‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 84 sur 274 · Ibid. 16 (p. M · texte numérisé non relu

Ibid. 16 (p. M

-2. Ibid. -26 (p. ni), -t. Ibid. 4, -2 p. 'aW, : « Non dubito enim quin et alii plurimi et multis

152 LA PAIX CONSTANTIMENNE.

iii^ siècle est un moment de crise suprême où la religion établie se coalise avec le déisme philosophique pour faire échec ù l'adversaire commun qui est le christianisme. Le vieux monde n'a pas été capté à l'improviste, il ne s'est pas converti sans savoir à quoi, et c'est l'intérêt de ces controverses des environs de l'an 300 dêtre une bataille en règle, livrée par des intelligences exceptionnellement préparées, dans des conditions exceptionnelles de publicité et de gravité.

in locis et non modo graecis, sed etiam lalinis litteris monumentum iniustiliae suae stru\erint. ■■

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Le règne de Dioclétien fut un règne révolutionnaire, a pu dire un historien récent, mais il faut ajouter aussitôt que le révolutionnaire fut Dioclétien en personne. Il réforma l'administration provinciale, il réforma la fiscalité, il réforma l'armée, il réforma l'étiquette de la cour, il transforma l'expédient de la corégence en tétrarchie, il fixa le système de la succession impériale, et toutes ces réformes furent son œuvre personnelle. 11 fit davantage : il tourna le dos à Rome, qui cessa avec lui d'être la résidence de l'empereur et le centre de l'Empire. Du même coup, le sénat romain ne fut plus qu'un être de raison. Dans les vingt ans que dura le règne de Dioclétien, l'Empire romain évolua dans son organisme politique plus qu'il n'avait fait dans les trois siècles précédents '. ,

Mais Dioclétien n'était pas disposé à toucher à la religion. Il a été fait empereur par Tarmée, le 17 novembre 284, et l'édit de persécution est du 27 février 303 : entre l'avènement et l'édit se placent donc dix-huit années et quelques mois de paix religieuse, qui autorisent à dire que la persécution ne faisait pas partie du système politique de Dioclétien.

Dioclétien serait mort avant 303, son souvenir aurait été celui d'un empereur juste, ou du moins neuire, et Eusèbe n'aurait eu à écrire que ce qu'il écrit de lui et

1. 0. Seeck, Geschichte des Unterganr/s der anliken Welt (19101, t. [, p. 8.

de ses collègues, à la veille de la persécution : « En . ce qui concerne l'Empire romain, tout le temps que les princes furent pour nous favorables et pacifiques, quel comble de biens, quelle prospérité ! Qu'on se rappelle quelles fêtes, quels panégyriques, quels banquets, quelle allégresse, quel éclat, signalèrent les decennalia et les vicennalia des princes, au milieu d'une paix universelle et qui semblait assurée. Leur puissance ne rencontrait aucun obstacle et elle allait grandissant, quand, à l'improviste, ils rompirent avec nous et nous déclarèrent une guerre exterminatrice * ». Lactance fait des vingt premières années de Dioclétien un règne heureux : « Viginti annorum felicissiinus imper ator- ». Eusèbe et Lactance sont en cela l'écho du sentiment que l'opinion publique avait eu de la sécurité et de la prospérité procurées au monde romain, au plus haut degré, parle gouvernement de Dioclétien 3. Un historien moderne a pu dire de lui que ses réformes hâtives ont été si durables, et si grand le prestige que sa personnalité exerça sur ses contemporains, qu'il fut vraiment le plus complet représentant de son époque, et qu'aucun prince ne peut lui être comparé, hormis Constantin "'. Une des premières pensées de Dioclétien fut de se donner un collègue, avec qui il partagerait le fardeau du pouvoir impérial fl" avril 285) : il choisit Maximien, un soldat comme lui, originaire des mêmes régions que lui, et à qui le liait une longue camaraderie

\. EoSEB. H. E, VIII, 13, 9-10.

2. Mort, persec. 4-2, 3 (p. -2->2). Cf. <), Il îp. 184) : ■ ... tamdiu surauia felicitate regnavit, quanidiu manus sua? iustoium sanguine non inquinaret. »

3. Voyez l'expression de ce sentiment chez un païen, le rliéteur gallo-romain auteur du Panegyric. m, 13-18. Cette harangue est de l'an 291.

«. Seeck, t. I, p. 9.

DIOCLETIEN. 155

et l'habitude de penser en tout de même ' . Dioclétien confia à Maximien l'Occident. Dioclétien se donna le surnom de Io<>'ius et attribua à Maximien celui d'Berculius, voulant par là se vouer à la protection de deux puissants dieux, mais aussi marquer sans doute le rôle qu'il revendiquait, et celui qu'il laissait à son collègue adoptif : Dioclétien serait un Jupiter aidé par Hercule'^. Cela n'empêchait pas Dioclétien et Maximien d'être dieux tous les deux : « Te praesenteni intuemur deuin"^ », disait ù Maximien un auteur de Panègfjrique, en 289. Votre divinité est partout, disait à Maximien et à Dioclétien un autre Panègijrique gallo-romain, celui de 291 : « Dwinitatem vestrani uhique versari'* ... 0 magnam viin nuininis vestri '^l » Les cultes officiels recevaient de la part des deux Augustes les marques habituelles de la piété impériale , que les païens aimaient voir magnifique envers les dieux ^.

En 293 (1*^'' mars), Dioclétien procéda à une nouvelle division du pouvoir : chacun des Augustes aurait désormais un César, sorte de Kronprinz, avec qui il partagerait les provinces. Dioclétien choisit pour César Galère, à qui il ava't marié sa fille Valeria : il donna à Maximien Hercule pour César Constance, dont Maximien Hercule fit le mari de sa fille Theodora. Galère, avec Sirmium pour résidence,

■t. Lactant. Mort, persec. 8, 1-2 (p. 181).

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