‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 184 sur 227 · Voir le premier volume de son Regesta pontificum · texte numérisé non relu

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dans sa succession rigoureuse, un conflit qui n'est pas seulement un des plus dramatiques du moyen âge, mais où se dénote, par des traits caractéristiques, cette naissante résistance des pouvoirs civils devant lesquels devait, un siècle plus tard, succomber Boniface YlIP.

Le 28 septembre 1197 expirait à Messine, à Tâge de trente-deux ans, l'empereur d'Allemagne Henri YI, de l'illustre maison des Hohenstaufen, fils et successeur de ce Frédéric Barberousse qui périt si misérablement, en Asie, dans les eaux du Cydnus. On sait que, tandis que les plus importantes couronnes de l'Europe étaient héréditaires, la couronne d'Allemagne, qui dès l'ori-

1. Il est superflu d'avertir le lecteur que, conformément à l'esprit qui a dirigé nos précédentes Etudes, nous nous sommes attaché particulièrement, dans le tableau de ces événements, à mettre en relief l'attitude et le rôle d'Innocent III. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes appuyé presque uniquement sur le liegistrum imperii. Quant aux faits qui touchent plus spécialement l'Allemagne, on pourra consulter un excellent travail que vient de publier M. Edouard Winkelmann, dans les deux volumes des Jahrhûcher der deutschen Geschichte witer Philipp von Schwaben imd Otto von Bvaimschweig. Voy., sur ce travail, \?iRevue historique de sept.-oct. 1880, p. 118-120. On pourra trouver aussi quelques utiles indications dans un écrit de M. Scheffer-Boichorst, intitulé : Deutschland und Pkilipp H Aiigust von Frankreich^ et publié par lui dans les Forschungen zur deutschen Geschichte, t. VIII, Gœttingen, 1868.

gine se transmettait au moyen de l'élection, demeura élective, en des conditions variables, jusqu'à l'avènement de François II, le vaincu d'Austerlitz. Ce n'est pas que les empereurs n'eussent tenté souvent de la rendre héréditaire. Henri YI, qui laissait à la tête du royaume de Sicile un fils âgé de trois ans, — le môme qui devait s'illustrer plus tard sous le nom de Frédéric II, — avait échoué dans cette entreprise. Il voulut du moins assurer l'élection de celui qu'il ne pouvait faire son héritier; il obtint des princes allemands un serment de complaisance qu'après sa mort ils se hâtèrent d'oublier *. A cette époque reculée, l'élection des empereurs, à laquelle prenaient part, à des titres divers, non seulement les princes ecclésiastiques et séculiers, mais nombre de personnages d'un ordre secondaire, soulevait déjà les mêmes troubles qui, dans les temps modernes et jusqu'au xviii'' siècle, ont agité l'Allemagne à chaque vacance de l'empire -. Les promesses, la corruption, l'intrigue étaient mises au service d'une candidature où les questions de personne ou de parti passaient bien avant l'intérêt général du pays. On achetait les suffrages par l'argent, les distinctions, les faveurs. L'argent surtout était indispensable. Deux princes à qui, dans la circonstance dont il s'agit, on avait offert la couronne, déclinèrent cet honneur par l'impossibilité de subvenir aux frais considérables qu'allait coûter leur élection '.

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