XII PREFACE
surtout, pas de temps à perdre : la riposte de contradiction, sans attendre. Car la résolution du jour, comme dit Machiavel, devient la dent d'accrochage, où va se prendre l'action de demain.
Il est vrai, pour contenir les Chambres dans le droit exercice de pouvoirs aux limites incertaines, la Presse libre peut être d'une efficacité décisive. Vous y avez merveilleusement recouru. Comment se fait-il pourtant qu'elle puisse être soupçonnée quelquefois de fermer les yeux sur des entreprises plus ou moins déguisées contre la pureté du droit dans les démocraties? La Presse doit être en état de suffire à sa propre défense.
C'est ici que trouve sa place, comme suprême recours, l'exercice insuffisamment organisé de la « souveraineté » populaire. Pour que cette puissance ne fût pas de pur décor, il serait besoin d'une organisation d'activité qui fait présentement défaut. Si l'homme faisait toujours comme il dit, nous le verrions trop près de la Divinité.
Au point où nous en sommes, quand la France aura vraiment besoin de se faire entendre, je ne doute pas qu'elle ne trouve des moyens de parler.
Dans l'affaire du traité de Versailles, toute faute de compréhension générale pouvait avoir, à bref délai, de désastreuses conséquences. Vous aviez donc pleinement raison, cher ami, de vouloir qu'il n'y eût pas d'excuses pour ceux qui, faute d'explications suffisantes, s'essayeraient à feindre de n'avoir pas compris. Vous n'avez pas même