‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 122 sur 274 · Lact.vxt. Mort, pcrsec. i'i, 1 (p. 'iiî'i · texte numérisé non relu

Lact.vxt. Mort, pcrsec. i'i, 1 (p. 'iiî'i

i. UniNDis, art. « l'iavia Iulia Cotistanlia •, de la Real-Knc>ielopadie de l'.u i.Y-WissowA, p. 9r;8, date le mariage de lévrier 313. Mairice, Siunism. constant, t. Il, p. m. met la rencontre <les deux Augustes à Milan en février 313.

l'on rapporte l'acte concerté par les deux empereurs, auquel on donne le nom d'édit de Milan : une date plus précise fait défaut. On sait seulement que Constantin a gagné Milan aux approches de l'hiver, et Licinius avant le plus fort de l'hiver. Car Maximin Daia, profitant de labsence de Licinius, s'est mis en marche « Même cum maxime saeviente » ; il est parti de Syrie, a joint la Bithynie à marches forcées, en dépit de la pluie, de la neige, de la boue et du froid, et est passé en Thrace avec une armée fourbue ^ De son côté. Licinius est revenu en hâte, a concentré, ses troupes et livré bataille à Maximin le l*^"" mai 313. On sera dans les limites du vraisemblable en datant au plus tard de février l'édit de Milan.

Les provinces africaines et européennes qui formaient à cette date les Etats de Constantin n'avaient pas besoin d'un « édit » pareil : les chrétiens y étaient en paix. Nous avons vu, en elTet, que le « tyran » Maxence en 311 était entré dans la voie des restitutions, puisque par une lettre au praefectus Urbis, il avait fait rendre à l'Eglise romaine des immeubles confisqués par Maximien Hercule. En Afrique, Maxence avait appliqué le même régime de liberté et de réparation. Il est peu vraisemblable que Constantin, en Espagne et en Gaule, ait été moins libéral que le « tyran » Maxence. Donc, peut-on penser, dès avant février 313, l'Eglise avait recouvré sa liberté et ses biens, en Afrique, en Espagne, en Gaule, en Italie : pas n'était besoin d' « édit » : des lettres ou des rescrits aux gouverneurs de provinces ou aux préfets du prétoire avaient suffi. Mais Constantin (il faut voir là

■1. I.ACTVNT. ibid. 2.

L'EDlT DE MILAN. 231

une suite de sa conversion de 312) résolut de conquérir Licinius et Maximin à cette politique religieuse occidentale : les trois empereurs se concerteraient et publieraient un acte commun, qui ne pouvait être qu'une loi ou édit ou constitution, et qui étendrait à tout l'Empire romain le régime occidental. Constantin profita de la venue de Licinius à Milan pour le gagner à son dessein : un texte dut être arrêté qui définissait la liberté assurée désormais à tous les cultes, et qui énumérait les restitutions auxquelles les persécutés d'hier avaient droit. Ce texte est proprement ce que nous nommons l'édit de Milan, sans que nous voulions dire qu'il a été publié à Milan, ni même dans les Etats de Constantin, pour lesquels il n'avait plus de raison d'être. Et si d'aventure il navait été publié que par Licinius, à Nicomédie, il n'en demeurerait pas moins ce qu'il est en principe, un compromis accepté à Milan par Licinius sur la proposition de Constantin.

Eusèbe sait que, au lendemain de la victoire sur Maxence, Constantin et Licinius ont fait de concert une loi au sujet des chrétiens, une loi très complète, une loi qui mentionnait la victoire sur le tyran, une loi qu'ils transmirent à Maximin avec qui ils étaient en relations d'amitié ^ . Eusèbe répète cette même information un peu plus loin : Constantin et Licinius sont pour lui les auteurs de la paix, soit par les lettres qu'ils ont écrites à Maximin, soit par les '< progrdinmes et lois » qu'ils ont adressés à tous leurs sujets^. Le nom de Milan n'est pas prononcé. Cependant, on sait, grâce au texte publié

\. Ersrr.. //. E. ix, !t. 12.

2. Ibid. 2o : Sià 7ipOYpa[AU-iToiv v.ai voij-tov. Programmata désisne à cette époque les lettres d'eiivcii imltliaiit les constitutions impiTiales.

à Nicomédie par Licinius, que la rencontre des deux empereurs a eu lieu à Milan, et qu'ils se sont concertés là au sujet des chrétiens : « Cum féliciter apud Mediolanum convenissemus...^ ». La paix constantinienne a été sûrement fondée, à Milan, dans cette rencontre.

La bataille du 1" mai perdue, Maximin Daia a été obligé de fuir, de repasser le Bosphore, et de chercher un refuge à l'abri du Taurus, heureux de sauver momentanément sa pourpre en abandonnant à Licinius la Bithynie et l'Asie. Quelque temps après sa victoire, Licinius est à Nicomédie, où, le 13 juin .^IS, il fait afficher l'édit de paix '^. Lactance, qui ne s'est pas soucié de rapporter la date de ce que nous nommons l'édit de Milan, aura noté avec intention cette date du 13 juin 313. 11 avait noté de même la date du 24 février 303, qui est celle de l'édit de persécution de Dioclétien, et la date du 30 avril 311, qui est celle de ledit de tolérance de Galère. Nicomédie a été la capitale de la tétrarchie persécutrice : Lactance rattaché ainsi à Nicomédie l'édit de la paix définitive. Et il peut alors écrire que, entre le jour où l'Eglise a été renversée ^ et celui où elle a été

I. On croit avoir un nionuinent de celte rencontre des deux empereurs, dans une médaille d'or qui porte en exergue au revers l'inscription : Feux \dventvs Avgg. N. N., et au droit : Ixvictvs Constan- Tisvs M\x. AVG. I.e buste de Constantin est accolé au huste du Soleil. Maukice, t. n, p. 2;58-2i"2. Conslantin répudiera plus lard, à partir de 324, ]e titre d'inviclus, qui est pris a la mythologie solaire. Maiiuce, ibid. p. i.xvii i.wiii.

2. Lactaxt. Mort, persec. 48, i p. 228i : .. ... paucis post pugnani diebus, et Niconiediaiii ingressus gratiam Deo, cuius auxilio viccrai, retulit, ac die iduum iuniaruin Constantino atque ipso ter consulibus de restitueuda ccclesia liuius modi litteras ad praesidem datas proponi iussit ». Et après avoir cité le texte : ■■ His litteris propositis, etiam verbo liortatus est ut convcnticula in statum pristinum redderentur » (p. 233).

3. Allusion à la démolition de l'église de Nicomédie, en 303. au premier jour de la persécution. Mo7-t. persec. 12 p. i8(i).

relevée, l'intervalle est de dix ans et environ quatre mois :« Sic ab eversa ecclesia iisque ad restitutani fuerunt anniX, menues plus minus / T ' » : pour lui, la persécution s'est ouverte en février 303 et close en juin 313. Lactance s'exprime comme devait s'exprimer un publiciste de Nicomédie.

Le texte affiché à Nicomédie - le 13 juin 313 est une lettre adressée (par Licinius) à un gouverneur de province, ici le gouverneur de Bithynie ^. Il saute aux yeux, en effet, que le document renferme une série d'instructions qui sont adressées à un magistrat, le prince interpelle ce magistrat directement : « Sciredicationem tuam convenit, ... Intellegit dicatio tua ... Votre Excellence doit savoir, Votre Excellence comprend » , et autres expressions protocolaires.

Les instructions adressées à ce magistrat sont comme un commentaire^ qui explique une loi pour en

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