PREFACE
A Monsieur ANDRÉ TARDIEU.
Mon cher ami^
Vous avez voulu, à la suite des attaques virulentes dont notre traité de paix fut l'objet, fixer dans un volume la vérité.
Si j'applaudis à votre dessein, ce n'est pas que, dans ma pensée, il y eût lieu de prendre la défense de négociateurs dont la presque unanimité des parlementaires, toutes critiques entendues, s'est recommandée devant le corps électoral. Quelle misère de voir rapporter à des soucis de personnes rénormité des intérêts en jeu ! Hélas ! Rien ne se pardonne moins aisément que le succès, lorsqu'il recouvre encore, chez le critique, des parties de blessure.
Ajouterai-je qu'un juste sentiment du devoir, ainsi que la fierté des responsabilités encourues dans la guerre, ne nous permirent pas d'associer aux négociations des hommes dont nous n'avions