‹ La paix chez les bêtesChapitre 18 sur 27 · SALON D'AUTOMNE 20S · texte numérisé non relu

SALON D'AUTOMNE 20S

quelle boutique trouverait-on maintenant ce mépris total du groupement et de Tbarmonie? Si on en avait usé de même au rez-de-chaussée, avec les meubles, l'Art décoratif, plus chatouilleux, eût crié à l'assassinat comme un seul homme, lui qui isole avec amour ses œuvres de choix, dans des boxes luxueux ou rustiques. Rien ne manque: la lampe de chevet brûle auprès du lit, le livre est sur la table, et la rose rouge s'effeuille auprès de la jatte de fruits. L'habileté de l'arrangement illusionne à ce point que Ton désire presque, le temps d'un coup d'œil, chaque petit home, étriqué derrière la main courante de velours. Oui, je l'avoue, j'ai voulu qu'on me donnât, pour mes étrennes, cette chambre d'un bleu savonneux, la chambre anémique Pour Personnes Pâles, et le cruel boudoir anguleux, et l'ameublement à coucher, d'un mauve un peu vomi, et les salons en or, et le studio oja-

ao« LA PAIX CHEZ LES BÊTES

cial, et vingt autres! Oui, je serais contente qu'on me les donnât en cadeau, parce que j'aurais Tefîronterie de les vendre, et alors je me payerais...

... Je me la payerais, noire, vivante dans sa molle peau et tous ses muscles de bronze, sereine, attentive et pas encore menaçante — je rachèterais, avec son beau mufle simple, son petit menton irritable, avec ses nobles pattes dont le rythme et l'équilibre enchantent le regard, avec toute sa distinction sauvage — j'achèterais la Panthère de M. B...

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