‹ La PaixChapitre 19 sur 75 · XXVI PREFACE · texte numérisé non relu

XXVI PREFACE

Que sert d'avoir multiplié les moyens de prévoir, conquis le droit de se gouverner en de savantes formes de contrôle, si l'on ferme les yeux aux éventualités pressantes par crainte des embarras du jour ; si l'on ne recherche (avec quelle âpreté !) l'honneur des « responsabilités » que pour s'en dégager à la première rencontre, soit par l'effet d'un faible cœur, soit par d'inavouables considérations de majorité?

Que sert de se contenter des apparences pour ne voir dans les changements de régime que des conquêtes de mots?

Que sert de s'être substitué aux monarques -anciens pour la même contradiction de l'idéal et du fait?

Ces questions reçues de nos pères, nous les léguerons à nos fils, qui ne manqueront pas de les transmettre à leur postérité en vue de fins dont l'écheveau n'est pas près de se démêler.

Cependant il faut vivre ; et si tout demeure en «uspens, dans le monde où rien ne s'achève qu'en ûes évolutions de continuité, la première condition de la vie générale est de fixer du présent toutes parties en légitime devenir par où se déterminent tour à tour les moments de la destinée.

Tel est notre pressant devoir de ce jour. Le traité signé n'est qu'une feuille au vent sans la suite d'exécution. A cet effet tous organes d'activité ont été mis par nous en mouvement. Pour quels résultats? Voilà ce qu'il est temps de savoir.

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