CHILLY
Rôle d'Ulrich.
CHILLY (suite)
Case de Voncle Tom, et nombre d'autres rôles, dans lesquels personne ne parvint jamais à l'imiter ni à le remplacer. •
Il se fit directeur de l'Ambigu, en 1858, tout en continuant à jouer ses mélodrames; et, en 1867, devint l'associé de M. de la Rounat, à la direction de l'Odéon, où, en 1872, il remonta brillamment le Ruy Blas de Victor Hugo, avec Mélingue, Geffroy et Lafontaine dans les rôles de Don César, Don Saluste et Ruy Blas.
Chilly, étant jeune, avait eu à lutter contre un physique désavantageux, pour l'emploi d'amoureux, auquel il se destinait.
Quand il devint homme, ce physique ingrat le servit beaucoup pour remplir son emploi des traîtres, que l'on appelait alors « les troisièmes rôles ». Il savait produire des effets comiques, voulus et très accentués dans les personnages les plus effroyables.
La mère de notre comédien était née Mercey de Lenoncourt.
Chilly, un beau jour, jugea à propos de s'anoblir et, reprenant la particule qu'il tenait de sa mère, signa de Chilly. Frédérick- Lemaître, qui ne l'aimait pas — qui aimait-il? — disait aux rieurs, de cette faiblesse : « Pourquoi vous moquez-vous? on peut bien dire : de Chilly, on dit bien de la crotte. »
Le mot que le grand comédien employa peut devenir sublime, sur un champ de bataille, jeté dans la rage de la défaite; il ne serait ici qu'inconvenant. Nous le remplaçons par un euphémisme moins élocjuent, mais plus acceptable.
Chilly mourut le 13 juin 1872, frappé de paralysie, au banquet que donnait Victor Hugo à ses interprètes de Ruy Blas.
Avec lui disparut le Rodin d'Eugène Sue. Bien qu'en aient dit tous les critiques, Paulin-Ménier ne le ressuscita pas.