‹ La paix chez les bêtes [par] Colette (Colette Willy) Front. de SteinlenChapitre 47 sur 71 · CONTE POUR LES ENFANTS DES POILU · texte numérisé non relu

CONTE POUR LES ENFANTS DES POILU

déjà quitté le monde où les hommes et les bètes, ennemis et frères, ne se comprennent pins -

— Tu ne sais donc pas. poursuivit la martre, que cette nuit est une nuit entre toutes les nuits > Cela, je te le passe encore. Mais comment n'as-tu pas devine, rien qu'à me voir tout à l'heure, que je suis une martre entre toutes les martres r. . . Tu veux, résumons-nous, une fourrure, une fourrure née de toi. vivante avec ta peau, une fourrure pour courir, combattre, dormir au chaud?

— Au chaud... répéta le soldat. Au chaud... ah ! avoir chaud...

— Retourne-toi., commanda la martre.

Et choisis.

Un poulain bourru, tout pétaradant, arrivait on ne sait d'où, sur ses muets sabots non ferrés. Il montra ses dents plates dans un sourire anglais et hennit au soldat :

— Tu veux une peau ? Prends ma peau.

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