I. EUTROP. Breviar, x, 7, l-:2 (p
-2. Anonym. Vai.es. 2 (G.viiDTUAusEN, p. 281) : " ... litteris minus iûs- Iructus ».
L'OLIGARCHIE EUSEBIENNE. 399
quait des meilleures vertus païennes et chrétiennes » ^. Il n'eut aucun des vices qui avaient dégradé tant d'empereurs avant lui, on s'arrête devant certains actes de sa vie comme en présence de gestes barbares.
Eusèbe n'a pas peu contribué à faire passer Constantin pour un rhéteur. On a longtemps attribué au prince une Oratio ad sanctorum coetiim, qui faisait de lui un prédicateur ecclésiastique et presque un théologien. Il faut y renoncer. Toutes les déclamations que lui attribue Eusèbe ne valent pas un mot qu'il rapporte de lui : « Est-ce que nous ne saurons jamais mettre un terme à notre cupidité? » disait-il à Ablabius accusé d'avarice, et , saisissant sa lance, il traça sur le sol le dessin d'un corps humain, et dit : « Quand tu serais riche toute ta vie, et quand tu acquerrais toute la fortune de la terre, après ta mort tu ne posséderas jamais que le petit espace que voilà, et encore n'est-il pas sûr qu'on te l'accorde^. » Ce mot est d'un grand réaliste, « irvisor potius quam blandus ».
La clairvoyance de Constantin explique qu'il ait vu crûment dans la religion romaine une superstition vide de religion, et dans la persécution où elle avait entraîné ses défenseurs le dernier mot de la malfaisance publique. Trop avisé pour supprimer les vieux cultes, il se contenta de leur laisser leur vie propre, qui était à bout, en s'appliquant à ce que nul n'ignorât qu'il n était plus leur fidèle. On a dit qu'il n'avait vu dans le christianisme que l'élément de religion naturelle qu'il contient, et que, en dépit de
1. J. 'WoiiDswimTii, art. » Constanliiuis l ■■ du Dict. of Christian Jjio(jrajjhy (1877).
•2. EUSED. V. C. IV, 30.
rintérêt qu'il portait aux églises, il n'avait pas saisi le secret de leur vie profonde '. C'est oublier la place que tenait la dévotion au Christ dans la religion de Constantin, pensons-nous, sans que nous voulions nous porter garant de la christologie qui a pu être la sienne. Et nous ne nierons pas qu'il ait vu dans le Dieu des chrétiens une protection à laquelle il voua sa personne et son Empire, comme dans le constant succès de ses entreprises une constante raison de croire.
Diu imperavit, universum orbem romanum unus Augustus tenuit et défendit: in administrandis et gerendis bellis victoriosissirnus fuit; in tyrannis obprimendis per omnia prdsperatus est: grandaevus aegritudine et senectute defunctus est: fiUos imperantes reliquit^.
Dans sa politique ecclésiastique Constantin commit des fautes : le catholicisme a le droit de lui tenir surtout rigueur d'avoir traité comme inexistante la primauté de Tévèque de Pvome, de s'être laissé endoctriner par l'oligarchie arienne, et d'avoir toléré que cette oligarchie s instituât, comme si elle avait quelque titre à parler au nom du catholicisme et à le régenter avec l'appui du prince. Ce fut une déviation, dont on verra avec Constance II toute la gravité. Le génial mérite de Constantin est d'avoir conçu les rapports de l'Eglise et de l'État comme se réduisant aux rapports de l'Eglise et du prince, le prince étant d'ailleurs celui d'une monarchie absolue, et d'avoir considéré cependant l'Église comme une société qui, ayant reçu de Dieu sa loi, devait se