Zonare, xiv, 15. — Eutychius, col
ce double et formidable courant d'invasion : révolté de tant d'abaissements, il sort de sa longue inertie et se précipite , en désespéré 9 dans une lutte suprême où il épuise à la fois toute rénergie de son âme et les ressources de TEmpire.
Feignant d'accepter les propositions de Chosroës , il demande un délai pour y satisfaire', obtient du patriarche un emprunt sur les biens du clergé ^, et sous prétexte de préparer la paix, dispose tout pour la guerre. Les vieux soldats de Maurice et de Phocas avaient péri ^, il fallait une nouvelle armée ; mais où la réunir, Constantinople était cernée : du côté de l'Asie, les Perses gardaient tous les passages*, et du côté de l'Europe, les Avares ravageaient la campagne *. Puis cette armée de conscrits ne pouvait se mesurer, sur le champ, avec les Perses, elle eût été dissoute au premier choc et eût entraîné, par sa défaite, la chute irrévocable de l'Empire : il fallait l'exercer, la rompre à la dis^îipline, aux manœuvres, au maniement des armes.
Dans cette extrémité , les vaisseaux qui avaient autrefois servi d'asile à la Grèce envahie furent encore son salut : Héraclius avait une flotte , seul débris de la prospérité passée , il achète, pour un instant, la neutralité des Avares ®, met à la voile avec quelques troupes', traverse la Propontide, à la vue des Perses rangés sur les hauteurs de Chalcédoine , brave une tempête furieuse * et cingle à travers l'Hellespont, la mer
i. Eutychius, col. 1086.
2. Théophane, A. G. 613. — Zoiiare, xiv, 15. — Cedren, col. 786.