Ep. II
ro3Miimes, d'aviser à une réconciliation \ Eu i!202, l'expédition semblait enfin décidée, et il pouvait annoncer au clergé d'outre-mer qu'un grand nombre de hauts barons et de seigneurs du royaume de France, auxquels s'étaient joints des fidèles accourus des divers points de la chrétienté, se disposaient à partir pour la Palestine-.
Les croisés, sous la conduite de Baudouin, comte de Flandre, partirent en efiet. Mais, au lieu de se porter directement vers Jérusalem, ils s'arrêtèrent en route et s'emparèrent de la ville de Zara. Le pape se montra aussi affligé qu'irrité de cet événement. Les croisés s'excusèrent, témoignèrent du repentir, et, sur l'injonction du pontife, reprirent le chemin de la Terre sainte^ . On sait ce qui arriva. Parvenus en vue de Constantinople, ils s'emparèrent de la ville, mirent Alexis sur le trône, et, quelques mois après, se rendant de nouveau maîtres de cette cité, dont ils détruisirent les monuments et pillèrent les richesses avec la fureur de véritables barbares, ils donnèrent la couronne à Baudouin. Lorsqu'il fallut instruire le pape de l'instauration d'Alexis, les croisés essayèrent de s'excuser encore, mirent cet acte sur le compte des circonstances et tachèrent d'atténuer le mécontentement du Saint-Siège par la perspective de Tunion entre les Eglises grecque et ro-
*, Ep. 1,345, 355.