PRÉFACE XXVII
La guerre peut conduire à la domination des^ armes, comme la paix à l'asservissement des volontés. Le problème d'homme à homme étant de s'opposer pour des compositions de forces, la naturelle tentation d'entreprendre sur le prochain veut une juste résistance où se mesurent les forces de chacun. Le plus fort dans le monde — j'entends par là le meilleur — sera le plus vigilant, le mieux préparé à se défendre contre toute entreprise mauvaise, à aider son prochain dans la détresse, qui, à son tour, voudra l'aider.
Avec ou sans traité, c'est notre loi commune et la déloyauté du Boche n'est qu'une invitation nouvelle à nous toujours garder. S'il est des sentinelles qui sommeillent ou se laissent surprendre, au peuple intéressé l'immédiate réphque de défense. Quand je demande que l'esprit public soit en éveil, c'est qu'on a vu trop souvent les maîtres de la puissance employer tous leurs soins à l'assoupir.
Voulez-vous contempler l'esprit pubUc au devoir et juger, en même temps, ceux qui se donnent tant de mal pour l'en détourner? Rappelez-vous la grande tragédie de la deuxième guerre punique. Quand Varron, sous le poids du désastre de Cannes, fut aux portes de Rome, il trouva le Sénat et le peuple venus à sa rencontre pour le féhciter de n'avoir pas désespéré de la République.
En cette heure de détresse mortelle, tout fut grand de la Ville vaincue, les uns se haussant à