‹ La Palestine sous les empereurs grecs, 326-636Chapitre 327 sur 350 · CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

CHARLEMAGNE

La domination musulmane, d'abord prudente et modérée, s'appesantit à mesure que les victoires des Arabes affermirent leurs conquêtes : les impôts devinrent écrasants *, les croix furent abbatues *, les bourgs dépeuplés ', les églises, toujours menacées, durent être sans cesse rachetées par les chrétiens^; et les monastères, mis régulièrement au pillage, devinrent le tombeau sanglant de leurs moines*. Chaque révolution de l'empire des Khalifes se traduisait par un redoublement d'oppression^, et les chrétiens, abandonnés'', courbaient sans espoir, sous le joug des Arabes, leur tête à chaque instant proscrite*.

1. EkkeardusUraugiensis, Hierosolymita (yiigne^ PatvoL iat., 1. 155, col. 1061).

— Théophane, A. G. 7i9. Albertcus Aquensis, Hist. Ilierosolymit., \i, 3l (Migne, PatroL lot, y t 166.

2. Théophane, A C.636et758.— Cedren, col. 826. — AnastaseleBibl., col. I32i. / ^ Jonnnxamonachi Hierosolymit, w arm^o (M igné, Pair iaf.^ t. 109, col. 518. f*"/

3. Bollandistes, mars, t. m, dies20, §4. ^Théophane, A. G. 7i3.

4. Théophane, A. G. 682. — Anastase, col. 1338. — Saint Willibald , Hodœporicon, p. 406. — Guillaume de Tyr, vil, 24. — Thetmar, Iter ad Terram Sanctam^ p. 21, 22 — Le moine Anselme, p. 1291 (Canisius, Antiquœ lectionea,

t. VI).

5. Théophane. A. G. 801, 805. — Constantin Porphyrogénète, c. 22. — Saewnlf, p. 847. — Bollandistes, mars, t. m, dies 20.

6. Constantin Porphyrogénète c. 22. Théophane, A. G. 7i3. — Lettre des évêques et des prêtres d'Orient au patriarche Taraise de G. P. (Labbe , Concile de Nicée ii", act. v, col. 170, t. vu).

7. Paroles du patriarche Siméon à Pierre l'Ermite (Guillaume de Tyr, i, xi).

8. Martyre de Pierre de Majume (Théophane, {A. G. 734). — Destruction des remparts de Jérusalem, meutre des principaux habitants (Théophane^ A. G 737).

— Meurtre des chrétiens d' An tipatris (Théophane, A. G. 743, conf., 758). — Supplice infligé aux chrétiens par Abdallah (Théophane, A. G. 764. — Anàstase le Bibl. col. 1374, 1390).— Exil du patriarche Hélias(Vtecre«amf^/f^rte/eSa&af/e,

19, 48. — Bollandistes, juillet, t. m, dies 13.

Enfin une nouvelle étrange parvint jusqu'en Palestine et fit entrevoir un meilleur avenir. L'empire d'Occident semblait ressuscité , une main puissante avait ressaisi le sceptre abandonné des Césars, et Rome, déchue depuis tant de siècles, avait vu couronner un nouveau maître du monde.

Le patriarche Georges* envoya vers ce conquérant inconnu, et un jour, après un long voyage, un moine de Palestine se présenta dans cette fameuse cour d'Aix-la-Chapelle ^ tant célébrée dans les épopées du douzième siècle ^ ; il offrit à Charlemagne les humbles présents du patriarche * et l'implora au nom des chrétiens d'Outre-Mer. L'Empereur acceuillit le moine: un Capitulaire spécial établit à perpétuité l'envoi régulier d'aumônes considérables en Palestine*^, et lorsque le moine reprit, le chemin de Jérusalem, il était accompagné des envoyés Francs porteurs des largesses impériales **.

Les aumônes de Charlemagne consolèrent les chrétiens de Palestine : on vit s'élever à Jérusalem, non loin de la basilique

1 . Lequien, Oriens, t. in, Patriarch. Hierosolym.^ n» 73, col. 3l7. ~ Baronius, ann. 800. — Annotations de Pagiu8,l 13, p. 800.

2. Eginhard, Annales^ ann. 799 (Migne, Palvol. lat , t. 104, col. 455). — Ptetœ Saxonici Annaîes^ ann. 799, indictio vi, p. 161. — Chroniq^te d*Adûn (Dom Bouquet, t. v, p. 3}. -* Ayxndles Laurissenses^^nti, 799 (Migne, Patrol. toi., t. lOi, col. 45i).

3. Gaston Paris, Histoire poétique de Charlemagne, liv. n, c. 7, pag. 368 à 372

4. Eginhard, Annales, ann. 799. — Pœtœ Saxonici Annales, ann. 799, mdicêio VI, p. 16i. — Eugésippe, De locia Sanctis, col. 999 (Migne, Patrol, gr.^ t» 133).

5. Baluse, Capitulaires, 1. 1, p. 473. — Constantin Porphyrogénète, De otfminist» impeno, c. 26. — Pœtœ Saxonici Annales, liy. y, p. 144. — Chronique d'Hermann, ann. 800 (Dom Bouquet, t. v, p. 365). — Eginhard, Vila Cardi Afagnt, n«27 (Migne, PatroL lat., t. 97). — Chron, de Sigebert, ann. 790 (Dom Bouquet, t. v, p. 377).

6» Eginhard, Annales, ann. 800. — Annales Fuldenses, ann. 800 — Adon, Chronique, ann. 799. -^ Annalos Laurissemea, ann. 800 (Migne, PairoL lai., 1. 104, col. 458).

du Saint-Sépulcre, l'église de Sainte-Marie-Laliné * , et, tout auprès, un monastère ' et un hospice pour les pèlerins d'Occident^. Les prédilections littéraires du grand Empereur y ajoutèrent une bibliothèque ^ dont la richesse fit oublier la perte de celle que l'évêque Alexandre avait réunie cent ans avant Constantin *. Mais là ne se borna point l'intervention de Gharlemagne : alors régnait à Bagdad le chef des Âbassides Aaroun-al-Raschid, si renommé dans les fastes de l'Orient®, les envoyés francs allèrent lui demander, au nom de Gharlemagne, la liberté des chrétiens ^. Aaroun était digne d'accorder une telle demande, et, en signe d'adhésion, il envoya à l'Empereur les clefs du Saint-Sépulcre et de Jérusalem

i. Bernard le Sage, p. 789. — Sœwulf, p. 842. — Théodoric, c. id, p. 34. — Beugnot, Assises de Jénisalem, t. ii, § 4, Chartes, n*>51, p. 536, note .\. — Guillaume de Tyr, i, 10. — Celle église clait située au midi de l'église de l'Invention de la Croix, dans l'espace compris entre le couvent des Abyssins, la place du Saint-Sépulcre, la rue Saint-Étienne et la rue des Paumiers ; elle fut plus tard restaurée par les Amalfitains (Vogué, les Églises de la Terre Sainte, chap- V, p. 2G2, 2G3).

Page 1