‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 1 sur 274 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

revendiquer l'indépendance de son ministère i « Non enim res publica est in ecclesia, sed ecclesia in re publica, idesL in imperio romano », comme dira Optât de Milève. Il s'en faut que cette formule lapidaire exprime toute la doctrine, car il restera à définir les devoirs du prince chrétien. Ce sujet sera abordé dans Le catholicisme romain.

L'Eglise est de droit divin une unité organisée, une société parfaite dans son ordre, mais son économie intérieure n'est pas sans contingences : ainsi l'épiscopat est de droit divin, mais le groupement des évêques par provinces, par métropoles, par primaties, par conciles particuliers, est UQC contingence historique, et tout autant l'oligarchie épiscopale que nous voyons au iv** siècle se former dans l'entourage de la cour d'Orient : ces contingences peuvent devenir des dangers pour l'unité. Le concile œcuménique apparaît alors comme l'expression adéquate de l'unité de l'épiscopat universel. La tutelle ordinaire de l'unité réside de droit divin dans la primauté du siège apostolique. Nous nous sommes appliqué à suivre les péripéties que cette primauté a traversées, de Dèce qu'elle effrayait à Constance II qui a voulu l'avilir, et en passant par Constantin qui a affecté de s'en passer. La paix constantinienne a fait courir au catholicisme le péril d'une contingence nouvelle, qui était le iirince s'offrant à être Tiré-

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AVANT-PROPOS. vu

narque de l'Eglise, aux lieu et place aussi bien de ['œcuménicité épiscopale que de la primauté romaine. 11 appartiendra au catholicisme de saint Damase à saint Léon, en passant par saint Augustin, de poser en fait et en doctrine le catholicisme romain, c'est-à-dire la constitution intégrale de .'Église.

Le présent livre est donc plutôt un livre de transition et de préparation qu'un livre de conclusions. Il mettra cependant en une lumière suffisante, nous l'espérons, la leçon qui se dégagedes faits anciens à l'adresse des Etats qui se croient de taille à interdire l'Eglise, ou des princes qui ont [a prétention de la domestiquer. L'historien n'a pas à dissimuler le scandale d'un schisme comme celui des Donatistes obstinés à croire qu'ils ont raison contre toute la catholicité, ou des cabales d'un épiscopat comme l'épiscopat arien, prêtant les mains à toutes les usurpations de Constance II pour satisfaire ses préventions doctrinales. Si ce spectacle est affligeant au iv^ siècle, on estimera qu'il n'est pas fait pour justifier les schismes et les prétendues réformes du xvi".

On s'étonnera peut-être que j'aie été si catégorique, et en même temps si bref, sur la question du pape Libère. La raison en est que, après les travaux récents de Ms"" Duchesne, de M. Schiktanz, de M. Saltet, de Dom Wilmart, de Dom Chapman, du P. Savio, de M. Zeiller, etc., je me

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vni AVANT-PROPOS.

suis persuadé que tout était dit, et que je n'avais' plus qu'à exprimer mon vote en le motivant. Libère m'est apparu comme un pape aussi incapable que saint Hilaire d'avoir trahi le Nicaen um, aimé de ses fidèles Romains comme saint Athanase l'était de sa fidèle Egypte, calomnié par Germinius et sa clique qui était capable de tout, même de fabriquer de fausses lettres, et d'en imposer à saint Jérôme! La « chute « du pape Libère est moins vraisemblable que la malhonnêteté de Germinius, d'Ursace, de Valens.

Paris, Pentecôte 1914.

LA PAIX CONSTANTIMENNE

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