I. p. G. xwi, in-j l'ti
L'autre adversaire de la doctrine romaine, c'est l'épiscopat d'Orient. A Fautomne de 341, à l'occasion de la dédicace de la basilique d'Antioche, in encaeniis, une assemblée se tient de près de cent évêques. Il y a là le vieil Eusèbe, aujourd'hui à Constantinople, et son état-major d'évêques antinicéens. Grégoire, l'intrus d'Alexandrie, est venu aussi. Le premier acte du concile est de lui confirmer la possession du siège qu'il usurpe sur Athanase. Les Eusébiens sous le couvert du concile adressent une encyclique à tous les évoques pour se défendre d'avoir jamais suivi Arius, tout en reconnaissant qu'après examen de sa foi ils l'ont jadis réhabilité. Les Eusébiens, à les en croire, ne sont pas des ariens ; ils sont des conservateurs que le Nicaenuni embarrasse par sa terminologie non scripturaire; ils préféreraient certaine profession de foi qu'ils disent être celle du martyr Lucien, et qui pourrait s'accorder avec le Nicaenum tout en s'exprimant en un autre langage'. Ils accueillent aussi bien deux autres formulaires, du même esprit, auxquels ils savent gré apparemment de contenir une condamnation explicite de Marcel d'Ancyre^. Ils inaugurent le jeu dangereux de chercher des synonymes au consubstantiel, ils sacrifient le Nicaenum sans oser le dire. C'est toute la réponse des Orientaux à la lettre du pape Jules.
Le concile d'Antioche in encaeniis, tenu en présence de Constance II •', s'oppose au concile de Rome, rejette les évêques que Rcme a accueillis,
1. Pour tout ce qui précède, So/.om. m, ">. qui dépend de Sabinos. P. B. Sozom. et Sab. p. 274. Sciioo, H7.
2. Atiianas. De synod. 2-2-25. Baux, Bibliothek der Symbole, \). 183-
3. Athaxas. op. cit. H'j : iv.zl ôvtoç KwvcrTav-io'- t&ù iaeêBa-i'OM.
LA PAPAUTE A SARDIQLE. 431
confirme l'intrus qu'elle n'a pas voulu reconnaître, réhabilite Arius, condamne Marcel d'Ancyre, calomnie Athanase, cherche un formulaire équivoque à substituer au Nicaeniim : ces Orientaux, qui abondent dans leur propre sens et ne regardent pas à l'unité de l'Eglise, n'acceptent pas plus qu'au temps de Firmilien d'être conduits par Rome. Ils entendent traiter avec l'évêque de Rome d'égal à égal et déclinent en fait toute revendication de sa primauté : c'est un état d'esprit ancien auquel le partage de l'Empire entre deux empereurs, Constance II en Orient, Constant en Occident, a donné une valeur nouvelle.
Le pape Jules, et avec lui Ilosius de Cordoue et Maximinus de Trêves, se tournèrent vers l'empereur Constant, et le sollicitèrent d'intervenir auprès de Constance II, en vue de tenter un rapprochement entre les épiscopats d'Orient et d'Occident séparés ^ . Constant écrivit à son frère, le priant de lui adresser quelques évêques d'Orient : Constance II en délégua trois, qui joignirent Constant à Milan sans doute (en Italie, écrit Sozomène) : on n'aboutit à rien, les trois orientaux s'étant obstinés à maintenir que leur foi était conforme à celle de Nicée et Athanase justement condamné -.
Constant manda Athanase à Milan. Athanase assure qu'il ignorait ce que pouvait bien lui vouloir l'empereur, qu'il n'avait jamais vu^, A Milan, Athanase apprit que des évoques qui étaient venus à la cour avaient prié le prince d'écrire à Constance II et de lui demander de convoquer un concile ''. Le prince,
1. r^u/.oM. iii, 10. HiLAR. Fragm. hislor. m, 14. Sur la participation (lu pape Jules à ceU<; démarche, Tuiimel, p. 2iG. •1. SozoM. loc. cit.