I. Ibid. 3."i
i. TiLLEMoNT, t. vu, p. 2TS : « On peut dire sans Matterie, que c'esi un des plus beaux monuments de l'antiquitc. On } voit un génie grand et élevé; ei qui a en mcsnie temps beaucoup de solidité. J'adresse et d'agrément. I.a vérité y est défendue avec une vigueur digne du chef des Evesques. «
3. W. E. Bk.et, Tlic rohian Sec iii the jirsl ('oituries. p. II (I.ondon) 1909) p. -29.
428 LV PAIX CONSTANTIMENNE.
naccepte pas qu'un concile, comme celui de Tyr ou d'Antioche, s'attribue l'autorité de juger Févêque d'Alexandrie, de le déposer, de lui donner un successeur : l'évêque de Rome au contraire revendique le droit de juger l'évêque d'Alexandrie, et aussi bien de juger l'évêque d'Antioche. Il considère ce droit comme une tradition établie : « L'usage est qu'on nous écrive d'abord et que la justice soit rendue ici ». Que faudrait-il que dise le pape Jules pour définir un système de gouvernement ecclésiastique et s'attribuer une primauté, que d'ailleurs il sait qu'elle n'est rien de nouveau et d'étranger? — M. Turmel, qui, rallié ici aux Anglicans, estime avec eux que le pape Jules « ne fait pas valoir les droits de la primauté », fait dire au pape « que l'Eglise d'Orient ne doit point déposer ses évêques, au moins ceux qui occupent des sièges fondés par les apôtres, sans consulter l'Église d'Occident », et suppose que le pape croit « être toujours l'interprète des évêques d'Italie ou peut-être de tout l'Occident^ ». Il n'y a rien de tel dans la lettre du pape Jules, mais seulement une place faite au concile de Rome à côté de l'évêque de Rome. Quand le pape dit : « On nous écrit d'abord et la justice est rendue
I. Turmel, p. 24-2. — Le pape Jules [op. cit. -26) a écrit seul aux Eusébiens pour les conAoquer au concile de Rome. Les Orientaux dans leur réponse s'en sont formalisés (zl ôà -/.ai xô (iôvov èiaè y^YP*?^''*'- Èx:'voi; Èxi'vYiTEv {/u.à;...). Le pape leur fait remarquer que les Eusébiens lui avaient écrit à lui seul f(j.6vw è(j.ot eypa'^xvj. Avec quelque esprit, le pape ajoute que sa présente lettre qu'il écrit seul (îaôvo; ëypail/a), c'est-à-dire qui ne porte que son nom, est pour leur faire part d'une sentence (celle du concile de Rome) qui est la sentence unanime de tous les évêques d'Italie (TïdvTwv tûv -/.axà xrjv 'iTaXtav zal xwv cV To-jtoiç TOT; (AÉpsdtv ÈTtujxÔTCwv). n y a là un argument ad hominem. Mais, concile contre concile, le concile de Rome réunissant tous les évêques d'Italie ne vaudrait pas plus que le concile d'Antioche réunissant tous les évoques d'Orient. Le concile de Rome a un coefficient particulier, qu'il doit à l'évêque de Rome.
LA PAPAUTE A SARDIQIE. 429
ici » (Ivôsv), il pense à Rome, non à l'Occident. Quand il déclare que sa doctrine en ces matières est conforme aux préceptes de l'apôtre Paul et à la tradition du bienheureux apôtre Pierre, il pense à Rome, non à l'Italie.
La lettre du pape Jules trace une limite à l'autorité des conciles comme est celui que viennent de tenir les Orientaux à Antioche de connivence avec le pouvoir civil. L'évêque de Rome a accueilli tous les évêques et tous les prêtres, soit égyptiens, soit orientaux, qui lui ont demandé justice. L'évêque de Rome n'accepte pas que son devoir soit de souscrire sans examen aux jugements rendus par le concile d' Antioche, ou n'importe quel concile particulier si nombreux soit-il : il n'y a de jugement définitif que celui qui rallie tous les évêques de la catholicité. A cette notion de la catholicité tient le respect que professe l'évêque de Rome pour le « grand concile », le seul « grand concile »; le « synode catholique », celui de Nicée.
A cette doctrine, dont l'évêque de Rome est si sûr qu'il n'hésite pas à la qualifier d'apostolique, qui donc fait échec? Le pape Jules ne dénonce pas l'empereur Constance II, c'est pourtant lui qui ferme l'Egypte à Athanase et qui y maintient l'intrus Grégoire. Le concile de Rome a beau reconnaître la légitimité d'Athanase, l'I^^gypte a beau lui demeurer fidèle, Athanase ne peut reparaître à Alexandrie : il reste à Rome, attendant des jours meilleurs. Nous avons une lettre de lui, datée de Rome, à l'évêque de Thmuis, Sérapion, en 341, par laquelle il notifie les nominations qu'il fait à treize cvêchés égyptiens vacants ' : il administre, il est obéi, mais il est exilé, et le pape Jules n'y j)eut rien.