Baillet, p
giierre qu'il venait d'engager contre le nouveau roi de Sicile, Frédéric d'Aragon*. Toutefois ce motif, qui peut expliquer les premières concessions, ne saurait expliquer celles qui suivirent. Des nécessités d'un autre ordre ont pu porter Boniface à continuer ses libéralités. Vers le milieu de l'année 1297, il était en pleine lutte avec les Colonne. Le pamphlet dans lequel ils lui contestaient publiquement le titre de pontife est du 10 mai 1297. Au mois de septembre suivant, il ordonnait la levée de compagnies militaires à l'efTet de combattre par les armes les cardinaux rebelles % et, le 14 décembre, faisait prêcher contre eux une croisade \ La ville de Palestrine, où ils se réfugièrent, ne se rendit qu'au mois d'octobre 1298*; et, cette année même, le pape redoutait tellement leurs embûches, qu'il n'osait sortir de son palais et s'y faisait garder avec soin ^ Le péril où ce conflit mit son autorité lui rendant nécessaire un appui
1. Kervyn, p. 22. On sait que, lorsque le frère de Frédéric, Jacques II, qui avait d'abord régné sur la Sicile, alla en 1291 prendre possession du trône d'Aragon, il céda à Charles d'Anjou, par l'entremise du Saint-Siège, ses droits sur le pays qu'il abandonnait. Frédéric, chargé provisoirement par son frère du gouvernement de l'ile, refusa de la livrer, malgré les injonctions du pape, et se fit proclamer roi.
2. Tosti, t. I, p. 438, Documents. La conduite de ces compagnies fut confiée par le pape à Landolphe Colonne, cousin des séditieux.