‹ La Palestine sous les empereurs grecs, 326-636Chapitre 328 sur 350 · Eginhard, Vila Caroli Magnif n · texte numérisé non relu

Eginhard, Vila Caroli Magnif n

8. Id, — Annales, ann. 800, 801. La plupart des Chroniques prétendent que ce furent les moines de Jérusalem qui apportèrent les clefs et Vétendard, mais, au moins pour les clefs, c'est tout à fait impossible, comment l'évêque de Jérusalem eût-il pu disposer des clefs de la ville possédée et gouvernée par les Uusulmans? Et l'on ne peut même dire qu'il s'agit ici seulement des clefs du quartier chrétien dont le patriarche avait l'administration et presque le gouvernement (Guillaume de Tyr, ix, 17), car l'origine de ce^quartier ne remonte qu'aux khalifes Fatimites d'Egypte^ bien postérieurs à Aaroun et à sa race. Il faut combiner Eginhard, Vita, n» 16, et Annales, ann. 800, 801. Les envoyés Franks,

symboles du protectorat * que la France ne devait plus cesser d'exercer en Terre-Sainte.

En reconnaissance de ces bienfaits, deux moines, l'un de Saint-Sabas ^ , l'autre du mont des Olives ^ , revinrent avec les envoyés Francs * et présentèrent à l'Empereur, comme signe de dépendance et de gratitude, un fragment de la sainte Croix ^ et une ancienne bannière appelée l'Étendard du Saint- Sépulcre ® , qu'Héraclius avait peut-être laissée à Jérusalem en reconnaissance de ses victoires ^.

Cette intervention de Charlemagne eut sur les destinées de la Palestine une influence sans égale : la grande figure de Charlemagne semble désormais étendre sur Jérusalem son ombre protectrice, sa pacifique médiation, transformée par le génie belliqueux des poètes, devient dans le cycle Carolingien une croisade victorieuse où le grand Empereur, arrachant sur son passage la couronne dégradée de Constantinôple, va délivrer Jérusalem du joug des Sarrasins *. Ce glorieux dedéputés à Aaroun, revinrent d'Orient avec les moines délégués par le patriarche pour remercier Charlemagne, les présents d*Aaroun apportés par les Franks arrivèrent en même temps que les moines de Jérusalem, de là la fausse croyance que ces moines les avaient eux-mêmes apportés.

1 . Pœtœ Soixonici AnnoUes, ann. 802, indictio m (Dom Bouquet, t. y, p. 167. -> Le Moine de Saint-Gall, Degestis CaroU Magni, lib. ii, c. 14).

2. Eginhard, Annales^ ann. 800. — Annales LawHssenses, ann. 800.

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