‹ La Palestine sous les empereurs grecs, 326-636Chapitre 53 sur 350 · SAINT CYRILLE ET AGACE DE CÉSARÉE · texte numérisé non relu

SAINT CYRILLE ET AGACE DE CÉSARÉE

Acace de Césarée était maître à Jérusalem , mais la situalion générale de l'Empire lui imposait précisément la plus extrême modération : Constant venait d'être assassiné \ et son fvève Constance , engagé contré le meurtrier dans une guerre douteuse * , avait le plus grand intérêt à prévenir tout sujet de trouble en Orient ^.

Acace obligé , par l'état politique des affaires, de consentir à une élection légale , convoque à Jérusalem les Évoques de la Province. Ceux-ci se rendent à l'appel * dans l'espoir d'obtenir, par leur présence et leur nombre , un Évêque Orthodoxe ou du moins modéré. On s'entendit facilement : Acace ne s'était pas encore jeté dans le parti le plus extrême des

Jérusalem ; mais leur témoignage ne peut avoir ici aucune autorité^ sur ce point : ils ont été évidemment mal renseignés. Théodoret ne parle pas du Concile de Jérusalem , cause de l'expulsion de Maxime. 1\ n'est donc pas étonnant qu'il ignore cette expulsion ; et saint Jérôme accumule sur l'élection de Cyrille, successeur immédiat de Maxime, une telle masse de fables que Ton ne peut ajouter foi à son récit de la mort paisible de Maxime.

1. Socrate, ii,25, 28. — Sozomène, iv, 1 , 4, 7. — Chron, d'Alexand.f A* C. 349. — Zozime, Histor., lib. u, c. 4i. — Zonare, Anncd. xui, 6.

2. Chron, d'Aîexand., A. C. 350. — Socrate, u, 28, 32. — Sozomène, rv, 4, 7.

— Théophane, A. C. 349. — Zonare, xiii, 8, 9. — Zozime, ii, c. 43457.

3. Aussi le voit-on à ce moment prodiguer à saint Atbanase les lettres les plus affectueuses, qui ne l'empêchent point de chasser cet évêqne un an ajH^s (Saint Athanase, ApoL ad CUmstant.^^i, 23; Hist, Arian, ad monach., n<>*24, 49, 50). — Outre la guerre contre Magnence, Constance avait encore la guerre avec les Perses (Saint Jérôme, Chron., A. C. 3i8). — Ammien-Marcellin, xiv, 5.

— Chi*on. d'Alexand.^ A. C, 350. — Zozime, lii, 1, 3.

4. Lettre du Concile de Conetantinople au Pape Damase (Théodoret, v, 9).

Ariens * , il n'exigea point un partisan déclaré et violent des doctrines Ariennes, et les Évêques, qui appartenaient tous à la fraction modérée^ connue bientôt sous le nom de Semi- Ârianisme^, acceptèrent la condition de choisir un candidat à opinions conciliantes. Saint Cyrille fut élu. — Il semblait offrir toutes les qualités désirées par les deux partis. Quelques années auparavant il avait prêché dans la Basilique du Saint-Sépulcre * , et publié ensuite ^ un cours complet d'instruction à l'usage des Catéchumènes. Ces instructions ou Catéchèses étaient de petits traités dogmatiques sur les points les plus importants de la Religion Chrétienne ; Cyrille y faisait preuve d'une Orthodoxie incontestable ®, mais qui n'avait rien de cassant ni de rude '' , on observait même que le célèbre mot Consubstantiel ne s'y rencontrait pas * et était remplacé par des équivalents moins significatifs ^. Même , quelques passages obscurs *® pouvaient donner aux Ariens l'espoir secret de trouver, plus tard en lui, moins un adversaire qu'un allié.

1 . Âcace n'entra dans le parti des Ariens Ultra, appelés Anoméens, qu'en 357, lorsque les chefs Semi- Ariens refusèrent de chasser Cyrille de Jérusalem, réfugié auprès d'eux (Saint-Epiphane, Jïiowe*., 73. cap. 23. —• Théodoret, ii, 22. — Philostorge, IV, 12) .

2. Saint Epiphane, De Hœresiis, hœres 13, cap. 23. — Ces Evéques avaient pour la plupart assisté au Concile hérétique de Tyr, à celui de Jérusalem, puis a celui de Sardique et enfin au second Concile de Jérusalem convoqué par Maxime en faveur d'Athanase . — Gonf. Tillemont, Saint Mélèce {Mém. , t. viii, art. 2, p. 343,344).

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