une civilisation greffée sur des survivances de barbarie. S'ils se peuvent rénover, ils prendront graduellement la juste place à laquelle ils ont droit dans le monde. Sinon, les vainqueurs, qu'ils en aient ou non la conscience, se trouvent, dès à présent, condamnés à veiller de très près aux barrières des pays devenus, comme disait le président Wilson, des c frontières de liberté ».
L'organisation de ces a frontières )),qmî\it le but constant de l'effort français à la Conférence, n'est pas d'une médiocre urgence. Il a fallu les convulsions d'une Russie désorbitée jusqu'à la menace sur Varsovie, pour faire découvrir à des esprits volontairement fermés les premiers aspects de la question polonaise. Une fois de plus, l'historique