‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 120 sur 274 · I. H.\i;nvi:k · texte numérisé non relu

I. H.\i;nvi:k

i. Lai;t.\.m. Div. Insl. I, I, i:} (éd. lîiaNoi. p. i) : .. Qiiod opus nuiic, nomiiiis lui auspicio iiiclKiamus, Constanliric imperator maxime... ->

;i. I,.v(;rANT. Ujc cit. : •< ... salularem uiiiversis et oplal)ilem priiicipaluiu piaeclaro iiiilio auspicatus es, cinn oversam suhlataiiujue iuslitiam rediiccns laclerriimim aliorum l'acinus expiasti. [14] Pro quo fado dabil lilii Dcus felicilalem virliilem riiiiiiiiiiiiaicm. ut eadcni iustitia fjua iuveiiis exorsiis es... ■■

malis qui adliiic adveruis iustos in aliis terrarum partibus saeviunt quanto sérias tanlo vehenientius idem omnipotens mercedem sccleris exsolvet^ . •» Ces mauvaises gens sont sans doute Maximin Daia et son gouvernement, dont Licinius débarrassera l'Orient dans l'été de 313.

La seconde dédicace revient sur le bienfait qu'a apporté aux chrétiens l'avènement de Constantin : grâce à lui. en effet, les chrétiens ne sont plus traités comme des scélérats.

Te providentia summae divinitatis ad fastigium principale provexit. qui posses vera pietate- aliorum maie consulta rescindere. peccata corrigere, saluti hominum paterna clementia providere, ipsos denique malos a re publica submovere, quos summa potestate deiectos in nianus tuas idem Deus tradidit, ut esset omnibus clarum quae sit vera maiestas. Illi enim qui ut impias religiones defenderent caelestis et singularis Dei cultum tollere voluerunt, profligati iacent,tu autem qui nomen eius défendis et diligis. virtute ac felicitate praepollens immortalibus tuis gloriis beatissime frueris. Illi poenas sceleris sui et pendunt et pependerunt : te dextera Dei potens ab omnibus perienlis protegit, tibi quietum tranquillumque moderamen cum summa omnium gratulatione largitur*.

La providence de la souveraine divinité a élevé Constantin au principat [fastigiuin principale) pour pouvoir abroger les mauvaises lois, évincer les mauvais princes. En effet, ils sont tombés du pouvoir et Dieu les a livrés aux mains de Constantin : allusion à

"■ I. Lactant. ihid. 15.

i. Le mot pietas semltle devoir être pris au sens civil «lu'il a à cette époque : il ne s'agit pas rie la piété envers les dieux ou envers Dieu, mais de l'amour du prince pour le peuple, les villes, la patrie, l'amour de l'État et du bien public. Mairkj. i. n. p. < \vi.

■i. Lactast. VII, i~. 1^-14 (p. (iGs .

Maximien Hercule et à Maxence. Ils avaient voulu supprimer le culte du vrai Dieu pour défendre les religions impies, ils sont vaincus et morts, tandis que Constantin qui défend et qui aime le nom de Dieu, est comblé de félicité et de gloire. La droite de Dieu le protège contre tous les périls (se rappeler les intrigues de Maximien Hercule et la campagne contre Maxence), et lui assure avec un règne tranquille l'affection de tous. La défaite des ennemis des chrétiens a montré à tous quel était le vrai Dieu (yera maiestas). De ce vrai Dieu Constantin défend et aime le nom [nomen eius défendis et diligis). Nous avons là une définition de la religion de Constantin. Quelques lignes de notre auteur vont parfaire cette définition. Le choix de Dieu, dit-il à Constantin, n'est pas immérité, qui ta choisi pour restaurer sa sainte religion, car entre tous tu étais un modèle de vertu et de sainteté, et de tous les princes d'autrefois que la gloire dit bons, il n'en est pas un que tu n'égales, et mieux encore que tu ne surpasses. Il se peut qu'ils aient été par nature pareils aux justes : celui qui ignore Dieu peut atteindre à la ressemblance de la justice, non à la justice. Tandis que, unissant la sainteté naturelle des mœurs à la connaissance du vrai Dieu, Constantin atteint à la perfection de la justice. Puisse Dieu inspirer à Constantin la volonté de persévérer à jamais dans l'amour de son divin nom ! Ces louanges sont vives, cependant mesurées; elles relèvent l'honnêteté naturelle du caractère et de la vie de Constantin, sur quoi tous ses contemporains s'accordent; elles lui attribuent la connaissance du vrai Dieu, mais elles s'en tiennent là, en exprimant le vœu que ce Dieu donne au prince d'être fidèle ù un si beau commencement.

228 LA PAIX CONSTAMIMENiNE.

Qui enim moderatorem universitatis Deum ignorât, similitudinem iustitiae assequi potest. ipsam vero non potest. Tu vero et niorum ingenita sanctitate et veritatis et Dei agnitione in oinai actu iustitiae opéra consummas. Erat igitur congruens ut in firmando generis humani statu te auctore ac ministro divinitas uteretur. Cui nos cotidianis precibus supplicamus, ut te in primis. queni rerum custodem voluit esse,custodiat, deinde inspirettibi voluntatem, qua semper in amore divini nominis persévères : quod est omnibus salutare, et tibi ad felicitatem et ceteris ad quietem*.

En somme, nos deux dédicaces, insérées telles quelles dans ce que l'on pourrait se risquer à appeler la seconde édition des Divinae institudones, ont chance d'être du temps où Constantin vient de battre Maxence, c'est-à-dire de Thiver 312-313, et ces deux dédicaces attestent que Constantin n'ignore plus le « moderatovem universitatis Deum », qu'il est parvenu à la connaissance du vrai Dieu, « veritatis et Dei agnitione », et qu'il a à cœur de défendre et d'aimer le nom de Dieu, « nomen ius défendis et diligis >■>.

L'auteur chrétien de nos deux dédicaces s'accorde avec l'auteur païen du Panégyrique de 313 : ils expriment, chacun à sa manière, le terme de Yrvolution religieuse du prince, qui s'est incontestablement dégagé du polythéisme pour s'arrêter à la foi en un Dieu souverain et unique : ce Dieu est le même que celui des chrétiens, et Constantin en a certainement conscience, et cette conscience explique pour une part la sympathie qu'il va leur marquer par l'acte décisif qui sera l'édit de Milan.

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