BEAU VALLET
Dans Théodoros.
iNUMA
(18j2— lse9)
Nuina, né à Vincennes, en 1802, sous le nom de Marc Beschefer, se tint, quand il fut en âge de raisonner, le monologue suivant : «Au théâtre, je ne puis m'appeler Beschefer; il me faut un nom qui attire l'attention publique. Marc est trop court. Mon père, 30US la Révolution, avait pris celui de Pompilius, le confident d'Égérie, la douce nymphe du Latium; je vais prendre le nom, ou plutôt la première partie du nom de ce roi de la mer Tyrrhénienne. »
Et Marc Beschefer au théâtre s'appela Numa.
Il avait fait de bonnes études au Lycée Charlemagne, avait essayé du commerce, tâté de la médecine, mais s'était décidé, poussé par une « irrésistible vocation », pour le Théâtre.
Ses premiers pas — comme ceux d'une partie des comédiens de cette époque — se firent chez Doyen, qui tenait boutique d'amateurs théâtriculants.
Ses seconds pas s'exécutèrent sur le Théâtre de Versailles. Ils furent heureux.
En 1823, Perlet ayant quitté le Gymnase, le jeune et audacieux Numa s'osa proposer pour tenir la place de ce comédien accomph. Sans le remplacer, qui se trouve être ici mot impropre, il sut cependant se faire remarquer par ses effets de pince-sans-rire et l'excellence comique de sa diction nazillarde, mais impeccablement juste.
On lui reprochait de jouer un peu trop aisément, les m^ins dans Les poches; c'est ce qui, plus tard, le caractérisa, et lui donna cette allure vraiment drolatique qui, tout en le faisant demeurer tort naturel, donnait l'excentricité à son jeu sobre et à son débit un peu empreint de monotonie.
Il fit, au Théâtre du Gymnase, de nombreuses et brillantes créations, parmi lesquelles il faut citer : Moiroud et Compagnie, La Demoiselle à marier, V Ambassadeur , Geneç'ièi'e ou la Jalousie paternelle, La Protégée sans le savoir, L'Article 213, Madame de Cerigny, Pinchon dans Le Mariage de raison, Les Malheurs d'un amant
NUMA (suite)
heureux, Sans nom (une amusante parodie du genre romantique), Maître Jean ou une Comédie à la Cour, Bocquet père et fils, etc.
En 1850, il alla au Théâtre-Historique, d'Alexandre Dumas, el y créa : La Chasse au Chastre, Le Chevalier d' H ar mental.