Ep. V, 161; VI, 4, 8, 99 à
maille '. Innocent III ne leur ménagea pas les paroles de blâme, sut leur dire qu'il n'était pas dupe de leur conduite, et leur réitéra les ordres les plus pressants de se rendre en Terre sainte. Quand, plus tard, il apprit l'élévation de Baudouin et cette étonnante création d'un Empire latin de Constantinople , il s'adoucit. 11 voyait dans cet événement des gages certains du retour de l'Eglise grecque à TEglise romaine ; il y voyait surtout de sûrs moyens de chasser les Sarrasins de la Palestine -.
La nouvelle, arrivée peu après, de la captivité de Baudouin ne détourna pas le pape de ses résolutions ; il y revint même avec une plus grande ardeur et demanda aux princes chrétiens de secourir à la fois le nouvel Empire et la Terre sainte ^ En reprenant ses projets, il reprit ses illusions. En 1209, il écrivait aux grands-maîtres de l'ordre des Templiers et de celui des Hospitaliers qu'une nombreuse armée se rassemblait en France et en Allemagne en vue de se porter vers la Palestine, et qu'afin d'augmenter cette armée de toutes les forces possibles, il s'appliquait à rétablir la paix, non seulement dans l'Empire, mais dans tous les royaumes de l'Europe \ La guerre des Albigeois interrompit ses négociations , sans diminuer son zèle. Dès qu'il fut délivré de cette guerre,