‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 83 sur 274 · Harxack, Allchr. Litteraturf/., p · texte numérisé non relu

Harxack, Allchr. Litteraturf/., p

2. Lactant. Div. inst. v, i, i (p. t04) : « ... eodem ipso teinporc (|Uo luslus populus nefaiie l;»ceral)atur très libros evonuiit contra rcligioneni nonierniue cliristiamiin. •■

les supplices avixqaels ils s'exposent par leur obstination endurcie. On n'est pas plus humain. Les chrétiens , assure Lactance , ne se laissèrent pas prendre à cet artifice, jugeant que le philosophe qui leur voulait tant de bien ne savait pas ce qu'il attaquait ni même ce qu il disait, et lui reprochant d'avoir choisi le moment où la cruauté faisait rage pour entreprendre une œuvre si philanthropique : « O philosophum adulatorem ac teinpori servientem ' / » — L'autre polémiste signalé par Lactance traitait le même sujet que le premier, avec plus de mordant, « inordacins scripsit » : son ouvrage était en deux livres, qu'il intitulait non point Contra christianos (ce titre est celui de l'ouvrage de Porphyre), mais Ad christianos, pour se donner l'air d'un benoît convertisseur. Il s'y appliquait à convaincre l'Ecriture sainte d'erreur et de contradiction. Il connaissait d'ailleurs l'Ecriture si à fond qu'on aurait pu croire qu'il avait été lui-même chrétien un temps. Il insistait sur Pierre et Paul, il les déchirait, il faisait d'eux et des autres disciples des imposteurs, « fallaciae seminatores », et en même temps des illettrés. Auraitil préféré, remarque spirituellement Lactance, que le christianisme eût été prêché par un Aristophane-? Quant au Christ, chassé par les Juifs, il s'était jeté dans le brigandage, à la tète d'une bande de sacripants ^. Les miracles n'étaient pas niables, mais Apol-

I. Ibid. .".-10 ;p. iOi-iOoi : « ... nec pati homines imperilos quoruadam fraudibiis iiilici, ne siiuplicilas eorum praedae ac pahulo sil liominibus astutis..., ut pertinaci obslinalione deposila corporis criiciamenla dcvitent, neu saevas meinbrorum lacerationes frustra perpeli velint..., ut cobibita impia et anili superstitioiie univers! homines legitimis sacris vacarent ac pro|)itios sibi deos experirentur... »

■1. Ibid. 12-17 (p. 405-400).

3. id. 3, 4 (p. 407) : « Ipsum autem Ctirislum adtirnaavit a ludaeis lugatuni collecta nonyentorum hominum manu latrocinia l'ecisse. »

DIOCLETIEN. 151

îonius de Tyane en avait fait autant et davantag'e, sans pour cela se donner comme un dieu.

Non, inquit, hoc dico idcirco Apollonium non haberi deum quia noluerit, sed ut appareat nos sapientiores esse qui mirabilibus factis non statini fidem divinitatis adiunximus, quam vos qui ob exigua portenta deum credidistis'.

On voit à des traits de ce genre si la controverse anticlirétienne est devenue vive et directe. Nous retrouverons Hiérocles à Nicomédie, il y sera l'inspirateur principal de la persécution de Dioclétien : dans son Ad christ ianos il en est le théoricien, non pas tant au nom de la raison d'Etat, que de la raison tout court. Il poursuit le christianisme comme une fallacia historique. Défenseur des cultes olTiciels, Hiérocles est un monothéiste ! Lactance ne s'est pas fait faute de relever cette contradiction : « Tu affirmes que les dieux sont dieux, lui dit-il, et tu les subordonnes et les assujettis à ce dieu dont tu tâches à déti'uire la religion! » Nous ne nous entendons pas, pourrait répondre Hiérocles à Lactance, il resterait cependant qu'Hiérocles pose un dieu suprême, qui n'exclut pas les dieux, qui les do'inine de sa souveraineté, « ... quem regem, quem maximum, quem opificem rerum, quem fontem bonorum, quem parentem omnium, quem factorem altoremque viçentium confessus es- ».

Lactance, qui ne dénonce que ces deux adversaires du christianisme, donne à entendre qu'il en est beaucoup d'autres, soit grecs, soit latins ^ : cette fin du

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