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ÉD. GRIFFON. - PANACHURE DES FEUILLES

espèces différentes ou des variétés des espèces précédentes, ont les feuilles marbrées de jaune comme A. striatum Dicks., A . Thompsoni Veitch, etc., ou tachées de blanc surtout sur les bords, comme les variétés « Souvenir de Bonn » (1892) et

Sawitzi (1894) dérivées de VA. venosum. ,

Morren 1 greffa en 1869 TA. Thompsoni, importé des Indes en 1867, sur les .4. striatum , venosum , vexillarium et constata que les nouvelles pousses ne tardent pas à émettre des feuilles marbrées de jaune. A bÜ centimètres du niveau de la greffe, en bas, sur le sujet, l'influence du greffon se fait sentir sur les jeunes pousses; bien plus, des feuilles adultes du sujet même se couvrirent de macules dorées. Mais, au lieu de greffer en fente, à 50 centimètres du sol un sujet décapité, Morren greffa par approche et la panachure se montra néanmoins sur tout le sujet au-dessus et au-dessous de la soudure.

Il arriva plusieurs fois que, le greffon ne s’étant pas développé, sa présence suffit à provoquer la marbrure jaune dans le sujet; un morceau de pétiole de feuille panachée implanté comme un écusson produisit le

même phénomène.

Si le greffon contamine le sujet, l'inverse peut avoir lieu. Avec .4. vexillarium greffé sur Thompsoni foliis variegatis , Morren constata que les vieilles feuilles se couvrirent de points jaunes, phénomène qui est révoqué en doute par Lindemuth et Baur, que les nouvelles devinrent bigarrées de blanc, de jaune, de vert.

Bien plus, un .4. striatum à feuilles panachées de blanc greffé sur Thompsoni perdit ses anciennes bandes blanches et se marbra de jaune.

Les types verts qui se panachent ainsi par contact, sont susceptibles d influencer leur congénères, comme le font les types normaux panachés.

Les expériences de Morren ont été répétées en 1864 dans un grand ♦'tablissement horticole de Liège. Les phénomènes de la contagion de la panachure ont été observés en Angleterre, chez Lemoine de Nancy, chez 'an Houte à Gand; Duchartre à Paris et Masters à Londres, Magnus à Berlin, les ont vérifiées.

Blus tard, Lindemuth constata de nouveau l’action de 1.4. Thomp- *oni, mais il vit que la panachure des A. Sawitzi et * Souvenir de Bonn » ne se transmet pas, alors que les feuilles de « Souvenir de Bonn » sont susceptibles de prendre la panachure jaune du Thompsoni. M. Bellair es * arrivé à la même conclusion ; de même, Baur, qui est avec Lindemuth et Morren celui qui a le plus fait pour la connaissance du sujet qui nous occupe. Pour Lindemuth, seul l’A. Thompsoni est capable de produire

L Morren, toc. cit.

une panachure infectieuse; mais suivant les sujets greffes, on peut observer cinq cas : 1° la panachure ne se transmet pas; 2° tous les sujets deviennent panachés; 3° certains individus sont affectés et d’autres restent verts; 4° la panachure n’apparaît qu’au bout de quelques mois; 5° elle peut se manifester d’une façon si marquée qu’on est en présence d’une maladie aiguë et que la plante meurt.

En février-mars 1910, j’ai fait des greffes mixtes d'Abutilon Sawitzi marginé de blanc sur 11 pieds d'A . venosum vert. Aucune panachure n’apparut. Les greffes inverses furent exécutées et le greffon, cette fois, ne se tacha pas davantage de blanc.

les

J’ai greffé, avec le venosum , le Sawitzi qui était déjà posé sur venosum , en sorte que le blanc était entre deux verts ; aucun de ces deux derniers ne panacha.

Toutes ces greffes furent répétées avec la variété « Souvenir de Bonn »: et les mêmes résultats négatifs furent obtenus.

Mais, avec VA. striatum (jaune), greffé sur venosum je constatai, dès le 1 er juillet, à la base des rameaux du sujet, des feuilles maculées de jaune, les feuilles du sommet étant encore vertes. Au 4 septembre feuilles tachées de jaune sont tombées et celles qui restaient ne se sont pas tachées.

Quant aux greffes d’A. Thompsoni (jaune), sur venosum, elles se sont comportées comme ci-dessus. Dans les greffes inverses, venosum sur Thompsoni, les feuilles de la base des rameaux inférieurs du greffon ont seules panaché; elles sont tombées et les autres sont restées vertes; les jeunes pousses de l’extrémité des branches sont nées non tachées.

J’ai aussi greffé VA. striatum (jaune) sur Sawitzi (blanc). Les parties vertes des feuilles de ce dernier n’ont pas pris la panachure jaune, comme le fait s’est produit dans les expériences de Lindemuth avec la greffe du Thompsoni sur € Souvenir de Bonn -.

En greffant l’A. venosum sur venosum (vert sur vert) aucune variation

ne s’est produite dans la coloration du feuillage.

Quant aux témoins, ils n’ont rien présenté d’anormal, sauf deux pied* de Sawitzi qui ont donné plusieurs feuilles vertes et amples. Mais on sait que ce phénomène est fréquent dans la culture des plantes panachées, plus fréquent que celui qui consiste dans l’exagération de la panachure et la production de pousses et de feuilles entièrement blanches ou

jaunes.

expériences

de Linde¬

muth et des auteurs qui ont v par ces deux expérimentateurs

Él). GRIFFON.

PANACHURE DES FEUILLES.

Des boutures de venosum ayant panaché sous l’action du striatum ont donné des pieds marbrés de jaune comme dans les essais de Lindemuth, lequel, on le sait, a créé ainsi des variétés nouvelles (anciennes plantes vertes devenues panachées) qu’il a cru devoir baptiser de noms spéciaux.

Baur, qui a longtemps étudié le cas des Abutilons, a montré que l’incision annulaire s’oppose à la propagation de la panachure. 11 a signalé en outre des cas curieux concernant la transmission de celle-ci. Un A. arboreum grelïé sur Thompsoni ne panache pas; mais, si ce dernier est surgreffé en indicum , celui-ci se couvre de taches jaunes sous l’action du Thompsoni qui lui est transmise par Y arboreum, intermédiaire non influencé. Peut-être, Yarboreum ne prend-il pas la panachure et ne fait que transmettre l’agent qui la provoque et vient du Thompsoni; peut être simplement met-il longtemps à se panacher.

Baur ne put, avec des petits morceaux d’écorce, infecter le type vert, alors que Morren déclare avoir obtenu dans ce cas des résultats positifs.

Greffes de Cytisus Laburnum à feuilles dorées (var. aureum) sur Cytisus Laburnum type à feuilles vertes. — M. Bruant, horticulteur à Poitiers, signalait en 1907, dans la Revue horticole, le cas de greffes sur Cytisus Laburnum, de variétés à feuilles panachées de jaune. Certains écussons ne poussèrent pas; les pieds sur lesquels ils se trouvaient furent recépés et ils produisirent au printemps de nouvelles pousses à feuilles dorées.

Au moment où M. Bruant faisait connaître ces faits, M. Antoine Kort, directeur de pépinières près Anvers, citait, dans la Revue de 1 Horticulture belge, un résultat absolument identique. Mais Spath avait obtenu déjà pareille influence dès 1888 avec le Cytisus Laburnum chrysophyllus.

J ai posé, en août 1907, sur des pieds d’Aubour un certain nombre d’écussons de la variété à feuilles dorées. 5 de ces écussons n ont pas repris, naturellement ou par suite d’ébourgeon-

nement (n"' 2, 6, 7, 8 et 9).

Dr, le n° 6 est resté vert pendant tout le cours de 1908, saut lextrémité des rameaux qui présentait une légère teinte jaune le 20 juin. Le n° 2 présentait le 13 mai une légère teinte jaune générale; le 20 juin 1 extré-

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,l ge était vert. Le n° 7 s’est comporté comme le n° 2. Le n° 8 , un peu colore le 13 mai, était entièrement vert le 20 juin. Le n° 9, lui, était jaune doré le 13 mai, et il est resté en cet état jusqu’en octobre. Au 25 e ce uaois, il était redevenu vert.

Les greffes des n 03 1,3, 4 et 5 ont bien repris. D’une manière générale, les greffons étaient dorés au 13 mai; au 20 juin, la teinte s’atténuait, et elle avait complètement disparu le 1 er août.

Le sujet du n° 1 se comporta de même. Ceux des n os 4 et 5, dorés au 1 er mai, étaient redevenus verts dès le 20 juin.

Aucun témoin n’avait panaché.

Il y a donc eu transmission de la panachure; mais cette transmission ne fut ni aussi nette, ni aussi durable que chez les Abutilons.

Au mois d’août 1909, j’ai exécuté une nouvelle série de greffages sur

12 pieds (1 à 12); il y avait 12 témoins (13 à 24). Parmi les témoins,

5 pieds étaient chlorotiques le 20 juin 1910; ils avaient une teinte jaunâtre et non dorée comme celle de la variété greffée. Cette chlorose a disparu le 1 er août, sauf pour le n° 15, qui n’est redevenu vert que le 1 er septembre.

Parmi les 12 greffes mixtes faites, 7 n’ont pas repris (2, 3, 5, 9,10, 11). En 1910, les n os 3 et 5 sont restés verts. Le n° 2 eut ses feuilles dorées vers le 20 juin seulement, mais au commencement d’août, elles étaient redevenues vertes. Le n° 4, vers le premier mai, était complètement doré, mais il est redevenu vert le lo septembre. Même observation pour les u os 9 et 10 qui ne reprirent leur teinte verte normale que le

6 octobre.

Même observation encore pour le numéro 11 qui reverdit le 22 septembre.

La greffe reprit sur les pieds 1, 6, 7 et 12. Chez le n° 1, le greffon a été doré jusqu’à la fin de juin ; il était vert le 22 septembre. Le sujet, vert le

13 mai, avait au 20 juin les feuilles de l’extrémité des rameaux un peu jaunes. Cette teinte s’est conservée en août. Au 22 septembre tout était vert.

Avec le n° 6, le greffon resta doré jusqu'à la fin de septembre, niai» le 0 octobre, il était vert. Quant au sujet, vers le 13 mai, complètement doré le 20 juin, il l’est resté jusqu’à la fin de septembre. Le 6 octobre, * était entièrement vert.

Le n° 7 se comporta comme le précédent et il en fut à peu P r, ‘même pour le n° 12.

Dans cette série d’essais, l’influence de la panachure fut plus marquée que la précédente.

Baur, en 1907, réussit à infecter l’Aubour et le Cyti suS ^ ir sutus avec le C . Laburnum foliis aureis et le C- Lcibu> 1illt> chrysophyllus; mais il n’obtint aucun résultat sur le C . alp l,lUS

Él). GRIFFON.

PANACHURE DES FEUILLES.

et le C. purpureus. En se servant simplement de petits morceaux d’écorce, il transmit la panachure.

Greffes d'Aucuba japonica panaché sur le type vert. — La

greffe a été faite en serre en février 1910. Aucune trace de panachure n’est apparue dans le courant de l’année.

Greffe de Negondo à feuilles dorées ( Negundo fraxinifolium aureum)s\ir le type vert. — La greffe a été faite à Grignon en août 1909. En octobre 1910 aucune transmission ne s’était encore produite.

Greffe de Jasminum officinale panaché sur Jasminum revolutum. J’ai déjà cité le cas du Jasmin panaché greffé sur le type vert et transmettant sa panachure à ce dernier. Sageret dit qu’il ne se porte pas garant du résultat qu’il n’a pu observer. Mais, d’après Darwin, Rivers en a vu plusieurs exemples. Je n’ai pas encore répété cette greffe.

Duhamel du Monceau, dans sa Physique des arbres (t. II, p. 48), déclare que si Haies « avait cherché à vérifier le fait, il l'aurait reconnu faux et il aurait été dispensé d’entreprendre de l'expliquer ». Mais il y a ici une confusion qu'il faut faire disparaître. Duhamel parle, non de feuilles panachées, mais de fleurs jaunes nées sur un Jasmin blanc, à la suite d’une greffe, sur ce dernier, d’un Jasmin jaune. C’est donc une tout autre question. Duhamel et Haies ont raison tous les deux.

Greffe de Troène à feuilles dorées sur le type vert. — L’expérience

le sujet.

foliis

Greffe de Fraxinus excelsior à feuilles dorées sur le type vert. —- Selon Rivers, la variété panachée dorée du Frêne commun, greffé sur le type vert, fait panacher le sujet. Anderson Henri vit dans les Highlands un Frêne à feuilles jaunes dorées dont les bourgeons, greffés sur I rène commun, modifièrent celui-ci qui produisit alors la variété tachetée « Breudalbane », laquelle a conservé depuis ses caractères. Le f rêne pleureur, greffé sur le même sujet devint également panaché (d après

Darwin).

Raur a répété l’expérience et a obtenu des résultats analogues aux précédents.

Greffe de Sureau doré ( Sambucus nigra var. aureà) sur le type vert. — La greffe a été faite à Grignon en août 1909. Aucune transmission de panachure en 1910; sujet et greffon portaient tous deux des feuilles, les unes dorées ; les autres entièrement vertes.

Greffe de Ptelea panaché sur le type vert. — Baur a constaté que 1‘ I lelea trifoltata foliis variegalis exerce une action, tandis que le lelea trifoliata aurea ne fait pas panacher le sujet.

Greffe de Houblon ( Humulus japonicus) panaché sur le type vert. — Cette greffe n’a pas été exécutée à Grignon. Lindemuth qui l’a réalisée n’a pas constaté de transmission de panachure.

Greffe de Fusain du Japon doré et argenté ( Evonymus japonicus aureus et variegatus) sur le type vert. — La greffe a été faite en serre, en février 1910. Aucune transmission ne s’est produite dans le courant de l’année. Par contre, au commencement de 1911, la panachure est apparue sur les sujets greffés avec la variété dorée, non sur ceux qui portaient la variété argentée.

C’est Bouché qui, le premier, en 1871, découvrit cette transmission de la panachure dorée du Fusain; comme moi, Baur constata que la panachure argentée n’est pas infectieuse. Il pense en outre que la bordure jaune de la variété dorée ne se transmet pas ; seule la marbrure jaune se reproduirait dans le sujet vert.

Greffe de Sorbus Aucuparia à feuilles dorées sur le type vert. — Baur a exécuté cette greffe et il a constaté que, dans plusieurs cas, la panachure s’est transmise.

ni

Des expériences que j’ai exécutées à Grignon et de celles qui ont été faites par de nombreux auteurs, on peut conclure d une façon catégorique, que les plantes à feuilles colorées en rouge ou panachées de blanc ou de jaune se comportent très différemment quand elles sont greffées sur les types verts voisins ou dont elles dérivent.

La coloration rouge ou violacée des feuilles, due comme on sait à la présence d’anthocyane dans le suc cellulaire, ne se transmet pas du greffon aux feuilles du sujet (Noisetier pourpre,

Prunus Pissardi, Coleus, etc.) 1 .

La panachure blanche se comporte de même dans bien des

cas ( Abutilon Sawitzi et « Souvenir de Bonn », Evonymus

argenteo marginatus, etc.).

Quant à la panachure jaune, et spécialement celle qui consiste en marbrure, elle est presque toujours transmise par la giefie {Abutilon striatum, Thompsoni ; Cytisus Laburnum aureutn. Evony mus japon icus foliis aureo-marginatis, Fraxinus , Soi bus,

i. Griffon (Ed.), Coloration et panachure des feuilles; leur transrnissio

par le greffage (Annales de l’Ecole nationale d’Agriculture de Gngn t. I, 1910).

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