‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 200 sur 274 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

LA l'Al\ COiNSTAMl.MENNE. 23

gardent de Constantin des païens qui ne considèrent que l'honneur romain et qui affectent d'ignorer tout du christianisme, Eutrope écrira que Constantin avait à un haut degré d'innombrables qualités de corps et d'âme, qu'il aimait passionnément la gloire militaire, qu'il eut à la guerre du bonheur et tout autant de métier, qu'il était ouvert aux arts civils et aux études libérales, qu'il ambitionnait d'être aimé et qu'il s'appliqua à l'être de tout le monde par sa libéralité et par sa condescendance [liberalitate et docilitate), si bien qu'à sa mort il a mérité d'être mis au rang des divi'' . Et en effet Constantin fut ce que devait être tout empereur romain, d'abord un général : on s'accorde à dire que l'Empire n'en avait pas eu de meilleur depuis Aurélien. 11 fut, par surcroît, un très grand homme d'Etat : la réforme du système administratif, financier et militaire de l'Empire, est son œuvre autant que l'œuvre de Dioclétien. Conmie il passe pour avoir été assez ignorant-, on peut lui faire crédit d'un singulier génie naturel pour avoir suffi à une si grande tache.

Un historien anglais naguère hésitait à le comparer à Napoléon, mais ne faisait pas difliculté de le rapprocher de Pierre le Grand, si risqués que soient toujours ces parallèles. J. Wordsworth, en le jugeant ainsi, faisait la part de la solidité de main avec laquelle Constantin avait tenu l'Empire en le réformant, la part de la grandeur de quelques-unes de ses vues, la part de son succès, et aussi la part des réserves que son caractère inspire : il y avait du barbare en lui, écrit Wordsworth, et « il man-

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