‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 101 sur 274 · C. /. L. X, 3305, cf. MiELi.Er., n · texte numérisé non relu

C. /. L. X, 3305, cf. MiELi.Er., n

3. M. Cumont rappelle à ce propos les monnaies de Commode au type de Jupiter cxsuperantissimus. Voyez-les dansCouRN, t.Ill^ 1883 . p. 201 : lOVl EXSVP. Les deux pièces datent resjiectivement de 180 et de 187.

4. M. Cumont a tendance à retrouver l'Orient ()artout. En fait, Jupiter était un dieu ((ui appelait les prédicats les plus sublimes, sans que nécessairement l'Orient en fût la cause. Voyez Aicisiix. De civ. Dei, VII, 'J (éd. HOKKM.VNN, p. 3IGi : . Mapis enim "lovi universum soient tribuere. Unde est : lovis omnia plcna [Vittc. Ed. III, 00 . Ergo et lovem, ut deus sit et maxime rex deorum, non alium possunt existimare quani mundum, ut dis ccteris secundum istos suis partibus regnet. In liane sententiam etiam fjunsdam versus Valerii Sorani ex])onit idem Varro, in eo libro quem seorsum ab islis de cultu dei.)rum scri|isit, qui versus hi sunt :

luppiter omnipotens regum rerum(|ue deumque progenitor genetri.xque deum, deus unus et omnes. »

Comparez les épithètes multiples décernées à Jupiter, dans VOnomasticon de Forcellim-De Vit, s. v. luppitT. A supposer e.rsiiperantissimics d'inspiration orientale, suminus appartient à la langue stoïcienne. — .Noter que sionmus a été adopte par la langue clirétienne, et que exsuperanlissimus ne l'a pas été.

o. McELLEi;, n. 103 (inscription de Cilicie, non dalée) : Ôîio Ôîwv \û IxeytCTTwi.

6. M. Cumont, art. cit., \k 3-29-330, signale chez Apulée l'expression « summus exsuperantissimusque divum » appliquée, non plus nomniénicnt à Jupiter, mais a la divinité sans nom qui réside au plus

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l'épithète d'aeternus. épithète qui lui est commune avec le Soleil. Or, au temps d'Alexandre Sévère, on relève des dédicaces, non plus Soli aeterno, mais deo AeternoK Nous surprenons là une religiosité qui s'attache à une divinité innommée, et, semble-t-il bien, unique : deus Aeternus, deus scmctus Aeternus, deus maf/niis Aelernus-... On a, de l'an 338, une dédicace africaine, Aeterno numini pmestanti propilio sacrum^, qui représenterait assez bien le terme dernier de cette dévotion païenne à l'Éternel.

Ce deus Aeternus est un culte dont il n'y a pas trace dans répigraphie grecque '' : on le rencontre à Rome, en Italie, en Afrique, en Espagne, en Gaule, dans les provinces du Danube -^ La plus ancienne dédicace au deus Aeternus est de la femme d'un affranchi d'Auguste, procurateur en Xumidie*' : raison suffisante pour ne pas faire du deus Aeternus une expression du syncrétisme du temps des Sévères. Les dévots du deus Aeternus aoni « fonction-

haut (lu ciel et dont déi)enclent toutes les potestates de l'univers. Ai'ii.. De mundo, 25 et 2". Ailleurs. Apulée parle de la providentia du « suninii e\superantissiniii|ue deorum omnium », qu'il qualifie " unus et s<ilus summus ille ultramundanus et incorporeus quem patrem et ardiitectum liuius divini orijis supcrius oslendimus •. De Platon, i, Il et 12.

1. CI. L. II, 239 vLusitania' : Soli aeterno pro aelernitate impcri et salute imp. Caesaris Seplimi Scueri Aufiusti pii et caesaris M. Aiirelii Antonini Augusti pii... Cette dédicace est à dater de 202 ou |teu après. — Kapprochez C. I. L. Ill, (iOi (Dyrracliiumi : Soli aeterno L. M. Laelius Aquila sacerd... — Au contraire, dans l'inscription suivante qui date du règne d'Alexandre Sévère, le Soleil n'est plus mentionné, C. /. L. ni, 10301 Pannonia inf.) : Deo aeterno pro salute domini noslri Severi Alexandri pii felicis Augusti et [Iuliae Mame]ae Augusiae matris Augusti volum reddil libens Cosmus pracposilus stationis...

■1. C. I. L. VIII, 8923, 970'*, iWol, etc. Toltaix, p. 247.

3. C. I. L. VIII, 790. Kapprochez Muellf.u, i>. 383, dans un papyrus magique africain du lu" siècle : ôpy.iîw ai tôv [/.iyav 6ebv tov auoviov •/.al èuaiwvtov xal TiavTO/pdcTOpa.

4. Voyez pourtant .Mclli.ku, n. 171 (Inscription de Lydie, ir-ni" siècle) : £Î; Oïo; èv oùpavoï; [J-sya; ^ïr'' oùpâvio; fAeYâ).'1 oûvaixii; toû àOavàxo'j %tvj. ;Men est un dieu lunaire de Plirvi^ie.;

o. Cl MONT, art. « Aeternus • de Isi Realencgrl. de Paii.y-Wissowa. 0. C. I. L. VIII, I45r;i. ToLTAiN, p. 233.

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naires, officiers, soldats, affranchis, employés subalternes de l'administration procuratorienne, vétérans fixés après leur retraite autour de leur dernière garnison, colons amenés ou venus spontanément des autres parties de l'Empire ». M. Toutain. à qui nous empruntons cette statistique, observe ([ue « les hauts fonctionnaires, les officiers supérieurs et leur entourage immédiat *, y tiennent une grande place, et que ce culte paraît procéder du centre de l'Empire,

Il semble bien difficile de voir dans le deiis Aeternus une divinité sidérale d'origine syrienne, comme le veut M. Cumont : car par la date de ses première.s manifestations et par le caractère que nous lui voyons chez ses clients africains et occidentaux, le culte du deus Aeternus a plutôt les apparences d'un culte al)strait né dans la religion romaine '. Aussi bien, iïnfluence des cultes orientaux et leur propagation dans le monde romain ont été beaucoup plus limitées qu'on ne croyait naguère encore- : Lactance ne prononce pas une seule fois le nom de Mithra,

1. Se rappeler la valeur religieuse de l'attribut Aeternitas daus la religion romaine, Wissowa, Religion uncl Kultus der Romer (1902\ p. 278.

-2. Ceci est vrai surtout du mitliraïsme, dont M. Cumont a exagéré la fortune jusqu'à écrire : « Le mazdéisme mitliriaque faillit... devenir au m" siècle une sorte de religion d'État de l'Empire romain ■. n.elig. orientales, p. 237. Un seul fait pourrait être Lnvo<|ué à l'appui, les " religiosissimi Augusti et Caesares >, en 307, à Carnuntum sur le Danuhe, dédiant un autel à Mithra « faulori impet-ii sui ». C. I. L. III, 4413. — M. Toutain nous semble avoir bien établi que <; la religiou de Mithra n'a été populaire ni dans les villes, ni dans les campagnes : elle a gardé dans toutes les provinces latines son caractère de culte étranger importé par les soldats, par les fonctionnaires, par les esclaves, par les colons d'origine orientale, elle n'a pas poussé de racines profondes dans le sol sur letiuel elle (tait ainsi transplantée ». Cultes paiens, t. II, p. 168. Joignez-y que le monde grec a été fermé au mithraïsme. et que le mitliraïsme ne recrutait que des hommes. Les beaux temps du mithraïsme ont été de 150 à 2o0, puis de 28i à 313 (de l'avènement de Dioclétien à l'édit de Milan , enfin sous Julien l'Apostat. Id. p. 171. On ne voit nulle part, dans les rares écrivains clirètlens qui ont parlé de MiHira, que le christianisme se soit cru menacé par le mithraïsme, à la façon dont il l'a pu être par le marcionisme, par exemple : c'est très sensible chez Tertullien. Voyez dans le même sens que Toutain, iiuinack. Mission, t. II, p. 270-274.

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comme si le mithraïsme était à ses yeux une quantité négligeable. Le personnage romanesque d'Apollonius de Tyane et la philosophie qu'on lui prête ont au iii« siècle une influence plus sensible sur la conception romaine de la religion, influence qui s'exerce dans le sons d'un théisme servi par un culte pur. On peut rapprocher du personnage d'Apollonius de Tyane celui d'Hermès Trismégistc, si souvent cité par Lactance, par Arnobe aussi, et déjà par saint Cyprien : Hermès a travaillé pour le même théisme, réalisé dans l'unité dun dieu suprême et anonyme ^

De ce que Plotin a enseigné pendant vingt-quatre ans à Rome, de ce que son enseignement, commencé sous le règne de Philippe l'Arabe, dure encore au temps de l'empereur Gallien et de l'impératrice Salonine, on n'est pas en droit de supposer aux leçons de Plotin une action sur la politique et sur les mœurs -. M. Harnack s'est demandé si le néoplatonisme, qui aurait eu tant de raisons de continuer l'œuvre du syncrétisme et de devenir la philosophie de la religion romaine, n'a pas eu contre lui son ésotérisme, son impuissance d'aller au peuple^. H fut ime doctrine professorale, qu'aucun empereur n'adopta, sinon Julien, qui était un étudiant couronné : ni Claude II, ni Aurélien, ni Dioclétien. Maximien Hercule ou Galère, ne furent des néoplatoniciens, et Constance Chlore pas davantage. Lactance ne fait pas plus d'avance au néoplatonisme qu'au mithraïsme.

1. Lactant. Inst. divin, i. (i, 4 (p. 19 : « Hic [Trismegistus] scripsit libres et quidem multos ad cosnitionem divinarum rerum pertinentes, in (|uibus maleslateni sumnii ac sinyiihiris dei asserii illamque nominibus appellat quibus nos dominum et jifi^trem. Ac ne quis nomen eius requiier et, àv(î)vy(jLOv esse dixit, eo quod nominis (noprietate non eseat, ob ipsani scilicel uiiilatem ». Cf. AuNOB. Il, 53 p. M) : « Vos, vos appelle qui Merciiriuni, qui Platonem Pythasoramque sectaniini... » Ce Mercurius est le Trlsméiiiste. Il est cité déjà par saint Cyprien, Quod idola dii non sint, 6 iHaktel, p. 2i) : " Hernies i|uoque Trismcyistus luiiini deum loquitur eumquc incompretiensjbileni at(|ue inacstiniabilcm conlilclur. »

"2. BiDEz, Via de l'orplnjre, p. ti'J, contre C. Scliniidt qui suppose <iue Plotin fut à certains moments auprès de Gallien et de Salonine le conseiller de la tolérance.

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