Reg. imp., ep. 141, 142, 143, 152, 154 et
4. Voir, à l'Appendice, la notice intitulée Innocent III et Otton de Brunswick, et dans laquelle nous donnons le récit détaillé des événements que nous ne faisons qu'indiquer ici.
INNOCENT Iir. 189
duquel il ébranla l'Allemagne. Ce prince, qui disait au pape qu'après Dieu il lui devait tout, que, sans lui, SCS espérances fussent tombées en poussière, que sa reconnaissance dépassait toute mesure*, ce prince, dès qu'il fut en possession de l'Empire, méconnut tous les eng-agements qu'il avait pris envers le Saint-Siège et l'Eglise au temps de l'adversité; et Innocent III, après Tavoir frappé des foudres apostoliques, dut le déclarer déchu de la dignité impériale ^ Une erreur plus grave que commit Innocent III, et qu'il importe de signaler, fut de n'avoir pas su mesurer les forces véritables de la papauté. A le juger par ses lettres, Innocent III était un esprit prudent et qui n'aimait pas à engager légèrement l'autorité du Saint-Siège. S'il ne se fût abusé sur son pouvoir, s'il n'avait cru le prestige de la papauté plus grand qu'il n'était en effet, il n'eût pas entrepris une lutte où la cause qu'il soutenait semblait perdue dès l'origine, et dans laquelle il ne réussit qu'à faire éclater son impuissance.
L'échec que, dans cette entreprise, subit Innocent III n'est pas le seul fait où se révèle cette diminution du prestige de la papauté. Quand on lit dans le Registrum imperii les lettres de Philippe de