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PRÉFACE XXIII

Quel peuple abaissé, divisé, ayant touché le fond de l'abîme et ne pouvant concevoir d'autre idéal que l'abus d'une force dont les ressorts brisés jonchent le sol, trouve encore en lui-même un sursaut de sauvage insolence, pour défier ses vainqueurs et préparer ouvertement une folle revanche qui conduirait le monde à des catastrophes nouvelles?

Quels peuples unis pour la victoire du droit, ayant donné l'exemple des plus hautes vertus dans l'extrême péril, ont pu se voir impunément bafoués par l'ennemi gisant à terre, sans que d'autre recours leur fût offert qu'une prédication de patience avec la bonne promesse que le courage moral aurait son jour?

Cependant chaque journée de périlleuse tolérance accroît les forces ^de malheur pour enlever quelques-unes des chances à l'heureuse fortune si chèrement conquise. Peut-on avoir oublié quel fut l'enjeu, ce que nous eût coûté la défaite et ce que notre paix doit nous assurer?

Consécration ou subversion de toutes les espérances que déchaîna la victoire, voilà pourtant la matière du conflit dont les phases se déroulent sous nos yeux.

Devons-nous, dès demain, revenir aux sanglantes mêlées, dont le cycle rompu par nous pourrait, par nos défaillances, se reformer contre nous-mêmes?

Le pays ne s'y est pas trompé. Pas un moment ne

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