‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 157 sur 227 · Kervyn, p · texte numérisé non relu

Kervyn, p

2. Pour parler exactement, cette trêve avait été conclue par Philippe avec le roi d'Angleterre ; et le comte de Flandre, allié de ce prince, avait été compris dans la trêve. Négociée en octobre 1297, elle fut successivement prorogée jusqu'au mois de février suivant, puis étendue à deux années à partir de l'Epiphanie (6 janvier 1298). On sait que, sur la demande du roi d'Angleterre, le comte de Flandre devait également être compris dans la sentence arbitrale du 30 juin; mais Philippe s'y opposa; Edouard s'opposa de même au désir de Philippe qui voulait y comprendre les Ecossais, alliés (le la France. Ajoutons que, le 20 mai 1303, eut lieu le traité, définitif qui consomma la paix préparée par Boniface entre la France et l'Angleterre.

3. « Ne set-on mie en le court de certain k'il les Colonne^ sont devenus, et en est destourbés li papes. » Dépêche au comte de Flandre, Kervyn, p. 61.

BONIFACE VIII. 2:il

trouvé refuge en France *. D'un autre côté, Philippe avait, cette année même, entamé des négociations avec Albert d'Autriche, malgré les remontrances du Saint-Siège. Le pape, qu'offensaient des relations avec un souverain qu'il avait refusé de reconnaître, sentit croître son mécontentement à la nouvelle du traité de Yaucouleurs (1" décembre 1299) qui consommait cet accord ^ Il était encore sous le coup de ce ressentiment, quand s'ouvrit le jubilé.

On ne s'accorde pas sur les motifs qui portèrent Boniface YIII à instituer le jubilé. Quelques écrivains ont pensé qu'il s'était proposé, par ce moyen, d'attirer à Rome Targent de la chrétienté. Selon d'autres, tels que le P. Tosti, Boniface, qui voyait la foi décliner sensiblement, aurait espéré la ranimer au spectacle des magnificences de l'Eglise. Cette dernière explication nous paraît mieux convenir que la première au caractère du pontife, sans que néanmoins elle nous semble plus exacte. Nous inclinerions, quant à nous, vers une autre opinion. Boniface, qui venait à peine de sortir victorieux de sa longue lutte avec les Colonne, savait que des libelles avaient été répandus par eux dans toute l'Europe \ Il pouvait craindre que, depuis leur éva-

Page 1