Reg. imp., ep
2. Voir la lettre émue (Ep. XIII, 210) où ce pape se plaint d'avoir été trompé par Otton. C'était un des défauts d'Innocent III de ne point savoir juger les hommes auxquels il donnait ses sympathies. Son amitié pour Robert de Courcon et sa faveur pour Jean sans Terre en sont la preuve.
Souabe, de Philippe-Auguste et d'autres princes, on est frappé du ton de fierté, de dédain qui les caractérise. Les lettres du pontife, au contraire, sont mesurées, circonspectes, jamais impérieuses. On sent que, pour ces princes, la papauté est encore un pouvoir avec lequel ils doivent compter, mais qu'elle n'est déjà plus un principe qui s'impose avec force à leur conscience. Innocent III lui-même semble hésiter quand il parle du droit duSaint-Siège sur les royaumes et représente celui-ci «■ comme la source de la puissance [plenitudo potestatisY . » Les historiens n'ont vu que le mot et ont cru à une immense ambition de la part de ce pontife ; ils n'ont pas aperçu que c'était là comme une formule toute faite que répétait Innocent III, et qu'il s'en prévalait avec une sorte d'embarras, qui seul suffirait à trahir une modification dans les rapports du Saint-Siège et des gouvernements séculiers.
Les lettres du pape relatives à la question de divorce soulevée par Philippe-Auguste amènent à de semblables conclusions ^ Rien de plus touchant que les lettres d'Ingeburge appelant la mort comme le terme de ses maux; rien de plus digne d'éloges que les lettres d'Innocent III montrant en faveur de cette princesse une infatigable sollicitude. Dans la lutte qu'il engagea sur ce point avec Philippe-Auguste, le