‹ La paix chez les bêtesChapitre 17 sur 27 · SALON D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

SALON D'AUTOMNE

COMME c'est triste, tant de tableaux rassemblés! Et comme c'est laid!

Je ne dis pas cela pour faire aux cubistes nulle peine, même légère, — et d'ailleurs les cubistes ne prennent pas souci de moi. Ils sont bien trop occupés, ces novateurs, à leur fonction, toute pneumatique, qui consiste à chasser l'air de eurs tableaux, à oublier cette chose mystérieuse, un peu divine, qu'on nomme la perspective, ce miracle qui a tout à coup,

voilà quatre siècles, détaché la figure peinte du mur où elle était collée, empli d'un souffle nécessaire les portraits des arbres et des montagnes et reculé soudain jusqu'au bout du ciel le nuage, la plaine ondulée ou les vagues de la mer...

Pourtant, ô brumes de Corot, ô ciels de Turner, et vous jardins, eaux désaltérantes de Claude Monet, ce n'est pas à vous que j'en appelle, quand je demande au portraitiste de l'éditeur Figuière : « Portraitiste (que vous dites!) de l'éditeur Figuière, comment se fait-il que vous n'ayez pas trouvé, oh ! si peu que ce soit, — l'interprétation cubiste des titres de volumes qui nimbent la tête, si j'ose m exprimer ainsi, de l'heureux éditeur portraituré? >

Même avec le joyeux concours du cubisme, ce n'est pas gai, une foule de tableaux. Je sais bien qu' « exposition > cest rappclLuion polie du magasin, et qu'ici on vend Je la peinture. Mais dans

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