I. Lib.fionl. l. I, i». IT(i-l
présence de deux de ses prêtres à Nicée, n'a pas d'histoire entre le concile de 313, sous le pape Miltiade, et le concile de 340, sous le pape Jules : la papauté, peut-on dire, semble traverser avec Silvestre un quart de siècle de recueillement. La disproportion est étonnante entre la magnificence de Constantin à l'égard de TÉglise romaine et le peu de place qu'il accorde à la papauté dans la politique ecclésiastique.
Constantiaople est vraiment sa ville : là tout date de lui ou peu s'en faut, la monarchie absolue n'y a pas à compter avec les souvenirs du passé, et pas davantage l'Empire chrétien. Constantinople est, dans les desseins du prince, le modèle de ce que doit être le monde romain : Constantinople a des églises, aucun temple païen '. Les statues de dieux qu'on y a transportées ne sont là que pour décorer la ville. Au milieu du forum, sur une colonne de porphyre, est dressée une statue colossale de bronze doré, qui provient (dit-on) d'Ilion, et qui représente Apollon sous les attributs de Hélios : on a gardé la statue, en lui donnant pour tête la tête de Constantin ^. Il n'y a pas lieu, croyons-nous, de faire du symbolisme sur ce monument de fortune : Constantin ne sacrifie pas au syncrétisme, le paganisme est pour lui une superstition, établie, qu'il ménage par raison d'Etat, mais dont il est personnellement détaché sans retour
1. AccrsTiN. Cil). Dci, v, iîi ;H()ff.man>. p. '20-2 : .. Cui (Conslantino) cliam condeie civiiatein romano iiiiperio sociaiii, velut ipsius Romae liliam, sed sine ali(|uo daemoiium templo siniulacroque concessit (Deus). » Cf. Matiuck. t. II, p. Lxxxi, cl Sciilltze, p. 10-11.
2. Philostorg. h, 17 (BiDEz, p. "28). et les sources indiquées par Bidez. Maurice, t. II, p. xmi. Sciilit/.e, p. 9-10.
'A. Sur le sens de superstilio s'opposant à rcligio, vovez Augustin. Civ. Dei, m, 30 (p. -203;.
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et qui ne peut compter avec lui sur aucune faveur '. Constantin est chrétien du christianisme très personnel qu'il estime convenir à sa dignité impériale : il consulte les évoques, il les protège, il les comble, il les exile aussi, en s'inspirant à une inspiration qui pour lui est suprême. En ce sens bien plus symbolique que Vliélios de Constantinople est la légende qui raconte- comment, traçant, une lance à la main, le périmètre des murs de la nouvelle ville et le traçant plus large qu'on n'avait prévu, Constantin aurait répondu à quelqu'un de sa suite qui lui demandait : « Jusqu'où allez-vous. Seigneur? >- — « Jusqu'à ce que s'arrête celui qui va devant! » signifiant par là qu'une « vertu divine le conduisait ».
1. Constantin emploie le mot superstitio pour désigner le paganisme. Voyez sa loi du 2."> mai 323 interdisant aux païens d'ûl)liger lies chrétiens à participer aux cérémonies de leurs cultes, « ... si quis ad ritum alienae superstitionis cogendos esse crediderit eos qui sanotissimae !egi serviuiil. « Cad. Iheod. xvi, i, 5 (p. 83G). Kapproclicz l'inscription de Spcllo (entre 333 et 337) : « ... ne aedis nosiro nomini (ledicata cuiusquam coutagiose superstitionis fraudibus i)olluatur ». Dessaij, 705. — Sur la sécularisation du culte impérial, voyez Beuulif.k, €uUe imp. p. 283-300.